‹ Histoire naturelle des Iles Canaries (volume 3)Chapitre 94 sur 243 · CLASSE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CLASSE QUATRIÈME

LAMELLIBRANCHES. — LAMELLIBRANCHIA, BLainv.

Nous avons observé, aux Canaries, cent quarante espèces de Gastéropodes, tandis que nous n'avons que trenle-quaire espèces d’Acéphales ou de Lamellibranches, c’està-dire un peu plus d’un quart; cette énorme disproportion , peu en rapport avec le chiffre ordinaire qu'on trouve ailleurs, est pourtant facile à expliquer par la nature

même des îles Canaries. Nous avons remarqué généralement, et même par toutes les latitudes, que la prédominance du nombre des Gastéropodes ou des Acéphales dépend de deux causes locales. Sur des côtes abruptes, rocaïlleuses , dont la pente est rapide, on ne trouve , pour ainsi dire, que des Gastéropodes , ou tout au moins ceux-ci sont toujours en bien plus grande quantité que les Acéphales ; sur des plages sablonneuses, très-planes, ce sont , au contraire , les Lamellibranches qui dominent , car elles seules peuvent vivre dans le sable, On ne doit donc pas s'étonner qu'aux Canaries, qui ne sont, pour ainsi dire, couvertes que de rochers, les Gastéropodes se présentent en des proportions numériques si élevées.

Si maintenant nous comparons la distribution géographique des frente-quatre espèces de Lamellibranches des Canaries , nous trouvons :

1° Que vingt-six, ou beaucoup plus des deux tiers, vivent simultanément sur nos côtes d'Europe , parmi lesquelles une seule est spéciale à la côte de l'Océan, dix-sept le sont à la Méditerranée seulement, et hAuil sont communes à la Méditerranée et à l'Océan , sur les côtes de France. | | | |

2° Les espèces qu'on ne rencontre ni dans la Méditerranée ni sur les côtes de l'Océan , en France, ont pour patrie la côte occidentale d'Afrique , et sont au nombre de cing, près d’un septième de la totalité, proportion peu différente de celles que nous avons déjà trouvées pour les Gastéropodes.

3° Quant aux espèces qui, jusqu’à présent , n’auraient pour patrie que les Canaries , elles sont au nombre de trois, le onzième seulement, proportion bien inférieure, mais néanmoins relative à ce que nous avons vu pour les Gastéropodes.

FAMILLE DES OSTRACIDÉES. — OSTRACIDÆ.

GENRE HUÎTRE. — OSTREA, Linn.

N° 162. Hoirne | EN CUILLÈRE. ‘2 Osrrws COCHLEAR , Pole

Ostrea cochlear, Poli , Test. 2, pl. 28, kg. 28, — Lamarck, 1819, An. sans vert., t. 6,1, p. 204.

Oss. Cette espèce, qui nous représente, jusqu’à un certain point , des formes analogues à l’Ostrea vesi- : cularis, qu’on trouve dans l’étage supérieur de la formation crayeuse, vit toujours dans les zones tes plus profondes, sur les tiges mortes des Gorgones, et forme alors des groupes composés d’un grand nombre d’individus accolés ensemble.

Has. Les échantillons que nous en possédons ont été pêchés près du port d’Orotava, par MM. Webb et Berthelot. On la trouve également , et dans les mêmes circonstances , dans la Méditerranée.

No 163. Huirre CRÊTE DE coQ. — OSsTREA CRISTA-GALLI, Lam.

Mytulus crista galli, Linn. ; Gmelin, 1789, Syst. nat., éd. 13, p. 3350. Ostrea crista galli, Lamarck, 1819, An. sans vert., t. 6-1, p.213, n° 45.

Oss. Une très-jolie variété rouge, à bord seulement plissé, et marquée de quelques stries, a:été pêchée à l’Orotava (Ténériffe) , à une assez grande profondeur ; elle est fixée sur un Spondylus gæderopus.

GENRE SPONDYLE. — SPONDYLUS, Linn.

N° 164. SPONDYLE PIED D’ANE. — SPONDYLUS GOEDEROPUS, Lin.

Spondylus gæderopus, Linn. ; Gmelin , 1789, Syst. nat., éd. 13, p. 3296. — Lamarck, 1819; An. sans vert., t. 6-1, p. 188, n° 1.

Oss. Cette espèce, commune dans la Méditerranée , a été recueillie, par MM. Webb et Berthelot, aux îles Canaries , où elle prend un énorme accroissement. Nous en avons des exemplaires de 14 centimètres de longueur sur 12 de hauteur, leur forme étant presque sphérique, tant les valves sont bombées : à cet âge, les épines ont presque disparu et la coquille n’est plus marquée que de stries également espacées, qui rendent les bords comme crénelés.

FAMILLE DES PECTINIDÉES. — PECTINIDÆ.

GENRE LIiME. — Lima, Lamarck.

N° 165. Lime RENFLÉE. — Lima iNFLATA , Lamarck.

Pecter inflatus, Chemnitz, 1784, t. 7, p. 346, pl. 68, fig. 649. Lima inflata, Lamarck, 1819, An. sans vert., t. 6,1, p. 156, no 1.

Nous avons rencontré de jeunes individus de cette espèce dans le sable de Santa-Cruz de Ténériffe , où elle paraît rare. On ne la connaissait jusqu’à présent que des Antilles et de la Méditerranée.

N° 166. Lime commune. — Lima squamosa, Lamarck.

Ostrea lima, Linn., 1767, Syst. nat., éd. 12, p. 1147, n° 206. Lima squamosa , Lamarck, 1819, Ar. sans vert., t. 6-1, p. 156, n° 2.

Oss. MM. Webb et Berthelot ont rencontré la Lime commune à Lancerotte ; mais tous les exemplaires que nous possédons n’ont que dix-neuf côtes, tandis que ceux de la Méditerranée en montrent jusqu’à vingt-huit. Cette légère différence, tous les autres caractères étant du reste identiques, ne nous a pas paru suffisante pour la distinguer du type.

Has. Nous la possédons de la mer Rouge et de plusieurs points de la Méditerranée.

N° 167. Lime BuLLÉE. — Lima BuLLATA , T'urton.

Lima bullata, Turtou, p. 217, t. 17, £. 4-5.

— Payraudeau , 1826, p. 70, no 131.

Longueur : 24 millimètres. Largeur : 14 millimètres.

Oss. Coquille bien distincte de la Lima inflata , par sa dépression , par ses stries plus fines , géniales ; par sa forme oblique, anguleuse.

M. Payraudeau indique cette Lime comme étant commune sur les plages de l’île de Corse. Quant à l'échantillon que nous ont communiqué MM. Webb et Berthelot, il leur a été envoyé de Ténériffe, par M...., avec la note suivante, que nous traduisons de l’espagnol :.

« L'animal qui habite cette coquille est d’une belle couleur cramoisie ; il est composé d’une multi- » tude de filets qui remplissent les deux valves, et sont continuellement en mouvement.

» Le plus extraordinaire était de le voir nager comme un poisson , se servantde ses valves en guise » de rames, les ouvrant et Les fermant avec une grande agilité , pour voguer et venir à la surface de » l’eau .»

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