‹ Histoire naturelle des Iles Canaries (volume 3)Chapitre 32 sur 243 · IDE TE NO PEN RE ET · texte numérisé non relu

IDE TE NO PEN RE ET

La couleur est brune sur le dos, pâle sur le ventre. Cette partie a de nombreuses lignes tortueuses qui font de larges circonvolutions.

Les insulaires canariens ont donné cette espèce aux naturalistes zélés qui se sont occupés si dignement de la zoologie des Canaries sous le nom de Abadejo, ce qui prouve que les pêcheurs la distinguent des autres Mérous, et ce qui me fait croire alors que ce Poisson est bien d’une espèce particulière.

Je regarde ce Serran comme de la même espèce que le Serranus fuscus de M. Lowe, à cause de la similitude du nom vulgaire qu'il lui attribue. Suivant cet auteur, les habitans de Madère l’appellent Badeijo ou Bedeïija. Je trouve d’ailleurs dans la description des couleurs, dans la forme de la queue, dans les proportions des pointes de l’opercule une ressemblance suffisante pour constater l'identité spécifique, quoique les exemplaires que j'ai sous les yeux n'aient pas la nageoire dorsale anguleuse , et la caudale lobée supérieurement. L'expression de l’auteur anglais est toutefois un peu obscure pour des Serrans : Pinnd caudali truncald supernè sublobatä. Si la caudale est tronquée, comment est-elle un peu lobée en dessus? Je compte aussi quelques légères différences dans les nombres des rayons.

(10 ) Ce nom d’Abadejo est aussi celui de Poissons que les Canariens pêchent avec profit et en grande abondance sur leurs côtes.

Un second exemplaire de cette espèce de Serran est déposé dans les collections de MM. Webb et Berthelot, sous le nom de Urade. Je ne vois pas de différences spécifiques entre les deux.

LE SERRAN CACHORRO.—SERRANUS CANINUS. Nos.

Les mers canariennes nourrissent un très-grand Serran qui a les plus grandes affinités avec le Mérou de nos côtes provençales et de toute la Méditerranée, mais sa caudale coupée carrément et tronquée le distingue du Serranus Gigas, dont la nageoire

est arrondie.

L'espèce nouvelle a aussi des points de contact avec le Serranus fimbriatus décrit

dans l’article précédent.

Dans ce Mérou , la tête n’est pas contenue trois fois et demie dans la longueur totale , et la hauteur est plus petite d’un cinquième que la longueur de la tête.

L’œil, éloigné du bout du museau de deux fois son diamètre, qui fait le huitième de la tête, est placé sur le haut de la joue , dans un orbite dont le bord entame la ligne de profil. La distance d’un œil à l’autre est à peine plus grande que la longueur du diamètre. Le préopercule a le bord arrondi, finement dentelé, avec de fortes dents vers l'angle. Le bord membraneux de l’opercule est prolongé en une longue lame anguleuse. Les dents sont sur une large bande et en grosses cardes. Les dents mitoyennes de la rangée externe sont coniques et fortes.

Les rayons de la dorsale, longs et épais, sont réunis par une membrane profondément échancrée. La portion molle de cette nageoire est plus basse que l’anale; toutes deux, ainsi que la pectorale, la caudale et la ventrale, sont arrondies.

Je trouve près de quatre-vingts rangées d’écailles entre l’anale et la caudale. Elles sont oblongues, à éventails petits, à bord externe cilié.

La couleur, d’un brun uniforme sur tout le corps, est légèrement éclaircie vers le ventre. Les nageoires sont tellement foncées qu’elles tirent au noir. La caudale a un liséré blanc, la dorsale et la pectorale en ont quelque vestige, mais je n’en vois pas à l’anale.

La longueur de ce Poisson est de 0",72. Sa dénomination vulgaire de Cachorro m'a suggéré le nom spécifique de ce Poisson. Cachorro veut dire, en effet, petit

chien.

MM. Webb et Berthelot m'ont dit que la chair en est excellente.

LE SERRAN ÉCHANCRÉ.-—SERRANUS EMARGINATUS. Nos.

Un autre Serran, pris à Canaria, se distingue de toutes les espèces voisines :

Par l’échancrure que le préopercule porte au bas de son bord montant , un peu au-dessus de l’angle. Les fines dentelures du bord montant qui entaille ce sinus montrent que cette échancrure n'est pas accidentelle. Elle ne peut être comparée à celle des Diacopes ni y faire ranger ce Percoïde, attendu que le sous-opercule est uni au bord inférieur de l’opercule comme à l’ordinaire, et qu’il ne porte pas ce tubercule qui s'articule dans l’échancrure du préopercule des Diacopes. Outre ce caractère, l’espèce dont il s’agit ici se distingue par plusieurs particularités.

La bande de dents intermaxillaires est étroite et n’a de dents en cardes visibles que sous la branche montante, c’est-à-dire vers le milieu de la mâchoire supérieure; ces dents sont peu fortes, excepté deux qui constituent sur le museau de la bouche un crochet pointu, courbé et assez fort. Les dents palatines sont petites. À la mâchoire inférieure les dents sont presque toutes égales, et plus grosses que celles d’en haut. Quelques écailles rares et petites sont à l’angle supérieur du maxillaire.

La tête surpasse un peu le quart de la longueur totale. L’œil a un diamètre du cinquième de la longueur de la tête, et est éloigné du bout du museau d’une fois et demie ce diamètre. Le bord de l'orbite touche mais n’entame pas la ligne du profil.

Les épines de la dorsale ne sont pas très-fortes ; la troisième est plus longue que celle de l’anale et égale les rayons mous de la dorsale, lesquels sont un peu plus bas que ceux de l’anale. Ces deux nageoires et celles de la poitrine ou du ventre sont arrondies ; la caudale est coupée carrément.

Les dentelures du préopercule sont fines et régulières sur tout le bord montant. L’épine moyenne de l’opercule est seule apparente et forte ; les deux autres sont faibles et comme perdues dans l’os. Les écailles sont médiocres. Le bord en est très-finement cilié. J’en trouve environ soixante-quinze rangées entre l’ouïe et la caudale. F

Ce Poisson avait sur le dos de grandes nébulosités plus ou moins brunes, se perdant.sur le fond clair du ventre, qui est rougeâtre à reflets argentés.

Cette espèce, qui a une légère ressemblance, au premier aperçu, avec le Serran jaune (Serranus Cabrilla), tient des Mérous par les écailles de son maxillaire.

Les pêcheurs de Canaria l’ont désigné sous ie nom de Ray de las Orillas.

La longueur de l'individu décrit dans cet article est de 0”,380.

LE SERRAN A MUSEAU AIGU. — SERRANUS ACUTIROSTRIS (1). Al,, PL I, fig. 1.

Nous plaçons ici ce Serran décrit dans l'Histoire naturelle des Poissons sous la dénomination spécifique que nous lui conservons et qui lui convient assez bien, car elle nous à fait reconnaître de suite l'individu que MM. Webb et Berthelot ont confié à notre détermination.

Cette espèce est une de celles qui sont communes aux côtes d'Amérique et aux îles Canaries. Depuis que j'ai fait ce travail, j'ai aussi acquis la certitude qu'elle entre dans la Méditerranée , car je l'ai observée parmi les Poissons rapportés du canal de Messine, et donnés au cabinet du roi par M. Benoist. Sous ce rapport, l'espèce est intéressante. Aussi l’ai-je fait représenter dans Atlas de lIchthyologie des Canaries (pl. I, fig. 1).

Cette figure complète l’histoire naturelle de ce Poisson, en ce qu’elle nous apprend qu'il est d’un vert uniforme, plus pâle sous le ventre que sur le dos, le pied de la dorsale devenant plus rembruni. La pectorale a du jaune verdâtre à la base.

MM. Webb et Berthelot m'ont fait connaître sur cette espèce les particularités suivantes. Les pêcheurs la nomment Sama. Elle y est très-commune, et on en voit de fort grands individus. On la pêche dans le bras de mer qui sépare la Grande-Canarie

(1) Cuv. Val., Hist. nat. Poiss., t. 11, p. 286.

(12) de la côte d'Afrique. Elle y est si abondante et la chair de ce Poisson est si estimée qu’elle fait le chargement des pêcheurs qui se livrent à l'industrie de fx grande pêche.

L'individu de la collection décrite dans ce travail est long de 0",410.

GENRE PRIACANTHE. — PRIACANTHUS (1).

Corpus compressum , catheloplaleum , abbrevialum, squamis parvis scaberrimis vestilum.

Denres selacei in maxillis ac in palalo.

Ossa opercularia squamosa. Præoperculum ad marginem serralum , et angulum versüs in spinam porreclum.

Pinna dorsalis unica; ventrales ventri membrana connai.

MEMBRANA BRANCHIOSTEGA radis sex.

LE PRIACANTHE OEIL DE TAUREAU. — PRIACANTHUS BOOPS.: Au., PL II, fig. 2.

Perca boops. Forst.

Cuv. Val., Hist. nat. Poiss., III, page 105.

Priacanthus fulgens, Lowe. Synopsis of Fish of Madeiraïin Trans. the Camb. Soc., vol. IX, p. 2, 174; — ejusd., ibid., vol. VI, pars 1, tab. n, p. 196.

Nous n'avons rien à ajouter à la description de ce Priacanthe, que nous avons fait connaître dans notre Histoire naturelle des Poissons (loc. cit. ).

MM. Webb et Berthelot nous apprennent qu'à Ténériffe 1l se nomme Caialufa, et à Canaria A/onso ou Alfonso, et qu'on le pêche près de terre.

Cette espèce est répandue dans l’océan Atlantique, car elle a été observée d’abord par Forster à Sainte-Hélène, où elle a été retrouvée par les différens naturalistes qui ont cherché des Poissons dans la rade de cette île; elle n’y est donc pas tres-rare, et je vois dans le manuscrit de M. R. Seale qu’on la voit descendre jusqu’à la profondeur de deux cent cinquante brasses.

Elle est aussi mentionnée par le révérend Th. Lowe, dans son Catalogue des Poissons de Madère. Cet observateur plein de zèle en a donné une figure et une description détaillée dans les Mémoires de la Société de Cambridge ( vide sup. ): mais dans les deux mémoires il n’a pas su distinguer l’espèce qu'il décrivait du P. macrophthalinus ou du P. boops, et c’est cela sans doute qui l’a engagé à la publier sous un nom nouveau, celui de Priacanthus fulgens.

La force de l’épine du préopercule et le diamètre de l'œil, plus grand que celui du Macrophthalme, épithète très-convenable quand on plaçait l'espèce dans le genre des Perches, mais qui ne convient plus quand on réunit en un seul groupe générique tous les Priacanthes, ne peuvent laisser de doute.

(1) Cuv. Val,, ir, pag. 96.

La belle figure donnée de ce Poisson par cet habile observateur montre d’ailleurs la justesse de notre rapprochement.

Je m'étonne davantage du synonyme ajouté par M. Th. Lowe à son P. fulgens. Le Serranus rufus de madame Bowdich (aujourd’hui madame Lee ), et que cette dame courageuse, et aussi élevée par les qualités de son esprit que par celles de son âme, a indiqué dans une courte note rédigée sur les papiers de M. Bowdich , ne me montre rien qui puisse faire reconnaître un Priacanthe dans sa diagnose ; je crois qu'il vaut mieux laisser cette espèce dans les inceriæ sedis. Le nom vulgaire indiqué par madame Bowdich est Harracho. Il faut se procurer le Poisson connu à Madère sous ce nom, et le Serranus rufus sera déterminé. M. Lowe ne le cite pas pour un de ceux de son Priacanthe. Il dit qu'on l'appelle 4/arax, ou Realista, ou Alfonsin de Rolo. Aucun de ces noms ne semble porté aux Canaries. Le dernier, sans son épithète , se donne à tous les Poissons rouges et brillans.

Genre BERYX. — BERYX (1).

Corpus compressum, elevalum , serrulis in capte, el squamarum denticulis horridum. In maxüillis etin mandibulis crislis serrals.

DeNTES #minimi, selacei, in maxillis el in palalo.

Ossa suborbilalia et præoperculum in ulroque margine serrala el denticulata : ad arguhum præoperculi, carinæ duc serraiæ el in spinam brevem produclæ , inter operculun denticulatum et serrulalum. Operculum el suboperculum inlegra absque spinis vel denrticulis.

PixNA dorsi unica.

MEMBRANA BRANCHIOSTEGA radis octo.

LE BÉRYX DÉCADACTYLE. —BERYX DECADACTYLUS (2.

L'observation de ce Poisson, faite aux Canaries par MM. Webb et Berthelot, est une des plus précieuses acquisitions qu'ils pouvaient fournir à l’Ichthyologie.

On ne connaît qu’un petit nombre d’espèces de ce genre; et la plus grande et la plus remarquable par le brillant de ses couleurs , celle sur laquelle le genre a été établi, ne reposait que sur une description incomplète, le seul individu que possède le cabinet du Muséum de Paris étant desséché et d’une mauvaise conservation. On em ignore même la patrie.

Des exemplaires bien entiers vont nous permettre de rectifier quelques points de lx

description insérée dans notre Histoire nalurelle des Poissons.

J'observe d’abord que la longueur de la tête est moindre d’un cinquième que la hauteur du corps mesurée sous le premier rayon de la dorsale. Cette dimension est comprise trois fois dans la longueur totale. Le diamètre de l’œil est contenu deux fois et demie dans la longueur de la tête.

La portion supérieure du crâne a deux crêtes finement dentelées, dont la plus externe contourne l’œil et se perd sur la tempe.

(1) Cuv. Val., Hist. nat. Poiss., t, 1, pe 221. — (2) Cuv. Val. 11, p. 229, pl. 4.

Le sous-orbitaire porte en avant, près de l’orifice antérieur de la narine , une forte épine dirigée en arrière.

Le maxillaire est composé de trois os distincts, comme cela a lieu dans les Percoïdes de cette famille polydactyle.

La membrane branchiostége est soutenue par huit rayons.

La dorsale n’a bien que quatre rayons épineux , mais elle en a dix-neuf articulés.

Les quatre épines de l’anale sont suivies de vingt-neuf rayons branchus. La caudale est profondément fourchue. La longueur d’un lobe est comprise quatre fois et un tiers dans la longueur totale. La

pectorale est presque aussi longue. La ventrale n’a que dix rayons articulés, et une épine rugueuse aussi longue que les rayons mous.

La ligne latérale se prolonge jusque sur la fin du rayon des mitoyennes de la caudale, et des écailles semblables à celles du corps couvrent cette partie de la nageoire. C’est d’ailleurs la seule qui soit garnie d’écailles, et encore ne l’est-elle, comme l’on voit, que dans une partie seulement.

Nous ne pouvons rien faire connaître sur l’anatomie de ce Poisson qui nous a été apporté desséché.

L'individu est long de 0",540.

MM. Webb et Berthelot, d’ailleurs, ont appris que c’est un excellent Poisson, qui se prend assez fréquemment autour des îles, soit à Canaria, soit à Ténérifle; qu'il se Lient toujours par la très-grande profondeur de deux cent cinquante brasses.

On l’y nomme Affonciño.

La figure, coloriée d’après les notes et les soins de M. Berthelot, montre que Îe Poisson est d’un beau rouge-vermillon sur le dos et sur les nageoires, qui s’éclaireit sur les côtés par les reflets argentés que donnent au Poisson les lignes blanches dont le ventre est orné. Des bandes dorées colorent le dos au-dessus de la ligne latérale.

Il est d'autant plus heureux que les naturalistes qui ont fait si habilement connaitre les productions organiques des Canaries aient rapporté ce Poisson, que M. Lowe a observé à Madère une espèce voisine de notre B. decadactylus, et que les deux espèces s'établissent en quelque sorte l’une par lautre; et les nouvelles observations que je viens d'ajouter sur le Béryx décadactyle prouvent que M. Lowe a eu raison de considérer son B. fulgens (Trans. of the Camb. phil. Soc., vol. vi, part. 4, tab. 3) comme une espèce distincte, qui diffère de celle dont nous traitons ici par ses douze rayons à la ventrale, sa tête plus courte, son œil plus grand, ses nageoires plus basses, sa couleur plus uniforme ; elle diffère même des autres Béryx déjà connus par un caractère plus important, celui des neuf rayons de la membrane branchiostége. M. Lowe donne ce Poisson comme très-commun sous le nom d’A//onsin.

Il est à regretter qu'aucun voyageur ne nous l'ait encore envoyé.

VIVE. — TRACHINUS.

Corpus elongatum , poslicè compressum.

CapuT magnum, subletragonum, vel suprà planum, in lateribus et infrà rotundatum ; oculi sublaterales, oris rictus resupinus.

DENTES numerosi, conferli, acuti in maxillis ac in palato.

OPERCULUM spind validé armatum.

Pix dorsales duæ, anterior brevis, posterior elongala, analis sub caudam porrecta, pecloralis ampla, ventrales jugulares.

MEMBRANA BRANCHIOSTEGA Tradiis sex.

LA VIVE COMMUNE.—TRACHINUS DRACO, Lin.

Ce Poisson, aussi commun dans la Méditerranée que sur nos côtes de la Manche, est du petit nombre des espèces de notre océan septentrional qui s’avance aussi loin dans l’Atlantique. Les individus que j'ai observés sont petits ; ils n’ont que 0",25 de longueur. Les couleurs, ainsi que les caractères zoologiques, ne m'ont offert aucunes différences appréciables. |

LA VIVE A TÊTE RADIÉE.— TRACHINUS RADIATUS. Nos.

Nous retrouvons à Lancerotte cette Vive décrite dans notre grande Ichthyologie, et que nous avions reçue du golfe de Naples ou des eaux de Messine.

L'individu est beaucoup plus grand qu'aucun de ceux déjà observés, car il a 0",500 de longueur. |

Nous remarquerons qu'il a un rayon de plus à la dorsale et deux à l’anale, et que nous comptons ainsi les nombres :

Toutefois, la ressemblance est si frappante sur tous les autres points, que nous ne regardons ces différences que comme purement individuelles.

MM. Webb et Berthelot nous apprennent qu’on prend ce Poisson par trois ou quatre brasses de profondeur, et que le nom vulgaire de la Vive en Europe lui a été également appliqué. Les pêcheurs canariens l’appellent Araña.

M. Lowe n’en fait pas mention dans son Catalogue des Poissons de Madère.

URANOSCOPE, — URANOSCOPUS. ART.

Corpus crassum, cylindraceum, posticè conicum ; squamis per series obliquas dispositis veslitum. |

Carur magnum, sublelragonum, vel suprà planum, in later ibus el infrà rotundatum , oculi sursüm speclantes, oris rictus resupinus.

DenTEs numerosi, conferli, velutini in maxillis ac in palato.

Pin ventrales jugulares.

MEMBRANA BRANCHIOSTEGA radiis Sex.

L’'URANOSCOPE CRAPAUD DE MER.—URANOSCOPUS BUFO. Nos.

Voici une nouvelle espèce d'Uranoscope, voisine de celle de nos mers, et avec laquelle on confondrait facilement celle que nous allons décrire, sans la plus grande attention. |

J'en donne la description d’après un bel exemplaire, long de 9, "400.

La longueur, prise de la symphyse de la mâchoire supérieure à la fin du casque, est comprise sept fois dans la longueur totale. Cette même partie n’est contenue que cinq fois et demie dans la longueur totale du Poisson de nos côtes. Si l’on mesure de la symphyse à l’angle de l’opercule, on trouve que la tête est encore plus courte que celle de notre Uranoscope; puis que celle de l’espèce canarienne est contenue quatre fois et demie dans la longueur totale, tandis que dans celle du Poisson d'Europe la tête n’est pas comprise quatre fois dans la longueur du corps.

La caudale de notre nouvelle espèce est au contraire beaucoup plus longue. La longueur de cette nageoire est contenue trois fois et cinq sixièmes dans la longueur totale, c’est-à-dire pas quatre fois , tandis que la caudale de l’espèce ordinaire est comprise plus de cinq fois dans la même longueur totale. A ces différences de proportions s’en joignent d’autres.

Premièrement, les scabrosités du crâne sont plus grosses, plus fortes ; le dessus de la tête a deux carènes assez saillantes, et qui se prolongent en arrière de manière à faire un arc rentrant assez profond sur l’occiput.

Les mastoïdiens sont plus rugueux, plus relevés et plus prolongés en arrière; les yeux sont plus grands ; les dents sont en cardes plus fortes.

Le sous-orbitaire, plus rugueux, est plus large en avant. Le préopercule est plus granuleux, surtout vers le bas. Les branches de la mâchoire inférieure ont aussi ces granulations plus prononcées , et la principale différence porte sur l’angulaire, formant ici une plaque quadrilatère profondément ciselée.

Les rangées d’écailles sont plus nombreuses et plus régulièrement marquées depuis l’ouiëé jusqu’à la caudale, dans l’espèce canarienne que dans celle d'Europe.

Je compte soixante - dix rangées d’écailles environ sur le côté de l’'U. Bufo et cinquante-cinq seulement sur le côté de l’Uranoscopus scaber. Or, dans celui-ci , il faut observer que les trente-cinq premières environ sont grandes et visibles et qu’elles sont au contraire presque toutes égales sur l’autre espèce.

Il y a aussi de légères différences dans les nombres (1).

(1) Ici, je dois faire remarquer que les nombres de notre Ichthyologie ne sont pas rigoureusement exacts. M. Cuvier a noté D 5 — 1/14, etc. Il faut, dans sa manière de compter, dire D 4— 4/13 ; en somme, dix-huit rayons pour les deux dorsales. Celui dont il s’agit ici en a dix-neuf,

Cuv. Val!., Hist. nat. Poiss., 11, p. 420.

C’est un rayon de plus à la dorsale, à l’anale et à la pectorale. Les couleurs différent peu de celles de notre Uranoscope. Je vois cependant la caudale un peu moins foncée, et rayée ou vermiculée comme la seconde dorsale.

Je ne puis douter que cet Uranoscope soit d'une espèce distincte.

RM. Webb et Berthelot, qui l'ont pris à Lancerotte, l’ont entendu nommer Sapo, c'est-à-dire Crapaud, et j'ai eu soin de lui conserver ce nom spécifique.

Jl paraîtrait que les Uranoscopes sont rares dans l'Atlantique , car je n’en trouve pas de cité dans le Catalogue de M. Lowe. M. Agassiz en a bien un nommé par Spix U. occidentalis, et que j'ai long-témps hésité à regardèr comme de l'espèce décrite dans cet article. Cependant les nombres ne sont pas les mêmes ; la caudale, à en juger par ia figure, est plus courte; les scabrosités ne sont pas sculptées de la même manière. J'inclinerais bien plus à regarder le Poisson de Spix comme une variété de l'espèce d'Europe.

I! ne faut pas oublier que ce voyageur, avant de se rendreau Brésil, a touché à Cadix, et qu’il a emmené avec lui en Amérique un assez grand nombre d’espèces prises en Europe, qui sont revenues ensuite au musée de Munich avec ses collections brésiliennes. On en a eu le premier exemple pour un certain nombre de reptiles. Rien n'indique que son Uranoscopus occidentalis ne soit pas européen. Il me paraît, toutefois, je le répète, différer de notre U. bufo.

GENRE MULLE. — MULLUS. Lin.

Corpus elongalum.

CapUT squamosum.

Denres #n mamillis minimi. Palatum glabrum. Ad maxillæ inferioris symphysin parBæ duæ infra adfixæ.

OPErRcuLUuM integrum absque spinis vel serrulis.

Panne dorsales duæ remolæ.

MEMPRANA BRANCHIOSTEGA radis seplem.

LE MULLE ROUGET.— MULLUS BARBATUS. Liv.

Cette espèce, célèbre dans la Méditerranée et sur nos côtes de Provence, s'avance dans l'océan Atlantique jusqu’à Madère et aux Canaries.

MM. Webb et Berthelot disent qu’elle n’a pas autant de renommée dans cet archipel qu'en Europe. On l’y nomme Rubio. Ces naturalistes pensent qu’on pourrait tirer parti de cet excellent Poisson en le salant ou en le marinant, à cause de l'abondance de sa pêche à lorient des Canaries.

Selon M. Lowe, elle prend à Madère le nom de Salmonela, qui est la dénomination vulgaire que les Portugais et les Espagnols d'Europe donnent au Rouget, qu'ils ont transportée à une espèce de l’Atlantique américain (le Mullus maculatus, Guv., Val.,

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