GENRE PEIGNE. — PECTEN
N° 168. Perene DE Saint-Jacques. — Pecren Jacosæus, Lam.
Ostrea Jacobæa , Lin.; Gmelin , 1789, Syst. nat., éd. 13, n° 2. Pecten Jacobœus, Lamarck, 1819, Anim. sans vert., t. 6-1, p. 163, n°3.
Oss. Ce Peigne se trouve en même temps dans la Méditerranée, où il y est commun. Tous les exemplaires des Canaries sont agréablement variés de rouge, de violet et de blanchâtre par taches ou par triangles.
N° 169. Pricne DÉGÉNÉRÉ. — PecrEN Pusro, Lamarck.
Ostrea pusio, Linn.; Gmel., 1789, S:st. nat., éd. 13, no 40. Pecten pusio, Lamarck, 1819, Anim. sans vert., t. 6-1, p. 117. — Philippi, 1836, Enum. Moll. sicil., p. 84, no 11.
Oss. Lamarck considérait cette espèce comme une dégénérescence du Pecten varius ; mais il suffit de confronter les deux espèces pour s’apercevoir qu’ellés sont tout-à-fait distinctes. L'une, celle qui nous occupe, a toujours des côtes inégales, alternativement une grande et une petite ; l’autre, le Pecten vartus ; a constamment les côtes égales et régulièrement espacées.
Les individus rapportés par MM. Webb et Berthelot sont d’une belle couleur orange ou violette, avec des macules plus foncées, On rencontre aussi cette espèce dans la Méditerranée.
N° 170. PEIGNE CORALLINOÏDE, — PECTEN CORALLINOIDES , d Orb. PI. 7, fig. 20—22.
P. Testä crassä, inflat& , rubré, strus longüudinaliter, subsquamoso-scabris ornatä; radis 8, aut 9, crassis , elevalis, rotundatis, nodosis.
Dimensions. Longueur : 34 millimètres. Largeur : 33 millimètres. Épaisseur : 47 millimètres.
Coquille. Épaisse , renflée , inéquilatérale ; les stries qui rayonnent du sommet aux bords sont couvertes de petites lames imbriquées, peu élevées, formant huit ou neuf grosses côtes arrondies, saillantes , sur lesquelles sont quelques nodosités par intervalles ; oreilles très-inégales.
Couleur. D’un beau rouge de corail, avec des interruptions jaunâtres près des tubercules ; l’intérieur est rouge ou violacé.
Cette espèce ressemble beaucoup au Pecten nodosus, Linn. ( Pecten corallinus , Chemnitz ), qu’on rencontre aux Antilles ; mais il est bien plus bombé , plus irrégulier dans sa forme ; ses stries sont moins élevées ; ses nodosités moins marquées ; ses oreilles moins longues , et tout, dans la comparaison immédiate , annonce deux espèces voisines , mais très-distinctes.
Nous avons obtenu cette coquille des pêcheurs de Santa-Cruz de Ténériffe ; c’est aussi de ce lieu que MM. Webb et Berthelot l’ont rapportée.
FAMILLE DES AVICULIDÉES.—AVICULIDÆ.
GENRE AVICULE. — AVICULA.
N° 171. Avicuze DE T'ARENTE. — AViCuLA TARENTINA , Lamarck.
Avicula tarentina , Lamarck, 1819, An. sans vert., t. 6, 1, p. 148, n° 7. — Philippi, 1836, ÆEnum. Mol. sicil., p. 76, n° 1; Bowdich, fig. 5, Voyage en Afrique.
Oss. Cette charmante espèce , remarquable par sa forme oblique, par le grand nombre de petites
pointes écailleuses dont elle est couverte, se trouve attachée aux Gorgones sur de grandes profondeurs, autour des îles Canaries et dans la Méditerranée ; elle paraît aussi commune dans un lieu que dans l’autre.
FAMILLE DES MYTILIDÉES. —MYTILIDÆ.
GENRE PINNE. — PINnA, Linn.
N° PINNE ROUGE. — PrinNa RuDIS.
Pinna rudis, Linn.; Gmelin, 1789, Syst. nat., éd. 13, p. 3363. — Lamarck, 1819, An. sans vert., t. 6-1, p. 130, n° 1.
Oss. Cette magnifique espèce, qu’on pêche souvent dans la Méditerranée , a été recueillie à Lancerotte par MM. Webb et Berthelot, et par nous à Ténériffe : Les exemplaires que nous en possédons sont d’une grande beauté, leurs écailles tubulées ayant jusqu’à 16 millimètres de saillie. Ils sont rosés plutôt que rouges ; le sommet est bleuâtre , et leur taille de 20 centimètres.
GENRE MOULE. -— MyrTizus , Linn.
Dans lequel nous avons aux Canaries deux espèces appartenant , l’une aux Moules proprement dites , l’autre aux Modioles.
SOUS-GENRE MouLe. — Myrizus, Lamarck.
N°173. Mouse ALLONGÉE. — Myrizus ELONGATUS , Chemnitz.
Mytilus elongatus., Chemnitz, 1785 , Conch. cab., t. 8, pl. 83, fig. 738. — Lamarck, 1819, An. sans vert., t. 6-1, p. 129, n° 12.
Oss. Cette Moule est une des plus grandes du genre. Nous en possédons des échantillons de 150 millimètres de longueur, en tout semblables à ceux que Chemnitz a dessinés. Lamarck la dit des mers de l’Amérique méridionale, aux Malouines , mais nous croyons que cet auteur s’est trompé ; ne connaissant aucune espèce analogue sur la côte de Patagonie ni aux Malouines, tandis que nous l’avons obtenue à Santa-Cruz de Ténériffe, et que MM. Webb et Berthelot l’ont également rapportée des Canaries, où, suivant les pêcheurs que nous avons interrogés, elle se tiendrait à d’assez grandes profondeurs.
SOUS-GENRE MObIoLE. — Mopioca , Lamarck.
No 174. Monrore cosrurée. — Moproca cosruzara , Riss. PL. 7, fig. 23—95.
Modiola costulata , Risso, 1826 ;%. 5, f. 11. — Philippi, 1836, Ænum. Mol. sicil., p. 70, n 4.
Oss. Voisine de la Modiola discrepans - cetie espèce en diffère par ses côtes plus marquées, par sa forme plus allongée, enfin par les poils nombreux dont sa partie postérieure est ornée ; ces poils ont cela de remarquable qu’ils sont très-longs et ramifiés comine de véritables branches, au moins dans les exemplaires des Canaries ; car ils ne paraissent pas l’être dans la Méditerranée,
Has. Nous avons rencontré cette espèce sur un madrépore pêché près d’Orotava, dans l’île de Ténériffe. Elle semble y être rare.
FAMILLE DES ARCACIDÉES. — ARCACIDÆ.
GENRE PÉTONCLE. — PECTUNCULUS.
No 175. Péroncze FLammuLÉ. — Pecruncurus rirosus, Lam.
Arca pilosa , Linn.; Gmelin, 1789 , Syst. nat., éd. 12. Pectunculus pilosus , Lamarck, 1819, An. sans vert,, t, 6-1, p. 49.
Oss. Les individus des Canaries recueillis par MM. Webb et Berthelot ne diffèrent en rien de ceux de la Méditerranée, pour la taille, la couleur et l’épiderme,
GENRE ARCHE.— ARCA , Linn.
No 176. Arcxe DE Noé. — Arca Noo, Linn.
Arca Noœ, Linn.; Gmel., 1789, Syst. nat., éd. 13, p. 3306. — Lamarck, 1819, An. sans vert., t. 6-1, p. 37.
Oss. Nous n’avons eu que de très-jeunes exemplaires de cette espèce, pris sur des coraux pêchés aux environs d’Orotava, île de Ténériffe, Ils ne diffèrent en rien de ceux que nous possédons venant de la Méditerranée.
N° 177. ARCHE IMBRIQUÉE. — ARCA IMBRICATA , Pol.
Arca imbricata, Poli, t. 25, f. 10-11.
Arca clathrata, Lamarck, 1819, An, sans vert., t. 6-1, p. 46.
Oss. Un individu de cette espèce propre à la Méditerranée a été trouvé par nous entre des coraux pêchés près de Santa-Cruz de Ténériffe.
FAMILLE DES CHAMACIDÉES. — CHAMACIDÆ.
GENRE CAME. — CHamaA, Linn.
N° 178. Came erypHoïne. — CHamA crYPHoiDEs, Linn.
Chama gryphoides, Linn.; Gmelin, 1789, Syst. nat, éd. 13, p. 3302. — Lamarck, 1819, An. sans wert., t. 6-1, p. 94.
Os. Aux Canaries, cette espèce a ses lames un peu plus espacées que sur les exemplaires de la Méditerranée , et, jeune, elle.est très-hérissée de pointes allongées et aiguës , ayant quelquefois un quart du diamètre de la coquille. Elle croît sur les coraux à de grandes profondeurs, et n’est pas com-
mune.
FAMILLE DES CARDIACIDÉES. — CARDIACIDÆ,
GENRE BUCARDE. — CARDIUM , Lun.
N° 179. Bucarne Exotique. — Carnvsi cosrarum, Linn.
Pectunculus caman, Adanson , 1757, S'énégal, tab. 18, fig. Cardium costatum , Linn.; Gmelin, 1789, Syst. nat., éd. 13, no 1. — Lamarck , 1819, An. sans vert., t. 6-1, p. 3, n° 1.
Jusqu’à présent on ne connaissait cette espèce que de la côte d’Afrique, près du Sénégal , où elle est
commune.
MM. Webb et Berthelot l’ont recueillie à Lancerotte.
N° 180, Bucarpe ruBERCULÉ.— CarDIUM TUBERCULATUM , Linn.
Cardium tuberculatum , Linn.; Gmelin, 1789, Syst. nat., éd. 13, p. 3248. — Lamarck , 1819, t. 6-1, p. 8, n° 16.
Oss. Commune dans la Méditerranée et dans l'Océan atlantique, sur les côtes de France, Cette espèce’ a été recueillie à Lancerotte par MM. Webb et Berthelot, ce qui pourrait faire croire qu’elle habite toute la côte d’Afrique des parties chaudes à la latitude des Canaries.
Des individus de France et de la mer Marmara ne nous ont pas montré la moindre différence avec ceux des Canaries.
No 181. Bucarne Sourpon. — CarpruM EDULE, Linn.
Cardium edule, Linn.; Gmel., 1789, Syst. nat., éd. 13, no 20. — Lamarck, 1819, An. sans vert., t. 6-1, p. 12, no 31.
Oss. Gette espèce est du nombre de celles que le lieu d'habitation fait varier à l’infini dans leur épaisseur relative , dans leur forme , et même dans leurs teintes. Un long séjour sur nos côtes nous a permis d’observer que, lorsqu’elle vit dans un lieu battu de la vague, sa coquille est épaisse , à côtes crénelées, sa forme plus raccourcie , sa teinte blanche marquée en arrière de taches brunes; si, au contraire, elle se trouve dans ces réservoirs d’eau salée disposés pour alimenter les marais à sel , sa coquille est trèsmince , très-allongée , à côtes lisses , d’une couleur verdâtre ou même marbrée ; et ces individus , comparés aux premiers , ne leur ressemblent plus ; mais, si l’on a soin de réunir des intermédiaires de lieux plus ou moins abrités , on voit évidemment le passage de l’un à l’autre.
Les exemplaires recueillis à Lancerotte par MM. Webb et Berthelot sont très-épais , plus encore que ceux de France , qui le sont déjà plus que ceux de la Méditerranée , ce à quoi l’on devait s'attendre, d’après ce que nous venons de dire, puisque la mer doit nécessairement être bien plus agitée près des Canaries que sur les côtes de France.
GENRE CARDITE. —- CARDITA, Lamarck.
Ce genre n’est ici que très-provisoirement parmi les Cardiacidées ; car, pourvu d'un bissus , comme nous nous en sommes assuré, il doit être séparé des Cardium , qui n’en ont pas. Nous ne possédons que deux espèces des Canaries.
N° 182. CarDIiTE CALYCULÉE. — Canpira CALYCULATA , Linn.
Chama calyculata, Linn.; Gmel., Syst. nat., éd. 13, n°7. Cardita calyculata, Lamarck, 1819, An. sans vert., t, 6-1, p. 24, no 15.
Os. On a certainement confondu plusieurs espèces sous le même nom; car il est positif pour nous que les exemplaires régulièrement tachetés , qu’on rencontre dans la mer Rouge, diffèrent essentiellement de ceux de la Méditerranée, presque toujours uniformes de couleurs, et bien plus chargés d’écailles sur les côtes. Lamarck a fait des petits individus de cette dernière ; sa Cardita sinuata, qui
paraît évidemment être de la même espèce que la grande, mais seulement une variété locale, commune aussi à la Méditerranée. Les échantillons que nous possédons des Canaries sont de cette petite variété , et semblables en tout à ceux de Corse, décrits par Payraudeau. (P. 59.)