‹ Histoire naturelle des Iles Canaries (volume 3)Chapitre 89 sur 243 · PARTIE.) (moLLU SQUES · texte numérisé non relu

PARTIE.) (moLLU SQUES

Sous-GENRE Toupie. — TROCHUS , Linn.

No 101. TROQUE FRAISE. — TROCHUS FRAGARIOIDES.

Trochus tessellatus , Var. d, Gmel, 1789, p. 1583. Monodonta fragarioides , Lamarck , 1822, An. sans vert., t. VI, P. 36. Monodonta Olivieri, Payraudeau, 1826, p. 133, t. 6, f. 15, 16.

Obs. MM. Webb et Berthelot ont recueilli, dans l'ile de Canaria et de Porto-Santo , des exemplaires en tout semblables à ceux que M. Bravais nous a rapportés d'Oran sur les côtes méditerranées d'Afrique.

N° 102. Troque épaisse. — Trocuus crassus, Matton.

Trochus crassus, Matton et Rackett, p. 154, n° 7. — Turton , p. 188, n° 6.

Obs. Les exemplaires rapportés de l'ile de Porto-Santo et de Canaria par MM. Webb et Berthelot sont un peu plus déprimés que ceux vivant sur nos côtes de l'Océan , et plus uniformément verdâtres ; néanmoins il est impossible de douter qu’ils n’appartiennent à la même espèce.

N° 103. Troque DE Ricmarp. —Trocaus RicHarnn, Philip.

Monodonta Richardiü , Payraudeau , 1826 ; Cat. des Mol. de Corse, p. 138, pl. 7, £. 1, 2. Trochus Richardii, Philippi , 1836; Enumer. Moll. Sicil , p. 181.

Has. En Corse, en Sicile , dans l’ile de Canaria et de Porto-Santo. Q ?

No 104. TroQuE macE. — Trocaus maçus , Linn.

Trochus Magus , Linn., Gmel., 1789 ; Syst. nat., p. 3567. — Lamarck, 1822; Anim. sans vert., t. 7, p. 15.

Has. Sur les côtes océaniennes et méditerranéennes de France ; aux îles Canaries.

No 105. TroQuE DE Canne. — Trocaus Cannet , d’Orb. PL 6, fig. 21-23.

T. Testé conoided, elevatä, longiludinaliter graciliter et inequaliter striat&, olivasente-flav& ; maculis purpureis superne ornatà ; spiré gradatis anfractibus sub-bicarinatis superne lævigatis, planis ; apertur& subquadrangulari; umbilico aperto, lævigato.

Dimensions. Hauteur : 42 millimètres. Diamètre : 145 millimètres.

Coquille. Trochoïde , élevée, marquée de stries longitudinales, peu profondes et inégalement espacées , qui disparaissent en dessus, près de la suture ; spire conique par gradins, chaque tour bianguleux , muni à sa partie supérieure d’un méplat sur la convexité , et d’un aplatissement dont la partie inférieure est saillante ; bouche oblique , un peu quadrangulaire , à bords minces et tranchans ; ombilic ouvert et profond.

Couleurs. Quelques individus sont olivâtre-clair , d’autres jaunâtres, couverts de lignes obliques ou en zigzags ; d’un violet rouge ou brun ; sur le méplat de la spire est une série de larges taches carrées de la même couleur que les lignes, séparées chacune par une tache blanchâtre, à peu près d’égale largeur ; bouche et ombilic blancs.

Cette espèce se rapproche, d’un côté, du Trochus canaliculatus ( Monodonta canaliculata, Lam. ; M. Fermoniü , Payr.), par quelques rapports de forme , tout en s’en distinguant nettement par sa spire

( 83 ) moins élevée , obtuse à son sommet , par ses tours plus anguleux , par le méplat supérieur de la spire, ainsi que par la forme et la disposition de ses stries. Elle a encore de l’analogie avec le Trochus cinerarius , par son ombilic, par ses couleurs , mais s’en distingue par le méplat de sa spire. Nous avons rencontré cette espèce sous les pierres détachées du sol , dans la baie de Santa-Cruz de

Ténériffe , où elle est peu commune. Elle se tient attachée aux pierres , au niveau de huit à neuf pieds au-dessous des marées hautes ordinaires. Elle marche très-vite.

N° 106. Troque ne Sauzcr. — Trocnus SAULCYI , d'Orbigny. PI. 6, fig. 24-96.

T. Testé ovalo-conoideé , solid& , longitudinaliter subsulcaté, transversaliter et graciliter striaté , imperforat@ , olivascente , zonis fusco-rubris obliquis ornaté ; spirä conoide&, gradat&; apertur& alb& , subquadrangulari.

Dimensions. Hauteur : 20 millimètres. Diamètre : 21 millimètres.

Coquille. Trochoïde , épaisse, marquée en dessus de quatre légers sillons, quelquefois peu apparens, près de la bouche, et d’une légère dépression près des sutures; spire assez conique en gradins , les tours un peu quadrangulaires ; bouche légèrement anguleuse ; ombilic entièrement fermé.

Couleurs. Olivâtre avec des bandes obliques en zigzag , d’un brun rougeâtre ; en dessous, les bandes sont remplacées par des lignes obliques , souvent interrompues ; la bouche est blanche.

Il est évident que cette espèce est de toutes les espèces connues celle qui se rapproche le plus de la précédente ; de même sa spire est en gradins , et presque quadrangulaire ; ses couleurs sont analogues pour leurs distributions ; mais elle s’en distingue par une spire plus conique, plus élevée, par les angles de la spire moins saillans, par des sillons au lieu de stries, par un méplat moins marqué, et enfin par le défaut complet d’ombilic.

Cette espèce est très-commune sur tous les rochers de la baie de Santa-Cruz de Ténériffe, où nous l’avons constamment rencontrée. Les habitans la mangent sous le nom de Caracol.

Nous la dédions à notre ami M. de Sauley, officier de marine et zélé naturaliste , qui nous accompagnait dans nos recherches à Ténériffe.

FAMILLE DES JANTHINIDÉES. — JANTHINIDÆ.

GENRE JANTHINE. — JANTHINA, Lam.

No 107. JANTHINE FRAGILE. — Jantaina rragruis, Lamarck.

Helix janthina , Gmel., 1789, p. 3645, n° 103. | Janthina fragilis, Lamarck, Encyclop. méth., pl. 456, f. 1-6. Janthina bicolor, Minke , Syn., p. 140.

Obs. Nous avons rencontré cette espèce , quelquefois jetée sur les côtes de l'Océan en France, et nous l’avons trouvée en grand nombre dans tout l'Océan atlantique et dansle grand Océan ; elle échoue souvent sur les côtes des Canaries, et habite la Méditerranée. Transportée par des courans, elle se trouve maintenant dans toutes les mers chaudes et tempérées. L'animal, que nous avons souvent observé, nous a montré les caractères suivans : Ù

Animal. Contractile, mollasse, charnu, lisse ; tête distincte du pied et du manteau, placée sur la partie moyenne du pied , proboscidiforme , munie d’un muffle marqué d’une dépression longitudinale à son extrémité, et portant inférieurement une bouche, d’où sort une longue trompe garnie de crochets aigus, disposés en rangées transversales. Cette bouche est munie latéralement de tentacules coniques portant les yeux à leur base externe ; manteau épais, uni surses bords, formant comme un collier autour des parties qui sortent de la coquille; pied élargi en arrière, et prolongé antérieurement en languette arrondie ; à sa partie inférieure est attachée la vésicule natatoire, qui est large et composée de globules réguliers, placés par lignes longitudinales , et diminuant de grandeur des bords au centre de la masse, quadrangulaire et arrondie à son extrémité.

Couleurs. Le muffle, le pied et la moitié antérieure des tentacules sont d’une couleur bleu-violet ; le manteau , la base des tentacules, le cou et la trompe sont d’un rose violet foncé , ainsi que la moi-

tié de la masse spirale ; tout le bout de la spire est blanc mat , légèrement rosé; la vésicule est blanche, teintée de bleu.

Lorsqu'on la touche, cette espèce rend une liqueur violette très-foncée , colorant l’eau qui l'entoure.

N° 108. JANTHINE BRILLANTE. — JANTHINA NITENS, Menke.

Janthina nitens, Menke , 5 ynr., p. 141.

Janthina prolongata , Payraudeau , 1826 , p. 121, pl. vr, fig. 1. (non Blainville).

Has. Au sein de l'Océan atlantique et de la Méditerranée; on la rencontre aussi jetée sur les côtes des îles Canaries.

FAMILLE DES NÉRITIDÉES. — NERITIDÆ,

GENRE NATICE. — NaTica , Lamarck.

N° 109. Narice PORCELAINE. — N'ATICA PORCELANA.

PL. 6, fig. 27-28.

N. Testä ovali, ventricosä , depressé , crassiusculé , albà, vel luteä, spiré brevi subacuté ; aperturé obliqué ,

oblongä , albä ; umbilico maximo, aperto ; callo umbilicali semicylindrico, spirali.

Dimensions. Longueur : 34 millimètres.

Coquille. Ovale, ventrue , déprimée, assez épaisse, lisse , ou marquée près de la suture de quelques légères lignes d’accroissement et d'indices de stries longitudinales très-fines ; spire très-courte , à sommet aigu, mamillaire, composée de six tours, dont le dernier est très-grand par rapport aux autres ; bouche oblique, oblongue, arrondie en avant, relevée en arrière; bord columellaire épaissi fortement du côté de la spire; ombilic très-ouvert, profond , séparé de la callosité columellaire par une dent demi-cylindrique et spirale.

Couleurs. Lorsqu'elle a son épiderme, elle est jaune uniforme; la callosité et la bouche sont blanches: l'intérieur de l’ombilic noir. Lorsque l’épiderme est enlevé, la coquille est blanche partout , excepté sur la partie de la spire rapprochée de la suture, où se remarque une espèce de zone jaunâtre.

Cette charmante espèce, que nous n’avons trouvée décrite nulle part, a beaucoup de rapports extérieurs avec la Natica mammilla, s’en distinguant néanmoins par son ombilic ouvert et ses teintes. Plus voisine de la Natica manullaris par son ombilic, elle en diffère par sa teinte et sa callosité qui est plus saillante.

Nous l’avons prise sur la côte de Santa-Cruz de Ténériffe , au lieu où MM. Webb et Berthelot l’ont également trouvée. M. Lowe dit l'avoir rencontrée à Madère.

FAMILLE DES VOLUTIDÉES, VOLUTIDÆ.

Cette famille, comprenant les Conus, Voluta, Mira, ete. , présente une anomalie assez grande dans la distribution des dix espèces que nous possédons des Canaries. Nous avons presque toujours vu dominer le nombre de celles de la Méditerranée; on peut donc s'étonner d’en trouver huit propres au continent africain voisin, une propre aux Canaries, et une seule venant de la Méditerranée. Cette proportion parait d'autant plus extraordinaire que, dans la famille suivante des Cypridées , plus de la moitié des espèces se trouve en même temps dans la Méditerranée.

GENRE CONE. —Conus , Lin.

No 110. Con mine. — Conus sErurinus. Linn.

Cona betulinus , Gmel., Syst. nat., p. 3383, no 20. = Bruguière , Dict., n° 69.

— Lamarck , 1822, Anim. sans vert., t. 7, p. 483, sp. 88.

Obs. Lamarck indique cette espèce comme se trouvant depuis Madagascar jusqu’en Chine. Lors de notre passage à Ténériffe, nous en avons acheté un exemplaire aux pêcheurs , qui nous ont assuré l'avoir prise autour de l’île ; ce Gone habiterait donc aussi la côte d’Afrique,

No 111. Cone Proméruée. — Conus Promerieus , Bruguière.

Conus Prometheus , Bruguière, Dict., p. 271, no 73. — Lamarck , 1829, t. 7, p. 477, no 73.

Encyclopédie, pl. 331, £. 5, pl. 332, fig. 8.

Obs. Nous n’avons aux Canaries que la variété B., de Lamarck, distinguée par les lignes transversales de taches brun -roux dont elle est ornée. Lamarck la dit de l’Océan africain , ce qui concorderait avec son habitation aux îles Canaries , d’où elle a été rapportée par MM. Webb et Berthelot.

N° 112. CoNE PAp1L10NAGÉ. — Conus PAPILIONACEUS , Brug.

Conus papilionaceus , Bruguière, Dict., ne 60.

= Lamarck, 1822, Anim. sans vert., t. 7, p. 476, no 71. Encyclopédie méth., tab. 330, fig. 1, 2, 5, 8.

Obs. Cette belle espèce parait assez commune aux Canaries , où elle a été recueillie par MM. Webb et Berthelot ; nous l’avons aussi obtenue des pêcheurs de l’île de Ténérifte , et, comme Lamarck l’indique sur les côtes de la Guinée, il y aurait encore concordance d'habitation. Les individus que nous possédons ont jusqu’à quatorze centimètres de longueur , et sont couverts d’une couche épaisse de drap marin , longitudinalement lamelleux , couche au-dessous de laquelle les couleurs sont peu distinctes.

N° 113. Cone De Guinée. — Conus Guinaicus , Bruguière. Conus Guinaicus, Bruguière, Dict., n° 86.

Lamarck, 18922, Anim. sans vert., t. 7, p. 493, sp. 108. Encyclopédie, pl. 37, fig. 4, 6. ,

GENRE VOLUTE. — VOLUTA, Lin.

N>114. Vozure pe Neprune. — Vorura Nepruni, Gmel.

L'Yet., Adanson , 1757, Sénégal, pl. 3, fig. 1.

Voluta Neptuni , Gmel., 1789, Syst. nat., p. 3467, no 117.

= Lamarck, 1822 , t. 7, p. 332, n°8 ; Encycl., pl 386, f. 1.

Obs. Cette espèce , propre aux côtes africaines du Sénégal, a été rencontrée seulement à Lancerotte par MM. Webb et Berthelot; elle ne se trouve pas dans les autres îles. Il en est ainsi de beaucoup d’autres espèces qui habitent à Lancerotte et sur le continent sans se montrer dans le reste de l’archipel. |

N° 115. VoLute PORGINE. — VoLurTa PoRGINA.

Le Philin , Adanson , 1757, Sénégal, pl. 3, fig. 2.

Voluta porcina, Lamarck , 1822, Anim. sans vert., t. 7, p. 334.

Has. Les côtes africaines ; trouvée seulement aux îles Canaries, sur la côte de Lancerotte.

( 86 ) No116. VoLuTE PrososcipALe. — VoLuTa ProBOsCIDALIS, Lam.

Voluta proboscidalis, Lamarck, 1822 ; Anim. sans vert., t, 7, p. 333;, n°. 11. Encyclopédie méth., p 389, fig. 3.

Obs. Gomme les deux Volutes précédentes , cette espèce a été recueillie sur les côtes de Pile de Lancerotte par MM. Webb et Berthelot ; Lamarck l'indique comme étant des Philippines ; mais tout nous porterait à croire qu’il s’est trompé , à moins qu’elle ne se trouvât simultanément dans plusieurs parties du monde; car nous avons acquis la certitude qu’elle est commune au Sénégal et sur plusieurs autres points de la côte du continent africain, ce qui peut expliquer sa présence dans l’ile de Lancerotte,

de toutes les Canaries , la plus voisine de la côte d’Afrique.

GENRE MITRE. — MitrA, Lin.

N° 117. Mirre NoIRE. — Mirea Nicra.

V'oluta nigra , Chemnitz , 17; Conch., 11,t. 151, f. 1430-1431. Mitra melaniana, Lamarck , 1822 ; Anim. sans vert., t. 7, p. 314, no 49.

Obs. Lamarck décrit cette coquille, bien reconnaissable par sa teinte noirâtre ou brune, comme étant des côtes de Guinée , de l’Inde et du Groënland. La première localité semble être juste, puisque nous avons observé cette espèce aux Canaries ; mais, quant aux deux autres, nous doutons beaucoup de leur exactitude. Elle a été recueillie à Porto-Santo par MM. Webb et Berthelot, et par nous à Ténérife.

N° 118. Mirre zÉgriNe. — Mirra zeprina , d’Orb.

PL 6, fig. 29-31.

Testä oblongo-elongaté , lævigaté, ad basim transversim striat@ , fusco-rubré , lineolis albidis, undulatis lon. gitudinaliter ornatä ; spirä acutä ; apertur& anguslaté ; columell& triplicaté ; labro crasso, crenalo.

Dimensions. Longueur : 12 millimètres. Largeur : 5 millimètres 4/2.

Coquille. Oblongue, un peu allongée, lisse partout , excepté près du canal, où l’on remarque une dizaine de stries, au milieu desquelles se montre une côte obtuse, correspondant à la grosse dent de la columelle ; spire allongée, conique , composée de six tours peu convexes, à peine séparés par une légère suture ; bouche très-étroite, marquée de trois plis sur la columelle, puis d’une callosité du côté de la spire ; le bord est épaissi , orné de dents nombreuses, saillantes, dont la plus rapprochée de la spire et la plus grosse se distingue de toutes les autres par sa forte saillie.

Couleur. La coquille est entièrement d’une teinte brun-marron un peu violacée, plus pâle sur la suture et à la bouche, où viennent s’onduler , d’une manière assez régulière et en long , de petites lignes blanchâtres , également espacées. |

Cette espèce se distingue de toutes les autres par l’union des petites linéoles dont elle est ornée , par l'inégalité des dents de son bord , et par les stries de sa partie antérieure.

Elle nous a été donnée par MM. Webb et Berthelot, qui l’ont rencontrée aux Canaries, où elle parait rare.

N° 119. Murre ÉBÈNE. —Mirra EBENUS, Lam.

Nous rapportons, quoique avec doute, à cette espèce deux jeunes individus de mitres rencontrés par nous à Ténériffe. Ils sont noirs, avec une bande blanche près de la suture; la coquille lisse avec quelques petits plis près du canal; leur spire paraît un peu plus raccourcie que dans les exemplaires de la Méditerranée ; mais on sait que ce caractère n’est pas assez important pour en tirer une distinction spécifique.

FAMILLE DES CYPRIDÉES, — CYPRIDÆ.

Nous réunissons dans cette famille tous les Mollusques qui, comme les Cypræa , ont un large manteau enveloppant la coquille , sur laquelle se déposent des couches calcaires, qui la rendent toujours polie et brillante. Dès-lors , la famille des Cypridées contient les genres Cypræa, Ovula, Marginella, Volvaria et Okva, dont deux seulement, les Cyprœæa et les Marginella , se trouvent aux Canaries ; du moins sont-ce les seuls que nous ayons de ces lieux.

GENRE PORCELAINE. — CYPRÆA , Adans.

N° 190. PorcELAINE souris. — CyrRÆa Luripa. Linn.

Adanson , 1757, Sénégal, pl. 5, fig. D.

Cypræa lurida , Linn., Gmel., 1789 , Syst. nat., id. 13, p. 3401, n° #1. — Lamarck, 1822, Anim. sans vert.,t. 7, p. 384, n° 19.

Encyclop., pl. 354, f. 2.

Obs. Les exemplaires qui nous ont été communiqués par MM. Webb et Berthelot sont d’une taille extraordinaire pour l’espèce. Ils ont jusqu’à 56 millimètres , tandis que les plus grands, indiqués par Lamarck , n’en ont que 45; les couleurs sont, du reste, absolument les mêmes que sur les individus venant de la côte voisine du Sénégal et de la Méditerranée, où cette espèce se trouve simultanément.

No 121. PorCeLaiNE ROUSSETTE. — CypRÆA PYRUN , Gmel.

Cypræa pyrum, Gmel., 1789, Syst. nat., éd. 13, p. 3411, n° 59.

Cypræa rufa, Lamarck, 1822, Anim. sans vert., t. 7, p. 388, n° 28.

Encycel., pl. 353, fig. 1.

Has. La Méditerranée, les côtes du Sénégal et les îles Canaries.

No 122. PorCELAINE FLAVÉOLE. — CypRÆA SspuRCa, Linn. Cypræa spurca, Linn. ; Gmel. , 1789 , Syse. nat, éd. 13, p. 3416. Cypræa flaveola, Lamarck, 1822, An. sans vert., t.7, p. 394; Encyclop., pl. 356, f. 14.

Has. Dans la Méditerranée et aux îles Canaries (elle est très-commune à Ténériffe).

GENRE MARGINELLE. — MARGINELLA, Lam.

No 123. MarGINELLE NEIGEUSE. — MarGiNELLA @LABELLA, Lamarck.

La Porcelaine, Adanson, 1757, pl. 4, fig. 1, cc.

VPoluia glabella , Linn. ; Gmelin, 1789, Sysr. nat., éd. 13, p. 3445, n° 32.

Marginella glabella , Lamarck, 1822, An. sans vert., t. 7, p. 355, no 1 ; Encycl. méth., pl. 377, f. 6, a-b.

Obs. Cette espèce, une des plus jolies du genre , semblerait, au premier abord, devoir être réunie à la Marginella aurantia , Lawarck , en raison de ses couleurs et de sa forme; mais elle s’en distingue par le manque de dents sur sa lèvre, caractère qui pourrait bien être dû à des modifications locales.

Has. Les côtes du Sénégal et des îles Canaries.

No 124. MarGiNELLE rAYÉE. — MaRGINELLA LINEATA , Lamarck.

Le Bobi, Adanson , 1757, Sénégal, pl. 4, fig. 4. Voluta persicula , Vay.; Gmel., 1789, Sys1. nat., éd. 13, p. 3444 , no 99. Marginella lineata, Lamarck , 1822, Anim. sans vert., t. 7, p. 361.

— Lamarck , 1822 , Encyclop. méth., pl. 377, f. 4, ab.

Obs. Les exemplaires des Canaries sont un peu plus petits que ceux qu’on trouve au Sénésal ; ils ont

aussi les lignes transversales plus rapprochées , et la teinte générale quelquefois rougeâtre assez foncé ; néanmoins ces différences nous paraissent purement locales, puisque tous les autres caractères sont identiques. |

No 125. MAarGINELLE GuaNCHE. — MARGINELLA GUANCHA , d’Orbignr.

PL. 6, fig. 32-34.

M. Testé oblongo-ovaté, lavigaté, nütidé, albé ; spiré non distinclé; aperturé lineari; columell&

quadriplicatä ; labro denticulato.

Dimensions. Longueur : 4 472 millimètre. Largeur : 1 millimètre.

Coguille. Oblongue, ovale, très-lisse, brillante, blanche ; spire non apparente et entièrement recouverte par le dernier tour ; bouche très-étroite, linéaire, légèrement infléchie à ses extrémités, surtout du côté de la spire : son bord est épaissi, denticulé, sur tonte sa longueur ; columelle épaissie, marquée de quatre plis. |

Gette espèce, par sa taille et sa spire cachée, a beaucoup de rapports avec la Marginella clandestina, Brown ; mais elle s’en distingue tout-à-fait par sa forme moins globuleuse , bien plus oblongue, par sa bouche plus étroite et plus linéaire, beaucoup moins épaissie et tout aussi étroite én avant qu’en arrière, ce qui n’a jamais lieu chez la Marginella clandestina. Elle est aussi plus petite.

Nous l'avons recueillie à Ténériffe, dans le sable de la côte, lors de notre passage dans cette île. Nous la croyons assez rare.

GENRE RINGICULE. — RiINGICULA , Desh. (1) No 196. Rincicuze AuRICULÉE. — RinicuLA AURICULATA. Marginella auriculua, Menard , Ann. du Mus., t. 17, p. 331. Ringicula auriculata , Desh., 1838 ; Lamarck, 2° éd., t. 8, p. 343.

Has. Vivante dans la Méditerranée; trouvée aux îles Canaries, dans les sables, sur la côte de Ténériffe; fossile en Sicile et en Italie,

FAMILLE DES CASSIDÉES. — CASSIDÆ.

Parmi les genres Cassis, Cassidaria, Onyscia, Dolium et Harpa que nous réunissons dans cette famille, deux seulement, les Casques et les Tonnes, se rencontrent aux Canaries, les autres n’y ayant pas encore été observés.

GENRE CASQUE. — Cassis , Lam.

N° 127. Casque rLAMBÉ. — Cassis rLAMMEA, Lamarck.

Buccinum flammeum , Linn. ; Gmel., 1789, Syst. nat., éd. 13, p. 3473, no 14. Cassis flammea , Brug., Dict., n°15.

Cassis flammea, Lamarck , 1822, An. sans vert., t. 7, p: 220; Encycl., pl. 406, f. 3.

Oss. Presque toutes les coquilles dont Lamarck et ses devanciers ne connaissaient pas la patrie étaient indiquées comme se trouvant dans la mer des Indes ; de ce nombre est celle qui nous occupe, recueillie par MM. Webb et Berthelot aux îles Canaries ,.elle doit probablement se rencontrer Voisin.

sur le continent

(1) Ce genre ne nous paraissant pas avoir un manteau propre à envelopper la coquille, nous ne le plaçons ici qu'avec doute.

No 198. Casque cannezé. — Cassis surcosa, Lamarck.

Buccinum undulatum , Gmelin , 1789, Syst. rat., éd. 13, p. 3475, no 18. Cassidea sulcosa , Bruguieri, Diction., n° 6.

Cassis sulcosa, Lamarck, 1822, An. sans vert., t. 7, p. 226, no 19.

Oss. Cette espèce nous offre encore une preuve du peu d'importance qu’on donnait à l'habitat des Mollusques , question qui néanmoins, lorsqu’elle sera mieux connue , doit jeter un grand jour sur plusieurs points de la géologie. Ce Casque , commun dans la Méditerranée , fait avéré par les observateurs modernes, avait été indiqué, par Lamarck, comme habitant l'Océan des Antilles, où nous avons la certitude qu’il ne se rencontre pas ; c’est le Cassis granulosa que Lamarck avait sans doute confondu avec lui. L’espèce qui nous occupe, assez voisine, en diffère par des taches brunes en lignes tranversales, et se rencontre encore dans presque toutes les Canaries, où elle a été recueillie par MM. Webb et Berthelot.

N° 129. Casque BoNNET. — Cassis resricurus, Lamarck.

Buccinum testiculus , Linn. ; Gmel., 1789, Sys1. nat., éd. 13, p. 3474, no 15. Cassidea testiculus , Bruguiere , Dict., n° 10.

Cassis testiculus, Lamarck , 1822, Encycl méth., p. 406, f. 2; An. sans vert., 7, p. 227, no 1.

Oss. Un individu de cette espèce nous a été communiqué par MM. Webb et Berthelot , comme ayant été rencontré sur la côte de l’île de Lancerotte, fait assez curieux , puisqu’on sait que la patrie ordinaire de ce Casque n’est pas dans toutes les mers situées sous les tropiques, comme l’a dit Lamarck, mais bien seulement dans les mers des Antilles.

GENRE TONNE. — Douium, Lamarck.

N° 130. TonNNE À LARGES LÈVRES. — DoLrumM LATILABRE, Kien.

Malea latilabris, Val, ; Humb. et Bomp. , Recueil d’'Obs. de Zool., p. 325. Dolium latilabre , Kiener, Genre Tonne, p. 14, pl. 1v, fig. 1.

Oss. Cette magnifique coquille, indiquée par les auteurs cités comme ayant seulement cinq pouces de long , nous en a montré presque huit dans un individu qui nous a été remis pas MM. Webb et Berthelot, individu recueilli par eux à Ténériffe. Il paraîtra d’autant plus curieux de citer cette espèce au nombre des coquilles canariennes , que jusqu’à présent elle avait été reconnue seulement sur la côte du Mexique, près d’Acapulco.

No 131. TonvE canNELÉE. — Dorium GacrA, Lamarck.

Buccinum galea, Linn. ; Gmel., 1789, Syst. nat., éd. 13, p. 3469, no 2. Dolium galea , Lamarck, 1822, An. sans vert., t. 7, p. 259. — Philippi, 1836, Enumér. Mol. sic., p. 219.

Has. Dans la mer Méditerranée et aux îles Canaries.

No 132. Tone PErDrix. — Douium PERDIx, Lamarck.

Purpura tesan , Adanson , 1757, Sénégal, pl. 7, f. 5. Buccinum perdix , Linn. ; Gmel., 1789, Syst. nat., éd. 13, p. 3470, ne 3. Dolium perdix , Lamarck , 1822, An. sans vert., 7, p. 261, n° 7.

Has. Les côtes du Sénégal ; assez rare aux îles Canaries.

Page 1