‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome troisièmeChapitre 88 sur 139 · Cachou noir mucilairineux. Voir le Mémoire cité · texte numérisé non relu

Cachou noir mucilairineux. Voir le Mémoire cité

12. Cachou tie Pcru en macBe. On peut admettre, sans crainte de se tromper, que presque toutes les espèces de cachou sont préparées depuis fort longtemps et toujours avec les mêmes caractères particuliers, dans les différentes contrées qui les fournissent; mais on n’en trouve ordinairement qu’un certain nombre à la fois dans le commerce, et ils se succèdent les uns aux autres

(I) Girardin et Preisser, Journ. depharm., t. XXVI, p. so.

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après un certain laps de temps. Le cachou du Pégu est certainement fort ancien, puisque Herbert de Jager le cite comme un des plus employés dans l’Inde; mais je l’ai vu pour la première fois vers l’année 1816, dans une fourniture faite à la pharmacie centrale des hôpitaux, et je ne l’ai plus revu qu’en 1834, époque à laquelle il devint très-abondant dans le commerce. A partir de ce moment, on n’a pas cessé de l’y trouver; c’est une des sortes les plus usitées aujourd’hui.

Ce cachou est brun rougeâtre ou brun noirâtre, i cassure brillante et d’une saveur très-astringente et manifestement amère; il a l’apparence d’un extrait solide, pur et bien préparé, dont on aurait formé des masses rectangulaires longues de 16 à 22 centimètres, épaisses ^e 5 ou 6, et qui ont été enveloppées dans une feuille d’arbre. Gela n’a pas empêché ces masses de se réunir et d’en former d’autres plus considérables du poids de SO à 60 kilogrammes, qui ont été enveloppées de feuilles très-grandes et quelquefois d’une natte de jonc. J’avais pris d’abord ces feuilles pour celles du Butea frondosa, arbre de l’Inde qui, ainsi qu’on l’a vu précédemment, laisse découler un suc rouge et très-astringent qui se solidifie à l’air, et ces deux circonstances m’avaient fait penser que celte espèce de cachou, dont j’ignorais alors le lieu d’origifte, était extraite du Butea frondosa. M. Pereira trouva ensuite que ces feuilles appartenaient plutôt au Nauclea cordi folia ; oi, de mon côté, je leur trouvai une assez grande ressemblance avec celles du Nauclea Brunonis de Wallich ; mais je suis obligé de convenir aujourd’hui que ces feuilles appartiennent à plusieurs végétaux que je ne puis déterminer.

MM. Hanbury et Flückiger les rapportent au Dipterocarpus tuberculosus Roxb (1).

Synonymie et origine du cachou de Pégu. Ce cachou a été rapporté de l’Inde par M. Gonfreville, sous le nom de cascati, et comme l’une des substances les plus employées dans ce pays pour la teinture. L’accord de nom et de propriétés qui existe entre lui et le kaskati de Kœnig ou lecasAeui/fed’Ainslie, assure tout à fait cette synonymie. Quant au lieu d’origine, c’est le commerce anglais qui l’a nommé cachou de Pégu; alors, pour nous éclairer sur le végétal qui le produit, nous n’avons qu’un seul passage d’Herbert de Jager nous disant que, suivant ce qui lui a été rapporté, c'est de l'acacia Catechu, soit seul, soit mêlé à d'autres, que Fon confectionne . au Pégu le kaath que l'on distribue dans toutes les Indes. Cette assertion n’est rien moins que certaine, comme on le voit; aussi me permettrai-je de dire, en me fondant sur le voisinage des lieux

(I) Flückiger et Hanbury, Pharmacographia, p. 215.

Guibobri, Drogues , 7» édit.

DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.

d’extraction, que le cashcuttie, de même que le gambir, est peutêtre tiré de VUncaria gambir, ou d’autres espèces voisines. Hunier, d’ailleurs, nous dit bien que deux procédés sont employés pour obtenir le gambir : le premier par évaporation directe du décodé des feuilles, donnant un extrait brun; le second par inspissation du dépôt blanchâtre formé au fond des liqueurs, et constituant le gambir terne jaunâtre. Le docteur Campbell dit même que le premier procédé est usité dans d’autres parties orientales du golfe de Bengale, ce qui désigne assez positivement le Pégu. Il serait donc possible, ainsi que je viens de le dire, que le cachou de Pégu fût un produit à’Uncaria, comme le gambir. [Le doute émis ici par Guibourt sur l’origine indiquée par Herbert de Jager n’est pas partagé par les auteurs de matière médicale, qui admettent tous que le cachou de Pégu provient xle V Acacia Catechu.'\

Examen chimique. 100 parties de caehou de Pégu donnent, par le moyen de l’eau, 84 parties d’extrait. Le résidu pèse 14 parties.

100 parties du même cachou, traitées par l’alcool, fournissent 72 parties d’extrait sec. Le résidu pèse 2i parties. Ce résidu calciné produit 2 parties d’une cendre blanche qui ne tait pas effervescence avec les' acides, et qui ne paraît pas s’y dissoudre. 11 se dégage cependant une forte odeur de sulfide hydrique, d’où l’on peut conclure que celte cendre est en grande partie formée de sulfate et de sulfure de calcium.

100 grammes de cachou de Pégu en poudre fine ont été traités par 1 kilogramme d’éther pur, mais non desséché. La matière s’est humectée peu à peu et s’est convertie en une masse molle que le liquide traversait debout, de sorte qu’un plus long traitement devenait inutile. La liqueur était d’un jaune fauve; elle a produit 21 grammes d’une substance orangée, demi-transparente et d’apparence cireuse.

Cette matière, humectée d’eau, s’hydrate lentement et forme environ 100 grammes d’une masse solide presque transparente et comme demi-gélatineuse; chauffée avec un peu plus d’eau, au bain-marie, elle se dissout, à l’exception d’une très-petite quantité d’une matière grasse onctueuse et d’un vert pomme. La liqueur refroidie présente après vingt-quatre heures, des glèbes sphériques et gélatineuses, comme l’eau mère de 1 acide cachutique. Après plusieurs jours la masse gélatineuse augmente et occupe une grande partie du liquide • au fond se trouve un précipité jaunâtre, opaque et peu abondant’ d’acide cachutique ordinaire. ’

Le cachou qui avait été traité par l’éther a été délayé dans un mortier avec de l’alcool, et j’ai essayé de le traiter alors par déplacement, mais sans succès. L’alcool n’a pu filtrer au travers, et j’ai été obligé dé le décanter. Le marc est d ailleurs très-difficile à épuiser par ce moyen, et les liqueurs sont toujours rouges. Elles ont produit 44 7 d’extrait sec. Le résidu pesait seulement 26 grammes, et offrait 8,3 de

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perte; traité par l’eau froide, il a formé une liqueur rouge très-foncée, qui se fonçait encore à l’air, et qui a produit 19,S8 d’extrait sec. Il est impossible d’épuiser le marc, qui se présente sous la forme d’un mucus rouge foncé ; ce marc desséché pèse 5,30.

Voici les résultats de cette analyse.

Acide cacluitique anliydre, obtenu par l'étlier . 21

Extrait rouge alcoolique . 44,70

Extrait rouge aqueux, do nature gommeuse . 19,58

Résidu insoluble . .5,30

Perte ou eau . 9,42

13. Cachou de Pégu lenticulaire. J’ai VU une seule pièce de ce cachou, remise par E. Soubeiran au cabinet de l’École de pharmacie. Elle consiste en une masse du poids de 20o grammes qui, ayant été posée dans un grand étal de mollesse, sur un plan recouvert d’une feuille d’arbre, s’y est étendue en un pain lenticulaire de H,S centimètres de diamètre, fort peu épais et aminci sur le bord. La face supérieure est d’un brun terne, privée de tout corps étranger et marquée de stries concentriques ondulées, La substance interne est brun noirâtre, brillante dans sa cassure, translucide dans ses lames minces, d’une saveur trèsastringente et amère. La face inférieure est couverte par un fragment d’une grande feuille, diflérente de celles précédemment décrites, épaisse, consistante, glabre sur ces deux faces, offrant une côte médiane à libres ligneuses blanchâtres, et des nervures transversales très-nombreuses, distantes entre elles de 12 à 18 millimètres.

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