‹ Histoire naturelle des Iles Canaries (volume 3)Chapitre 43 sur 243 · LE POISSON DE SAINT-PIERRE. — ZEUS FABER · texte numérisé non relu

LE POISSON DE SAINT-PIERRE. — ZEUS FABER

Espèce commune de l'Océan comme de la Méditerranée , qui se nomme aux îles Canaries Gallo San Pedro.

L'individu que j'ai sous les yeux est très-grand ; il a 0",45 de longueur.

Famizze DES MUGILOIDES.

Je n’ai reçu qu’un seul Poisson de cette famille ; c’est le Mugil chelo. I porte aux Canaries le nom de Zysa. Il y est assez commun et a comme nos Muges l’habitude de sauter hors de l'eau. M. Berthelot dit que sa chair est peu estimée. On le pêche facilement, parce que dans les temps chauds et caimes il se laisse approcher. Il se tient toujours près de terre.

li paraît que cette famille n’a pas un grand nombre de représentans aux Canaries , car M. Lowe ne cite qu'une seconde espèce après celle-ci. Il la regarde comme nou-

velle. Suivant cet auteur, les Muges porte à Madère le nom de Fainha, et celui que nous venons de citer ici parmi nos espèces hurariennes s'appelle plus particulièrement Fainha da moda.

Famizze pes BLENNOÏIDES.

Cette famille est représentée par le Clinus canariensis, Poisson que M. Lowe n’a pas vu à Madère quoiqu'il y ait cinq autres espèces de cette famille et de différens genres; et que, moi-même, j'en aie ajouté trois autres dans mon Histoire naturelle des Blennies.

Mais à cette famille j'ajoute un genre nouveau qui est une des plus précieuses 1découvertes que M. Webb ait faites en Ichthyologie, à cause de la singularité de la denüuon du Poisson., et malgré la petitesse de ce Poisson, qui souventle fait négliger.

Parlons d’abord du Clinus.

Le Blennoïde: dont il va être question ‘a quelque ‘affinité avec les espèces du Cap.

GExuS CLINUS.

Corpus compressum, elongalum, squamosum.

CaPuT nudum.

DenTes anlici conici, postici selaceï, in maxillis, in palato ac in vomere. Pinna dorsalis valdé aculeala,in dorsum protensa.

PECTORALES rolundæ minores.

VENTRALES (riradialæ.

LE CLINUS CANARIEN.— CLINUS CANARIENSIS. Nos. (PL. XVII, fig. 3.)

Est un Clinus à dos brun-rougeâtre ; à nageoires dorsale et anale marbrées de brun, le rayon dela pectorale et de la caudale étant ponctué de cette couleur.

Ce Poisson se trouve à Lancerotte, où on le nomme Budion, et à Ténériffe , où les pêcheurs le désignent sous le nom d'Empedrado , dénomination qui rappelle ses habitudes, communes à tous ses congénères, de vivre parmi les pierres.

L'espèce y paraît commune, mais les individus restent dans de petites dimensions ; ils n’ont pas plus de 0,160 de longueur.

GENRE BLENNOPHIS.

BLENNOPHIs. CORPUS compressum alepidotum.

CapuT oblusum.

Os parvum.

Denves qualuor adunci recurvi in utrâque maxillé symphysin versùs.

PINNA DORSALIS unica emarginala : ANALIS dorsali similis, sed brevior.Caunauis disfincla. PECTORALES ovalæ laiæ.JuGuLAREs biradialæ. |

Ce nouveau genre de Blennoïdes doit prendre place à côté des Blennechis , car les

| (61 ) dents, qui ressemblent assez aux grands crochets insérés vers le fond de la bouche, sont dans celui-ci au milieu des deux mâchoires, près de la symphyse des deux os. La mâchoire inférieure a de plus, vers le milieu, deux autres dents canines courbées et acérées, qui sont tout-à-fait analogues à celles des Blennechis. Je ne connais encore qu’une seule espèce de ce genre, que je nomme

LE BLENNOPHIS DE WEBB. — BLENNOPHIS WEBBIL.

(Au, PL XX, fig. 1.)

Il a le corps allongé et semblable aux Blennies pour la forme générale.

La hauteur du tronc est du sixième environ de la longueur totale, et est un peu moindre que la tête.

Celle-ci a le museau obtus ; l'œil assez grand; la bouche petite ; les deux mâchoires égales, Le caractère le plus remarquable de cette espèce porte sur les dents. Il y en a quatre à l’extrémité de la mâchoire supérieure (PI. XX, fig. 1. aet 1. b); ellessonttrès-pointues, recourbées en arrière comme de petits hameçons. La mâchoire inférieure a aussi quatre dents à l’extrémité (Pl. XX, fig. 1. c) ; les deux mitoyennes sont semblables à celles de la mâchoire supérieure, et s'engagent, quand la bouche est fermée, entre celles de la mâchoire supérieure ; les deux dents externes sont couchées sur Le bord de la mandibule, et se portent en dehors, à la manière de ce que nous appelons les défenses du sanglier. Au milieu de la mâchoire inférieure, ou près de l’angle de la bouche, on voit, de chaque côté, une petite dent courbée en arrière et pointue. Le reste des mâchoires est lisse.

La.dorsale continue depuis son origine, sur le commencement du dos, jusqu’à la caudale , à laquelle elle ne touche pas cependant , et s’abaisse vers le dixième rayon.

La caudale est un peu fourchue,

Les pectorales sont larges ; ovales quand elles sont étalées.

Je ne compte que deux filets à la ventrale.

* Ce petit Poisson à peau nue a le corps marqué de petits points blancs, sales, irréguliers, plus visibles à Ja loupe qu’à l'œil nu,et surtout sur les côtés de la queue.

J'en ai plusieurs individus sous les yeux ; ils n'ont tous que-0,050 delongueur.

On peut voir par cette description que, sous les rapports généraux , et sous ceux que l’on peut tirer des caractères des nageoires, ce petit Poisson est un Blennoïde. Mais sa dentition, fort remarquable, diffère assez de celle des autres Blennies pour que j'aie dû croire convenable d’en faire un genre distinct. Il offre donc, malgré sa : pelitesse, un intérêt réel aux zoologistes. La note suivante, que M. Webb a bien voulu ajouter à sa description, prouve que le Blennophis intéresse aussi l'économie sociale, puisqu'il pourrait remplacer aux Canaries les Anchoiïs (Clupea Enchrasicholus), que je n’ai pas trouvées dans les collections du savant botaniste à qui les naturalistes sont redevables des matériaux de la Faune des Canaries.

Voici les observations de M. Webb sur le Blennophis que je suis heureux de lui avoir dédié. Cette espèce se pêche par myriades sur les côtes de Fortaventure. Nous avons vu arriver des bandes innombrables de ces Poissons sur les plages sablonneuses de Puerio de Cabras dans le mois d’août. Ils ont un goût exquis. On les mange à peu près comme les Nonnals de Nice. Quelques personnes les préparent à la manière des Anchois, qu’ils remplacent parfaitement.

Famizre Des LABROIDES.

Les Labroïdes comprennent des Poissons ayant-six rayons à la membrane branchiostége ; de fortes dents aux mâchoires, distinctes et soudées ensemble; des plaques osseuses et dentées, au nombre de deux aux pharyngiens supérieurs, et d’une seule aux inférieurs. Le palais est lisse et sans dents, la langue l’est de même; les lèvres sont épaisses, souvent plissées. Les rayons de la dorsale antérieure sont épineux, et le bord de la membrane qui les réunit se prolonge entre deux rayons en un petit filet, ce que Linné avait heureusement exprimé par ces mots : Pinna dorsalis ramentacea. Le corps est couvert de grandes écailles lisses et molles. Il n’y a pas d’appendices cœcales aux pylores. |

L’archipel des Canaries nous a fourni plusieurs espèces intéressantes par leurs caractères spécifiques ou génériques.

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