‹ Histoire naturelle des Iles Canaries (volume 3)Chapitre 96 sur 243 · II. —(2e PARTIE.) (MoLLusquEs · texte numérisé non relu

II. —(2e PARTIE.) (MoLLusquEs

N° 183. Carpire corBeizze. —CarDite cormis, Philippr.

Cardita corbis, Philippi , 1836, Enum. Moll. Sicil., p. 55, pl. 1v, fig. 19.

Os. Cette charmante petite espèce, qui serait peut-être mieux placée à côté des Astarte, est d’une

forme très-jolie ; les crénelures dont l’intérieur de sa coquille est ornée la rendent très-remarquable. J ; q q

M. Philippi l’a rencontrée en Sicile, L’échantillon que nous signalons a été trouvé par nous dans le sable

de l’île de Ténériffe.

FAMILLE DES CYTHÉRIDÉES. — CYTHERIDÆ.

GENRE CRASSATELLE. — CRASSATELLA, Lamarck.

N° 184. CRassATELLE DE GUINÉE. — CrassATELLA pivaricara , d Orb.

Venus divaricata, Chemnitz, 1782. Conch. 6, p. 318, t. 30, f. 317, 319. Venus contraria, Gmelin. 1789 Syst. nat. éd. 13. Crassatella contraria, Lamarck, 1818, An. s. vert., t. 5,, p. 482.

C. Testé trigoné , tumidä, alb&, aut fulvo-rubescente , maculis spadiceis varià ; antic: striis transversalibus ,

postice longiludinalibus.

Oss. Chemnitz ayant imposé avant Gmelin la dénomination de Divaricata, nous avons dû la restituer

à cette espèce.

Has. Elle est décrite par les auteurs comme se trouvant en Guinée; il est probable dès lors qu’elle se

rencontre sur toute la côte du continent africain. On la trouve à Lancerotte. GENRE VENUS. — VENUS, Linn.

No 185. VÉNus À vERRUES. — VENUS VERRUCOs4, Linn.

Chama elonisse, Adanson, 1757. Sénégal, t. 6,f. 1. Venus verrucosa, Linn. Gmel., 1789; Syst. nat., éd. 13, p. 3269, ne 6. — Lamarck , 1818. An. sans vert., t. 5., p. 586, no 7. Venus Lemani, Payraudeau, 1826, Cat. des moll. de Corse, pl. 1., fig. 29-31, junior.

His, Commune sur les eôtes de France , dans l'Océan et dans la Méditerranée, cette espèce est aussi répandue sur Le littoral africain et aux Canaries, néanmoins on la pêche plus particulièrement dans cet archipel à Lancerotte; on la trouve encore à Porto Santo.

On ne remarque aucune différence entre les individus des Canaries et ceux de France.

N° 186. Vénus Pirar. — Venus Prrar.

Chama pitar, Adanson, 1757, Sénégal, pl. 16, fig. 7.

Oss. Adanson dit que cette espèce est commune sur toute la côte du Sénégal , où elle sert d’aliment aux naturels ; elle a été recueillie à Lancerotte par MM. Webb et Berthelot.

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FAMILLE DES TELLINIDÉES. — TELLINIDÆ, GENRE DONACE. — Donax, Linn.

+ Doxace TronQuÉé. — Doxax Truncuzus, Linn.

Donax trunculus, Linn., Gmel., 1789, Syst. nat., p. 1127.

— Lamarck, 1818, An. 5. vert., t. 5, p. 551, n° 24. Donax anatinum, Lamarck, 1818, An. s. vert., t. 5, p. 559, n° 96. Donaz fabagella, Lamarck, 1818, id. , p. 552, n° 95.

GENRE PSAMMOBIE. — PsamMoBIA, Lamarck.

N° 188. Psammosre VESPERTINALE. — Psammosia VespErTINA, Linn.

Solen vespertinus, Gmelin, 1789, Syst. nat., éd. 13, p. 3298. Psammobia vespertina, Lamarck, 1818, An. s. vert., t. 5, p. 511.

Oss. Cette espèce nommée Clico aux Canaries, est très-recherchée des habitants en raison deson bon goût. Du reste, la coquille est en tout semblable, par ses couleurs et par sa forme, à celle de la Méditerranée; sa teinte est violette , rayonnée de rouge violacé ; son intérieur violet. Quoique se trouvant sur les côtes de l’Océan en France, elle a déjà subi quelques effets des influences locales , et diffère par sa teinte de la variété que nous venons de signaler.

FAMILLE DES LUCINIDÉES. — LUCINIDÆ.

GENRE LUCINE. — Lucia, Lamarck.

N° 187. Lucie n’Ananson. — Lucina Apansonir, d’Oré. PI. 7, fig. 26-28.

Test& suborbiculatä, crass&, sphæric&, iransversim lamillaté, lamellis concentricis membranaceis ; seriatis antice sulco mediocri, postice sulco profundè exarato.

Dimensions Épaisseur, 49 millimètres. Hauteur, 21 millimètres. Largeur, 24 millimètres.

Animal. Le manteau est ouvert sur toute sa longueur ; il est épais et relevé sur les bords, les deux tubes, au moins dans l’animal conservé, ne paraissent pas avoir été saillants; les branchies sont arrondies larges , et très-finement striées en travers. Le pied, bien différent de celui des Vénus , est linguiforme, étroit, presque cylindrique et très-long , fortement ridé , ce qui annonce sa grande contractilité:; son extrémité est obtuse.

Coquille, presque arrondie, épaisse, tellement convexe que l’ensemble en est sphérique ; elle est couverte, dansle sens de l'accroissement, de petites côtes serrées , sur lesquelles sont des lames minces, recourbées en bas , qui tombent, et laissent seulement des côtes dans les individus roulés: en arrière die sillon est assez profond; en avant, il l’est très-peu ; le sommet est saillant et recourbé.

Cette espèce a été considérée par M. Deshayes, comme l’analogue vivant de la Lucina columbella ; Lamarck (fossile de Bordeaux) ; mais nous croyons qu'avant de réunir, sous le même nom , des individus vivans et fossiles, il faut être bien certain de leur identité, et nous sommes loin d’en trouver entre ces deux coquilles, que nous regardons , au contraire, comme tout-à-fait distinctes. La Lucina Adansoni , diffère de la Lucina columbella, 1° par sa forme beaucoup plus arrondie , plus globuleuse ; 2° par la partie antérieure non anguleuse près du sillon ; 3° par le sillon antérieur très-peu pro-

fond , comparativement à l’autre espèce ; 40 par le sillon postérieur beaucoup moins marqué, et dèslors par le bord moins .sinueux; 5° par des côtes beaucoup moins rapprochées; 6° par ces côtes supportant des lames, dont on reconnaît la cassure lorsqu'elles manquent ; tandis que, dans la Lucina columbella , elles sont lisses , polies , et n’annoncent en aucune manière qu’elles aient eu des lames. De toutes ces différences, nous concluons, que ce sont deux espèces distinctes , et nous dédions l'espèce vivante à la mémoire du célèbre Adanson , qui, le premier , a bien étudié les Mollusques.

Cette espèce a, par ses lames , encore beaucoup de rapports avec la Lucina Pensyloanica , maïs une différence notable entre elles, c’est que les lames sont recourbées du côté du sommet dans la Lucina Pensylvanica, tandis qu’elles le sont, au contraire, dans l’espèce qui nous occupe, du côté de l'ouverture des valves.

On pêche cette espèce beaucoup plus grande sur les côtes du Sénégal, qu’à l’île de Lancerotte, d’où elle a été rapportée par MM. Webb et Berthelot, qui nous ont assuré, non-seulement qu’on la mange dans le pays , mais encore qu’elle y est fort estimée des habitans.

No190. Lucixe Lacrée. — Lucina LactEA , Linn.

Tellina lactea, Linn. Gmel. Sys1. nal., éd. 13, p. 3240, n° 69. Lucina lactea, Lamarck, 1818, An. s. pert., t. 5, p. 542, n° 12.

Has. Aux îles Canaries, dans la Méditerranée, et sur les côtes de l’Océan.

N° 191. Lucine PeIGNE. — Lucia pEcTEN, Lamarck.

Lucina pecten, Lamarck, 1818, An. s. vert., t. 5, p.543, no 17. Lucina reticulata, Poli, t. 20, £. 14.

— Payraudeau, 1826, Moll. de Corse. p. 43.

Has. Aux îles Canaries , dans la Méditerranée, sur les côtes occidentales de France, et sur celles du Sénégal, d’après Lamarck.

No 192. LuciNE DIVERGENTE. — LUCINA D1VARICATA, Linn.

Tellina divaricata. Gmelin, 1787, Syst. nat., éd. 13, no 74. Lucina divaricata, Lamarck, 1818, An. s. pert., t. 5, p. 541, no 7.

Oss. Toutes les espèces de Lucines, tant vivantes que fossiles, ayant des stries divergentes, ont été réunies sous cette dénomination; mais nous sommes loin de penser que ces coquilles appartiennent à une seule et même espèce; nous croyons , au contraire , qu’on peut facilement les distinguer. Celle que nous plaçons ici a ses bords entiers, et ressemble en tout aux échantillons pris dans la Méditerranée.

Has. Nous l'avons trouvée dans le sable de Ténériffe, pris lors de notre passage dans cette île.

FAMILLE DES MACTRACIDÉES. — MACTRACIDÆ.

GENRE MACTRE. — MacTrA, Linn.

No 193. Mactre sTRIATELLE. — Macrra sTRtATELLA, Lamarck. Mactra striatella, Lamarck, 1818, An. sans vert., t. 5, p. 473, no 3.

Has. Lamarck indique cette mactre comme étant des mers de l'Inde, mais avec doute. Il est certain qu'on la trouve au Sénégal et sur les côtes de l’ile de Lancerotte , d’où elle a été rapportée par MM. Webb et Berthelot.

No 194. Macrre RueuEusE. — Macrra RuGosA, Chemnitz.

Mactra rugosa, Ghemnitz, 1782, Conch. cab., t. 6, p. 236, pl. 24, f. 236. — Gmelin, 1789, 54. nat., éd. 13, p. 3261.

Lutraria rugosa, Lamarck, 1818, An. s. pert., t. 5,p. 469, n°3.

Has. Lamarck indique cette espèce comme de l'Océan d'Europe, sans spécifier le lieu; toutefois nous en avons vu un bel exemplaire des côtes du Portugal, dans la collection de M. Petit, de la Sausaye ; mais nous ayons également la certitude qu’elle habite lesiles Canaries, puisqu’elle a été rapportée de Lancerotte par MM. Webb et Berthelot. Elle se rencontre aussi fossile, à Asti, en Italie; néanmoins la coquille beaucoup plus grande montre quelques différences.

FAMILLE DES PÉTRICOLIDÉES. — PETRICOLIDÆ.

GENRE SAXICAVE. — SAXICAVA.

No 195. SaxICAVE ARCTIQUE. — SAXICAVA ARCTICA, Philippr.

Solen minutus, Linn., 1767, Syst. nat., éd. 12, p. 1115, n 42. Mya arctica, Muller. Zoo!. Dan. prod., n° 2962.

Donax rhomboidis, Poli. T'est., t. 2, p. 81, pl. 14.

Solen minutus, Lamarck, 1818, An. s. pert., t. 5, p. 453, n° 10. Hiatella arctica, Lam., 1819, Loc. cüt., t. 6, p. 30.

Rhomboides rugosus, Blainv., Mannel, p. 573.

Saxicava arctica, Philippi, 1836, Erum. moll. Sicil., p. 20.

S. Testé oblongä, transversim striatä et rugosä , latere postico mullo longrore ; truncato ; valvularum anguls binis muricatis.

Has. Nous avons rencontré cette espèce dans les coraux pris à l’Orotava, île de Ténériffe ; elle se trouve encore dans toute la Méditerranée, sur les côtes de l'Océan; en France, en Angleterre, dans tout le nord de l’Europe , et de l'Amérique , puisque nous l’avons de Terre-Neuve. Son nom d’Aretica ne pouvait être mieux choisi, puisqu'elle habite tout l'hémisphère boréal ou arctique. On la trouve encore fossile en Italie.

Aux Canaries, elle est aussi variable qu'ailleurs dans ses formes.

BRACHIOPODES. — BRACHIOPODA.

GENRE TÉRÉBRATULE. — TEREBRATULA.

No 196. T'ÉRÉBRATULE TRONQUÉE. — TEREBRATULA TRUNCATA, Lamarck.

Anomya truncata, Linn. 1767, Syst. nat., éd. 12, no 229, p. 1,192. Anomya truncata, Gmelin, 1789, Syst. nat., éd. 13, p. 3,343. Terebratula truncata, Lamarck, 1819, Anim. s. vert., t. 6,1, p. 247.

Oss. Les exemplaires de cette espèce, pris sur des coraux pêchés par MM. Webb et Berthelot, à l’Orotava , île de Ténériffe, ne diffèrent en aucune manière de ceux de la Méditerranée, qu'on trouve absolument dans les mêmes circonstances.

Paris , ce 20 juin 1839.

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