MERLE. (MERULA
TourDRE-MERLE. — Turpus MERULA. Linn.
Dos, poitrine et ventre noirs; bec jaune ; pieds noirs.
Turdus Merula. Linn., Syst, Nat., 1, pag. 295.
Le Merle. Buff., Ois. ur, pag. 330, tom. xx, etpl. enl. 2 ( mâle ) et 555 ( femelle ).
Vuzc. Mirlo, en espagnol. Tchaou-Tchaou, en arabe, à Maroc.
Has. Dans tout l'archipel Canarien.
Os. Le Merle est un des oiseaux les plus communs des iles Canaries , principalement dans la partie occidentale de l'archipel, où il trouve des lieux plus conformes à ses habitudes, un sol plus gras et partant une nourriture plus abondante. Les Merles se plaisent dans les ravins ombragés et dans les jardins; mais c’est surtout dans la région forestière qu’on les rencontre en plus grand nombre. On les voit sautiller dans les sentiers qui traversent la forêt et toujours dans les endroits les plus touffus. Les habitans de la campagne en élèvent dans des cages où ils enferment souvent toute une nichée, qu'ils placent à l'écart, près des chaumières, afin que les mères, auxquelles on a enlevé les petits, prennent soin de les nourrir. Cet oiseau n’est pas moins commun dans tout l'empire de Maroc.
Le merle niche dans les buissons touffus; ses œufs, au nombre de cinq ou six, sont d’un gris Verdâtre avec des taches brunes ou couleur de rouille plus ou moins foncées, quelquefois à peine apparentes.
FAMILLE 5°. SYLVIADES. (SYLVIADÆ.)
MOTEUX ORDINAIRE. — SAXICOLA OENANTHE. Bechst.
Dos d’un gris cendré; gorge blanche; poitrine blanc-roussâtre; ventre blanc.
Motacilla OEnanthe. Linn., Syst. Nat.,1, pag. 552.
Sylvia OEnanthe. Lath., Ind., Ornith., 11, pag. 529.
Saxicola OEnanthe. Bechst., Ornith. Tascheub., 1, pag. 218.
OŒnanthe cinereus. Viell., Faun. Franç., 1, pag. 187, pl. 85, fig. 1, 2, 3.
Le Moteux ou Vitrec. Buff., Ois., v, pag. 2317 et pl. ent. 534, fig. 2.
Le Caul-blanc.
Has. De passage.
Ogs. Cette espèce ne se montre qu'accidentellement aux îles Canaries.
Les Moteux ne vont jamais en troupes ; leur apparition n’a lieu qu’en hiver, après les bourrasques du sud-ouest.
En Europe , les Moteux nichent dans nos champs, entre deux mottes de terre, au milieu d'un sillon; leurs œufs, au nombre de quatre ou cinq, rarement de six ou sept, sont d’un bleu très-pâle, sans taches, quelquefois presque blanc, mais non pas verdàtre, comme dit Temminck.
MOTEUX-TRAQUET. — SAXICOLA RUBICOLA. Bechst.
Dos noir-profond , gorge de la même couleur ; poitrine d’un roux foncé ; ventre blanc-roussâtre.
Motacilla Rubicola. Linn., Syst., Nat. 1, pag. 352.
M. Rubicola et tschecantschia. Gmel., Syst. Nat., 1, pag. 997.
Sylvia Rubicola. Lath., Ind. Ornith., 11, pag. 523.
Saxicola Rubicola. Bechst., Ornith. Taschenb., 1, pag. 220.
OEnanthe Rubicola. Vieill., Dict. d'Hist. Nat., tom. xx1, pag. 429.
Le Traquet. Buff., Ois., v, pag. 215, tom. x, et pl. enl. 678, fig. 1.
Le Traquet pâtre. Le Vaill.
Has. Les lieux ombragés et humides.
Os. Ce Moteux est assez rare aux îles Canaries ; on le rencontre à Ténériffe, dans le bois de las Mercedes.
Temminck dit avec raison qu'il niche dans les creyasses des rochers, parmi les tas de pierres et entre les racines des buissons. La femelle pond de cinq à six œufs un peu plus petits que ceux du Moteux ordinaire, d’un bleu pàle-verdâtre, ‘avec quelques taches roussätres peu apparentes au gros bout.
$ 1° CALAMOHERPE. (CALAMOHERPE, Box.)
SYLV. AQUATICÆ. — Auctor.
BEC-FIN AQUATIQUE. — SYLVIA AQUATICA. Lalh.
Dessus de tête d’un gris légèrement roussâtre, dos de la même couleur avec des taches longitudinales noirâtres; gorge blanchâtre; poitrine avec un trait noir ; ventre roussâtre ; bec brunâtre ; iris noir ; pieds couleur de chair.
Sylvia aquatica. Lath., Ind. Ornith., 11, pag. 510.
Motacilla aquatica. Gmel., Syst. Nat., 1, pag. 953.
Sylvia Schœnobænus? Scop. Ann., 1, pag. 158.
S. salicaria. Bechst., Naturg. Deutsch!., 111, pag. 625.
S. paludicola. Vieill., Faune Franç., pag. 225, pl. 101, fig. 2.
Fauvette aquatique. Sonn., Nouv. Edit. de Buff., Ois., xV, pag. 152.
Has. L'île de Canaria.
Oss. M. Schinz décrit les œufs de cet oiseau comme couverts d’une multitude de petites taches brunes et rougeâtres, très-rapprochées, sur un fond blanchâtre à peine apparent (pl. 32, fig. 20). D'après M. Tienemann, ils sont verdàtres avec des taches jaunâtres peu saillantes et des taches bleuâtres plus foncées accumulées vers le gros bout (tab. vr,
fig. 6.). La figure de M. Schinz paraît être celle d'un œuf de Friquet.
$ 2° FAUVETTE. (CURRUCA, Becusren.)
BEC-FIN TÊTE-NOIRE. — SYLVIA ATRICAPILLA. LGlh.
Dessus de tête noir jusqu'à la nuque; dos cendré-olivâtre; gorge, poitrine et ventre cendréblanchâtre ; bec et iris noirâtres ; pieds noirs
Motacilla atricapilla. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 552.
Sylvia atricapilla. Lath. Ind. Ornith., 11, pag. 508.
La Fauvette à tête noire. Buff., Ois., v, pag.125, tom. vint, fig. 1 et pl. enl. 580, i, fig. 1 (mâle) et 2 ( femelle ).
VuLc. Capirote, aux Canaries.
Has. Dans les bois et les lieux ombragés.
Ogs. C’est le Rossignol des Canaries. Les habitans de ces îles sont fiers de posséder ce Bec-fin; aussi ils l’élèvent en cage et en prennent le plus grand soin. On a beau leur dire-que cet oiseau existe-en Europe, ils n'en veulent rien croire; et si on.leur en fournit la preuve, ils vous demandent aussitôt, : « Mais chante-t-il aussi bien? » Nous n'oserions l'affirmer nous-mêmes : car le Gap‘rote mérite les éloges:qu'on Jui prodigue. La mélodie qu’il fait entendre, dans les frais bocages oùilse plaît, a vraiment: quelque chose d'enchanteur ; il saiten varier l'expression; ses douces modulations vous séduisent, et l’on s'arrête volontiers pour en jouir. C’est surtout vers le soir et aux premiers rayons du soleil qu'il faut écouter sa chanson. Dans la captivité, il n’est pas moins intéressant; mais ce ne sont plus alors ces intonations saccadées, ces improvisations brillantes qui retentissent au lein : l'éducation est venue remplacer par quelque air banal le gai refrain de la nature. Le Capirote en cage perd l'instinct de son talent pour acquérir l'habitude de la mémoire. Il peut retenir plusieurs airs, qu’il confond ensuite pour en former un pot-pourri assez maussade.
Le Capirote s’apprivoise facilement ; il accourt à la voix du maître, et vient voltiger sur sa main pour saisir les mouches qu'il lui présente, et dont il est friand à l'excès.
Dans la femelle, la calotte est rousse. Cet oiseau niche dans les buissons. Ses œufs, au nombre de quatre ou cinq , sont d’un blanc jaunâtre avec des taches couleur de brique, quelquefois un peu rougeâtres.
BEC-FIN MÉLANOCÉPHALE. — SYLVIA MELANOCEPHALA. Lalh.
Dessus de tête noir jusqu’à la nuque; dos gris très-foncé; gorge, poitrine et ventre blancs; bec noir , blanchâtre à la base de la mandibule inférieure ; iris et pieds bruns.
Motacilla melanocephala. Gmel., Syst. Nat., 1, pag. 970.
Sylvia melanocephala. Lath., Ind. Ornith., 11, pag. 509.
Motacilla leucogastra. Ledru, Voy. à Ténériffe, pag. 182.
S. ruscicola. Viell., Faune Franc., 1, pag. 205, pl. 86, fig. 1, 2.
Has. L'île de T'énériffe.
Oss. Cette espèce a été longtemps confondue avec le Sylvia atricapilla ; le noir de dessus sa tête descend plus bas que dans cette dernière, où il ne forme qu’une calolte : ici c’est vraiment un capuchon. Dans la femelle de la première espèce, la calotte se trouve rousse ; dans celle de la seconde, le capuchon est cendré-noiràtre. Un autre excellent caractère pour distinguer ces deux Bec-fins, c'est l’état des orbites oculaires qui sont couvertes de plumes dans le Sylvia atricapilla et nues dans le Sylvia melanocephala. Il ÿ a, dans cette dernière espèce, autour des yeux, un petit espace sans plumes coloré en rougeàtre-clair.
Le Bec-fin mélanocéphale fait son nid sur les arbustes et les arbrisseaux. La femelle pond quatre ou cinq œufs d’un blanc jaunâtre avec des points nombreux roussâtres et grisâtres ; l’un de nous a trouvé une fois un de ces nids aux environs de Montpellier, dans un jardin, sur un Philadelphus caronarius : ce nid et les œufs qu'il contenait sont figurés dans l'ouvrage de M. Schinz ( pl. 47 ). Dans la figure copiée par M. Tienemann ( p/. 4 fig. 16), le fond est trop jaune et les taches trop foncées.
BEC-FIN GRISETTE. — SYLVIA CINEREA. Lalh.
Dessus de tête cendré; dos gris-roussâtre; gorge blanche ; poitrime légèrement rosée; ventre blanc; bec cendré ; iris brun; pieds couleur de chair.
Motacilla sylvia. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 550. Sylvia cinerea. Lath.,Ind, Ornith, 1, pag. 514. Fauvette grise ou grisette. Buff., Ois., 1, pag. 152 et pl. enl. 319, fig. 3.
À vs + É os +”
Has. Dans presque toutes les îles.
Ors. Niche dans les buissons et les taillis; pond cinq ou six œufs d’un gris jaunâtre ou verdàätre avec une multitude de points roussâtres et olivâtres, souvent peu apparens.
BEC-FIN PASSERINETTE. — SYLVIA PASSERINA. Lath.
Dessus de tête cendré-clair ; dos cendré-olivâtre tirant sur le roux; gorge blanche souvent un peu cendrée; poitrine et ventre d’un blanc pur ou roussâtre; bec brun plus pâle à la base; iris et
pieds bruns.
Motacilla passerina. Gmel., Syst. Nat., 1, pag. 954.
Sylvia passerina. Lath., Ind. Ornith. 1, pag. 508.
La Passerinette. Buff., Ois., v, pag. 193.
La Fauvette-Passerine, la petite Passerinette.
Has. Dans toutes les îles, vers la région maritime et sur le plateau des Cañadas, à la base du pic de Ténériffe.
Oss. Ce Bec-fin, le plus petit de ceux qui habitent les Canaries, esttrès-commun dans ces Îles. On le rencontre ordinairement vers la côte, dans les buissons et quelquefois dans les jardins. La Passerinette se plaît au milieu des Plocama, des Bosea et des Prenanthes ligneux, où elle voltige sans cesse et se laisse approcher sans manifester la moindre crainte.
Il est une circonstance notable dans l'habitude de cet oiseau; c’est que les terrains arides de la haute région lui conviennent aussi bien que les stations sèches de la côte. Dans nos différentes excursions au pic de Teyde, nous avons toujours trouvé la Passerinette sur les genêts blancs ( Cytisus nubigenus) du plateau de Cañadas, à plus de 2,800 mètres d’élévation au-dessus du niveau de la mer ; tandis qu’il estfort rare de la rencontrer dans la région intermédiaire. Le père Feuillée, qui visita ces lieux il y a plus d’un siècle. a parlé de cette petite Fauvette dans la relation de son voyage. Il eut occasion de l’observer dans le même endroit, et fut frappé aussi de sa familiarité. Deux de ces oiseaux voltigeaient près du rocher où il se reposa un instant avant de gravir les dernières pentes de la montagne. « Je leur donnai de la mie de pain, dit le bon religieux, ils vinrent la manger sur le pan de ma robe ; mais ils ne voulurent jamais se laisser toucher. Craignaient-ils de perdre leur liberté? Je ne la leur aurais pas ravie. » ( Voy. aux îles Canaries, mss. de la Bibl. Roy.)
Buffon a décrit le nid de cet oiseau, qu'il avait trouvé dans un jardin sur un groseillier. Nous en avons apporté un que nous recueillimes sur les branches d'un Chrysanthemum frutescens, à l'entrée d'un des grands ravins qui débouchent dans la baie de Sainte-Croix de Ténériffe (Baranco de Almeida). Ce nid est construit avec art, en forme de demi-coupe et un peu plus petit que celui du Sylvia hortensis. Il paraît tressé en grande partie avec des tiges et des feuilles de graminées ; il est tapissé à l’intérieur d’aigrettes décomposées et de fibrilles radiculaires très-menues. Il renferme cinq œufs à peu près de la taille de ceux du Sylvia rufa, d'un blanc sale, comme le dit Buffon, mais non pas avec des taches vertes et verdâtres ; leur surface est couverte d’une multitude de points d'un gris légèrement roussâtre, peu apparents, plus nombreux vers le gros bout. D'après Latham, les œufs de la Passerinette sont blanchâtres, maculés de vert (Ovum albidum viridi-maculatum ) ; d'après Temminck ( Manuel d'Ornith. suppl, à, pag. 142), ils sont d’un bleu verdâtre avec quelques taches obscures. Les assertions de ces deux ornithologistes ne sont pas conformes à notre observation. Les œufs de la Passerinette n'ont été figurés dans aucun ouvrage d’Oologie:
$ > RUBIETTE, Cuv. (FICEDULA, Becesrein.)
BEC-FIN DES MURAILLES. — SYLVIA PHOENICURUS. Laih.
Dessus de tête cendré bleuâtre (blanc vers le front) ; dos de la même couleur; gorge noire ; poitrine et ventre d’un roux brillant (dessous de queue gris-clair ; bec noir ; iris brun ; pieds noirs.
Motacilla Phœnicurus. Linn., Syst. Nat.,1, pag. 355.
Sylvia Phœnicurus. Lath., Ind. Ornith., 11, pag. 511.
Le Rossignol des murailles. Buff., Ois., v, pag, 170, tom. Vi, fig, 2 et pl. enl, 135, fig. 1, 2.
Has. À Ténérife.
Os. Niche dans les trous des vieilles murailles, dans les creux des arbres ; pond de cinq à sept œufs d'une -jolie couleur bleue, sans taches.
BEC-FIN ROUGE-GORGE. — SYLVIA RUBECULA. Lath.
Dessus de tête et dos d’un brun olivâtre; gorge et poitrine d’un roux ardent ; ventre blanc, légèrement cendré-olivâtre sur les flancs ; bec et iris noirs ; pieds cornés.
Motacilla Rubecula. Linn., Syst. Nat., 11, pag. 337.
Silvia Rubecula. Lath., Ind. Ornith., 11, pag. 820.
Rouge-gorge. Buff. Ois., A pag 196, tom. x1 et pl. enl. 351, fig. 1.
Has. Dans les forêts et les lieux ombragés.
Oss. Cette espèce n’est pas très-commune aux îles Canaries. Les vergers de Tacoronte et de l'Orotava, les bois de las Mercedes et d’Agua-Garcia sont les lieux qu’elle fréquente à Ténériffe. :
Le Rouge-gorge fait son nid au pied des haies, entre les racines, dans les buissons, même dans les trous des arbres ; ce nid contient de quatre à sept œufs d'un blanc jaunâtre avec des taches rousses, assez pâles, plus nombreuses et plus vives au gros bout.
Ledru croit avoir trouvé le Roitelet aux Canaries ; mais nous n’y avons pas observé cet oiseau.
BERGERONNETTE GRISE. — MOTACILLA ALBA. Linn.
Front blanc ; dessus de tête noir ou cendré-foncé ; dos gris-olivâtre ; gorge et poitrine noires; ventre blanc ; queue beaucoup plus longue que les ailes.
Motacilla alba. Zinn. Sust. Nat. 1. pag. 351.
M. cinerea. Briss., Ornith., 3, pag. 465, tom. xXIN, fig. 1 (plumage d’hiver).
La Lavandière et la Bergeronnette grise. Buff., Ois, v, pag. 251, tom. XIV, fig. 1, 4, pag. 261 et pl. enl. 659, fig. 1; et 674, fig. 1.
Has. De passage.
Ogs. Cette espèce ne se montre aux Canaries que pendant l'hiver ; elle fréquente les lieux habités, et plus particulièrement encore Les endroits où parquent les troupeaux.
En Europe cet oiseau fait son nid à terre dans les champs, les prairies, au milieu des rochers, quelquefois au bord des eaux. La femelle pond de cinq à sept œufs un peu plus petits et plus arrondis que ceux du moineau, d’un blanc légèrement azuré avec une multitude de petits points irréguliers d’un brun violâtre plus rapprochés au gros bout.
BERGERONNETTE PRINTANIÈRE. — MOTACILLA FLAVA. Linn.
Front et dessus de tête d’un cendré bleuâtre ; dos olivâtre ; gorge blanche ; poitrine et ventre jaunebrillant ; queue un peu plus longue que les ailes,
Motacilla flava. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 551.
M. chrysogastra. Bechst. Nat. Deutschl. 111 pag. 446.
Bergeronnette de printemps. Buff., Ois., v, p. 265, tom. XIV, fig. 1, et pl. enl. 674, fig. 2.
VuLc. Pispita.
Has. La majeure partie de l’archipel Canarien.
Ogs. Cette Bergeronnette fréquente, comme en Europe, les bords des ruisseaux et les endroits humides. Elle est fort commune dans ces îles.
Elle niche aux bords des eaux, dans un enfoncement, sous les racines des arbres, dans les prairies, dans les blés, La femelle pond de cinq à sept œufs d’un blanc jaunâtre avec des taches claires, roussâtres, très-nombreuses et presque
fondues les unes dans les autres. Ledru indique encore dans les Canaries le Motacilla Boarula, Linn., et trois autres Bergeronnettes auxquelles il ne donne pas denoms. Les deux premières paraissent des variétés du Motacilla flava ?
PiPI TRIVIAL. — ANTHUS TRIVIALIS.
Dos cendré-olivâtre avec du noirâtre dans le milieu des plumes ; gorge jaunâtre ; poitrine et flancs roux-jaunâtre avec des taches allongées noires; tarses médiocres ; ongle postérieur très -arqué, plus court que le doigt.
Alauda trivialis. Linn., Syst. nat., 1, pag. 288.
Anthus arboreus. Bechst., Nat. Deutschl., ur, pag. 106 ; tom. 6, fig. 1. La Farlouse. Buff., pl. ent. 660, fig. 1.
L’Alouette Pipi. Gérard, Tabl. élém., 1, pag. 264.
VuULG. Pâjaro cagon.
Has. Dans toutes les îles.
Os. On rencontre cet oiseau dans tous les endroits cultivés, les terres fraîchement labourées et les chemins battus sont les stations qu’il préfère ; il se tient toujours à terre, où il court avec beaucoup de légèreté; se pose quelquefois sur les vieux murs. Pourquoi Bechstein a-t-il donné à cet oiseau la dénomination spécifique d’arboreus ? Le nom linnéen, qui est d’ailleurs le plus ancien, doit être conservé. Il faut aussi écrire Pipi avec Vieillot, et non Pipit avec Temminck.
La Pivotte ortolane de Buffon ( pl. enl. 654, fig. 2) paraît, suivant Polydore Roux, un jeune individu de cette espèce.
Le Pipi trivial s’effarouche peu de la présence du chasseur et se laisse facilement approcher. Cet oiseau niche dans les prairies, entre deux mottes, au milieu d’un sillon, quelquefois entre les racines des buissons dans une touffe d'herbes ; la femelle pond cinq ou six œufs un peu plus petits et moins longs que ceux du Moineau,
d’un blanc légèrement roussâtre ou violâtre couvert d’une multitude de taches demi-effacées d’un brun rouge un peu violet.
IIE GRANIVORES. (GRANIVORI) FAMILLE 6°. ALAUDIDES. (ALAUDIDÆ.)
ALOUETTE ORDINAIRE. — ALAUDA ARVENSIS. Linn.
Dos à plumes gris-roussâtre noirâtres dans le milieu ; poitrine sans taches ni hausse-col; ventre roussâtre ; bec jaunâtre. (Point de huppe.)
Alauda arvensis Linn., Syst. Nat., 1, pag. 287.
L’Alouette ordinaire. Buff., Ois., V, pag. 4, tom. 1 et pl. enl. 365, fig. 1.
VuLc. Triguerito.
Has. À Lancerotte et à Fortaventure.
Oss. L’Alouette ordinaire ne se trouve que dans les deux îles indiquées ; elle y est sédentaire et assez commune. Le uom de Triguerito, qu’on lui donne, indique qu’elle fréquente les champs de blé.
Elle niche à terre dans les champs, au milieu des herbes, derrière quelque motte, dans un creux où dans un sillon, pond quatre ou cinq œufs d'un blanc grisâtre pointillé de gris-brun.
FAMILLE 7°. ÉGITHALES. (ÆGITHALI. VIEILL.)
Parusinz. Auctor.
MÉSANGE CHARBONNIÈRE. — PARUS MAJOR. Linn.
Front et dessus de tête noirs; occiput jaunâtre ; dos olivâtre ; gorge noire ; ventre jaune partagé par une bande longitudinale noire ; queue médiocre, à peine arrondie.
Parus major. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 541.
La grosse Mésange ou Mésange charbonnière. Buff., Ois., V, pag. 392, tom. xvn, et pl. enl. 5, fig. 1.
VuLG. Frayle.
Has. Dans la partie occidentale de l'archipel des Canaries.
Oss. Elle est plus rare que l'espèce suivante. M. Schousboe nous a dit ne l'avoir rencontrée que dans les environs de la ville de Maroc.
La Charbonnière fait son nid dans les creux des arbres et dans les trous des murailles et des vieilles masures ; elle rassemble des brins de paille, des tiges de jeunes plantes, des plumes, de la laine et d’autres matières plus ou moins mollettes qu’elle entasse sans beaucoup d’art. Dans quelques circonstances, cependant, elle montre assez d'adresse dans l'arrangement de son nid, et rappelle ainsi l’admirable industrie des autres Mésanges de l’Europe. Nous ayons trouvé, dans les Pyrénées, un de ces nids, en forme de demi-coupe, entièrement tressé ayec du poil de Renard , et exhalant
encore d’une manière très-sensible l'odeur musquée particulière à ce poil. La Faculté des Sciences de Toulouse possède