‹ Histoire naturelle des Iles Canaries (volume 3)Chapitre 15 sur 243 · VIE COUR EURS. — CURSORES · texte numérisé non relu

VIE COUR EURS. — CURSORES

OùUTARDE HOUBARA. — OTis HOUBARA.

Huppe blanche ; dos d’un jaune d'ocre avec de fines raies noires; parties inférieures blanches; de longues plumes noires effilées sur les côtés du cou; bec brun-noirâtre; pieds verdâtres.

Otis Houbara et Rhaad. Gmel., Syst. Nat., 1, pag. 725.

Psophia undulata. Jacq., Beytr., pag. 24, tom. 1x (mâle).

Le Houbara ou Outarde huppée d'Afrique, le Rhaad. Buff., Ois., 11, pag. 39, 61.

L'Agami d'Afrique.

VuLc. Abutarda

Has, Presque exclusivement dans l'ile de Fortaventure , où elle est sédentaire. Toutefois, quelques individus ont été vus à Lancerotte, dans les plaines qui avoisinent la baie de Las Coloradas, de l’autre côté du détroit qui sépare les deux îles.

Ogs. La chasse aux Outardes ne se fait pas sans difficulté à Fortaventure. Ces oiseaux se tiennent habituellement aux environs de Tiscamanita et de Hampuyenta, vastes plaines qui, après la moisson, rappellent les solitudes du Sahara, et où la chaleur en été ne descend guère au-dessous de 28° Réaumur. Elles fréquentent de préférence les chemins battus, sans doute pour se nourrir des insectes qu’attirent les excréments des bêtes de charge ; car l’un de nous a trouvé dans

l'estomac de celles qu'il a préparées d'assez gros coléoptères : mais elles mangent aussi beaucoup de grains, surtout du’ froment et de l’avoine. L'Outarde s'effarouche moins en voyant un cavalier qu'un simple piéton traversant la campagne. Cette observation, accréditée par l’expérience, a fait adopter la coutume de chasser l'Outarde à cheval. C'est en effet, lorsqu'on n’a pas de chien, la seule manière de s’en approcher assez pour pouvoir la tirer ; encore faut-il faire de longs détours afin de lui inspirer moins de crainte, car, si l’on s’avance directement, elle s'enfuit en courant et prend le vol hors de portée. Il arrive aussi que si le chasseur n’a pas continuellement les yeux sur le gibier à mesure qu’il s’en approche, l'Outarde en profite pour se blottir derrière une pierre ;et il est alors difficile de l’apercevoir à cause de sa couleur grisâtre, qui se confond avec la teinte du terrain. L'oiseau, ainsi caché, continue d'observer son ennemi. Si, par les détours que fait le chasseur, l'Outarde est mise à découvert, on la voit aussitôt changer de place et se blottir du côté opposé, toujours l’œil au guet, jusqu’à ce qu’elle puisse saisir un instant favorable pour disparaître. À la moindre distraction, le chasseur reste désappointé , l'Outarde n'est plus là, elle s’est élevée à la sourdine avec un vol analogue à celui des oiseaux de nuit. ( Voyez notre Chasse à l'Outarde, tom. 1, part. 2, Miscellanées, pag. 195.)

Cet oiseau, à la fois craintif et rusé, montre pourtant du courage quand on le blesse. On en à vu s’élancer contre le chasseur et le frapper fortement avec le bec.

Les Outardes rapportées de Fortaventure étaient de jeunes mâles de l’année ; les vieux ont les plumes noires du jabot beaucoup plus longues.

Des œufs de cet oiseau n'ont été encore figurés dans aucun traité d’oologie. M. Thienernann en a parlé d’après M. le professeur Nitzsch, qui en avait vu un à Paris. M. Lebrun de Montpellier nous en a montré un autre apporté de Barbarie ; cet œuf est plus petit que celui de l’Outarde ordinaire, du volume et de la forme d’une œuf de poule, d’un couleur fauveclaire un peu olivâtre avec des taches un peu plus foncées et peu nombreuses.

COURT-VITE ISABELLE. — CURSORIUS ISABELLINUS. Hey.

Corps roux-isabelle; abdomen blanc; une double raie noire derrière les yeux; bec noirâtre ; pieds jaunâtres.

Charadrius gallicus. Gmel., Syst. Nat., 1, pag. 692.

Cursorius europæus. Lath., Ind. Ornith., 11, pag. 751.

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