‹ Histoire naturelle des Iles Canaries (volume 3)Chapitre 16 sur 243 · C. isabellinus. Mey. Tascheub. Deutschl. 11, pag · texte numérisé non relu

C. isabellinus. Mey. Tascheub. Deutschl. 11, pag

Le Court-vite. Buff., Ois., vnr, pag. 198 et pl. enl. 795.

VuLc. Faysan, à Lancerotte. — Engaña muchacho, à Fortaventure.

Has. À Lancerotte, à Fortaventure et sur la côte sud-est de la Grande - Canarie, aux environs

de Maspaloma.

Os. Cet oiseause montre parfois dans la’partie méridionale de l’île de Tenériffe. Au mois de novembre del’année 1828, après un fort coup de vent de sud-est, l'un de nous en tua plusieurs dans la vallée de Guimar, en traversant la plaine qui s'étend jusqu’à la côte.

Le nom d'Engaña muchacho ( trompe d'enfant), qu’on lui a donné à Fortaventure , le caractérise parfaitement. Le Court-vite marche par saccades, puis s’arrêle tout court; mais ses mouvements sont si prompts et si rapides qu'il est impossible de distinguer les temps d'arrêt des élans de course. Cette vélocité prestigieuse fascine le regard et vous jette dans l'incertitude. L'oiseau semble immobile, et fuit quand on le croit arrêté. Dans l'espoir de le saisir on fait toujours beaucoup de chemin dans la plaine, sans pouvoir l’atteindre. De loin c’est comme un oiseau mal empaillé, monté sur deux verges, qu'un artifice ferait glisser sur le terrain. A peine aperçoit-on ses jambes fines et grêles, qui remuent sans avoir l’air de bouger.

Aussitôt que le Court-vite aperçoit le chasseur, il-se redresse sur ses échasses ; son corps éffilé prend un port encore plus syelte. Debout et alerte, il allonge le cou et suit tous les mouvemens de l’ennemi. Ce serait en vain qu'on enterait de le tirer dans une de ses poses trompeuses , il vaut mieux lui laisser prendre son vol; il a bien moins d’agilité dans les ailes, et l’on est alors presque sûr de son coup.

Toutefois les Court-vite se lèvent rarement dans la journée, quand lé soleil darde ses rayons dans la plaine. Le meilleur instant de la chasse est vers le soir, lorsqu'ils partent en bandes pour se diriger vers le lieu où ils; doivent passer la nuit. Ils volent d’abord çà et là, avant de se réunir. Leurs cris d'appel sont petits, et assez semblables aux’sifflements des OEdicnèmes; mais moins perçans, souvent répétés et d’une seule intonation.

En général, ces jolis oiseaux n'habitent que des terrains secs; ils aiment les champs labourés et aplanis, mais surtout es plages sablonneuses. Ils nichent sur le sol entre des pierres.

M. Schousboe, qui a observé cet oiseau dans le Maroc, nous a assuré qu'il n'arrive dans les environs de Tanger qu'aux mois de juillet et d’août, pendant les fortes chaleurs, et qu'il disparaît en automne,

Le Court-vite est un oiseau africain. Son apparition en Europe est très-accidentelle. Le nom spécifique de Latham (europæus ) et celui de Gmelin ( gallicus) doivent être reietés. Avec M. Temminck nous avons alopté le nom de M. Meyer ( isabellinus ), qui signale fort bien la couleur dominante de l’o‘seau.

VII ECHASSIERS. — GRALLAE.

FAMILLE 1° CHARADRIÉES. (CHARADRIEÆ.)

OEDICNÈME CRIARD.-— OEDICNEMUS CREPITANS. Temm.

Dos roussätre-cendré avec des taches longitudinales brunes; poitrine légèrement roussâtre-tacheté : ventre blanc, ailes avec une bande longitudinale de cette dernière couleur ; bec noir, jaunâtre à la

base; pieds jaunes.

Charadrius OEdicnemus. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 255. ”

Otis OEdicnemus. Lath., Ind. Ornith., 1, pag. 661.

OEdicnemus crepitans. Man. d'Ornith., Are édit., 1, pag. 3922.

Grand Pluvier ou Courlis de terre, Buff., Ois. vint, pag. 105, tom. vit et pl. enl. 919.

VuLc. Alcaravan ou Pedro-Luis, aux Canaries. — El Carouana, en arabe, à Maroc.

Has. Dans toutes les îles.

Oss. Lenom d’Alcaravan, que porte cette espèce, lui a été donné par les Espagnols, celui de Pedro-Luis est plus usité aux Canaries. Les habitans de la campagne prétendent retrouver dans cette seconde dénomination quelque ressemblance avec le cri de l’oiseau, qui se compose de trois sifflemens pleins, retentissans et très-prolongés , les deux premiers avec un temps de pause : c’est le cri du mâle. La femelle répond à cet appel lorsque celui-ci vient s’ébattre pres d’elle. Elle roucoule alors un petit chant qui imite la manière de siffler des palefreniers quand ils veulent faire boire leurs chevaux ; mais le son en est plus doux, et va en s’affaiblissant comme celui de la Tourterelle. L’OEdicnème ne commence à faire entendre son cri que vers le crépuscule du soir. Ces appels répétés, que le silence des lieux et la sérénité de l’air prolongent au loin, présentent quelque chose de mélancolique. On les entend à Ténériffe en traversant de nuit la belle plaine des Rodeos.

Cet oiseau niche aux Canaries, comme en Europe, au milieu des endroits pierreux, dans un petit enfoncement sur la terre ou sur le sable. La femelle pond deux ou trois œufs, rarement quatre, très-gros relativement à la taille de l'oiseau, un peu plus petits que ceux de la poule mais plus allongés, d'un blanc-jaunâtre sale avec des taches très-irrégulières d’un brun olivâtre.

Cet oiseau court avec une grande vélocité, surtout quand il se sert de ses ailes ; mais son vol est lent. Il faut avoir des chiens pour le chasser ; c'est le seul moyen de le faire lever pendant le jour afin de le tirer de très-près , car différem-

ment il nese laisse pas facilement approcher. L'OEdicnème se rencontre aussi dans ie Maroc et dans les plaines de l’Andalousie : il y est plus abondant en hiver que

dans les autres saisons.

SANDERLING VARIABLE. — CALIDRIS ARENARIA. {//ig.

Dos cendré-blanchâtre varié de brun; gorge, poitrine et ventre blancs; ailes brunes; bec et

pieds noirs.

Tringa Arenaria et Charadrius Calidris (jeune). Linn., Syst. Nat.,1, pag 131 et 255.

Arenaria Calidris. Mey., Taschenb. Deutschl., 1, pag. 326.

Calidris grisea. Mey. Vôg. Liv. und Esthel., pag. 171.

Calidris Arenaria. {Uig., Prod., Mamm. et Av., n° 1.

Le Sanderling. Buff.. Ois., Vu, pag. 552.

Le Pluvier des sables, le Pluvier Sanderling, la petite Maubèche grise.

VuLc. Serrapico.

Has. De passage accidentel.

Ogs. Cet oiseau fréquente les mêmes localités que le Bécasseau-brunette ; maïs il est fort rare. Nous pensons qu'il ne se trouve qu’accidentellement dans les îles Canaries.

En Europe, le Sanderling niche dans les régions du cercle arctique. Ses œufs n’ont été encore figurés dans aucun

traité d’oologie.

he Fe A

ÉCHASSE ORDINAIRE. — HIMANTOPUS ATROPTERUS. Mey.

Dos noir , à reflets verdâtres; ventre blanc, à peine rosé; ailes et bec noirs; iris cramoisi ; jambes et pieds rouges.

Charadrius Himantopus. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 255.

Himantopus atropterus. Mey., Tascheub. Deutschl., x, pag. 315.

H. rufipes. Bechst., Naturg. Deutschl., iv, pag. 446, tom. v, fig. 1.

H. albicollis. Vieill., Faun. Franc.

L'Échasse. Buff., Ois., Vin, pag. 114, tom. Vin, et pi. enl. 818 (Mâle).

His. De passage accidentel.

Os. Cet oiseau se reproduit en Europe, d’après M. Temminck, dans les vastes marais salins de la Hongrie et de la Russie. M. de Lamothe, d’Abbeville, a vu des Échasses nicher, en 1818, aux environs de cette ville. (Temm.) M. Crespon, de Nîmes, a reçu dernièrement des œufs de cet oiseau, trouvés dans un marais, près d’Aigues-Mortes (voy. Ornith. du Gard, pag. 554.et 558 ) ; il a bien voulu nous en communiquer un. Cet œuf est à peu prés de la taille de celui de la perdrix rouge , mais plus allongé; il offre une couleur vert-olivâtre , avec des taches brunes peu nombreuses. Dans la figure publiée par M. Thienemann ( pl. x1v, fig. 2), la taille nous paraît un peu grande et le fond trop clair.

HUITRIER NOIR. —- HÆMATOPUS NIGER. CU.

Plumage entièrement noir ; espace oculaire, bec et pieds rouges.

Hæmatopus niger. Guv., Regn. Anim., 2e édit. pag. 504,

VuLc. Grajo marino, aux Canaries.

Has. Les îles du groupe oriental.

Ors. Cette espèce offre une taille un peu plus forte que l’Huîtrier ordinaire (H. Ostralequs, Linn. ); son plumage est d'un noir profond; les jeunes paraissent d’un noir brunâtre,

Cet oiseau se rencontre principalement sur les plages de la Graciosa ; il fréquente aussi les côtes solitaires de Lance-

rotte et de Fortaventure. Le nom de Grajo marino ( Choquard de mer ), qu'on lui a donné, fait allusion à son plumage noir, à son bec et ses pieds rouges. Il paraît sédentaire.

PLUVIER DORÉ. — CHARADRIUS PLUVIALIS.

Front brun , taché de jaune; dos de la même couleur , avec des points jaune - doré; parties inférieures blanchâtres , avec des taches cendrées , brunes et jaunâtres sur le cou et la poitrine : point d'espaces foncés latéraux; bec noirâtre ; pieds cendré-foncé.

Charadrius Pluvyialis et apricarius. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 251.

Page 1