‹ Histoire naturelle des Iles Canaries (volume 3)Chapitre 31 sur 243 · LE SERRAN COMMUN.—SERRANUS CABRILLA. Cuv. Vaz · texte numérisé non relu

LE SERRAN COMMUN.—SERRANUS CABRILLA. Cuv. Vaz

Perca Cabrilla. Linn.

Serranus Cabrilla. Cuv. Val., 11, pag. 225, tab. 29.

Cette espèce, une des plus communes de la Méditerranée, trèsrare sur les côtes de notre Océan septentrional ou de la Manche, est très-abondante dans l'Atlantique. Elle paraît fréquemment sur les marchés des Canaries. Nous savons aussi, par M. Lowe, qu'on la voit souvent à Madère.

Quoique commun dans toutes les Canaries, ce Serran est plus abondant sur les attérages de l’île Graciosa, vis-à-vis de Lancerotte.

IL faut observer que les individus acquièrent dans ces parages une taille plus que double de celle des plus grands péchés sur les rives européennes de la Méditerranée. Parmi les individus pris à Sainte-Croix de Ténérifle , il y en a un de 0",395 de longueur. Les pêcheurs de cette île le nomment Cabrilla de tierra. Ceux de Lancerotte l’appellent Cabrülla melera ou (Cabrilla de fuera. 'Onle prend jusqu'à deux cents brasses de profondeur; on le mange frit ; sa chair est légère comme celle du Merlan.

LE SERRAN PAPILIONACÉ.— SERRANUS PAPILIONACEUS (1).

Ce Serran a beaucoup d’affinité avec le Perca Scriba de Linné (Serranus Scriba, Nob.). Il est facile de les confondre, si on.détermine l’espèce de celui-ci sans y regar-

der avec attention.

Mais , ainsi que nous l'avons établi en donnant la description de l’espèce dont il s’agit ici, la dorsale du 4’. Papilionaceus est plus hauteique celle.du S. Seriba. Les rayons épineux de l’anale sont plus forts et plus longs; les ventrales sont beaucoup plus pointues ; la bouche est plus petite; les dents sont plus fines.

La couleur devait étrerougeâtre sur le dos avec deux larges bandes transversales brunes. Les nageoires impaires sont rougeâtres avec des linéamens ou des ocelles violets, simulant des taches que l’on rencontresur les ailes des papillons de nuit.

J'en vois deux individus longs de 0,300. Ils portent le nom de Baqueta ou de

Vaqueia. Dénomination , avec celle de Vacketto , par laquelle les Italiens désignent le

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(1) Cuv. Val., tom. vur, Suppl., pag. 471.

Serran Écriture (S. Scriba). À Lancerotte, où il est plus commun qu'à Ténériffe, MM. Webb et Berthelot nous apprennent qu’il se nomme Vaca.

On le mange frit, et sa chair légère aurait du rapport avec celle du Merlan.

Ce Poisson est du nombre de ceux que nous avons observés parmi les collections faites par M. Rang, dans la rade de Gorée. Il n’y a que bien peu de Poissons des Canaries qui se retrouvent sur la côte du continent, en s’avançant près de l'équateur.

Je ne le vois pas mentionné par M. Lowe dans son synopsis des Poissons de Madère.

LE SERRAN BARBIER.—SERRANUS ANTHIAS (1).

Ce Serran est exactement semblable, même pour la taille, aux individus que l'on pêche dans la Méditerranée.

Il est très-commun à Lancerotte, où les Espagnols Canariens le nomment 4/onciño, dénomination qu'ils paraissent donner à tous les Poissons de couleur rouge.

La même espèce se retrouve à Madère.

La présence du Serranus Anthias dans l'Atlantique , aux Canaries et à Madère, me fait croire que les Poissons du Brésil, que nous avons distingués spécifiquement de celui de nos mers sous le nom de Serranus Tonsor (Cuv. Val., 17, pag. 262), n’est qu'une variété du Serran Barbier.

.- Je dois toutefois faire remarquer que les deux individus des Canaries, sur lesquels j'ai compté les rayons, les ont en même nombre que les individus des mers d'Europe.

LE SERRAN FRANGÉ.—SERRANUS FIMBRIATUS. Low.

Je retrouve aux Canaries le Serran observé à Madère, et décrit par M. Lowe sous

le nom de Serranus fimbriatus.

Cette espèce est une nouvelle découverte à ajouter à la liste déjà si nombreuse des Serrans décrits dans notre Ichthyologie générale.

Elle est très-voisine du Mérou (Serranus Gigas, Nob.) de nos mers. Elle a aussi des traits caractéristiques qui tiennent du Mérou bronzé (Serranus æneus, Goff.) et du Serranus Alexandrinus, Nob.; mais elle n’est ni de l’une ni de l’autre de ces deux espèces.

L'œil me paraît un peu plus petit que celui du Mérou. Les épines de l’angle du préopercule sont semblables, mais les dentelures du bord montant sont plus sensibles. Le maxillaire est nu comme dans le Mérou, et la mâchoire est de même semblable à celle de ce Poisson , car elle est garnie de petites écailles perdues dans la peau. Celles du corps sont petites ; j’en compte plus de quatre-vingt-dix entre l’ouie et la caudale,

M. Lowe en a publié une bonne figure (Camb. phil. Trans., vol. vi, tab. 1) où le Poisson est enluminé d’un brun rougeâtre sur les flancs et sous le ventre. Il y a de gros points jaunes épars sur le corps. La dorsale et l’anale ont de grandes marbrures noirâtres sur un fond jaunâtre ; la caudale a la base violette

(1) Guv. Val., 1, pag. 250, pl. 34.

et l’autre moitié verdâtre. Ces teintes se retrouvent sur la pectorale, dont la base est brune. La ventrale entre plus dans le ton de la dorsale. Le bord de toutes ces nageoires forme un liseré blanc plus visible sur les trois nageoires impaires que sur les autres.

Selon M. Lowe, ce Poisson est nommé à Madère Wero, qui est la dénomination donnée par les pêcheurs de la Péninsule au Serranus Gigas où au Merou de nos pêcheurs provençaux.

MM. Webb et Berthelot nous apprennent qu'aux Canaries les pêcheurs, ajoutant à ce nom une épithète, le désignent sous le nom de Mero de tierra; d'autres cependant le confondent avec le Cachorro.

LE SERRAN BRUN.—SERRANUS FUSCUS. Low.

J'ai aussi trouvé, avec les précédens, un autre Serran à caudale carrée, que je considère, avec M. Lowe, comme d’une espèce particulière.

Sa caudale, comme je viens de le signaler, le distingue du S. fimbrialus. Je ne crois pas cependant que ce soit un jeune Mérou, car les individus de même taille originaires de nos côtes provençales , et que j'ai comparés avec ceux-ci, ont la caudale arrondie. Toutefois l'espèce des Canaries leur ressemble par les marbrures du ventre.

Elle a le museau plus pointu. La tête est comprise trois fois et quatre cinquièmes dans la longueur totale. L’œil est assez près du bout du museau ; les dentelures du préopercule sont très-fines ; il y a quatre fortes dents à l’angle arrondi de cet os. L’opercule a trois épines, dont celle du milieu est assez aiguë. Les écailles de la tête et du corps sont très-petites; il yen a plus de cent rangées entre l’ouïe et la caudale. Elles sont très-finement ciliées. Les pointes de la dorsale sont grêles. La dorsale molle et la même portion de l’anale sont arrondies. Les pectorales et les ventrales sont petites.

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