‹ Histoire naturelle des Iles Canaries (volume 2)Chapitre 77 sur 93 · VOLCANS DES TEMPS HISTORIQUES · texte numérisé non relu

VOLCANS DES TEMPS HISTORIQUES

Dans la description que nous avons donnée de la grande éruption de 1730 (1); on a pu se faire une idée assez précise de l'étendue du pays envahi par les laves et les rapilles. Cette région brülée offre un aspect affligeant de solitude et de désolation ; elle semble frappée d'une stérilité éternelle ; la matière pétrifiée a conservé tous les caractères qu'elle présenta à l'instant de sa fusion. En parcourant ce désert noir et aride, on croirait que la catastrophe vient d'avoir lieu ; seulement le calme des élémens a remplacé la tourmente, maïs l'incendie en s'éteignant a laissé son désastre au grand jour, et la terre en deuil, bouleversée de fond en comble, abandonnée de ses habitans, privée de toute végétation, s'est couverte d'un manteau funèbre. Il faudra des siècles avant que l'homme puisse espérer de tirer des ressources de ce sol dévasté, les bestiaux mêmes n'y trouvent encore aucune espèce de pâture. Les sentiers qui traversent ce WMalpais ont à peine entamé sa surface; les plus fortes alpargatas , ces sandales de cuir brut dont on fait usage aux Canaries, peuvent à peine résister aux aspérités qui hérissent le sol et aux laves vitrifiées et tranchantes répandues sur sa surface. Au moment de la liquéfaction des matières volcaniques, le mouvement de rotation déterminé par des tourbillons de lave, leur a fait prendre dans certains endroits une forme circulaire; ces espèces de plaques, gonflées par les gaz concentrés, se sont soulevées comme une croûte mince et cassante

(1) Voy. Géogr. descript., pag. 190, et la carte de Lancerotte, Atlas, pl. x.

qui se brise sous les pieds du voyageur et dont les éclats sont toujours dangereux. Quelquefois la roche est divisée en fragmens anguleux, ou bien les blocs, entassés les uns sur les autres, présentent des obstacles insurmontables.

La lave est un basanite péridoteux, noir et compacte dans sa partie inférieure, On y rencontre des boules de péridot, souvent aussi grosses que la tête d'un homme. Ces boules sont enclavées dans la coulée, et M. de Buch a observé avec raison que la pesanteur des plus volumineuses a dü bientôt les fixer au milieu du torrent qui les entraîna ; il a remarqué. aussi qu'elles diminuaient insensiblement en nombre et en grandeur à mesure qu'on s'éloignait des cratères. Ainsi, entre Mosaga et Tao, où nous en rencontrâmes d'abord, elles n'étaient guère plus grosses que celles que nous avions déjà trouvées à Fuencaliente , dans l’île de Palma. M. de Buch assure n'en avoir jamais vu d'aussi grandes, si ce nest dans les laves du Vivarais.

Les laves contiennent en outre des fragmens non fondus du basanite péridoteux du noyau de l’île, devenus grisâtres sous l'influence de la chaleur. Entre la Géria et la Montaña del Fuego, il existe deux rochers soulevés sur leur flanc à un angle de quarante degrés, qui contiennent des nodules de péridot tellement altérés par le feu, que le pyroxène qu'ils renferment est devenu d'un rouge très-vif et le péridot d’un blanc perlé, de manière qu'on pourrait les prendre pour des fragmens d'une roche granitoïde. À Mosaga, on voit une caverne au milieu des laves, qui (si elle n'est pas produite toutefois par une grande bouxsoufflure) pourrait devoir son origine à un affaissement du terrain ou à un ancien ravin recouvert par l'éruption. On nous a assuré qu'on l'avait exploré sur un espace de plus de quinze cents pieds détendue. Dans la partie que nous avons visitée, cette caverne présente une élévation de dix, douze et vingt pieds. Des stalactites volcaniques courtes et épaisses, remplies de vésicules aérifères, étaient suspendues à la voûte et nous rappelèrent celles de la grotte d'Icod , à Ténérifte.

Nous avons déjà parlé de la fertilité des lapilli de cette éruption (1). Il est probable que ces rapilles absorbent et retiennent l'humidité de l'atmosphère : l'air renfermé dans leurs soufflures doit aussi venir puissamment en aide de la végétation. Quand les plantes sont déjà sèches dans les plaines de calcaire moderne, on trouve encore là, en pleine fleur et avec leurs feuilles radicales , la Serraja (Microrhynchus nudicaulis, Less.) et la Serraja de los Conejos (Picridium ligulatum, VENT.) l'Ononis pedunculata, Linz. des Plantago, et d’autres végétaux pleins de vigueur et bien développés.

La grande crevasse par où les éruptions se firent jour successivement, et qui réagit avec tant de violence en 1730, paraît exister encore. Depuis environ un siècle les volcans de Lancerotte étaient en repos, lorsque de nouvelles bouches se rouvrirent en 1824. Voici les détails de cet événement.

Nous traduisons ici textuellement les lettres qui nous furent adressées par D. Augustin Cabrera, habitant de Lancerotte et témoin oculaire de ces éruptions. Le récit simple et concis du narrateur, la franchise de son caractère doivent garantir l'authenticité des faits qu'il a rapportés. Du reste, celui de nous auquel ces lettres ont été adressées a pu se convaincre, en comparant la relation de Cabrera avec plusieurs autres, qu'elle était dégagée de toute exagération.

PREMIÈRE LETTRE. Port d’Arrecife, 4er juillet 1824.

« Hier vers six heures du matin, un gouffre volcanique s’est ouvert tout-à-coup dans le voisinage de Tao, au milieu d’une plaine. Cette éruption a été précédée d’un petit tremblement de terre ; toutefois cette première secousse ne s’est pas étendue fort (loin : au port d’Arrecife on n’a rien ressenti. Le cratère a pris d’abord l’apparence d’une large crevasse, et a dégorgé aussitôt une grande quantité de sable et de pierres enflammées. Ces déjections ont envahi en quelques heures la propriété rurale du curé Duarte, et incendié son habitation et ses greniers. Les ébranlemens du sol, aux alentours du volcan, ont entrainé la ruine de plusieurs citernes à Tiagua, perte d’autant plus sensible que ces réservoirs sont

(1) Voy. Géogr. descript., pag. 194.

une des principales richesses dans un pays qui manque de sources. On craignait même pour Tiagua, parce qu’on s'était aperçu qu’une montañeta, située entre ce village et le vol- Can, avait commencé à dégorger de la fumée. »

SECONDE LETTRE. 16 septembre.

« L’éruption de la lave et des pierres a duré dix-huit heures; trois mamelons de scories se sont formés autour du cratère. Après cette première crise, le volcan n’a plus lancé pendant dix jours que d’épais tourbillons de fumée, qui s’échappaient par bouffées comme d’un tuyau de pompe à feu; leur ronflement s’entendait de plusieurs lieues à la ronde. Ce phénomène a été bientôt suivi d’un torrent d’eau bourbeuse et fétide, provenant de la montañeta qui avait auparavant lancé de la fumée, c’est-à-dire de celle située au milieu des deux autres. Le massif de scorie, produit par l’éruption, s’est fendu longitudinalement du sommet à la base, et dés cet instant le foyer volcanique a paru s’éteindre. Cependant hier on entendit encore un bruit sourd, et l’eau bourbeuse recommenca à sortir par Lorrens. Il s'échappe par fois une fumée très-dense, puis tout-à-coup elle s’éclaircit, et dans ces intervalles l’eau recommence à couler. »

TROISIÈME LETTRE. 10 octobre.

« Les volcans redoublent d'activité : le 29 du mois passé, à midi, une nouvelle éruption s’est manifestée près du village de Yaiza, à quatre lieues S.-O. du siége de la premiére et à trois lieues de la mer. Les feux souterrains ont percé la nappe de lave de 1730, et les torrens enflammés, après avoir suivi leurs cours jusqu’au rivage, ont formé une pointe qui s’avance à plus de trois cents pas dans la mer. Bien que nous soyons éloignés ici de six lieues environ du point de réaction, le tonnerre semble gronder sous nos pieds, et ses roulemens prolongés nous tiennent dans des craintes continuelles. Voilà trois nuits que nous passons en conjectures, car ce bruit sinistre ne nous laisse pas un seul instant de repos. L'atmosphère est chargée de vapeurs sulfureuses; c’est à ne pouvoir respirer. Les cendres volcaniques, dispersées dans les airs, retombent en pluie; nos terrasses en sont couvertes. Le tremblement de terre, sans avoir été très-violent, s’est pourtant fait ressenlir par toute l’île pendant les premiers instans de l’éruption. Le nouveau cratère s’ouvrit subitement comme celui de Tao, sans qu'aucun phénomène notable ne vint l’annoncer. C'était horrible à voir : la fournaise lança d’abord des roches brülantes et des torrens de lave liquide pendant cinq jours consécutifs; après une détonation terrible, le volcan est resté tout-à-coup dans l’inaction, mais ce repos apparent est loin de nous rassurer, nous sommes toujours sur le qui vive, incertains de quel côté éclatera encore l’incendie. À mon avis, l’île est minée de toute part, et la terre peut à chaque instant s’ouvrir sous nos pieds. Les désastres de 1730 vont-ils se renouveler? Alors, et durant sept années, vingt-cinq cratères s’ouvrirent successivement : voilà deux mois que la crise a recommencé, et nous comptons

déjà deux éruptions! »

QUATRIÈME LETTRE. s 48 octobre.

« Il ne faut plus en douter, la fournaise est sous nos pieds; on croirait entendre une

forge en grand travail, de véritables coups d’enclume. Depuis douze jours le volcan s'était éteint, mais les ébranlemens du sol faisaient craindre une nouvelle crise. En effet, avanthier, à six heures et demie du soir, la terre s’est ouverte au milieu de la nappe de lave de 1730, à demi-lieue au nord du dernier cratère, et le torrent de lave qui en est sorti a coulé pendant vingt-quatre heures. Maintenant tout est calme, mais qui peut prévoir l’avenir? . On m’a assuré que le nouveau volcan venait de lancer une colonne d’eau à plus de cent cinquante pieds d’élévation, et que cette trombe, en retombant sur les bords du cratère, avait formé plusieurs torrens. »

D'après une relation plus circonstanciée, on éprouva une très-forte chaleur les jours qui précédèrent l'éruption ; les marins qui étaient en vue de Lancerotte ne pouvaient apercevoir l'île qu'à travers des échappées de brouillards, mais ils observèrent tous que les vapeurs ne S'élevaient guère au-dessus des montagnes. Le 29 juillet, on ressentit plusieurs secousses de tremblement de terre, qui augmentèrent d’intensité dans la nuit du 29 au 30. Ces ébranlemens semblaient partir du centre de l'île et s'étendre ensuite dans toutes les directions. Des météores suivis d'exhalaisons sulfureuses se montrèrent à plusieurs reprises dans la plaine de Tao. Dans la journée du 30, les convulsions du sol devinrent plus fréquentes, et le bruit souterrain prit un caracère si alarmant, qu'un grand nombre d’habitans abandonnèrent leur demeure pour camper en rase campagne et attendre l'événement. Le 31, à six heures du matin, une colonne de fumée s’éleya en tourbillonnant dans les airs. Cette masse de vapeurs, diversement colorée, se répandit sur les collines et obscurcit bientôt toute l'atmosphère. Un bruit semblable au roulement du tonnerre et à des décharges d'artillerie annonça alors l'instant de la crise; la terre s’agita par de violentes secousses et se crevassa en dix-huit endroits différens dans la propriété de Don Louis Duarte, située entre le bourg de Tao et celui de Tiagua. Ces différentes ouvertures ne formèrent bientôt plus que trois gouffres distincts, dont le plus grand avait environ cent cinquante pieds de diamètre. Ces cratères commencèrent à vomir des flammes et lancèrent ensuite des rochers et des laves. La nuit, l’île

entière paraissait en feu. Les déjections du volcan continuèrent jusqu'au lendemain et formèrent un massif de scories d'environ trois cents pieds de haut. À dix heures du matin (1” août), le gouffre principal cessa de dégorger. Dans la matinée du 2 les tourbillons de fumée, qui s'échappaient des trois cratères, s'élevaient dans l'atmosphère en colonnes de différentes couleurs, l’une blanche, l’autre noire et la troisième rougeûtre.

L'éruption du 29 septembre fut signalée par un phénomène remarquable : une colonne de flamme sortit d'abord du cratère et s'éleva à une grande hauteur (Voy. Atlas, pl. XIV, fig. XV); à l'éclat qu'elle répandit dans l'atmosphère, le ciel prit l'apparence d'une aurore boréale (1).

Nous visitâmes ces volcans au mois de juin 1829. Celui de Tao a laissé trois cônes réunis ensemble par une crête; les cratères sont encore ouverts, mais ils ne fument plus depuis long-temps, et les pigeons sauvages (columba livia ) s'y sont établis pour y nicher. La bouche des cratères est de forme elliptique , et se prolonge du nord-est et sud-ouest : cette ouverture à près de six pieds de long sur trois de large. On peut voir facilement l'intérieur de ces cavités souterraines jusqu’à une profondeur de vingt pieds, maïs ensuite l'ouverture se rétrécit tout-à-coup. Au nord-ouest des autres cônes d'éruption, il en existe un quatrième plus élevé, sans cratère; la lave est sortie de sa base, et n’a guère coulé que l’espace d'un demi-mille vers le nordest. C'est un basanite lavique qui renferme souvent des fragmens intacts de l’ancien basanite de l’île. Âu sommet du cône, on trouve du soufre sublimé dans les fentes, et les scories dont il est composé sont altérées par les gaz acides. C'est un commencement de solfatare comme celle de la Montaña del Fuego, maïs qui s'est bientôt éteinte. Au sud-ouest , on aperçoit encore les traces du courant d'eau boueuse,

(1) L’esquisse que nous donnons, dans la planche citée, a été faite par un témoin oculaire. | 49

Ile.

dont parle la relation. Il à formé une couche grisâtre faiblement agglutinée par la chaux carbonatée, et composée de coquilles et de coralines triturées avec le sable des roches basanitiques, tel qu'on en voit communément sur les bords de la mer, dont le volcan est éloigné de plus d'une lieue.

Parmi les autres bouches qui se sont ouvertes au milieu de la lave de 1730, celle qui est située le plus à l'ouest a vomi le torrent de lave le plus considérable. Cette coulée est entrée assez en avant dans la mer. La matière volcanique de la troisième éruption ne s'est répandue qu'à une petile distance vers le nord. C'est un basanite excessivement noir renfermant du péridot d'un jaune pâle. Nous comptâmes cinq bouches ou respiraderos qui ont vomi des cendres et des rapilles. Un torrent de boue a coulé vers le sud, et forme aujourd'hui une argilophyre terreuse verdâtre contenant quelques restes de coquilles à peine distinctes, maïs la masse entière fait une forte effervescence avec les acides. Outre la lave qui à pris la direction du nord, nous remarquâmes que le courant d'eau bouillante, dont il est question dans les lettres de Cabrera, avait déposé sur les rochers des alentours une couche jaunâtre assez dure de chaux carbonatée.

Le calcaire moderne qui recouvre toute la partie basse de Lancerotte ressemble entièrement à celui de Canaria (Voy. ci-dessus, pag. 365). À Graciosa, trois cônes volcaniques, dont la base repose probablement sur l'ancien basanite, s'élèvent au centre de l'île. Tout le restant est couvert de ce calcaire qui se forme journellement. Il est rempli de coquilles d’hélices (Æelix Sarcostoma, Helix Pisana, Bulimus decollatus, Cryptella Canariensis), et d'autres espèces terrestres mêlées avec des débris de mollusques marins. On y voit aussi des concrétions oviformes vides, ouvertes à un de leurs bouts; et dont il nous fut d'abord assez difficile de nous expliquer l'origine; maïs nous avons reconnu depuis que ces concrétions n'étaient autre chose que des nids d'une espèce d'apiaire.

Dans la plaine brûlante de Mala le calcaire est très-pur et on l'exploïte pour des usages économiques. La roche se présente, au milieu du conglomérat de basanite et de calcaire, en forme de dunes un peu élevées, élargies au sommet; ses couches supérieures sont argileuses et accompagnées par d’autres plus minces d'un calcaire homogène assez dur, mais grossier. Elles sont presque horizontales, et marquées de lignes dans le sens de la stratification comme celles qu'on voit dans le calcaire déposé dans certains réservoirs. Il est difficile de dire si cette formation a été produite à Lancerotte comme à Canaria, ou si elle est due plutôt à des dépôts lacustres soulevés plus tard. On la retrouve de nouveau près de Tahiche : on emploie à la construction des maisons les argiles amalgamées avec de la paille hachée. Il en est de même dans la plupart des villages de l’île.

Dans les endroits où les vents alisés soufflent avec violence, mais où les sables qu'ils entraînent contiennent peu de coquilles, la masse n’est plus agglutinée. C'est ainsi que l’on voit près d'Argana une large bande de sable qui menace d'envahir l’île d'un bout à l’autre.

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FORTAVENTURE.

L'île de Fortaventure fait suite à celle de Lancerotte. Ces deux terres se trouvent liées géologiquement par la Bocayna et la petite île de Lobos. Le canal qui les sépare n’a pas une grande profondeur, et le petit îlot qui établit entre elles la ligne de continuité et dont nous côtoyâmes les bords, a l'apparence d’un cône volcanique qu'une éruption sous-marine fit surgir du sein des eaux. Dans le nord de l’île, des volcans modernes, antérieurs aux lemps historiques, accidentent les flancs d'une chaîne centrale, interrompue dans plusieurs endroits, et dont les sommets inégaux atteignent au plus une élévation de cinq cents mètres. En longeant la côte, on aperçoit facilement cette chaîne en partie démantelée et flanquée de cônes volcaniques. Près du Poxillo, on voit une ancienne coulée de lave déjà blanchie par les lichens. Le restant de l’île se compose de plaines ou de très-larges vallées dont le sol est formé d'un conglomérat moderne de chaux carbonatée et de blocs de basanite. Au-dessous de ce conglomérat, on trouve ordinairement des couches assez minces de basanite en grandes nappes et superposées les unes aux autres à mesure qu'on monte les coteaux.

Les roches les plus anciennes de l’île, et même de tout l'archipel des Fortunées, se trouvent sur la côte occidentale; elles font partie du groupe de montagnes appelé Riscos de la Peña, et se composent, à leur base, de superbes diorites granitoïdes, le plus souvent à gros cristaux et contenant une grande quantité de larges paillettes de mica noir; c’est alors probablement le sélagite d'Haüy. On rencontre cette formation en blocs énormes à la base des falaises du côté de la mer. Vers le sommet, la masse de la montagne offre un aggrégat cristallin de felspath

renfermant quelques cristaux d'amphibole. Dans sa partie inférieure, où la roche s’assimile au diorite, elle est à gros cristaux et contient en outre du mica noir. À mesure qu’on s'approche du sommet de la montagne, le mica disparaît; on ne trouve presque plus d'amphibole, et le felspath seul domine, La masse rocheuse est quelquefois grise, d’autres fois couleur de chair, et se divise en gros blocs. Autour de la chapelle, toutes les montagnes sont formées de cet aggrégat, mais alors il est souvent plus pâteux et se rapproche du trachyte. Toute cette formation est traversée par des filons de pétrosilex qui s’'amincissent et finissent par se perdre entièrement sur le sommet de la chaîne, À Betancuria , le diorite granitoïde de la Peña reparaît de nouveau au-dessous de l’aggrégat cristallin.

La montagne qui sépare Betancuria d'Antigua, et du haut de laquelle on aperçoit ces deux petites villes, est formée de trachyte compacte, recouvert, sur ses deux flancs, par le basanite et le conglomérat moderne. Le trachyte est d'un gris très-foncé; on le voit à découvert sur la crête de la chaîne. Il est traversé par des filons de pétrosilex. |

Pour rendre cette description plus intelligible , nous donnons une coupe de l'ile depuis Antigua jusqu'à la Peña.

Betancuria. Chapelle, pena,

Antigua.

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1. Conglomérat et basanites qui recouvrent les flancs de la mon-

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