CAMPONOTUS DUFOURI, n. sp
(PI. L, fig. 2, 2°, 2}, a°et 2°.)
# Muor. Longueur 13 à 15 mil. Tête large de 3,1 mill., longue (sans les mandibules) de 4 mill. Longueur d'un scape 4,2, d'un tibia postérieur 5,1 mill. Forme générale élancée et mince des C. Lespesu, Forel, C. Hildebrandt}, Forel, C. longipes, Gerstäcker, ete. La tête est en forme de trapèze allongé, à grande base derrière et petite base devant.
-FORMICIDES. 17 Ses côtés sont rectilignes (sauf vers l'angle postérieur), un peu comprimés derrière l'angle antérieur; son bord postérieur est fortement excavé. Mandibules rapprochées, assez allongées, à bord extérieur assez convexe vers son liers antérieur, armées de sept à huit dents. Leur moitié apicale est lisse, luisante, à points très épars; leur moitié basale très finement et densément coriacée ou striée-ridée. Épistome caréné, avec un lobe antérieur bien développé, rectangulaire, à côtés excavés et à angles antérieurs proéminents. Arêtes frontales rapprochées, peu divergentes. Aire frontale indistincte. Yeux aussi rapprochés de l'angle antérieur que de l'angle postérieur de la tête.
Thorax très étroit, très allongé, à dos faiblement et également convexe d'un bout à l’autre. C'est à peine si la face déclive du métanotum qui est très courte est marquée par une déclivité un peu plus forte que celle de la moitié postérieure de la face basale.
Écaille conique, très épaisse à sa base, distinctement acuminée au sommet, plus haute que large et qu'épaisse. Sa face postérieure est presque plane, sa face antérieure brisée, composée d'une portion basale courte, presque verticale, et d’une portion supérieure oblique. Abdomen ovale-allongé.
Pattes et antennes extrêmement grêles et longues. Tibias assez aplatis en un sens, mais non prismaliques, avec quatre ou cinq piquants à leur extrémité seulement (autour de l'éperon).
Tête finement mais assez fortement réticulée, presque mate, sauf lépistome et la face inférieure qui sont subluisants. Thorax assez finement mais assez irrégulièrement et fortement ridé en travers, presque mat. Abdomen et écaille finement et plus faiblement ridés en travers, assez luisants. La ponctuation superposée piligère est très faible et très espacée ou nulle, sauf sur le devant de la tête où elle est distincte sans être forte.
Tout le corps est recouvert d’une pubescence fort espacée, mais assez grossière, fort courte sur l'abdomen, plutôt longue sur le thorax, un peu soulevée, d'un jaune brunâtre. La pilosité dressée est éparse, longue, grossière, brunâtre, fine et courte sur le devant de la tête. Les tibias et
surtout les scapes sont couverts d'une pilosité abondante, fine, oblique, très courte el Jaunätre.
Tête et scapes d'un noir à peine brunâtre. Thorax et mandibules d'un noir brunäâtre. Abdomen d'un brun noirâtre. Tarses d’un brun foncé. Écaille. hbias, funicules et extrémité des cuisses bruns. Hanches et base des cuisses Jaunâtres. Segments abdominaux largement bordés de jaunâtre.
# Minor. Longueur 10 à 12 mill. Chez la Ÿ minima, la tête (sans les mandibules) est longue de 2,5 mill. et large en avant de 1,3 mill., en arrière d'a peine 0,3 mill.; le scape est long de 3,8 mill., le tibia postérieur de 4,8 mill. Elle est encore plus élancée que la # minor du €. Hildebrandti dont elle se distingue tout à fait par la forme de sa tête. Celle-ei va se rélrécissant régulièrement en triangle isocele allongé des angles antérieurs au cou très étroit qu'elle forme en arriére; ses côtés sont presque droits. Elle est bien moins épaisse et moins convexe, sa face inférieure à peine convexe. Épistome distinctement caréné, avec un lobe antérieur rectangulaire à angles latéraux très marqués. L'écaille est plus épaisse et beaucoup plus haute que chez le C. Hildebrandtr, si fortement acuminée que son sommet forme une pointe rappelant celle des Odontomachus, quoique bien plus courte et plus obtuse. Cette pointe ressemble beaucoup à celle du métanotum du Dorymyrmex pyramicus. Chez le GC. Hildebrandt, 1 n'y a pas de pointe semblable. Du reste comme la # major, mais les mandibules n'ont que six dents.
Tamatave et forêts d'Alahakato (M. Perrot): bois situé à 30 milles au Nord-Ouest de Tamatave (M. O'Swald, Musée de Hambourg).
Des Ÿ récoltées dans l'merinä par M. Sikora se distinguent par leur pelite taille (& major 11 mill.), par leur sculpture beaucoup plus fable (ce qui les rend luisantes), par leur pilosité bien plus rare et par leur écaille moins acuminée. Appelons-les var. imerimensis.
?. (Var. imerinensis) : Longueur 15 mill. Longueur d'un scape DD: d'un übia postérieur 4,3 mill. Comme l'ouvrière. Mandibules entièrement lisses el luisantes, à points très épars, armées de sept dents. Les yeux sont plus rapprochés des angles postérieurs de la tête. La stature est
beaucoup moins grèle que celle de la #. Écaille haute, épaisse, étroite, à bord supérieur très étroit et cependant échancré au milieu. Pattes bien plus courtes que chez la ÿ.
Très luisante; thorax et abdomen très luisants, très faiblement ridés. Tête semi-luisante avec la même sculpture que chez la Ÿ, mais plus faible. Les couleurs sont réparties comme chez la #, mais les côtés du thorax, le postscutellum et le devant du front sont brunâtres, tandis que l'abdomen est plus foncé, d'un noir brun. La pubescence est extrêmement éparse et extrêmement courte sur le thorax et l'abdomen, beaucoup plus longue et plus forte sur la tête. Du reste identique à l'ouvrière de la variété C. imerinensis.
Environs d’Antananarivo (Rév. Père Camboué).
Je dois la communication de la première % de cette espèce à mon ami le professeur Émery. Elle est assez voisine du C. Hildebrandti, mais la # minor présente des différences foncières dans fa forme de la tête et de l'épistome. La forme de la tête des © est aussi fort différente, ce qui fait présumer qu'une différence analogue existe chez les Ÿ major. Si c'est le cas, la tête de ces dernières sera à peine élargie derrière chez le C. Hildebrandti. La pubescence beaucoup plus courte et plus espacée chez le C. Dufour, la couleur entièrement différente des deux formes et la seulpture qui, chez le C. Hildebrandti, est plus régulièrement et plus fortement ridée, presque striée transversalement (rappelant les Odontomachus), constituent encore des différences importantes. Enfin le C. Hit debrandti a un éclat métallique qui fait absolument défaut au C. Dufourr. Le C. Dufouri est surtout parent du €. dorycus des îles de la Sonde.