PARTIE ) (MOLLUSQUES
FAMILLE DES BUCCINIDÉES. — BUCCINIDÆ.
Nous plaçons, dans cette famille , les genres Colombella, Buccinum, Purpura, Monoceros, Concholepas, Eburna, Terebra, Cerithium , parmi lesquelles trois seulement, les Monoceros , Concholepas et Eburna , manquent aux Canaries.
GENRE COLOMBELLE. — COLOMBELLA (1), Lam.
N° 133. CoromBELLE ÉTOILÉE. — CoLoMBELLA rusrica, Lamarck.
Purpura siger, Adanson , 1757, Sénégal, pl. 9, f. 28. Voluta rustica, Linn. ; Gmel., 1789, Syst. nat., éd. 13, p. 3447, no 36. Colombella rustica, Lamarck , 1822, An. sans vert., t. 7, p. 293, sp. 2.
Has. Sur la côte occidentale d’Afrique et dans la Méditerranée ; très-communément aux îles Canaries, dans la baie de Sainte-Croix, où elle a été recueillie au niveau des plus basses marées ; fossile en Sicile.
GENRE BUCCIN. — BuccnuM, Lin.
No 134. Buccin cinTurÉ. — BuccrNum MuTagiLe, Linn.
Buccinum mutabile , Linn. ; Gmel., 1789 , Syst. nat., éd. 13, p. 3481 , n° 45. — Lamarck , 1822, An. sans vert., t. 7, p. 270, n° 29 et 93. — Philippi , 1836, Enum. Mol. sic., p. 222.
Has. La Méditerranée et les îles Canaries (individus plus petits).
N° 135. Bucax réricuzé. — Buccinum rReTicuLATUM, Linn.
Buccinum reticulatum , Linn.; Gmel., Syst. nat., éd. 13, p. 3495, n° 11. — Lamarck , 1822, An. sans vert., t. 7, p. 267, n° 14.
Has. L’océan Atlantique (côtes de France), la Méditerranée ; les Canaries et probablement la côte d'Afrique qui avoisine ces îles.
No 136. Buccin scaLaire. — BuccINUM SCALARIFORME.
Buccinum scalariforme , Kiener, Buccins, p. 79, ne 77.
Has. Cette coquille , indiquée par M. Kiener comme de l’Océan indien, a été recueillie par nous dans le sable de l’île de Ténériffe , où elle est assez rare ; aussi la première indication d’habitat nous paraîtelle assez douteuse.
N° 137. Buccn pes Canaries. — Buccrnum CanariEnsE, d’Orb. PL. 6, fig. 35, 37.
B. Testé elongato-conicä, aculà , lævigaté , basi striat& , flavo-fulvidä ; anfractibus convextis , prope suturas, fascià, albo rufoque articulaté ; apertur& angust&; labro crasso , dentato.
Dimensions. Longueur totale : 42 millimètres. Largeur : 3 millimètres.
Coquille. Allongée , conique, à sommet aigu , lisse, brillante , légèrement carénée sur la convexité de
(1) Ce genre, placé par Lamarck à côté des Mitres et des Volutes, nous a montré, dans son animal, de bien plus grands rapports avec les Buccins; aussi croyons-nous devoir le ranger dans cette famille.
la spire, dont l'extrémité antérieure est fortement striée; spire allongée , composée de neuf tours convexes, dont le dernier est déprimé; tours séparés par une suture profonde; bouche pourvue d’un épaississement extérieur du bord, munie en dedans de cinq à sept dents fortes et saillantes ; la columelle un peu calleuse, et légèrement dentée.
Couleur. Jaunâtre-fauve, uniforme, avec une bande peu marquée sur la suture , composée de taches alternativement blanches et fauves ; une seconde bande analogue , mais beaucoup moins marquée , se remarque sur la convexité de la spire.
Cette espèce a de grands rapports avec le Buccinum semiconverum, Lamarck , par sa forme générale ; mais il s’en distingue par une spire plus convexe, par des teintes différentes , par plus d’allongement , surtout dans la bouche ; enfin par l'indication de sa carène. Les mêmes caractères la distinguent encore du Buccinum d’'Orbigny, et du B. Gervilli, de Payraudeau.
Nous avons rencontré cette charmante espèce dans la racine des gorgones, pêchée au port d’Orotava, île de Ténériffe.
GENRE POURPRE. — PURPURA, Adans.
N° 138. Pourpre ciVETTOÏiDE. — PurpurA ViVERRATOIDES, d'Orbigny.
PI. 6, fig. 38.
P. Testé ovato-elongaté, fuscä, albido maculaté, transversim striat@, striis inæqualibus ; spirä elongatä , acutà ; anfractibus subplanis ; apertur& ovato-elongaté ; columellä alb&, antice tuberculat&, postice transpersim dentatä.
Dimensions. Longueur : 42 millimètres. Largeur : 42 millimètres.
Coquille. Ovale, allongée, conique, un peu fusiforme, marquée transversalement dans sa longueur, de petites côtes assez élevées, inégales, séparées par des sillons peu profonds ; dans le jeune âge, la coquille est comme treillissée ; spire assez conique, composée de sept à huit tours, dont le dernier est bien plus grand que tous les autres ensemble , et marquée, près de la suture, d’une forte dépression qui disparaît sur les autres tours ; sutures peu apparentes ; ouverture ovale, atténuée à ses extrémités ; columelle peu épaissie, couverte en avant du côté du canal de légers tubercules transverses, et en arrière d’une forte lame saillante , transversale , auprès de laquelle sont deux autres plus petites.
Couleurs, La teinte générale est brun-marron, avec de larges taches à bords vagues d’un blanc verdätre ; chaque strie ou côte est marquée d’une ligne brune et blanc-bleuâtre alternativement ; la partie extérieure du canal est rousse ; la columelle blanche ; les lignes brunes des côtes se remarquent en dedans de la bouche sur le bord.
Nous avons trouvé la plus grande analogie de forme entre cette espèce et le Buccinum viverratum , Kiener (pl. x, f. 35); mais, soit que M. Kiener n’ait vu cette coquille que jeune , soit qu’elles diffèrent spécifiquement, il est entre elles des dissemblances qui nous ont empêché de les réunir en une seule, et moins encore de placer la nôtre dans les Buccins. Notre Purpura viverratoides se distingue du Buccinum viverratum par sa columelle tuberculeuse au lieu d’être lisse, et par la dent de cette partie , du côté de la spire , caractères qui peuvent tenir à l’âge, mais qui n’en sont pas moins constans dans tous les exemplaires que nous avons recueillis à la côte de Santa-Cruz de Ténériffe. Si l’on reconnaît plus tard qu’en effet ce ne sont qu'une même coquille, il faudra la nommer Purpura viperrala.
No 139. PoURPRE HEMASTOME. — PURPURA HÆMASTOMA, Lam. PI. 6, fig. 39, 40.
Buccinum hæmastomum, Linn. ; Gmelin, 1789, p. 3483. Purpura hæmastoma , Lamarck , 1822, t. 7, p. 238.
Has. Cette espèce habite simultanément la Méditerranée, les Canaries et les côtes du Brésil. La grande étendue de son habitation paraît extraordinaire ; mais un fait que nous a cité le petit-fils du
(92) savant Adanson , naturaliste éclairé , viendrait l'expliquer. Il a vu, dans un port de la Méditerranée, un navire qui venait, à ce qu'il croit, d'arriver du Brésil, et à la quille duquel étaient attachées des centaines de Pourpres de cette espèce. Si les Gastéropodes peuvent se transporter ainsi , Comme on en a maintenant la certitude, il est peu étonnant de rencontrer les mêmes espèces sur une grande surface du monde , surtout lorsque la température est à peu près la même.
Nous l'avons rencontrée sur les rochers des environs de Santa-Cruz de Ténériffe, au niveau des basses marées. Elle y est très-commune et rampe avec assez de vitesse. Blessée, elle rend une belle liqueur pourprée qui teint le linge et paraît assez solide.
MM. Webb et Berthelot l’ont aussi recueillie à Porto-Santo et aux Canaries. Les échantillons des Canaries sont plus noduleux et d’une couleur plus violette.
GENRE VIs. — TErEBrA , Adanson.
No 140. Vis ravar. — TEREBRA FAVAT, Adanson.
Terebra favat, Adanson , 1757 , Sénégal, pl. 4, fig. 5. Terebra Senegalensis, Lamarck , 1822; Anim. sans vert., t. 7, p. 287, n° 11.
Oss. — Nous avons rendu à cette espèce le nom que lui avait imposé Adanson, non-seulement parce qu'il a la priorité, mais encore parce qu’il nous semble préférable à la dénomination purement locale que Lamarck lui avait appliquée.
Gette coquille, variable, dans ses teintes, du jaune au brun uniforme, ou maculée de brun foncé ;
devient très-grande aux Canaries, tout en perdant de ses stries si marquées qui caractérisent les individus du Sénégal.
GENRE CERITE. —CERITHIUM, Adans.
No 141. CÉRITE NoDuLEusE. — Cerrrmium NoDuLosuM , Brug.
Cerithium cerite, Adanson , 1757 , Sénégal, pl. 20, fig. 2 Cerithium nodulosum , Bruguière; Dict., n° 8.
— Lamarck, 1822; Anim. sans vert., t. 7, p. 67, no 6.
Has. Cette espèce, remarquable par sa taille , est décrite par Lamarck comme habitant l'Océan des Grandes-Indes et des Antilles ; pour la première localité, nous n’en pouvons rien dire; mais nous doutons beaucoup de la seconde. Nous avons la certitude qu’elle habite la côte du Sénégal , la mer
Rouge ; de plus elle nous a été rapportée de l’île de Lancerotte, où elle a été recueillie par MM. Webb et Berthelot.
N° 142. CÉmTE couurer. — Cerrruium vuLcarux , Brug.
Cerithium goumier, Adanson , 1757, Sénégal, pl. 90, fig. 3. Cerihium vulgatum , Bruguière ; Dict., n° 13. — Lamarck, 1822, Anim. sans vert., t. 7, p. 68.
Oss.— Cette espèce, partout des plus variables suivant les localités, ne l’est pas moins aux Canaries. Dans un lieu, elle acquiert jusqu’à 60 millimètres de longueur, tandis qu’en d’autres elle est complète et constamment de 17 millimètres ; ses tubercules , aigus dans certains lieux, sont émoussés et disparaissent presqu’en d’autres; en un mot, cette espèce est un véritable Protée, et ses variétés locales , si elles avaient été rencontrées fossiles, auraient servi de types au moins à une demi-douzaine d'espèces , à en juger par le penchant qu’on a dans ce moment à les multiplier.
Has. Dans toutes les Canaries , sur les côtes du Sénégal et sur celles de la Méditerranée , où elle est aussi très-abondante.
( 93 ) N° 143 Cerrre LME. — CerITHIUM LIME, Brug.
Cerithium ima , Bruguière , Dict., n° 33.
— Lamarck, 1822, Anim, sans vert., t. 7, p. 77. Cerithium latreilla, Payraudeau , 1826, Moll. de Corse, p. 143, t. 7, fig. 9, 10.
Has. Commune sur nos côtes océaniennes et méditerranéennes de France , recueillie par nous dans les sables de la côte de Ténériffe près Santa-Cruz, elle varie très-peu suivant les localités. No 144. CÉniTE PERVERSE, — CERITHIUM PERVERSUM , Lamarck.
Cerithium perversum , Lamarck, 1822, Anim. sans vert., t. 7, fig. 77. — Payraudeau , 1826, Mol. de Corse, p. 142, t. 7, fig. 7, 8.
C. Testé subulato-turriüt&, perversé ; anfractibus planis ; angulis granorum tribus ; canali brevi, recurvo ,
subclauso.
Has. Dans le sable de la côte près de Santa-Cruz de Ténériffe , et dans la Méditerranée , où elle est très-commune.
FAMILLE MURICIDÉES. — MURICIDÆ.
GENRE FUSEAU. — Fusus, Lamarck.
Nous avons reconnu, dans les sables de Ténériffe, deux jeunes coquilles apparte-
nant au genre Fuseau ; mais, comme elles étaient incomplètes , nous n’avons pu bien déterminer à quelle espèce elles appartiennent.
GENRE PLEUROTOME. — PLEUROTOMA , Lamarck.
Ce que nous venons de dire du genre Fuseau s'applique à un jeune pleurotome que nous avons trouvé dans les sables de Ténériffe.
GENRE ROCHER. — MuREx, Lamarck.
N° 145. Rocner rascié. — Murex rruncuzus, Linn.
Murezx trunculus , Linn.; Gmelin , 1780 , Syst. nat., éd. 13, p. 3526, n° 5. — Lamarck, 1822, Anim. sans vert., t. 7, p. 170, n° 43.
Has. Ce Murex habite simultanément la Méditerranée et les Canaries.
Oss. Nous avons remarqué que les exemplaires des Canaries sont en général plus allongés et beaucoup moins couverts de tubercules; leur ombilic est aussi entièrement fermé ; néanmoins avec ses différences , les zones et tous Les autres détails restent identiques.
No 146. Rocuer DrOITE-ÉPINE. — Murex BRANDARIS, Linn.
Murex brandaris , Linn.; Gmel., 1789, syst. nat., éd. 13, p. 3526, n° 4. — Lamarck, 1822, Anim. sans vert., t. 7, p. 197, n°2.
Has. La Méditerranée et les Canaries. C’est la première fois qu’on le signale sur les côtes africaines.
No 147. RoCHER FEUILLE DE SCAROLE. — Murex saxamicis, Linn.
Murex saxatilis , Linn.; Gmel., 1789, p. 3529, n° 15. — Lamarck, 1822, t. 7, p. 167, no 34.
Has. Les grandes Indes, suivant Lamarck ; les côtes africaines ; les Canaries.
GENRE TRITON. — TRITON, Lamarck.
No 148. Triron nontrÈREe. — TriToN NopireruM , Lamarck.
Triton nodiferum , Lamarck, 1822 , Anim. sans verl., 1. 7, p. 170, n°2. Tritonum nodiferum , Philippi , 1836, Enum. moll. Sicl., p. 218.
Haz. La Méditerranée ; les îles Canaries.
No 149. TRITON CERCLÉ. — 'T'RITON PILEARE.
Murex pileare , Linneus, Syst. nat., éd. 10, sp. 458, p. 794. — Gmelin , 1789 , Syst. nat., éd. 13, p. 3534, n°3.
Triton succinctum , Lamarck, 1822, Anim. sans vert., t. 7, p. 181, sp. 8.
Chemnitz donne pour localité à cette espèce la Méditerranée ; Lamarck l'indique comme se trouvant à la Nouvelle-Hollande; nous ne pouvons rien affirmer pour ni contre ces opinions ; mais, en tenant compte de l’analogie qui existe entre les espèces des Canaries et celles de la Méditerranée , nous serions porté à croire que l’indication de Chemnitz est vraie. Quoi qu’il en soit, la coquille est assez commune aux Canaries.
Vivante, elle est couverte d’un épiderme jaunâtre, épais, papilleux ou comme foliacé, semblable à celui du Vojet (Adanson , pl. 8, fig. 12), qu’on rencontre au Sénégal.
Ne 150. Triron curacÉ. — TRiTON cuTACEUM , Lam.
Murex cutaceus , Linn.; Gmel., Syst. nat., éd. 13, p. 3533, n° 29. Triton cutaceum. Lamarck, 1822, Anim. sans vert., t. 7, p. 188, n° 28.
Has. Ce Triton habite simultanément les côtes de la Méditerranée, celles de l'Océan , près de la Rochelle ; l'individu des Canaries est très-grand , et paraît un peu plus allongé que ceux de la Méditerranée.
No 151. Triton scroBICULÉ. — TrITON scroBICULATOR, Lam.
Murex scrobiculator, Linn.; Gmelin, 1789, Syst. nat., éd. 13, p. 3535, n° 36. Triton scrobiculator, Lamarck, 1822, t. 7, p. 180, no 5.
T. Testä oblongé, acul&, subturrité, inferne ventricosä, lœviusculé, fulvo et rufo variegaté, varicibus nodosis , ad latera scrobiculatis , apertur& dilatat&, intus albé ; marginibus luteis, albo-rugosrs.
Has. Dans la Méditerranée et aux Canaries.
GENRE RANELLE. — RANELLA, Lamarck.
N° 152. RaniLLE RACCOURCIE. — RANILLA ABBREVIATA , Lowe.
MM. Webb et Berthelot ayant adressé des Canaries à M. Lowe une collection des coquilles qu'ils avaient de ces îles, et qui comprenait même des espèces uniques, M. Lowe fait l'observation suivante sur une espèce que nous n'avons pas VUE :
« Ranella abbreviata , Nob. Cette espèce est si voisine du Ranella marginata, Sowerby (genera), » Buccinum marginatum , Gmel. , Ranella lœvigata, Lamarck , espèce fossile provenant de Plaisance, » qu’il est difficile de décider sur leur identité. » 11 paraîtrait prouvé, en conséquence , que cette espèce intéressante se trouve vivante aux Canaries.
Sixième ordre.
SCUTIBRANCHES.-—SCUTIBRANCHIA.
FAMILLE DES HALIOTIDÉES. —HALIOTIDÆ.
Nous plaçons dans cette famille les genres Haliotis, Slomatia et Scissurella , dont la coquille est turbinée, le dernier nous montrant déjà , par sa ténuité , par les accidens de sa coquille , quelques rapports avec les Émarginules.
GENRE HALIOTIDE. — HALIoTIS , Linn., Adanson.
N° 153. Haziorine ormier. — HaLtoris TUBERCULATA , Linn. CPE 7S RS)
Haliotis ormier, Adanson , 1757 ; Sénégal, pl. 2, fig. 1. Halious tuberculata, Linn.; Gmel., 1789, Syst. nat., éd. 13, p. 3687, no 2.
— Lamarck , 1822, Anim. sans vert., t. 6, 2e partie, p. 215, n° 6. Haliotis striata, Gmel.; Lamarck, p. 216.
Cette espèce varie à l'infini, et ses variétés, plus ou moins striées ou costulées, ont tour à tour motivé les Hakotis tuberculata et Haliotis striata, Linn. , Lamarck ; les A glabra, H. marmorata et H. bistriata, costa, qui tiennent probablement aux localités, parce qu’une partie de ses variétés se reproduisent aux Canaries. Les exemplaires de Santa-Cruz de Ténériffe sont seulement striés sans aucun pli transverse. Ceux de Porto-Santo ont les stries beaucoup plus marquées et des plis assez prononcés.
L’animal que nous avons dessiné sur le vivant à Santa-Cruz de Ténériffe a les caractères suivans : fortement déprimé, non contractile en entier dans sa coquille, coriace, ferme ; tête saillante, distincte , dépassant les lobes du manteau ; tentacules allongés , coniques ; yeux placés à l’extrémité d’un très-long prolongement de la base postérieure des vrais tentacules. Ce prolongement est légèrement déprimé et plus large que les tentacules ; bouche proboscidiforme, allongée en fente à l’extrémité du prolongement buccal ; manteau élargi, distinct du pied, débordant la coquille de toutes parts, élargi et épaissi sur ses bords coupés verticalement, et ciliés , couverts de tubercules arrondis ; le pied est épais, extensible, lisse en dessous, et comme rugueux en dessus, s’élargissant en bords très-minces ; sa forme est arrondie en avant et acuminée postérieurement.
Couleurs. Les tentacules sont vert presque noir ; les pédoncules des yeux d’un vert bleu foncé, ainsi que la tête ; le dessus du manteau est jaune , le dessous en est vert tendre; les bords divisés transversalement, par parties égales, blanches et d’autres vertes; le pied est jaune en dessous, et vert foncé en dessus.
Cette espèce, commune sur les côtes de l'Océan et de la Méditerranée en France, se trouve à Ténériffe sous les pierres détachées du sol, au niveau des plus basses marées. Elle adhère si fort aux pierres, que si l’on ne la détache du premier effort ,. elle s’y colle au point , qu’à la seconde tentative le pied reste quelquefois attaché à la pierre, se séparant de la coquille. Elle marche lentement. On la mange aux îles Canaries comme sur nos côtes de Bretagne.
GENRE SCISSURELLE. —SCISSURELLA , d’Orbigny.
Nous avons établi, en 1823, ce genre, enrichi depuis par plusieurs auteurs de quelques espèces ajoutées à celles que nous avons découvertes dans le sable de la Médi-
( 96 ) terranée. Celle que nous décrivons aujourd’hui est tout-à-fait distincte et propre aux Canaries. Nous ne savons pas encore au juste où placer ce genre. En le mettant près des Émarginules, nous n’avons pas la conviction qu'il doive y rester, et nous attendons de nouvelles observations pour nous fixer à son égard.
N° 154. Scissurezce De Berraecor. — ScissurezLa BerrneLor:, d'Orbigny. (PL 7, fig. 2-5.)
S. Testé orbiculato-depressé, vertice planiuscul@, supré transversaliter strialo-costaté, subtus striaté; spirà depressä; anfractibus tribus rotundis; carin lat , acuté ; aperturé orbiculari ; labro tenui, acuto ; ombilico aperto.
Dimensions. Largeur : 514 millimètre. Hauteur : 42 millimètres.
Coquille orbiculaire , déprimée , évasée, fortement marquée en dessus de côtes transversales rapprochées, égales ; les mêmes côtes, plus petites et formant un ensemble strié, couvrent le dessous ; spire très-obtuse , composée de trois tours convexes , arrondis ; carènes doubles, saillantes , tranchantes , à intervalle lisse ; bouche circulaire , à bords minces, tranchans, interrompus latéralement par la scissure très-profonde ; sa couleur est brun bistré.
Cette charmante petite coquille diffère essentiellement de toutes celles que nous connaissons, par sa bouche ronde, par ses stries rapprochées et régulières : c’est positivement le type d’une nouvelle espèce que nous avons dédiée à M. Berthelot.
Nous l’avons rencontrée dans les sables de l’île de Ténérife , où elle paraît très-rare.
FAMILLE DES FISSURELLIDÉES. — FISSURELLIDÆ.
Cette famille , composée de tous les animaux à deux lobes branchiaux coniques , dont la coquille est régulière et non turbinée, comprend les genres Emarginula , Fissurella, Pavoie et Lolfia , et n’est représentée, aux Canaries, du moins à notre connaissance , que par une seule espèce du genre Émarginule , propre à la Méditerranée.
GENRE ÉMARGINULE. — EMARGINULA , Lamarck.
N° 155. EMARGINULE ALLONGÉE. — ÉMARGINULA ELONGATA , Costa.
EE elongata , Costa , Oss. zool., p. 10, n° 17. — Philippi; Enum. Mol. sic., t. 7, fig. 3.
E. Testä oblongä, elongatä, depressä, costis longitudinalibus, lineisque transversis elevatis æqualibus cancellata.
Has. Trouvé dans le sable de la côte , dans la baie de Sainte-Croix de Ténériffe. Oss. Notre échantillon a, de chaque côté de la crête, une lame très-élevée , et, au milieu, de Pues cavités séparées par de larges cloisons transverses.