‹ Histoire naturelle des Iles Canaries (volume 4)Chapitre 1 sur 72 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Dans l'éenumération des différentes parties de cet ouvrage, que nous exposimes lors de la publication de notre prospectus, les Miscellanées historiques devaient former le premier volume, mais l'ordre méthodique que nous avons adopté depuis dans la distribution des matières nous a déterminé à diviser chaque volume en deux parties distinctes. D'après cet arrangement, qui ne change rien aux conditions de notre programme, j'ai suivi pour le premier volume la même marche que pour les autres. La première partie comprendra l'ethnographie et l’histoire de la conquête des îles Canaries; j'ai réuni dans la seconde toutes mes Miscellanées canariennes (1). Plusieurs documens, que je ne pouvais me procurer de suite et qu'il m'importait de consulter pour compléter mes recherches historiques, m'avaient fait différer jusqu'à ce jour la publication de la première partie. Je citerai d'abord la relation manuscrite d’un voyage exécuté en 1341 par ordre du roi de Portugal. Cette relation, transcrite par le célèbre Boccace vers le milieu du quatorzième siècle, a été publiée en 1827, sur le document autographe, parS. Ciampi, et m'a fourni des renseignemens précieux sur les anciens habitans de Canaria. Secondement, la CAronique

(1) La publication de cette seconde partie a devancé la première; elle forme un demi-volume spécialement consacré aux descriptions locales et à la relation des principaux événemens d’une vie aventureuse pendant dix années de résidence aux îles Canaries. Bien que cette seconde partie complète le premier volume, on peut la considérer comme une œuvre tout-à-fait détachée par le genre de matières qui y sont traitées. Je me suis conformé pour sa distribution à celle adoptée pour les autres. Ainsi nous avons réuni la géographie descriptive , la statistique et la géologie dans la première partie du second volume , et toute la zoologie dans la seconde ; puis, suivant le même système, la géographie botanique dans la première du troisième, et la phytographie dans la seconde du même volume. Toutes ces parties, qu’on pourra détacher par demi-volume, seront autant de spécialités distinctes qui, étant réunies dans leur ensemble, formeront le complément de l’histoire générale de la région atlantique sur laquelle nous avons fixé nos observations.

d'Azurara, manuscrit du quinzième siècle retrouvé récemment à la Bibliothèque Royale par M. Ferdinand Denis. M. le vicomte de Santarem, qui va reproduire ce bel ouvrage si souvent cité par Jean de Barros et qu'on croyait perdu, s'est empressé, à ma demande, de m'en communiquer quelques extraits relatifs aux connaissances acquises par les Portugais sur les îles Canaries durant une expédition exécutée, en 1424, sous les auspices du prince Henri Ze Navigateur. Troisièmement enfin, le poème du bachelier don Antonio de Viana sur les Antiquités canariennes et la Conquête de Ténérife : Niana était originaire de la Laguna; le poème patriotique qu’il composa vers la fin du seizième siècle est une œuvre très-rare et fort remarquable non-seulement sous le rapport du style, mais surtout par les notions ethnographiques qu'elle contient. La copie que j'en ai obtenue et dont je donnerai plusieurs fragmens à été fidèlement collationnée sur le manuscrit original.

Je me plais à déclarer ici que M. Webb, en me confiant le plan et la rédaction de ce premier volume, n'est pas resté entièrement étranger à sa publication. Son érudition et ses connaissances philologiques m'ont été d'un grand secours : j'ai profité de ses conseils, et le plus souvent, dans les questions historiques les plus importantes, son Opinion a prévalu sur la mienne.

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