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Les observations déjà faites aux Céphalopodes sur la proportion relative des espèces propres seulement aux Canaries, portent encore à quarante-cinq celles qu’on trouve dans la Méditerranée, tandis que vingt-quatre ou près de la moitié seulement de ce nombre, se rencontrent sur les côtes africaines voisines des Canaries; ce qui prouverait que les Mollusques des Canaries sont analogues à ceux de la Méditerranée plutôt qu'à ceux de la côte occidentale d'Afrique.
Premier ordre.
GASTÉROPODES HÉTÉROPODES. — HETEROPODA , LAMARCK.
HerTerOoPODA, Cuv., Fér.; NUCLÉOBRANCHES, Blainville.
Les Hétéropodes, commençant l’ordre des Gastéropodes, ne sont représentés, dans les îles Canaries, que par quatre espèces appartenant aux sous-genres Helicophlegma , Atlanta et Heliconoïides; ce sont au moins celles que nous y avons rencontrées, et n’appartenant géographiquement à aucune côte proprement dite.
Une seule espèce, l’Helicophlegma Keraudrenti, se trouve, en même temps, sur les côtes de la France méditerranéenne bien qu’elle soit encore répandue sur la plus grande partie de l'Océan atlantique.
Pour les autres, toutes étrangères à la Méditerranée et aux côtes de France, où
(35 ) du moins elles n’ont pas encore été signalées , elles ont pour patrie tout l'Océan atlantique, depuis les côtes d'Amérique jusqu’à celles d'Afrique. Ainsi, parmi les Hétéropodes, nous n’avons, jusqu’à présent, aux Canaries qu'une seule famille, celle des Atlantidées ; maïs nous ne doutons pas que, plus tard, l’on n’y découvre des représentans des autres familles de ces Mollusques pélagiens.
FAMILLE DES ATLANTIDÉES. — ATLANTIDEÆ, n’Orsieny.
Nous trouvons aux Canaries des représentans de tous les genres ou sous-genres connus de cette famille, dont toutes les espèces sont du sein des mers plutôt que du littoral des continens (1).
GENRE ATLANTE. — ATLANTA, Lesueur.
Les formes si étrangement variables des espèces de ce genre nous ont obligé à les grouper en trois SOus-genres.
SOUS-GENRE HELICOPHLEGME. — HELICOPHLEGMA, d’Orbigny.
Caractérisé par sa coquille enroulée sur un même plan, et plus ou moins embrassante suivant l’âge, cartilagineuse à son dernier tour de spire, dans la seule espèce connue.
Ce sous-genre nous offre en diminutif tous les caractères que nous présentent les Bellérophons, qui ont paru dès la première animalisation de notre planète, mais n’ont pas survécu aux terrains carbonifères.
N° 21. Héricorazxeme DE KErauDREN. — Mericopuceema Kerauprenir , d’Oré.
Atlanta Keraudrenii, Rang, Mém. de la Soc. d'hist. nat., t. 3, p. 380, pl. 9, f. 7. Atlanta Keraudrenit, d'Orbigny, 1836, 7oy. dans l'Amér. mér., Moll., p. 169, pl. xr, pl xx.
H. Corpore purpureo, diaphano; oculis proeminentibus ; tentaculis curtis, conicis: buccä elongaiä; alä oblongä; acilabulo permagno; operculo vitreo, striato, subangulato. — Tesiä (adult&) suborbiculart, tenui cartilaginosä , diaphanä, sublævigatä, æqualiter umbilicatä ; dorso rotundo , anfractibus tribus ; ultimo carinato; aperturä triangulatä, antice fissuratä. — Junior. Testä globos&, cretace&, rosed , longütudinaliter sulcat& , spiris totaliter amplexantibus.
Enroulée autour de son axe sur un même plan, cette coquille, lorsqu'elle est jeune, nous représente, par ses tours embrassans, la forme des Bellérophons. La ressemblance est même si frappante, que l’espèce que nous avons nommée B. atlantoïdes (2) offre jusqu’à des caractères spécifiques identiques. De ce fait, nous avons dû conclure que les Bellérophons ne sont pas, comme on l’a cru , des Céphalopodes. Dans l’âge adulte, la coquille est membraneuse à son dernier tour, pourvue d’une forte carène , et ressemble alors beaucoup à certaines espèces de Nautilus.
Commune aux attérages des Canaries, cette charmante espèce, suivant nos observations, couvre
(4) Voyez les développemens dans lesquels nous sommes entré relativement aux Hétéropodes, et aux Atlantidées en particulier, dans notre Voyage dans l'Amérique méridionale (Mollusques), pages 154 et suivantes. (2) Voyez notre Histoire generale et particulière des Céphalopodes acétabulifères (genre Bellérophon).
encore de ses myriades, du 30° degré de latitude sud au 40° degré de latitude nord, zone de 1,480 lieues marines, au sein de l’Océan atlantique et de la Méditerranée.
Nous ne l'avons jamais rencontrée que la nuit; son animal était alors tout-à-fait rentré dans sa coquille, l’opercule en fermant hermétiquement l'entrée. Placée dans un vase, elle ne donna signe de vie qu’au bout de quelques instans; s’élevant alors dans les eaux à l’aide de sa voile et de son support operculaire.