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(378 ) ont rendu à la culture et qui apparaît comme une verte oasis au milieu du pays brülé. Un quatrième cône, situé plus au midi, et autour duquel le conglomérat calcaire de la plaine de Mala prédomine de nouveau , à reçu le nom de Montaña de Tajiche. Une coulée de lave très-ancienne est sortie de ce volcan. |
Nous renvoyons le lecteur à la Géographie descriptive (Voy. pag. 187 et suiv.) pour la position et la direction des nombreux mamelons de la partie sud-ouest de l'île. Presque tous ces anciens cônes, dont nous venons de parler, devaient être revêtus extérieurement de couches de lapilli; quelques-uns les conservent encôre, mais ces couches de scories ont disparu sur les pentes trop rapides, et se retrouvent alors amoncelées à la base des cônes. On rencontre aussi quelques cratères fort curieux au niveau du sol, qui ressemblent assez à ces espèces de combes qu'on voit dans les formations secondaires, telles que le Devils Punchbowl dans la craie près Brighton , et celle qui se trouve dans la glauconie sableuse, près de Liphook en Angleterre. Il existe un cratère de ce genre entre Tinajo et Mancha Blanca, mais plus près de ce dernier endroit. Un autre, qui paraît être un cratère démantelé, est situé près des premiers volcans de 1824. Son fond est couvert de lapilli. On a planté un grand nombre de figuiers dans ces couches de scories où l'on trouve de l'eau potable à une petite profondeur (1).
Il est une observation qui nous a frappés pendant le cours de nos explorations : la partie échancrée de tous les cratères de Lancerotte est toujours tournée vers le nord-est, c'est-à-dire du côté des vents alisés, qui ont poussé du côté opposé les matières rejetées par les éruptions. On ne nous à cité que deux cônes qui ne sont pas dans ce cas, et il faut croire que l'éruption a eu lieu pendant l'hiver et sous l'influence des brises irrégulières.
(1) La propriété absolue de ce cratère a été vendue, pendant notre séjour dans l’île, au prix de 20 pesos corrientes , ou à peu près 75 francs. On peut juger par là du peu de valeur des terres à Lancerotte.
Le plus remarquable des anciens cônes, celui qui paraît former le noyau de la chaîne centrale, est sans contredit la Montaña del Fuego. Ce volcan n'est pas en activité, comme son nom le ferait supposer ; c'est un amas énorme d'anciennes scories et de lapilli, dont le dôme s'est converti en une espèce de solfatare. La chaleur est probablement entretenue par la combustion de pyrites, car, outre le soufre sublimé, on trouve dans les fentes de la montagne de l’alun en abondance et de la chaux sulfatée très-blanche. Les scories sont colorées en rouge trèsfoncé par l'oxidation du fer; mais elles blanchissent rapidement sous l'influence de la vapeur. Cette vapeur, cependant, n’a aucune odeur sensible (1).
Quand on est au sommet de la Montaña del Fuego, on reconnaît qu'elle à été produite à deux reprises. Le cratère supérieur n'a pas versé des laves; mais on aperçoit, sur les flancs de la montagne, un autre vaste semi-cratère d'où s'est échappée une large coulée de basanite. Un autre cratère plus petit, voisin de celui de la cime, est situé sur la plus haute crête de la montagne, que l'observation de M. de Buch porte à 1,378 pieds au-dessus de la mer (2).
Les autres mamelons que nous visitâmes sont : la Quemada et Iguadin, volcans irès-anciens, déjà couverts de végétation ; puis, la Montañeta de Tisalaya, et celle de Tamia , qui s'élève au-dessus des champs de la Florida et les défend contre le souffle des vents généraux. Grâce à cet abri, on a pu planter là, en rase campagne, quelques arbres fruitiers (3). Tous ces mamelons sont formés de scories semblables à celles que nous venons de décrire, et ne présentent aucune autre particularité digne de remarque. Cependant une statistique de tous
(1) Nous avons même fait cuire de la viande dans un trou creusé dans les scories, et elle avait aussi bon goût que si elle eût été rôtie au four.
(2) Voy. Géogr. descript., pag. 187. x
(3) Partout ailleurs les arbres sont abrités par des murs de pierres. Voy. Géogr, descript., p. 195.
( 380 ) ces volcans, faïte par un géologue qui résiderait assez long-temps dans le pays, serait sans doute du plus haut intérêt.