‹ Histoire naturelle des Iles Canaries (volume 2)Chapitre 17 sur 93 · IL. À · texte numérisé non relu

IL. À

On peut déduire de cette dernière observation de l'historien anglais (1) la hauteur approximative des points culminans de la Gomère. Les montagnes de l'île ne doivent guère dépasser 4,000 pieds, car cette altitude représente pour Canaria, Ténériffe et Palma, la ligne de démarcation entre l’Erica arborea et le Pinus C anariensis. I est à remarquer qu'il nest pas fait mention non plus des Pins par les auteurs canariens, et qu'on ne trouve sur la carte de Lopez (2) aucune indication qui puisse faire soupçonner leur existence.

La description que nous allons donner de la Gomère est extraite en grande partie de l'ouvrage de Viera, auquel on doit, sans contredit, les renseignemens les plus circonstanciés (3).

Cette île ést fertile, très-boisée, pourvue de sources limpides et du meilleur port de l'archipel. On trouve aussi le long de son littoral divers petits mouillages fréquentés par les caboteurs, et plusieurs plages de sable qui offrent des débarcadaires moins dangereux que dans les autres îles. Nous citerons principalement l’anse de /a Cueva del Conde, le petit port Wahona au nord , Puerto de Trigo à ouest , et la plage del Æzucar, la plus spacieuse de la bande septentrionale, où les habitans des vallées d’Ægulo et de Montoro vont prendre leurs ébats pendant la belle saison. |

L'intérieur du pays est en général très-montueux; tout le sol est fendu par des ravins d'une profondeur extraordinaire, et, bien que sa constitution géologique soit de nature volcanique comme celle des îles voisines, on n'y remarque aucune trace d'éruption moderne.

Le territoire est divisé en six districts, savoir :

1° SAN-SEBASTIAN, capitale de la Gomère et chef-lieu du premier

(1) Voy. G. Glas, Hist. Can: isl., p. 271.

(2) Voy. Mapa de la isla de la Gomera, par don Tomas Lopez; Madrid , 1780. (3) Voy. Noticias de la Hist. gén., tom. x, p. 88 et sui v.

district. Cette petite ville, dominée par troïs montagnes (), est située sur la côte orientale, près dé la pointe du nord-est, Les hameaux compris dans sa juridiction sont :

El Barranco, Laja, Ayamorna, Terduñe, Texiade, Pala, Mequesegue et Benchijigua. Ce dernier , où les anciens comtes de Gomère avaient établi leur résidence, se trouve placé au centre d'une des vallées les plus pittoresques de l’île; troïs immenses rochers bornent cette enceinte : l Agando , l'Aragigual et \ Aragerode.

2 Alaxero, sur la côte du sud-est, à 4 lieues environ de la capitale, est le chef-lieu du second district. Les hameauxet cantons qui en dépendent sont : Ærasarode, Palmiarejo, Imada, Areguerode, Valle de la Negra, Magañas et Y’alle de Santiago, que.fertilisent les eaux réunies des vallons de Benchijigua et d'Imadea.

Les Palmiers, qui abondent dans ce district, croissent confondus avec les arbres fruitiers de l'Europe. |

Tagaragunche et Chimpa sont les deux montagnes les plus élevées des environs d'Alaxero; la culture des céréales s'étend le long de leur pente jusqu à une grande élévation.

3° Chipude, chef lieu du troisième district, est un des bourgs les plus considérables de la bande du sud. Cette juridiction embrasse quatre cantons, dont les hameaux sont cachés dans des gorges anfractueuses : el Valle de gran Rey, el Valle de Herque, Herquito et Taguluche, remarquable par sa belle cascade (2) et ses vergers.

La végétation la plus vigoureuse se déploie dans ce district qu'arrose le grand torrent d’Ariñule ; de toute part s'élèvent des rochers escarpés qu'on désigne par des noms particuliers dérivés de la langueguanche (3).

(1) El roque de San-Sebastian, au nord ; El Machal , au sud ; El Lomo grande, au nord-est.

(2) La cascade d’e/ Obispo.

(3) Chegueleches, Ajugar, Guariñes, Teguerguenche, Cherérepi, Garojona, Arguayada et Alcon de

- Ariñule.

D'épaisses forêts couvrent toutes les hauteurs de Chipude, où se sont propagés les cerfs que Sancho Herrera-le-Vieux transporta d'Afrique.

4° À l'occident de la capitale, on rencontre Æermigua ou Valle de Hermigua. Ce chef-lieu du quatrième district est situé dans une vallée délicieuse entourée de hautes montagnes, d'où s'échappent plusieurs torrens considérables; le seul ruisseau de Monfonte fait tourner huit moulins. La canne à sucre était cultivée autrefois dans ce terroir; maintenant le pays est couvert de riches vignobles, de champs de Maïs , de Palmiers, de Bananiers, de Pommiers et d'un grand nombre de Müûriers noirs, dont les feuilles servent pour la nourriture des vers à soie. | |

Les hameaux et cantons compris dans le cercle Hermigua sont :

Lo de Juana, dont la singulière dénomination rappelle un des fiefs de Doña Juana de Bobadilla, comtesse de Gomère (1) ;

ET Palmar, très-fertile en blé ; |

Montoro, abondant en pâturages ; |

Et los Ælamos, renommé pour ses peupliers.

La montagne d Ansosa, couverte de forêts vierges, est la plus élevée du district : la fontaine d'ez Pajarito, que les cerfs préféraient à tout autre, coule sous ces beaux ombrages.

La population d'Hermigua et des quatre cantons qui en dépendent: est de 1,690 habitans. 1

5° Le bourg d’Ægulo, compris dans la juridiction d'Hermigua jusqu'en 1739, est le chef-lieu du cinquième district; trois hameaux, Lepe, el Cabo et Piedra-Gorda, se sont formés dans son voisinage. Tout ce pays est boisé et montueux; le Cherepin ou Cherepe et las Rocas de Sobre- Agulo sont les hauteurs qui le dominent.

6° J’alle-Hermoso, éloigné de cinq lieues environ de la capitale, commande au sixième district. Cette petite ville, la plus importante de l’île

(1) Ab. Galind., Mss. lo de Juana, la propriété de Jeane.

après San-Sebastian, contient 1,700 ames. Elle est divisée en deux faubourgs par le ravin de Woncayo; les hameaux de sa juridiction sont : ÆAlaxera, dont le territoire est coupé par de grands Barrancos, la

plupart avec cours d’eau. à Taso y Cubabia, pays presque inculte, bien que susceptible de produit.

Arguamul, fertile en vin et en arbres fruitiers.

Chegere, pays de bergers.

OnservarTions. L'auteur des Notices sur l’histoire générale des îles Canaries donne à la Gomère huit lieues de long sur six de large, vingtdeux de circonférence et quarante-huit de surface. Ce dernier chiffre nous semble inexact si l'on comprend dans cette superficie toutes les pentes résultantes du grand nombre de montagnes isolées.

Les sources abondantes qui arrosent le pays ont contribué à sa fertilité. Les habitans ont profité de ce bienfait pour varier les cultures suivant la nature des lieux, et les étendre dans tous les endroits susceptibles d'irrigation. Aussi, les produits de la Gomère sont-ils très-considérables comparativement à l'étendue de l'île. En voici un aperçu pour l'année 1813, d'après les relevés du docteur don Juan Bandini (1) :

Céréales (blé, orge, avoine et seigle). . . . 17,134 sacs du poids de 108 liv. chaque (2). Maïs'ou'blé de Turquie … . . . . . . : :.. 3,641 sacs.

Légumes (haricots, fèves, lentilles, poids). 434 id.

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(1) Lecc. elem. de Agricul., p. 52 et suiv.

(2) Cette mesure correspond à la fanega d’Espagne, qui se compose de douze almudes ; l’almud pèse

environ neuf livres de notre ancien poids de marc.

( 142 ) L'île nourrit en outre 30,490 têtes de menu bétail, 431 bœufs, vaches et veaux, 1,200 cochons, et plus de 600 bêtes de charge. Le résumé statistique de don Francisco Escolar offre une augmentation notable pour la plupart des produits dont nous venons d'énoncer les quantités. Aïnsi, de 1820 à 1824, nous trouvons pour une année

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