HÉRON CENDRÉ. — ARDEA CINEREA
Occiput avec des plumes effilées noires ; dos cendré-bleuâtre pur ; des plumes effilées blanches au bas du cou ; ventre blanc, noir sur les flancs; bec jaune-foncé ; iris jaune; peau oculaire pourprebleuâtre ; pieds bruns.
Ardea cinerea et major. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 256.
A. rhenana. Sauder, Naturf., Xin, pag. 195.
Le Héron huppé et le Héron. Buff., Ois., vi, pag. 542, tom. xiIx et pl. enl. 755, 187.
VuULG. Garxa-real, en espagnol. — Aichoucd, en arabe, à Maroc.
Has. De passage accidentel.
Oss. C’est presque toujours en hiver, après de forts coups de vent, qu’on voit cet oiseau et plusieurs autres du même genre. Les individus que l’un de nous a eu occasion d'examiner avaient toujours l’air fatigué, et s'étaient laissé facilement approcher, lorsqu'il leur arrivait de s’abattre dans les iles montueuses de la partie occidentale de l’archipel.
Le Héron cendré se montre parfois dans l'ile déserte de Graciosa et autour des lagunes de Maspolama, à la grande Canarie : dans ces deux localités il paraît vivre assez à l'aise.
En Europe, les Hérons cendrés nichent parmi les rochers ou sur les arbres, aux bords des étangs ou des lacs ; leur nid est d’une grande dimension, composé de büchettes, de joncs, de graminées ; la femelle y dépose trois ou quatre œufs, un peu plus petits que eeux de la poule et de la même forme; leur couleur est d’un beau bleu très-pâle, très-mat, et tirant un peu sur le vert marin.
HÉRON GARZETTE. — ARDEA (GARZETTA. Linn.
Occiput avec deux ou trois plumes longues et étroites, blanches; dos d’un blanc pur; des plumes eftilées, blanches au bas du cou; ventre blanc; bec noir; iris jaune; peau oculaire verdâtre; pieds noir-verdâtre.
Ardea Garzetta. Linn., Syst. nat., 1, pag. 257.
A. Garzetta et candidissima. Gmel., Syst. Nat., 1, pag. 698 et 635.
A. nivea. Nov. Comm. Petrop., XY, p. 458.
L’Aigrette et la Garzette blanche. Buff., Ois., VIT, pag. 572, tom. xx (adulte ), pag. 571 ( jeune), non pl. enl. 904.
VuLc. Bonfoula ou Bou belira, en arabe, à Maroc.
Has. De passage accidentel.
Oss. Cette espèce, qui n'arrive aux Canaries qu'accidentellement, habite toute l'année dans le Maroc. On la rencontre de préférence à l'embouchure des rivières. Sa propagation est encore mal connue. On dit qu’elle pond quatre à cinq œufs tout blancs (Thienem. ).
(36) $ % BIHOREAU. (NYCTICORAX.)
HÉRON BIHOREAU. — ArDEA Nycricorax. Linn.
Occiput avec trois plumes longues, très-étroites, blanches ; dos noir, à reflets bleuâtres ou verdâtres ; point de plumes effilées au bas du cou ; ventre blanc; bec noir, jaunâtre à la base; iris rouge; peau oculaire grisâtre ; pieds vert-jaunâtre.
Ardea Nycticorax. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 235.
A. Nycticorax, grisea, badia, maculata et Gardeni. Gmel., Syst. Nat., 1, pag. 624, 625, 644 et 645. +!
Le Pouacre, le Pouacre de Cayenne , le Bihoreau, le Crabier roux. Buff., Ois., vu, pag. 427, 435, 390, et pl. enl. 939, 759.
Has. De passage accidentel.
Oss. Les œufs du Bihoreau ont été figurés par MM. Nozemann et Stepp (tom. 113 pag. 151, tom. LxXVIN, LXXIx) et par M. Thienemann (tab. xv, fig. 5). Ils sont plus petits que ceux du Héron cendré et plus verdâtres. MM. Naumann et Buhle en ont représenté un sous le nom du Héron pourpré ; leur figure paraît un peu trop foncée en couleur.
$ 3 BUTOR. (BOTAUR US.) FHÉRON CRABIER. — ARDEA RALLOIDES. SCOp.
Occiput avec huit ou dix plumes longues , blanches, bordées de noir; dos d’un roux clair avec quelques raies longitudinales noires; des plumes eflilées roussâtres, peu saillantes au bas du cou ; ventre blanchâtre ; bec bleu à la base, noir à la pointe ; iris jaune; peau oculaire gris-verdâtre ; pieds jaune-verdâtre.
Ardea ralloides. $cop., Ann. 1, pag. 288.
A. comata. Pall., Vog. 11, pag. 715.
A. comata, Squaiotta et castanea. Gmel., Syst. Nat,, 1, pag. 632, 653 et 654.
B. audax. Lapeyr. Neue Schwed. adh. 111, pag. 106.
Le Crabier de Mahon et le Crabier caiot. Buff., Ois., vir, p.595, 589, et pl. enl. 548 (vieux).
Has. De passage accidentel.
Os. La propagation de cet oiseau est encore inconnue.
HÉRON BUTOR. — ARDEA STELLARIS. . Linn.
Occiput sans plumes effilées ; dos d’un roux jaunâtre clair avec des zigzags bruns sur les côtés du cou ; des plumes effilées roussâtres très-peu saillantes au bas du cou ; ventre roussâtre avec des taches noires ; bec brun; iris jaune ; peau oculaire et pieds jaune-verdâtre.
Ardea stellaris. Linn., Syst, Nat., 1, pag. 259.
Le Butor. Buff., Ois., 1, pag. 411, tom. xx1 et pl. enl. 789.
Has. De passage accidentel.
Ogs. En Europe cet oiseau niche dans les marécages, parmi les roseaux; la femelle pond de trois à cinq œufs, un peu plus petits que ceux du Héron cendré, d’un vert olivâtre, sans taches.
CIGOGNE BLANCHE. — CICONIA ALBA. Wllugh.
Dos blanc; point de plumes pendantes au bas du cou; ventre blanc ; ailes noires ; bec rouge; iris brun ; peau oculaire noire ; pieds rouges.
Ciconia alba. Willugh. Orn. 210, tom. 1.
Ardea Ciconia. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 235.
La Cigogne blanche. Buff., Ois., vrr, pag. 255, tom. xn, et pl. enl. 866.
VULG. Cigüena.
Has. De passage accidentel.
Os. On sait que la Cigogne niche en Europe sur les toits des maisons, sur les clochers et quelquefois sur les arbres;
la femelle pond trois ou quatre œufs, presque aussi gros que ceux de nos Oies domestiques, d’un blanc pur ou légérement sali de jaunâtre.
Les Cigognes ne viennent aux Canaries que pendant l'hiver, lorsque le vent du désert se fait sentir avec le plus de violence ; mais leur apparition n’a pas lieu toutes les années. C’est ordinairement sur les îles de Fortaventure et de Lancerotte qu'elles s’abattent. Exténuées de fatigue et surtout de:besoin, faute de trouver dans ces climats la nourriture qui leur convient, elles se laissent prendre avec assez de facilité. Nous vimes aux Canaries un de ces oiseaux dépaysés auquel on avait coupé les ailes ; on le gardait dans une basse-cour, où il menait une piteuse existence. Toujours triste et morose, le bec contre le jabot et la tête entre les épaules, cette Cigogne se tenait à l'écart, et poussait de temps en temps des cris retentissants qui effrayaient les oiseaux d’alentour.
Le respect que l’on porte aux Cigognes dans la plupart des pays qu’elles fréquentent s'est étendu jusqu'aux Canaries : leur présence est même de bon augure pour les habitants de ces îles; et, lorsqu'ils en aperçoivent quelqu'une, ils ne manquent pas de répéter le proverbe espagnol : Cigogne, cigogne, heureux qui te voit, malheur à qui te tue!
SPATULE BLANCHE. — PLATALEA LEUCORODIA. Linn.
Dos blanc pur ; gorge de la même couleur; poitrine avec un large plastron roussâtre; ventre blanc ; bec noir-bleuâtre à pointe jaune; iris rouge ; espace oculaire jaunâtre ; pieds noirs.
Platalea Leucorodia. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 251.
P. nivea. Cuv., Règn. Anim., 1re édit., pag. 482 (jeune).
La Spatule et la Spatule blanche. Buff..Ois., vi, pag. AAS, tab. 24 (jeune) et pl. ent. 405 (adulte).
VULG. Päjaro espätula. — Boucarcaba, en arabe, à Maroc.
His. De passage accidentel,
Os. C’est toujours à la suite des couys de vent qui règnent pendant l'hiver, qu'on voit des Spatules aux iles Canaries ; mais ces oiseaux ne n’y montrent jamais en grand nombre; ils vivent un certain temps isolés et solitaires près des ravins où ils trouvent des flaques d’eau, jusqu’à ce qu'on les tue ou qu’une circonstance favorable détermine leur départ. Ure Spatule qui s’était abattue dans les environs de Sainte-Croix de Ténériffe, pendant l'hiver de 1826, fréquenta plusieurs semaines un des jardins de la ville, où se trouvait une pièce d'eau à côté de laquelle était placée une pompe à balancier. L'oiseau venait régul èrement tous les matins, à peu près à la même heure, se poser près du bassin, sur une des extrémités supérieures du balancier, à quatre ou cinq mètres d’élévation, et restait là en faction pour guetter jes poissons rouges. Dès qu'il en voyait quelqu'un à sa portée, il plongeait du haut de son observatoire, le saisissait en rasant la surface de l’eau, et en avait bientôt fait sa pâture ; il répétait plusieurs fois le même manége, puis il prenait le vol pour revenir le lendemain.
La Spatule arrive au printemps dans les environs de Tanger ; mais jamais par bandes.
Où sait que cet oiseau est très- commun sur les côtes de la Hollande ; il niche sur les bords de la mer, parmi les roseaux et même sur les arbres. La femelle pond trois ou quatre œufs un peu plus gros que ceux de la poule, entièrement blancs ou parsemés de quelques taches peu apparentes, roussâtres ou verdâtres.
FAMILLE 3. SCOLOPACÉES. (SCOLOPACEÆ.)
COURLIS CORLIEZ. — NuMENIUS PHOEOPUS.
Dos cendré avec des taches longitudinales brunes ; cou et poitrine tachetés ; ventre blanc; bec rougeâtre à la base, noïrâtre à la pointe ; pieds couleur de plomb.
Scolopax Phœopus. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 245.
S. Phœopus et borealis. Gmel., Syst. Nat., 1, pag. 657, 654.
Numenius Phœopus et hudsonicus. Lath. Ind. Ornith., 11, pag. T11, 712.
N. Phœopus. Temm., Man, d'Ornith., 1er édit., pag. 389.
Le petit Courlis où Corlieu. Buff., Ois., vin, pag. 27, et pl. enl. 842.
Le petit Courlis de la baie d'Hudson. Sonnini.
Has. De passage accidentel.
Os. L'individu que nous avons sous les yeux a été tué à Ténériffe. Les œufs de cet oiseau sont un peu moins gros que ceux de la Spatule, pyriformes, d’un jaune olivâtre assez obscur, avec de larges taches d’un brun noir, plus rapprochées au gros bout. MM. Schinz et Thienemann ont publié de bonnes figures de ces œufs.
BÉCASSEAU BRUNETTE. — TRINGA VARIABILIS. Mey.
Dos d’un roux vif avec des taches noires ; gorge et poitrine blanchâtres, quelquefois avec de petites taches longitudinales brunes; ventre noir tacheté de blanc ; bec noir ; pieds brun-noirâtre (les pennes médianes de la queue pointues, plus longues que les latérales ).
Tringa variabilis. Mey., Tasch. Deutschl., 11, pag. 397. :
La Brunette et le Cincle. Buff., Ois., vu, pag. 495, 853 et pl. enl. 852.
Alouette de mer, Cinele à collier, Bécasseau variable, Bécasse naïne des auteurs.
Has. Dans toutes les îles,
Oss. C'est un des oiseaux sur lesquels on a le plus varié dans les descriptions, et dont la synonymie est la plus embrouillée. M. Temminck a adopté avec raison le nom de Meyer, qui a bien indiqué l'oiseau en plumage d'été ou de noces, Le Tringa Cinclus de Linné se rapporte en partie à la Brunette et en partie au Totanus hypoleucos et peut-être même au Tringa subarquata.
Cet oiseau, qui fréquente les plages sablonneuses des Canaries, est beaucoup plus commun dansla partie orientale de cet archipel. Il paraît sédentaire ; nous sommes certains qu'il y niche; car l’un de nous a trouvé, au mois de juillet 4829, près du port d’Arrécife, à Lancerotte, plusieurs individus très-jeunes, à peine couverts de plumes.
D'après les auteurs, ce Bécasseau niche en Allemagne, dans les prairies humides et marécageuses. Il pond dans un creux trois ou quatre œufs, très-gros pour sa taille, pyriformes, avec des taches et des points olivâtres sur un fond vertblanchätre (Schinz ).
CHEVALIER GUIGNETTE. — TOTANUS HYPOLEUCOS. Temm.
Dos brun-olivâtre à reflets; croupion de la même couleur; gorge, poitrine et ventre blancs, sans taches ; bec cendré ; pieds cendré-verdâtre.
Tringa hypoleucos. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 250.
La Guignette et la petite Alouette de mer. Buff., Ois., vir, pag. 540 et pl. ent. 850.
Has. De passage.
Oss. Cette espèce arrive aussi en hiver ; elle fréquente alors les plages sablonneuses de l'ile de Canaria ; on la trouve aussi à Lancerotte et à la Graciosa. "
Elle niche dans les provinces du centre de l’Europe (Temm.); elle pond quatre ou cinq œufs très-gros, à peu près de ja forme de ceux de la Perdrix rouge, mais un peu plus petits et à coque plus mince; leur couleur est d’un blanc roussâtre ou jaunâtre, avec des taches peu larges, cendrées, brunes et brun-rouge,
BARGE ORDINAIRE. — LIMOSA MELANURA. Leisi.
Dos d’un brun cendré ; croupion noirâtre; gorge et poitrine gris-clair ; ventre blanc ; queue noire sans raies ; bec droit, orangé à la base; pieds brun-noirâtre , à ongle médian long et dentelé.
Scolopox Limosa. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 245.
Totanus Limosa. Bechst., Nat. Deutschl., IV, pag. 244.
Limosa melanura. Leisl., Nacht. Bechst. Nat. Deutschl., 11, pag. 150, 157.
La Barge ou Barge commune et la grande Barge rousse. Buff., Ois., vir, pag. 500, tom. Xxvur, pag. 505 et pl. en. 874, 916 (plumage de noces ).
Has. De passage accidentel.
Oss. Cette Barge a été tuée à Ténériffe, au mois de janvier, sur la côte du sud, près de Montaña Rnja.
En Europe, cet oiseau niche dans les prairies marécageuses au milieu de l'herbe et des roseaux; la femelle pond quatre ou cinq œufs presque aussi gros que ceux de la poule, très-pyriformes, d’un vert olivâtre, tantôt unicolores, tantôt marqués de taches et de points brunâtres ou brun-grisâtre peu foncés.
BARGE ROUSSE. — LIMOSA RUFA. Briss.
Dos d’un gris cendré; croupion blanc; gorge, poitrine et ventre blancs ; queue rayée de bandes blanches et noirâtres ; bec recourbé en haut, d’un pourpre livide à la base ; pieds noirs, à ongle médian court, non dentelé.
Limosa rufa. Briss., Ornith., v, pag. 281.
Scolopax Laponica. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 246.
La Barge rousse. Buff., Ois., vu, pag. 504 et pl. enl. 900.
Has. Les îles de Ténérifte et de Canarie, vers les côtes du sud. (Peut-être de passage?)
Os. M. Thienemann est le seul ornithologiste qui ait représenté l’œuf de cet oiseau ; il est à peu près de la même taille que celui du Limosa melanura, maïs un peu plus allongé ; sa couleur est d'un jaune d'ocre avec des taches irrégulières, les unes d’un brun grisâtre, peu apparentes; les autres d’un brun noir.
SAC BÉCASSE p»rorreuenr mire. (RUSTICOLA.)
SCOLOPACES RUSTICOLÆ. Auctor.
BÉCASSE ORDINAIRE. — SCOLOPAX RUSTICOLA. Linn.
Occiput sans bandes noires ; dos varié de roussâtre, de jaunâtre et de cendré, avec des taches irrégulières noires ; ventre roux-jaunâtre avec des zigzags bruns; bec couleur de chair à la base, corné à la pointe ; pieds livides.
Scolopax rusticola. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 245.
La Bécasse. Buff., Ois., vit, p. 55 et pl. enl. 885.
VuLc. Chocha-Perdix. — Boucamar, en arabe, à Maroc.
Has, Dans-les îles boisées.
Ogs. Nous avons rencontré quelquefois cette espèce aux Canaries, dans les forêts de lauriers, pendant le printemps et l'automne. En hiver, au temps des pluies, elle fréquente les jardins de la côte; pendant l'été, elle habite dans les régions des bruyères où elle niche. La femelle pond au milieu des broussailles, dans un simple enfoncement, trois ou quatre œufs, en forme de poire très-arrondie, d'un blanc jaunâtre ou roussâtre, avec des taches fauves et quelques taches grises très-pâles.
D'après M. Schousboe, la Bécasse arrive dans le Maroc en octobre ou en novembre, et s'en va vers la fin de l'hiver.
$ 2 BÉCASSINE. (GALLIN AGO.)
SCOLOPACES PALUDICOLÆ. ÆAuctor.
‘ BÉCASSE SOURDE. — SCOLOPAX GALLINULA. Linn.
Occiput avec une bande noire partant du front ; dos noir à reflets pourpres avec des taches rousses ; ventre blanchâtre avec des traits longitudinaux plus foncés; bec bleuâtre à la base, noir à la pointe; pieds verdâtres.
‘ Scopolax Gallinula. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 244.
La petite Bécassine ou Sourde. Buff., Ois., vu, pag. 490 et pl. enl. 884.
VuLc. Agachona et Gallinuela, aux Canaries. — Gallineta ciega, en Espagne. — Boumancar, en arabe, à Maroc.
Has. De passage.
Oss. Le nom d’Agachona, que les habitaus des îles Canaries donnent communément à cette espèce, est dérivé du verbe agacharse ( se tapir), parce que cette Bécassine a l'habitude de se cacher dans les herbes qui bordent les ruisseaux et dans les endroits marécageux. La dénomination de Gallinuela , qui reproduit avec une légère variante le nom spécifique, paraît beaucoup moins usitée. Gallineta ciega signifie Bécassine aveugle, et fait allusion au vol irrégulier et incertain de l'oiseau quand on le fait lever, ou à son étourderie quand il se laisse surprendre tapi dans une touffe d'herbes. Quant au mot Boucamar ou Boumancar, c’est le nom que les Arabes donnent à presque toutes les espèces du genre Scolopaæ.
Les Bécasses sourdes arrivent en assez grand nombre aux Canaries, vers la fin de l'automne, et passent l’hiver dans les endroits marécageux. La plaine inondée de la Laguna et les ruisseaux qui s’écoulent des bois de las Mercedes, situés dans le fond de la vallée, sont leur rendez-vous d'habitude. Un bon chasseur, aidé par des chiens exercés, peut en tuer une vingtaine dans une matinée.
La Bécassine sourde passe aussi l'hiver dans le Maroc; mais, d’après les observations de M. Schousboe, elle y est moins abondante que dans les îles Canaries.
La propagation de cette Bécasse est encore mal connue: Son œuf n’a pas encore été figuré.
FAMILLE 4%. RALLUSINES. (RALLINEÆ.)
GALLINULE ORDINAIRE. — GALLINULA CHLOROPUS. LG.
Dos d’un brun olivâtre foncé ; gorge, poitrine et ventre bleu d’ardoise ; quelques taches longitudinales blanches sur les flancs ; bec rouge à la base, jaune à la pointe; iris rouge ; pieds vert-jaunâtre.
Fulica chloropus. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 258.
Gallinula chloropus. Lath., Ind. Ornith., 1, pag. 770.
La Poule d’eau. Buff., Ois., vit, pag. 171, tom. xV, et pl. enl. 877.
VuLc. Gallinuela, aux Canaries.
Has. De passage. È
Ogs. Cet oiseau n’est pas très-rare en hiver aux îles Canaries. M. Schousboe l’a tué aussi, dans la même saison, aux environs de Tanger.
En France, cette Gallinule cache son nid parmi les jones et les roseaux ; elle pond cinq à six œufs, un peu allongés, un peu plus gros que ceux des Pigeons domestiques, d’un jaune d'ocre pâle, un peu rougeñtre avec de très-petits points gris-roussâtre et quelques taches d’un rouge brun.
La Poulette d'eau de Buffon (L. c., 177) est un individu jeune de cette espèce, qui est décrit par Linné sous le nom de Fulica fusca et par Latham sous celui de Gallinula fusca. M. Temminck regarde comme des variétés du jeune âge les Gallinula maculata, flavipes et fistuians de ce dernier auteur.
GALLINULE MAROUETTE. — GALLINULA PORZANA. Lalh.
Dos d’un brun olivâtre nuancé de noir ; gorge gris de plomb; poitrine et ventre olivâtre-cendré ; des bandes transversales blanches sur les flancs ; bec jaune-verdâtre, rouge à la base; iris brun ; pieds jaune-verdâtre. :
Rallus Porzana. Linn., Syst. nat.,1, pag. 262.
Gallinula Porzana. Lath., Ind. Ornith., 11, pag. 772.
Le petit Râle d’eau ou la Marouette. Buff., Ois., vut, pag. 157, et pl. ent. 151 (vieux mâle).
Has. De passage accidentel. |
Oss. L'apparition de cette espèce aux îles Canaries est fort rare ; le seul individu que nous possédons fut tué, dans le mois de mars, en 1829. Ù
En France, cette jolie Gallinule fait son nid dans les joncs ou sur les roseaux brisés et flottants ; il renferme de neuf à douze œufs un peu oblongs, plus petits que ceux de la Gallinule ordinaire, d'un blanc jaunâtre, avec des points et des taches brun-noir et cendré-brun.
VIIF.PINNATIPÈDES. — PINNATIPEDES.
FouLquE MACROULE. — FULICA ATRA. Linn.
Tête et cou d’un noir profond ; dos couleur d’ardoise; ventre cendré-bleuâtre ; bec rose ; caroncule blanche ; iris cramoisi ; pieds cendré-verdâtre.
Fulica atra Linn., Syst. Nat., 1, pag. 257.
La Foulque ou Morelle et la grande Foulque ou Macroule. Buff., Ois., vi, p. 214, com. xwinr, 220, et pl. ent. 197.
Has. De passage.
Oss. Le Fulica aterrima de Linné est un vieux mâle. La Foulque niche, en France, dans les endroits inondés et couverts de roseaux, à une certaine élévation au-dessus des eaux. I a ponte est de dix à quatorze œufs; plus pelils que ceux de la Poule et de la méme forme, d’un blanc jaunâtre ou grisâtre, avec des points extrêmement petits d'un gris brun et d'un brun noir.
+ Li