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blables à des aigles rouges et armés.de griffes ; ils se nourrissent de coquillages et de poissons ,.et ne s’éloignent jamais de ces parages. » Ebn-al-Ouardi, qui a décrit aussi le voyage des aventuriers arabes, indique l’île de Raca sous le nom de l'Ile des Oiseaux (Dgezirat-el-Thouïour). « Elle est habitée, dit-il, par des aigles rouges munis de grandes-griffes, qui s’y rassemblent pour aller chasser loin de la côte en pleine mer. Houcaïli prétend qu’un ‘roi Franc yenvoya un vaisseau pour se procurer de ces aigles, mais ce bâtiment se perdit » (voy. De Guines, Extr. des mss. de la Bibl. du roi, vol. A1, pag. 56). L'un de nous croit avoir démontré, dans l’Introduction de l’Ethnographie canarienne (-voy. I°* vol., re part., pag. 15), que l’île des Moutons, signalée par Edrisi, était celle de Madère, et qu’il fallait nécessairement reconnaitre l'ile de Porto-Santo dans celle de Raca ou des Oiseaux. L'existence des Aigles pêcheurs dans cette partie de l'océan Atlantique reste donc bien prouvée. Les noms de Corbeau de mer ( Gorvo marino), d'îles Açores ( insulæ Accipitrum ), d'île des Griffons, des Aigles ou des Éperviers, que les anciens géographes appliquèrent indistinctement à plusieurs terres, depuis le 40° degré de latitude nord jusqu’au 20° environ, et qu’on retrouve souvent placées d’une manière arbitraire sur les cartes manuscrites du moyen âge, nous montrent. assez que ces dénominations sont allusives aux oiseaux qui fréquentent ces parages. La désignation d'Aigle rouge, employée par des auteurs arabes, nous paraît assez applicable au Pygargue, dont le plumage est d’un brun rougeâtre foncé dans le jeune âge et plus ou moins clair dans l’ âge adulte.
Le jeune de l’année est le Falco Melanaëtos et le Falco ossifragus, de Linné ( Syst. Nat., pag. 124). — L'Orfraie ou grand Aigle de mer. (Buff., Ois.. 1, pag. 119, tom. 3 et pl. enl. 415). :
D'après les auteurs, cet oiseau niche sur les rochers escarpés au bord de la mer ou sur les plus hauts arbres des forêts ; il pond deux œufs plus gros que ceux des poules, d’un blanc légèrement sale, avec de grosses taches peu apparentes, roussâtres ou violacées ( Schinz, Thienemann ).
$ 3° AUTOUR. Guv. (ASTUR. Brcmsrein.)
Dzxpeuon. Savigny. — Srarvius. Auctor.
EPERVIER COMMUN. — FALCO Nisus. Linn.
Tête cendré-bleuâtre avec une tache blanche à la nuque; dos gris-bleuâtre foncé ; poitrine et ventre biancs avec des bandes transversales d’un brun roux; queue gris-cendré avec:cinq bandes transversales ondées noirâtres ; bec noirâtre; cire jaune-v erdâtre ; ; iris et pieds j jaunes. Falco Nisus: Linn., Syst Nat:, 1, pag. 180.
Sparvius Nisus. Viell., Dict. d'Hist. Nat., tom. x, pag. 319. L'Épervier. Buff., Ois., 1, pag. 295 et pl. enl. 412, 467. VurG. Falcon, aux Canaries. — Taïr el Hor, en arabe, à Maroc. Has. Dans toutes les îles. Sédentaire. | Oss. L'individu rapporté des îles Canaries paraît être un jeune mâle de l’année. Cette espèce est assez commune à Ténériffe, dans la plaine des Rodeos et dans les vallées agricoles du nord de l'île. On le voit dans cette contrée saisir des cailles au vol avec beaucoup de dextérité. Quelquefois ces Faucons, au nombre de deux ou trois, poursuivent les Milans qui ont fait une capture, et finissent par la leur arracher. L'Épervier niche au sommet des grands arbres ; il pond de trois à six œufs, un peu arrondis, d’un blanc sale, avec des marbrures couleur de rouille plus nombreuses et plus foncées au gros bout.
6 4° MILAN. (MILV US. BECHSELN.) |
MiLan ROYAL. — Farco Mirvus. Linn.
Tête roussâtre; dos d’un bruu roux avec une teinte plus claire aux bords des plumes ; poitrine et ventre roussâtres avec des taches oblongues rousses et de petits traits longitudinaux noirs; queue (très-fourchue) roussâtre à bandes brunes peu distinctes ; bec corné, noirâtre à la pointe; cire jaun4tre ; iris et pieds jaunes.
Milvus regalis. Briss., Ornith:, pag. 414, pl. 35.
Falco Milvus. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 126.
Le Milan royal. Buff., Ois., 1, pag. 197 et pl. enl. 422,
Vuc. Milano.
Has. Dans tout l'archipel mien mais plus particulièrement dans les iles occidentales. Sédentaire.
Ors. C'est le plus connu des oiseaux de proie, et celui dont les habitants de la campagne redoutent le plus les approches. Il plane continuellement aux environs des poulaillers, et fait entendre en volant un petit cri aigu assez semblable à un sifflement. LR à
Le jeune del’année est le Falco austriacus de Gmelin ( Syst. Nat., 1, pag. 262).
Le Milan royal niche sur les arbres; Ja femelle pond trois ou quatre œufs, un peu plus gros que ceux des poules, d’un blanc roussâtre où grisâtre, avec des taches fauves ou brunes, généralement plus nombreuses au gros bout.
$ 5° BUSE. (BUTEO. Bscusrein.)
BUSE ORDINAIRE. — FALco BuTEO. Linn.
Tête et dos d’un brun foncé ; poitrine et ventre d’un gris brun varié de taches d’un brun sombre ; queue (légèrement arrondie) avec douze bandes transversales brunes ; bec couleur de plomb; cire, iris et pieds jaunes.
Falco Buteo. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 127.
F. glaucopis, Buteo, albidus, variegatus et communis et fuscus. Gmel., Syst. Nat., 1, pag 255, 265, 267, 271. r
La Buse. Buff., Ois., 1, pag. 206 et pl. enl. 419.
L’Aigle de Gættingue Sonnini.
VuzG. Aguililla, aux Canaries.
Has. Dans toutes les îles. Sédentaire. Commune.
Os. Les habitans des campagnes redoutent beaucoup les déprédations de cet oiseau.
Niche dans les bois, sur les arbres élevés; la femelle pond trois ou quatre œufs, de la grosseur de ceux des poules, d'un blanc grisâtre, avec des taches fauves et brunes, irrégulières, plus foncées et plus nombreuses au gros bout.
$ 6 BUSARD. (CIRCUS. Becnsrern.)
BUSARD MONTAGU. — FALCO CINERACEUS. Mont.
Tête cendrée; dos cendré-bleuâtre très-foncé ; poitrine cendré-bleuâtre sans taches; ventre blanc, queue cendrée avec des bandes nombreuses roussâtres; bec gris de plomb; cire, iris et pieds jaunes. |
Falco cirenaceus. Mont., Trans. Linn. Soc., 1x, pag. 182 (vieux mâle).
Circus Montagui. Vüeill., Dict. d'Hist. Nat., tom. XXxI, pag. 411.
L'Oiseau Saint-Martin. Buff., Ois., 1, pag. 212 et pl. enl. 439.
Hus. L'ile de Ténériffe.
Os. Ce Busard pond dans le voisinage des marais; ses œufs sont au nombre de quatre ou cinq, d’un blanc pur ( Temminck, Schinz ). Celui que M. Thienemann a figuré est d’un gris jaunâtre ; nous n'en avons jamais observé de cette couleur. La figure de M. Schinz est un peu petite; celle de M. Thienemann paraît, au contraire, un peu grande. j EN nf
Ledru indique aussi dans les Canaries le Busard des marais ( Circus œruginosus ); mais nous n'avons pas retrouvé cette espèce dans ces îles. |
FAMILLE 3°. OEGOLIENS. (OEGOLII. VIEIL.) $ 1° EFFRAYE. (EUSTRINX.) Srrix. Savigny.
CHOUETTE EFFRAYE. — STRIX FLAMMEA. Linn.
Aigrettes nulles ; parties supérieures d’un jaune clair, avec des zigzags gris et bruns mêlés de FES petits points blancs; parties inférieures blanches, quelquefois marquées de petits points bruns: bec blanchâtré; iris fauve. É
Strix flammea. Linr., Syst. Nat., 1, p. 133.
ls .
L’Effraie ou Fresaie. Buff., Ois., pag. 366, tom. xxvi et pl. enl. 440.
Vu. Lechuxa, aux Canaries, — Hamma, en arabe, à Maroc.
Has. Dans toutes les îles.
Oss. Cette espèce est assez commune dans les ravins de la côte, dont les profondes cavités lui offrent des lieux de
retraite. On la trouve aussi sur la lisière des forêts, dans les troncs des vieux arbres.
La femelle pond de trois à cinq œufs blancs, plus gros que ceux des pigeons, mais plus arrondis ; ces œufs sont moins ronds cependant que ceux de la plupart des oiseaux du même genre.
$ 2 HIBOU. (OTUS, Cuv.)
HiBou MOYEN. — SrTrix OTus. Linn.
Aigrettes brunes ; parties supérieures d’un roux-jaunâtre taché de brun foncé ; parties inférieures jaune d’ocre avec des taches d’ün brun noirâtre ; bec noir ; iris rougeâtre.
Strix Otus. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 152.
Le moyen Duc ou Hibou. Buff., Ois., 1, pag. 342 et pl. enl. 29.
VuULG. Coruja.
Has, Dans toutes les îles.
Ogs. La femelle pond quatre à cinq œufs d’un blanc plus pur que ceux de l’Effraie, plus petits et plus ronds.
2° PASSEREAUX. — PASSERES.
1 OMNIVORES. (OMNIVORI.)
FAMILLE 1°. CORACES. (CORACES.)
CORBEAU NOIR. — CORVUS CoRAx. Linn.
Corps noir à reflets pourprés ; bec assez long; iris double, gris-blanc et cendré-brun.
Corvus Corax. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 155.
Le Corbeau. Buff., Ois, 11, pag. 15, fig. 2 et pl. enl. 495.
VuLc. Cuerbo.
Has. Dans toutes les îles.
Ogs. Cet oiseau présente, dans cet archipel, les mêmes habitudes qu'en Europe; il avale tout ce qui s'offre à sa voracité, viande, grains et fruits de toutes sortes; aussi les habitans de la campagne redoutent son voisinage, et tâchent de l’épouvanter par leurs cris, surtout à l’époque des semailles, lorsqu'il plane sur les champs en nombreuses compagnies : car il est très-commun dans ces îles. Plus rusé que craintif, il ne se laisse pas facilement approcher et se méfie du chasseur. Dans la campagne, il suit de loin les laboureurs qui ensemencent le maïs, et leur enlève le grain dans le sillon. On l’a vu même arracher les jeunes plantes qui commençaient à sortir de terre, afin de s'emparer du germe fixé encore à la racine.
Les ânes vieux et infirmes qu’on abandonne, à Ténériffe, dans les plaines des Rodeos, pour les laisser paître et mourir au milieu des champs de Lupin, ‘ont été quelquefois la proie des Corbeaux réunis en grandes bandes. Ils s'acharnent alors sur ces chétives bêtes, surtout si, outre les infirmités, elles ont encore le malheur d’avoir quelque plaie apparente.L'âne éclopé a aussitôt sur son dos une nuée d'ennemis dont il ne peut se défendre. Harcelé de toutes parts, attaqué dans toutes les parties de son corps où ces oiseaux voraces trouvent prise, il est bientôt aveuglé, mis en lambeaux et dépecé sur place. ;
Dans une de nos excursions, le cheval du guide mourut subitement d'un coup de sang, et fut abandonné sur le bord d’un chemin : Les corbeaux en auront bientôt fait leur affaire, dit son maître en s’éloignant. Nous eûmes occasion de repasser dans ce même endroit le surlendemain au soir, et l'animal n'était plus qu’un hideux squelette. Les Corbeaux avaient déjà disparu ; seulement deux ou trois Néophrons se disputaient encore la tête du cheval à demi rongée et séparée du cou.
Quelques habitans de Ténériffe ont observé la variété blanche de cette espèce.
Les Corbeaux nichent sur les arbres élevés ou dans les crevasses des roches escarpées ; la femelle pond quatre ou cinq