‹ Histoire naturelle des Iles Canaries (volume 3)Chapitre 8 sur 243 · PART.) — ZOOLOGIE. ï (ORNITHOLOGIE · texte numérisé non relu

PART.) — ZOOLOGIE. ï (ORNITHOLOGIE

œufs, rarement six, un peu allongés, d’un vert sale, ou d’un gris bleuâtre, avec des taches nombreuses un peu plus foncées, et d’autres tacties brunes assez rapprochées vers le gros bout.

CORBEAU CHOUCAS. — CoRvuSs MoNEDULA. Linn.

Corps noir à reflets violets ou gris cendré ; bec court ; iris simple, blanc.

Corvus Monedula. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 156.

Le Choucas. Buff., Ois., 11, pag. 69 et pl. enl. 325.

Has. De passage accidentel.

Ogs. L’individu rapporté des îles Canaries est le seul qui y ait été vu pendant l’espace de dix années. [1 fut tué à Ténériffe ( Laguna ) dans le mois de février 1830, après un fort coup de vent de sud-est.

En Europe, les Choucas nichent dans les trous des vieux bâtimens, principalement sur les tours et les clochers ; très. rarement ils placent leurs-nids sur les arbres. Souvent plusieurs couples les construisent dans le même endroit. La femelle pond de quatre à sept œufs, beaucoup plus petits que ceux du Corbeau et moins allongés, mais un peu plus gros que ceux de la Pie. Ces œufs sont d’un vert bleuâtre avec des mouchetures brunes quelquefois très-nombreuses.

CHOGUARD ORDINAIRE. — PYRRHOCORAX ALPINUS. Viell.

Corps noir à reflets verts; bec jaune orange; iris simple, brun.

Corvus Pyrrhocorax. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 158.

Pyrrhocorax alpinus. Viell., Dict. d'Hist., Vr, pag. 568.

P. Pyrrhocorax. Temm., Man. d’'Ornith., 2e édit., 1, pag. 121.

Le Choquard ou Choucas des Alpes. Buff., Ois., nt. pag. T6 et pl. enl. 551.

VuzG. Graja.

Has. L'île de Palma.

Ogs. Ces oiseaux qu’on rencontre si nombreux dans l’île de Palma, sont inconnus dans les autres parties de l'archipel Canarien. Cet isolement est un fait des plus singuliers. On doit s'étonner en effet que, si bien constituée pour le grand vol, cette espèce n'ait pas songé à franchir les bras de mer qui la séparent des îles voisines. Il est aussi très-surprenant de retrouver un oiseau des Alpes et des Pyrénées, sous une latitude si voisine des tropiques et dans la région maritime.

Les Choquards vivent à Palma par bandes de plus de deux cents. On les voit s'abattre sur les champs de blé et de maïs pour s’y procurer du grain. Leur cri ressemble un peu à celui des paons, mais il est d’une seule intonation. Les gens de la campagne leur font souvent la chasse, et les mangent après leur avoir ôté le foie; mais cette nourriture n’est pas fort ragoûtante, même après cette précaution. =

Cet oiseau s’apprivoise très-facilement. On l'élève dans les maisons, d’où il parcourt les alentours pour revenir ensuite au gîte. Ses habitudes se rapprochent beaucoup de celles des Pies. M. Schousboe nous a assurés que cette même espèce est très-commune dans le royaume de Maroc, aux environs de Tetuän et dans la province d'Er-rif.

Les Choquards nichent dans les trous des rochers, contre les berges des grands ravins qui débouchent sur la côte : ils choisissent toujours les endroits les plus inaccessibles. Dans les Alpes et dans les Pyrénées, ils s’établissent également sur les rochers les plus élevés ou dans les précipices les plus profonds ; aussi est-il extrêmement difficile de parvenir jusqu'à leur nid. La femelle pond de quatre à cinq œufs un peu plus gros que ceux de la Pie et de la même forme ; ils sont d’un vert bleuâtre, assez clair, avec de petites mouchetures brunes plus nombreuses au gros bout.

2 INSECTIVORES. (INSECTIVORT)

FAMILLE 2%. COLLURIONS. (COLLURIONES. VIEIL.)

PIE-GRIÈCHE GRISE. — Lanius EXCUBITOR. Linn.

Une bande noire sous les yeux et sur les oreilles ; dos cendré-clair ; ventre blanc ; ailes noires avec un miroir blanc.

Lanius excubitor. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 155.

La Pie-grièche grise. Buff., Ois., 1, p. 196 et pl. enl. 445.

VuLG. Alcairon, aux Canaries. — Bou-ceround, en arabe, au Maroc.

5 D Has. Toutes les îles, Ogs. On rencontre plus fréquemment cet oiseau dans la partie orientale de l'archipel Canarien ; il se plaît dans les lieux arides et solitaires où croissent les Euphorbes, les Plocama, les Kleinies et les autres plantes de la région maritime. A Ténériffe, cette Pie-Grièche se trouve assez commune sur les côtes du sud et de l'ouest; elle s'avance même jusqu'à

la première base du pic de Teyde. Elle n’est pas rare dans le Maroc, et M. Schousboe nous a dit l’avoir rencontrée jusqu’au pied des montagnes du Grand-Atlas.

La Pie-Grièche grise niche souvent dans les buissons de l'Euphorbia Ganariensis. Elle pond cinq ou six œufs d’un blanc légèrement roussâtre ou grisâtre avec de petites taches fauves ou brunes plus rapprochées au gros bout.

FAMILLE 3. MYOTHÈRES. (MYOTHERES, VieiL.)

GOBE-MOUCHE BECFIGUE. — MUSCICAPA LUCTUOSA. Temm.

Front blanc; dos d’un noir profond; ventre blanc ; ailes noires avec les moyennes et les grandes couvertures blanches.

Emberisa luctuosa. Scop., Ann.,r, pag., 146.

E. luctuosa, Muscicapa atricapilla et Motacilla ficedula. Gmel., Syst. Nat., 1, pag. 874, 955, 956.

Sylvia ficedula. Lath., Ind. Ornith., n, pag. 517.

Muscicapa muscipeta. Bechst., Naturg. Deutschl., 1, pag. 135.

M. luctuosa. Temm., Man. d’Ornith., 1, pag. 155.

Le Traquet d'Angleterre,le Becfigue. Buff.. Ois, v, pag. 222, 187 et pl. ent. 688, fig. 1.

Has. L'île de Ténérife.

Ogs. En Europe, cet oiseau place son nid sur les arbres et sur les arbrisseaux ; la femelle pond de quatre à cinq œufs d’un blanc-verdâtre sale couverts de taches nombreuses brun-rouge, les unes demi-effacées et très-rapprochées, les autres foncées et plus nombreuses au gros bout.

FAMILLE 4. TURDIDES. (TURDIDÆ.)

ÉTOURNEAU VULGAIRE. — STURNUS VULGARIS. Linn.

Corps noirâtre à reflets pourpres et vert-doré avec de petits points triangulaires d’un blanc roussâtre ; bec jaune; pieds couleur de chair.

Sturnus vulgaris. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 290.

S. varius. Mey., Taschenb. Deutschl., i, pag. 208.

L'Étourneau ou Sansonnet. Buff. Ois., 1x, pag. 176, tom. x et pl. enl. 75.

VuLc. Pajaro de Africa.

Has. De passage.

Ogs. Cet oiseau arrive quelquefois en hiver avec les Grives ; mais jamais en grandes bandes. C’est ordinairement dans la région des Pins qu’on en rencontre alors quelques-uns.

En Europe, l'Étourneau niche dans le creux des arbres, dans les fentes des vieilles masures ou sous les tuiles des bâtimens abandonnés. La femelle pond de quatre à sept œufs de la taille de ceux de la Grive ordinaire, mais sans taches : leur couleur est d’un bleu très-pâle, quelquefois légèrement verdâtre.

$ 1° GRIVE. (TURDELA.) TOURDRE-GRIVE. — TurDus Musicus. Linn.

Dos brun-olivâtre ; poitrine avec des taches triangulaires brunes; ventre et flancs blancs; bec corné : pieds gris-brun.

Turdus musicus. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 2992.

La Grive. Buff., Ois. ni, pag. 280 et pl. enl. 406.

Has, De passage.

Oss. En Europe, la Grive fait son nid sur les arbres peu élevés et dans les buissons. Ses œufs sont d’un beau bleu avec de petits points peu nombreux, mais bien tranchés, d’un brun presque noir.

P: 1 LR AGE

TouRDRE-Mauvis. — TURDUS ILIACUS. Linn.

Dos brun-olive; poitrine avec des taches longitudinales noirâtres; ventre blanc ; flancs d’un roux ardent ; bec corné; pieds gris-clair.

Turdus iliacus. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 292.

Le Mauvis, Buff., Ois., in, pag. 509 et pl. enl. 51.

Vuic. Pâjaro de Africa.

Has. De passage.

Ors. Le nom de Päjaro de Africa ( oiseau d'Afrique), que l’on donne à cette espèce, de même qu'à la précédente, indique assez qu’elle n’est que de passage aux îles Canaries. En effet les grives arrivent enhiver, et séjournent un certain temps dansles bois. Leur abondance fut remarquable en 1828, surtout dans l’île de Ténériffe, où leur apparition s’est reproduite d'une manière bien plus extraordinaire encore en 1832. Les Grives reparurent alors en telle quantité qu'on les tuait à coups de bâton et à coups de pierre. Le passage commença en novembre et continua par intervalles durant une partie du mois de décembre. Elles débarquèrent sur la côte orientale, et traversèrent par bandes les rues de Sainte- Croix. Beaucoup se répandirent dans les jardins, et le plus grand nombre gagna l’intérieur de l’île, pour se réfugier dans . la région des Pins. « C'était comme une nuée de sauterelles, » disait un habitant de Ténériffe, que nous eûmes occasion de voir à Paris l’année suivante. Ces oiseaux restèrent trois mois dans le pays; puis ils disparurent tout à coup.

Cette grande émigration des Grives pouvait bien avoir quelque rapport avec l'épidémie du choléra, qui désolait à la même époque la majeure partie des contrées de l’Europe et plusieurs pays de l’Afrique. Les faits observés dans des circonstances analogues sembleraient donner du moins une certaine valeur à cette opinion. Ainsi les moineaux, qui sont toujours si nombreux à Cadix, disparurent tout à coup en 1819, et restèrent éloignés de cette ville et de ses environs pendant tout le temps que la fiévre jaune exerça ses ravages. Le docteur Leonardo Perez, qui a publié un Mémoire sur cette épidémie, cite la singulière remarque que firent les pêcheurs du port Sainte-Marie. Avant l’apparition du fléau ils avaient vu passer en phalanges serrées des bandes d'oiseaux voyageurs, qui, la plupart, dans leurs migrations habituelles, volent assez bas pour être atteints par les chasseurs, mais qui, dans cette circonstance, se tenaient à une assez grande hauteur, comme s'ils eussent redouté de s'approcher de la terre. Ce n’est pas ici le cas de disserter sur ces faits : nous les livrons à la méditation des naturalistes.

En Europe, les Mauvis nichent sur les arbres peu élevés et dans les buissons. Les femelles pondent de quatre à six œufs un peu plus petits que ceux de la Grive, d’un blanc verdâtre avec des taches couleur de rouille.

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