‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome troisièmeChapitre 67 sur 139 · LÉGUMINEUSES. — ÉCORCES DE GEOFFRÉES · texte numérisé non relu

LÉGUMINEUSES. — ÉCORCES DE GEOFFRÉES

tante (I), térébinthacée, et une saveur à la fois térébinthacée, amère «t astringente, mais au total peu marquée. Je suis persuadé, aujourd’hui, que cette écorce n’appartient pas aux Andira.

L’autre écorce a été reçue anciennement de Haïti, par M. Richard, et j’en ai reçu depuis de semblable, sous le même nom d’écorce de palmiste, venant de l’île de Cuba. Llle est en morceaux longs de 35 centimètres environ, cintrés ou demi-roulés ; épais de 3 à 3 millimètres, couverts d’un périderme mince, gris, uni ou peu crevassé dans les écorces plus jeunes, épais, fongueux et presque blanc, dans celles qui sont plus âgées. Quelquefois l’écorce, par suite d’altération, est noire à l’intérieur ; mais quand elle est saine, elle présente sous le périderme une couleur de rouille assez vive. La surface interne est toujours un peu noirâtre. I.a texture est assez lâche et grossière, plus grenue que fibreuse vers l’extérieur, plus fibreuse à l’intérieur. Elle se divise facilement sous les doigts et plus encore sous la dent ; elle est tout à fait inodore et presque insipide.

Celte écorce se trouve figurée dans l’ouvrage de M. Sclienk {2', comme étant celle du Geoffroya surinamensis. L’origine bien certaine de celle que je viens de décrire me faire dire que c’est une erreur.

Écorce tie f^eolTrée «le SSuriiinm, Andira refusa, H. B. Bonplandt décrit ainsi cette substance : Écorce plate,longue de plus d’un pied,large de quelques pouces, pesante et d’une épaisseur notable. Elle est couverte à l’extérieur de lichens gris qui, séparés, laissent voir un épiderme rouge ou pourpre noirâtre mClé de gris. Sous l’épiderme, l’écorce est filamenteuse, lamelleusc, d’une couleur de rouille, avec des stries et des taches brun foncé. La section transversale est brillante et bigarrée ; la couleur du cOté du bois est d’un pourpre noirâtre marbré de points; la poudre a une couleur de cannelle. I.’odeur de l’écorce sèche est nulle, la saveur est légèrement amère et un peu astringente.

Je possède depuis fort longtemps une écorce apportée de Santa-Fé de Bogota, qui se rapporte assez bien avec la description précédente : elle est large, régulièrement cintrée, épaisse de 3 millimètres, pesante et très-compacte, quoique de texture fibreuse. Elle est couverte d’un épiderme assez uni, non fendillé, d’un gris blanchâtre, souvent recou- •vert de larges plaques cryptogamiques jaunes et d’apparence cireuse. En outre, la surface de l’écorce présente presque partout des élévations en forme de petits monticules, terminés par un bouton noir, constituant un lichen très-analogue auxPi/ran«/a, Ach. L’écorce ellc-mômc est d’un rouge brun foncé, et sa coupe transversale présente le poli du santal rouge; elle est formée de feuillets fibreux, denses et serrés, dont les plus intérieurs se séparent facilement les uns des autres. Sa surface interne est très-unie; toute l’écorce a pris en vieillissant un aspect terne dû à une efflorescence blanche, très-fine et cristalline, qui s’est formée non-seulement à sa surface, mais encore entre chacun de scs feuillets ; elle a une saveur très-amère et astringente.

Écorce Inconnue vendue comme geolTroya. J’ai Irouvé à dilTé-

(1) Elle me paraît même plus prononcée aujourd’hui qu’il y a quinze ans.

(2) Schenk, P/iann. Waarenk., vol. II, tab. XVIII, flg. 1, 2 et 3.

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rentes fois dans le commerce, sous le nom de Geoffroya surinajncnsis une écorce bien différente des précédentes, et qui me paraît être celle' que M. Schenk a fait figurer sous le nom de Geoffroya jamaicemis ; mais elle n’appartient pas plus à l’une qu’à l’autre. D’ailleurs il faut que j’aie vu quelque part ou reçu cette écorce sous le nom de Sipt//ira, que j’ai ajouté dans le bocal qui la contient. Si celte donnée a quelque valeur, cette écorce-serait produite par le howdichia major de Marlius et serait une espèce d’alcornoque. Elle se présente sous trois formes principales

A. Écorces plates ou cintrées très-minces ou épaisses de 1 à 3 millimètres, pourvues d’une croûte très-mince, grise, fendillée, peu adhérente au liber et manquant très-souvent. Le liber, privé de cette croûte, présente une surface rugueuse, d’un gris foncé et souvent noirâtre; mais il est couleur de paille à l’intérieur, léger et très-fibreux. Lorsqu’on le rompt transversalement, les fibres intérieures résistent et se séparent de la partie rompue sous forme d’un feuillet épais, consistant et satiné. La sutface interne est unie, d’une couleur un peu plus foncée que l’intérieur; l’odeur est nulle; la saveur est d’une amertume assez marquée et désagréable. Cette écorce présente assez de ressemblance avec celle du simarouba pour que des personnes peu exercées puissent la confondre avec elle ; mais elle est plus mince que le simarouba, d’un gris plus foncé, formée de fibres plus fines, plus serrées et satinées, et d’une amertume beaucoup plus faible.

B. Écorces plates, épaisses de 3 à 10 millimètres, pourvues d’une croûte très-mince, rougeâtre, mais couverte d’un enduit crétacé. Cette croûte est peu adhérente et manque par places très-souvent ; la surface extérieure du liber, laissée à nu, est presque noire ; la couleur intérieure est celle du bois de chêne, plus foncée du côté de la croûte que de celui du centre ; la surface interne est plus foncée que les couches qu’elle recouvre. L’écorce possède une texture autant grenue que fibreuse, de sorte qu’elle se rompt facilement, à l’exception de la couche interne qui se sépare sous la forme d’une lame fibreuse et satinée, comme dans les premières écorces; la saveur est à peu près nulle.

C. Écorces du tronc, ne différant des précédentes que par leur épaisseur qui varie de 12 à 20 millimètres, dont un tiers environ appartient à la croûte extérieure, qui est d’un gris rougeâtre, blanchâtre cependant à sa surface, profondément sillonnée dans le sens de sa longueur. Les autres caractères sont semblables.

Ecoree de UaMcniiB.

[Albizzia anthelminthica, A. Brong. Petit arbre de 3à 6 mètres de hauteur : feuilles bipinnées, à folioles irrégulièrement obovales, entières, glabres, réticulées en dessous. Inflorescence en capitules peu serrés, composés de 15 à 30 (leurs jaune verdâtre. Quatre pièces au calice et à la corolle ; étamines nombreuses Fruit oblong, contenant de 2 à 3 graines. Celte plante, répandue en Abyssinie, donne une écorce anthelminthique, depuis long

LÉGUMINEUSES. — SEMENCES D’ANGELIN. 33S

temps employée dans son pays d’origine, et qu’on a transportée en Europe vers 184(5. Pendant quelque temps on n’a connu ni les fleurs ni les fruits de la plante et on n’a pu déterminer avec certitude l’origine de celle substance. C’est M. Courbon qui a le premier apporté au Muséum les éléments qui ont permis à M. Brongniart de décrire cette espèce (t).

L’écorce se présente en plaques légèrement cintrées de 4 à 6 millimètres d’épaisseur. La suface est lisse, gris roussâlre, dénudée par plaques et laissant voir alors une mince coucbe verdâtre. La zone intérieure épaisse est d’un jaune blanchâtre, fibreuse ; se rompt sans effort et donne une cassure homogène, grenue et comme spongieuse. Son odeur est nulle; sa saveur, un peu astringente, puis acidulé.

On emploie la poudre de musscnna à la dose de 40 à 60 grammes. Les Abyssins la prennent après l’avoir mélée avec du miel ou du beurre.]

Semences de Légumineuses.

Semences d’Aufcelin.

On emploie au Brésil, comme anthelminlhiques, sous le nom à'anrjelin, les semences de plusieurs espèces d’andira, et spécialement celles dos Andira anthelminthica, vermifuge, stipulacea, rosea, racemosa. Les fruits de ces arbres sont ovoïdes, charnus d’abord, puis secs et ligneux, contenant une seule semence amylacée, pourvue d’un principe âcre auquel leur propriété anthelminthique doit être attribuée. L’espèce la plus usitée, dont les semences seules sont parvenues en France, parait être VAndira rosea, Benth. (Andira ibai-ariba de Pison, qui n’est pas VAndira racemosa de Lamarck). Le fruit entier a la forme et la grosseur d’un œuf de poule, contenant, sous une enveloppe dure et épaisse, une amande ovoïde, un peu recourbée, grosse comme un œuf de pigeon, jaunâtre au dehors, blanche en dedans, ne possédant qu’une saveur amylacée suivie, après quelque temps, d’une âcrelé sensible au bout de la langue. Cette semence est toujours privée de son enveloppe propre, qui est très-mince et intimement soudée avec l’endosperme.

Andira stipulacea, Benth. (/îg. 684). Le fruit de cette espèce est ovoïdearrondi, jaunâtre à l’extérieur, long de 9 à 10 centimètres, large de 7 à 8, formé d une enveloppe ligneuse, épaisse de 2 centimètres, et d’une semence ovoïde-aplatie, marquée de stries transversales, longues de 5 centimètres, large de 3,3, ayant l’extrémité supérieure, par laquelle elle était suspendue, un peu recourbée, et ressemblant assez par sa

(1) Voir sur le Mussenna : Ad. Brongniart, Comptes rendus de l'Académie des jcïence^, LU, p. 439; — Courbon, Observations topographiques el médicales recueillies dans un voyage à l'isthme de Suez, sur le littoral de la mer Rougi et en Abyssinie, thèse de doctorat en médecine, mars 1861 . — E. Fournier, Des ténifuges employés en Abyssinie, ttièse de doctorat en médecine, 1861.

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forme à une très-grosse sangsue ramassée sur elle-même. On donne à cette espèce le nom d'angelin-coco, à cause de la ressemblance de son fruit entier avec le noyau osseux du Diplothemium maritimum (fa¬

mille des Palmiers). Je dois ce fruit et le suivant à M. Gaotano Ambrosioni, médecin à Rio-Jomoso, au Brésil.

Andira anthélminthica, Benth.; Angelin Amargozo {fig. 685)ovoïde, un peu terminé en pointe à l’extrémité supérieure ou aux deux extrémités, marqué de deux sutures à peine sensibles et non déhiscentes. 11 est long de 4 à 4, S centimètres, large de 2, a à 3, couvert d’un épicarpe noirâtre ridé par la dessiccation. Sous l’épicarpe se trouve un mésocarpe ligneux, très-lâche, jaune verdâtre, qui s’épaissit peu â peu en un endocarpe brun, soudé avec l’épisperme. L’amande est libre dans la cavité intérieure, ovoïde, pointue par l’extrémité supérieure, longue de 25 millimètres, large de la. Aucune de ces semences ne m’a présenté l’amertume dont on les dit pourvues. Elles sont émétiques et dangereuses, prises h dose trop forte. La dose la plus forte de poudre que l’on doive administrer, d’après Pison, est de i scrupule (environ 1»', 2).

Andira inermis. Le fruit de cette espèce, venu de Haïti, est presque rond, de la grosseur d’une petite noix, noirâtre, ridé et marqué de deux sutures peu sensibles ; le péricarpe est ligneux, très-mince et

l’amande est arrondie. Aucun de ces fruits n’est déhiscent, contrairement au caractère observé dans le Vouacapoua americana d’Aublet, devenu VAndira racemosa de Lamarck.

Bois de légumineuses.

Boii d’aloèi.

Ce bois n’a aucun rapport avec le suc d’aloès, ni avec la plante liliacée qui le produit; il était connu des Arabes sous le nom d'Agalugin, dont les Grecs ont fait Agallochon. Les Hébreux le nommaient ahalot, et c’est de là sans doute que vient son nom moderne d’aloés, que d’autres bois mériteraient bien plus que lui, s’il lui avait été donné à cause de son amertume.

Le bois d’aloès vient des contrées les plus lointaines de l’Asie, comme delà Cochinchine, de la presqu’île de Malacca, et il règne une obscurité d’autant plus grande sur son origine que plusieurs arbres de ces pays produisent des bois odorants et résineux qui sont également vendus comme bois d’aloès ou d’agalloche. Rumphius lui-méme n’a pas traité ce sujet avec toute la clarté désirable; voici cependant ce qu’on peut conclure de sa longue description :

La prenaiôre espèce de bois d’aloès est nommée kilam ou ho-kilam par les Chinois, et calambac par les Malais ; l’arbre qui la produit crol t dans les provinces de Tsjampace, de Coinam et dans la Cochinchine ; il ne fournit ce bois précieux que dans quelques-unes de ses parties, et encore lorsqu’il languit par suite de maladie ou de vieillesse. Ce bois, de la meilleure qualité, est d’un brun obscur et cendré, strié par de longues veines noires ; ou, quand il a été pris autour des nœuds, vergeté de veinules semblables ; lorsqu’il est récent, il offre des parties tellement molles et grasses, que l’ongle peut y pénétrer; mais il durcit et devient plus dense avec le temps.

On rencontre une sorte d’agalloche d’un brun plus cendré, à fibres plus grosses, toujours strié longitudinalement par des veines noirâtres, et marqué d’enfoncements ou de trous dans lesquels on trouve souvent un restant de terre. Ce bois, qui est plus léger que le précédent, a probablement été enfoui dans les marais afin de détruire les parties es plus ligneuses et d’augmenter la proportion de résine odorante. Ces ont une odeur agréable et fortifiante, analogue à ce e des écorces sèches du citron; ils se ramollissent sous la dent, en éveloppant une légère amertume accompagnée d’âcreté, et la bouche s en trouve toute parfumée ; ils se ramollissent également par le frottement sur une pierre polie, et leur râpure y prend la forme de vermisseaux ou de crottes de souris. Tout bois d’aloès qui tourne a la couleur jaune ou blanchâtre, et qui porte des taches noires d exsudation résineuse, doit être considéré comme une espèce degaro ; aucun des bois qui offrent une forte amertume ne doit être considéré comme du calambac ou du garo vrai, maisbien comme un faux bois de ces deux espèces.

Gdiiodiit, Drogue», 7» «dit.

T. lit. — îî

DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.

Humphius n’a pu voir l’arbre qui produit le calambac, mais cet arbre a été décrit par Loureiro (l),sous le nom d' Aloexylum Agallochum ; il appartient à la décandrle monogynie de Linné, à la famille des Légumineuses et à la sous-famille ou tribu des Cassiées.

La seconde espèce de bois d’aloès est nommée garo. Rumpbius en distingue deux sortes principales, une de Coinam et l’antre de Malacca, dont il décrit et figure l’arbre sous le nom d’ Agallochum secundarium Malaccense. Cet arbre est V Aquilaria secundaria de DeCandolle, delapelile famille des Aquilarinées; il diffère peu de VAquitaria Agallocha de Hoxburgh et de V Aquilaria malaccmsis de Lamarck, qui fournissent probablement les autres variétés de bois de garo mentionnées par Humphius.

Le bois de garo est jaunâtre, marbré de veines courtes et brunes ; ou d’un gris cendré avec des veinules noires, et ressemblant presque au calambac, mais toujours plus dur et plus pesant. Les grands morceaux offrent çà et là des taches noires et résineuses; il s’enflamme moins facilement que le calambac, et dégage une odeur irritante qui tient quelquefois du benjoin.

Le bois de garo est nommé par les Chinois thim ou tim hio et sock ou soo ; les Portugais le nomment pao de aguila. Ce nom, qui est dérivé d’œgalugin, a été traduit à tort par ligtium aquila et par bois d'aigle. Ainsi ce dernier nom n’est encore qu’une traduction altérée du mot arabe primitif.

Humphius décrit ensuite deux faux bois d’agalloche : il nomme le premier garo tsjampacca, et le croit produit par un arbre nommé depuis Michelin Tsjampacca, et appartenant à la famille des magnoliacées ; son odeur se rapproche de celle de la camomille, et son amertume est très-forte; l'autre est fréquent dans les lies Moluques et provient de l’Arèor excœcans {Excœcaria Agallocha, L., de la famille des Euphorbiacées). Cet arbre est ainsi nommé parce que si, par malheur, en le coupant, le suc âcre et laiteux dont il est rempli tombe dans les yeux, on court un grand risque d’en perdre la vue. Son bois est d’une couleur ferrugineuse, dur et fragile comme du verre, très-amer, très-résineux et s’enflamme avec une grande facilité. 11 y a une si grande ressemblance avec le calambac, qu’on peut à peine l’en distinguer, et plusieurs pharmaciens ont assuré à Humphius qu’il était envoyé en Europe comme bois d’agalloche.

Enfin Humphius décrit un bois musqué qui est blanchâtre ou de couleur hépatique, avec des veines plus brunes, et qui est nommé par quelques personnes calambac blanc.

Voici maintenant la description des bois d’aloès que j’ai trouvés dans le commerce et dans les droguiers.

nais Il’aloèa «le l'École «le pharmacie de Paria. Ce bois me parait être le vrai bois de calambac, caractérisé par ses longues veines noires sur un fond de couleur plus claire. Ce n’est pas cependant le calambac le plus estimé de Humphius, qu’il dit être d’un brun obscur veiné de noir ; mais c’est celui qui vient après, dont le fond est paie et

(l) Loureiro, Phra cochincbinensis. Édit. Vildenow. Bcrolini, 1793.

LÉGUMINEUSES. — BOIS D’ALOÉS.

cendré, qui a la fibre grossière, qui est léger, caverneux, et qui, probablenaent, a été enfoui sous terre, pour le faire pourrir et en augmenter la qualité. Suivant toutes les apparences, ce bois est fourni parl’Aloexylum Agallochum, Lour. : il présente une odeur forte, sui generis; une saveur amère, âcre et fortement parfumée; il laisse une résine molle sous la dent, se ramollit également par le broiement sur le porphyre; il brûle avec flamme et en répandant une odeur suave.

Bol* d’aloès ordinaire du commerce. Ce bois est d’une couleur grisâtre, et sa surface devient noire avec le temps. Sa pesanteur sp icitique varie, et, un morceau ayant été scié en deux, une des parts a surnagé surl’eau; l’autre, qui contenait un nœud, est tombée au fond. Sa saveur est amère, son odeur est à peu près celle de la résine animé; plusieurs morceaux offrent des excavations remplies d’une résine rouge. La coupe transversale y découvre un caractère particulier :1a surface est lisse et résineuse, mais parsemée d’une infinité de points blancs, qui doivent résulter de la déchirure des parois d’autant de tubes dont la direction suit celle du bois. Lorsqu’au lieu de scier entièrement le morceau, on laisse au centre une portion intacte, et qu’on la rompt, la partie rompue offre de ces tubes, qu’on peut apercevoir à l’aide delà loupe.

Ce bois est très-probablement le garo de Rumphius, le bois d’aigle des Portugais et de Sonnerat, et doit être produit parr.4gu(7am secundaria ou malaccensis.

Bols d’aioès Clirln. Je n’ai trouvé qu’une seule fols ce bols dans le commerce, mêlé au précédent, dont je le regarde comme une variété. Il a la forme d’un tronçon tout à fait noueux etcontourné, pesant, d uue odeur qui tient un peu de celle de la rose, mais qui se rapproche encore plus de celle de la résine animé chauffée. Ce bois est d’un jTiune assez pur, amer, et se broie sous la dent. La coupe transversale de la scie y produit une surface lisse, résineuse ou comme cireuse, U une couleur orangée assez uniforme. Ce bois nest pas caverneux dans son intérieur; il parfume l’air quand on le brûle.

BoU d aïoèa musqué. Ce bois a une couleur jaune sale, comme verdâtre : il est peu résineux, comparativement aux précédents, fibreux, quelquefois spongieux, difficile à diviser sous la dent. Il n’est nullement amer, et sa saveur est seulement un peu aromatique; il a une odeur faible et comme musquée. J’ai pensé que ce dernier caracfire pouvait être accidentel; j’ai lavé ce bois plusieurs fois, et l’ai fait chaque fois sécher à l’étuve: il l’a toujours conservé. II présente d’une manière bien plus marquée que le bois d’aigle le caractère des points blancs résultant de sa coupe transversale, et celui des tubes mis à découvert par la fracture partielle des morceaux; mais cette ditlérence peut tenir seulement à ce que ces tubes, étant moins remplis de résine, sont plus apparents. Il exhale, lorsqu’on le projette sur un fer chaud, qui ne doit pas être rouge, une odeur agréable, semblable à celle du bois d’aloès, mais moins forte ; et, pour peu que le fer soit trop chaud, cette odeur est couverte par celle du bois qui brûle.

Dans mes deux premières éditions j’ai décrit ce bois sous le nom de

DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.

bois d’aigle; je me fondais pour cela sur son défaut d’amertume, et sur ce que Lemery dit que le bois d’aigle diffère de l’agalloche en ce que celui-ci est amer, tandis que le premier ne l’est pas. Mais nous avons vu plus haut que le nom de bois d’afÿle n’est qu’une traduction corrompue de l’arabe agalugin et ne signifie pas autre chose, en vérité, que bois d'agalloche. D’ailleurs Rumphius donne au garo ou bois d’aigle la mùme amertume qu’à l’agalloche ; le hois que nous examinons présentement ne parait donc pas être du bois d’aigle. C’est probablement une des sortes de bois musqué de Rumphius; peut-être celle que quelques personnes nomment calambac blanc,

Boii de calambac faux. Ce bois estnoueux, très-pesant, compacte, onctueux et étonnamment résineux. 11 est à l’extérieur d’un brun rougeâtre uniforme; mais la nouvelle section qu’y produit la scie offre une couleur un peu plus grise, marquée de taches noires, dues à un suc particulier extravasé : c’est ce qu’on exprime en disant qu’il est jaspé. Sa cassure transversale n’offre pas de tubes longitudinaux, ce qui tient peut-être à la grande quantité de résine dont tous ses vaisseaux sont gorgés; il a une forte odeur de myrrhe et de résine animé mêlées; son intérieur présente des excavations remplies d’une résine rougeâtre qui a quelque analogie avec la myrrhe; il se réduit en poudre sous la dent et jouit d’une saveur amère; il répand un parfum trèsagréable lorsqu’on le brûle ou qu’on le chauffe sur une plaque métallique. Ce bois existe dans les droguiersde la pharmacie centrale et de l’Hétel-Dieu de Paris. Je pense qu’il est produit par VExcæcaria Agallocha, L.

BoU de Brésil ou de Fernamboac, •

Cœsalpinia echinata, Lamark ; ibirapüanga, Margr., Bras., P- • Décandrie monogynie de Linné, famille des Légumineuses, |tribu des Cæsalpiniées ou Cassiées.

Cet arbre du Brésil est fort grand, fort gros, tortu et épineux. Son bois est recouvert d’un aubier blanc très-épais, qu’on enlève avant de l’envoyer, ce qui en diminue le volume de la grosseur du corps d’un homme à celui de la jambe. Ce bois est dur, compacte, d’un rouge pâle et jaunâtre à l’intérieur, devenant d’un brun rouge à l’air. Il est inodore et presque insipide ; il colore à peine l’eau froide, donne un décocté rougeâtre peu foncé, et forme avec l’alcool une teinture rouge jaunâtre, beaucoup plus foncée qu’avec l’eau. Le soluté aqueux essayé par les réactifs donne les résultats suivants :

Précipitée par la gélatine, la liqueur prend à l’air une couleur rouge de groseille magnifique .

L’alun lui communique la môme couleur ; l’ammoniaque y forme ensuite un précipité d’un rouge groseille vineux.

Potasse ou ammoniaque, la liqueur devient d’un rouge foncé.

Chlorure ferrique, couleur rouge-brun très-foncé.

Sous-acétate de plomb, précipité bleu-violet.

Sel d’étain, couleur d’un rouge de groseille vif.

Acétate de cuivre, couleur rouge de via très-foncé.

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