‹ Histoire naturelle des Iles Canaries (volume 3)Chapitre 67 sur 243 · DES ESPÈCES · texte numérisé non relu

DES ESPÈCES

po jm — É AUX CANARIES. par ordres. | Par classes. |Ë

propres DES CLASSES, DES ORDRES.

Cephalopoda. . . . . .

Pteropoda

Heteropoda Nudibranchia.. ..

Tectibranchia Gasteropoda Pulmobranchia. , Pectinibranchia . . .

Scutibranchia

Lamellibranchia. . . .

Nous trouvons soixante-neuf espèces de Mollusques paraissant appartenir plus particulièrement aux Canaries. Comparé à l’ensemble, ce nombre est énorme puisqu'il en représente presque le tiers; mais si l’on considère que les Mollusques terrestres varient à l'infini, suivant l’exposition des coteaux d’une même montagne , que souvent chaque île d’un archipel a ses espèces propres, et que, sur la totalité, nous avons quarante-deux Pulmonés des Canaries, l’étonnement cessera; car pour les espèces marines spéciales à ces îles, il ne nous restera plus que vingt-sept espèces (1), ou un peu plus du septième de l’ensemble.

En résumé général, les Mollusques des Canaries nous paraissent appartenir pour moins de la moitié à la Méditerranée , pour environ un dixième aux animaux pélagiens des hautes mers équatoriales, pour près d’un huitième aux côtes occidentales de l’Afrique, et pour un tiers aux Canaries même. L'ensemble du reste sera présenté en regard dans le tableau suivant qui résumera aussi le nombre comparatif des espèces de Mollusques de chacune des grandes coupes.

(4) Dans ce dernier nombre sont comprises des espèces qu’on trouvera peut-être, par la suite, sur quelques points de la côte voisine; mais ne pouvant anticiper sur les découvertes, nous sommes obligé de nous borner aux renseignemens qui nous sont parvenus.

MOLLUSQUES DES CSSRIES PROPRES TOTAL NOMS NOMS AUX CÔTES DE FRANCE AE A : DES ESPÉCES, CA Ë DES CLASSES. DES ORDRES. ä & a — s s se 2 PEL l 8 |Ség [SES | SE | Sas | © u 8 © |aga |ESSE| 25 |<SE | à S 5 8 Ë |8 2$| 84 | 85 < & 5 \ Octo oda SR ME: » 1 1 1 » » 8 Cephalopoda . . Decaneda sr MR » » 9 1 1 1 5 8 || Pteropoda. Hs) OPA RE » 1 » 11 » » 12 12 j Heteropoda Ab » {L » a » » 4 Nudibranchia “: » » » il » 4 5 Tectibranchia . . » 1 » » » 1 9 |IGasteropoda. . ./ Pulmobranchia . » 5 7 ” p) 42 57 140 Pectinibranchia . 1 24 7 2, 15 14 63 Scutibranchia se » 1 1 » » Î 3 Û Cyclobranchia à dé » 9) » » » 4 6 l'Lamellibranchia |. . . . . . . .. 1 17 8 » 6 9 34 34 NBEGHOpoda ns. |. + » 1 » » » » 1 1 {| | [ j | 2 54 26 19 25 69 195 | 195

Le nombre comparatif des espèces par coupes fait ressortir combien peu il y a de Lamellibranches aux Canaries, en raison du nombre des Gastéropodes, proportions toutà-fait au-dessous des règles ordinaires. Suivant nous, ce fait tient à l'influence des localités. Comme nous avons pu nous en apercevoir dans nos voyages, lenombre comparatif de ces deux classes de Mollusques dépend entièrement de la nature des côtes : sur les côtes rocailleuses, profondes, couvertes de rochers, on ne trouve, pour ainsi dire, que des Gastéropodes, où du moins les Lamellibranches se réduisent seulement aux espèces fixes, comme les huîtres, les spondyles , les cames, etc., etc.; sur les plages sablonneuses, au contraire , dans les baies peu profondes, sur les bancs ou les côtes vaseuses, ce sont les Lamellibranches qui dominent. Ces faits viennent nous donner la solution de la proportion relative de ces deux classes aux Canaries, qui ne sont,

pour ainsi dire, couvertes que de rochers.

Il nous reste encore un dernier point de vue sous lequel nous pouvons envisager les Mollusques des Canaries : c’est la différence qui existe entre telle ou telle île, relativement aux espèces qui l’habitent. On pourrait croire que, placées presque sous la même latitude, {outes devraient nourrir les mêmes animaux. Il n’en est pourtant pas ainsi, soit en raison de la nature de la côte, soit par suite de la plus ou moins grande proximité du littoral africain. Il est au moins sûr, d’après les indications des espèces que nous ont communiquées MM. Webb et Berthelot, que l'ile de Lancerotte , par exemple, contient infiniment plus de formes africaines qu'aucune autre île ; à un tel point que, dans cette dernière, on rencontre réunies toutes les espèces que nous avons signalées comme propres au continent africain , tandis qu'à Ténériffe à peine s’en trouve-t-il la moitié.

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