‹ Histoire naturelle des Iles Canaries (volume 3)Chapitre 65 sur 243 · PREMIÈRE SÉRIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SÉRIE

Les Mollusques des Canaries qui habitent simullanément les côtes de France sont au nombre de quatre-vingt-deux, que nous subdivisons en trois séries selon qu'ils se trouvent sur les côtes de l'Océan seulement, sur les côtes de la Méditerranée, sur les côtes de l'Océan et de la Méditerranée. Le tableau suivant en donnera l’ensemble comparatif par classes et par ordres.

MOLLUSQUES DES CANARIES TOTAL NOMS NOMS | PROPRES À LA FRANCE. DES ESPÈCES.

nn —

DES CLASSES, DES ORDRES. Sur les côtes sur les côtes | Sur les côtes de l’Océan Par Par

e delOcéan. |Jaméditerranée. pr dé anne Ordres. Classes.

Octopoda ....

"| Decapoda. . . . .

| Cephalopoda. .

| Pteropoda. . .

Tectibranchia. . .

H Gasteropoda. . . / Pulmobranchia..

Pectinibranchia.….

Scutibranchia. ..

Cyclobranchia. .

C9 ai

D mi Où N ND ND N9 mi 5 mi mi NO NO

À Lamellibranchia

{ Brachiopoda. . .

Notre chifire total de quatre-vingt-deux, beaucoup au-dessous de la moitié de l’ensemble des espèces canariennes, forme presque les deux tiers de celui des espèces étrangères à ces îles.

En le subdivisant encore, nous voyons que, sur ce nombre, 1° deux espèces, le Trochus crassus et le Maclra rugosa, paraissent se trouver seulement sur les côtes européennes de l'Océan atlantique; 2° cinquante-quatre seraient spéciales à la Méditerranée ; tandis que, 3°, vingt-six se rencontrent simultanément dans ces deux mers. De ces faits, ilest facile de conclure que très-peu d’espèces de l'Océan se trouvent aux Canaries ; qu’au contraire on y voit beaucoup de celles de la Méditerranée , puisqu’en y joignant les espèces qui vivent simultanément dans les deux mers à celles qui leur sont spéciales, nous trouvons l'énorme différence de quatre-vingt ou la presque totalité dans la Méditerranée, et seulement vingt huit pour l'Océan. Ces rapports appuient au reste parfaitement notre expérience , que la distribution géographique des espèces de Mollusques tient presque toujours à l'identité de température et à la conformation des lieux. Dès- Jors il sera facile d'expliquer pourquoi la Méditerranée, par sa position qui la garantit des courans du nord, doit nourrir beaucoup d'espèces qui habitent des régions plus chaudes de l'Océan; tandis que le littoral français de l'Océan, placé bien plus au nord, et recevant constamment les eaux froides du pôle, doit plus particulierement être habité par les espèces de Mollusques appartenant à la zoologie arctique, et qui ont moins la facilité de s’avancer vers les zones chaudes des côtes.

Nous croyons donc, en résumé, que les Mollusques des Canaries qu’on rencontre sur nos côtes y sont encore dans une dépendance de la zone d'habitation qui leur est propre.

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