‹ Histoire naturelle des Iles Canaries (volume 4)Chapitre 49 sur 72 · NOMS DE LIEUX EXTRAITS DES DOCUMENS HISTORIQUES D'ANDRÉ BERNALDES · texte numérisé non relu

NOMS DE LIEUX EXTRAITS DES DOCUMENS HISTORIQUES D'ANDRÉ BERNALDES

ADFATAGAD.

Adfatagael.

AERAGRACA.

AFAPUNIGE.

AFURGAD.

ARACUSEN.

ARAGINES.

ARAGUIMES.

ARAHUACAG.

ARANTIAGATIA.

ARARIMIGADA. Araremigado.

ARAUTIAGAZA ARBEMUGAMIAS.

AREACASUMAGI..

AREACHU.

Arcachu.

Remarque. — Les noms de lieux de la liste précédente sont extraits

AREAGAMASTEN.

AREAGANIGI.

Areaganigui.

AREAGRAHA.

AREACANEMUG-À;:

ÂREFUCAS.

AREGAIEDA.

AREGALDAR.

AREGORAJA.

AREPALDAN.

AREREHUI.

Areruhuas.

ARTEGUEDE.

Artegade.

ARTENARAN.

Artenara.

ARTUBURGUAIS.

Artubrirguins.

ARUENUGANIAS.

ATAGAD.

ATAIRIA.

ÂTAMARASEID.

ATAMARIA.

ATASARTI.

ATENORIA.

ATENOYA.

ATEREBITI.

ÂTERURA.

‘ATIRMA..

THEMINSAS.

Temensa.

Tauris.

Turio.

des fragmens historiques du P. Quesada, que nous avons eu déjà occa-

sion de citer. André Bernaldez en fait mention dans son Æistoire des

rois catholiques, ch. 65. « Tous ces divers lieux étaient peuplés (ait-i)

au commencement de la conquête (2). »

{1) Nom que les habitans de Fortaventure donnaient à l’île de Lancerotte, d’après Galindo.

(2) André Bernaldez, en donnant dans son ouvrage cette liste de noms que les conquérans espagnols qui communiquèrent, la fait précéder de l'indication suivante, pour prévenir sans doute que les divers lieux qu'il va mentionner dépendaient des deux principautés de Telde et de Galdar gouvernées chacune par un guanartème auquel il donne le titre de roi , et par un faycan ou grand-sacerdote qu’il ap-

pelle évêque :

« Habia en Gran Canaria los Lugares è aldeas sigutente poblados.

Nous avons suivi dans cette transcription une orthographe qui nous à semblé plus conforme, pour la plupart des mots, au génie de la langue berbère et plus particulièrement au dialecte schilah, auquel nous rapportons le langage des anciennes populations canariennes. Il nous à paru important de reproduire aussi les variantes telles qu’elles se trouvaient dans les annotations du P. Quesada, d'après la copie autographe de Muñor.

Les indications que fournit cette liste de noms de lieux canariens présentent plusieurs particularités dignes d'attention :

1° Sur 40 mots, 38 commencent par af, ad ou ar, et tiennent évidemment aux formes du dialecte schilah. On sait, en effet, que l'a’y1 (a° aspiré) des Schellouks précède ordinairement beaucoup de noms de lieux (1).

Cette syllabe a‘y£, que les Européens ont écrite différemment suivant leur manière de la prononcer (2), répond en berbère au bent et à l'aoulad des Arabes, et signifie enfans, fils ou tribus. Ainsi, par a'yt- Zemüre, a'yt-Erma., a’‘yt-Kerwan, etc., on doit entendre les tribus de ZLemüre, d'Erma et de Kerwan. Dans la liste des noms de lieux que

nous avons recueillis des différentes îles, nous en comptons environ

« Telle, de donde se intitulava un Rey à ur Obispo « Gala, de donde se intitulavan elotro Rey è el otro Obispo. »

La liste des noms de lieux vient ensuite, puis l’auteur ajoute : « Todos estos lugares lenian poblados al tiempo que la conquista se comenzo’. »

(1) Voy. Graberg de Hemso, Specchio geogr. e statist. dell imp. di Marocco , p. 60, etles Renscïgnemens mss de Hodgson sur les tribus berbères. Bibl. de la Soc. de géog. de Paris.

(2) Ait, aith, aer, ath et eit, sont autant de variantes de l’ay”4.

Dans un üinéraire fourni par M. Cochelet, on trouve le mot Talendaretegerrer, qui n’est, d’après M. d’Avezac, que l'expression suivante : Talent, « yt-Gerär, c’est-à-dire, Talent (ville) appartenant à la tribu berbère de Gerär.

Notre savant confrère de la Société de géographie a aussi rétabli une autre expression analogue donnée par Le matelot Adams, qui fut à Ten-Boktoue. Sa dernière étape , avant de gagner Ouädy-Noun, se nomme d’après lui Aieta-Mouessa-Aly, qui n’est autre chose que A’yt-Abou-l'sày-A’ly. (Bull. de la Sootde gcog., sept. 1834, p. 171.)

M. Davidson (4/rican Journal) écrit eit pour a’yt, d’après l’orthographe anglaise ; ainsi, par eit-Bamäran, il faut entendre la tribu de Bamäran.

une centaine qui commencent par @,et quil faut prononcer peutêtre comme s'ils étaient précédés de l’a’yé berbère.

Quant aux noms de lieux qui commencent par fhe, te, outhu, un très-erand nombre nous semble aussi d'origine berbère. Outre ceux de la liste de Bernaldez, on en trouvera plus de cent dans notre catalogue, presque tous précédés de la lettre #, comme cela à lieu pour les dénominations topographiques du Moghreb el Acsà, telles que Tevrert, Tafilelt, Tesset, Tarudent, Talent, Tednest, Tassremut, Teselegt (1), et Thaguth, Thamudah, etc. @).

2° Si l'on retranche de la plupart des noms de lieux de la liste de Bernaldez la première syllabe, on retrouve des analogues dans notre catalogue des localités de la même île (Canaria). Ainsi, par exemple :

ADFUTAGAD nous rappelle le hameau de Fataga. À TAMARASEID nous rappelle le ham. de Tamarasayte. ARAGUIMEZ id. Aguimez. ATASARTI id. Tazarte.

ARANTIAGAZA id. Utiaca et Gazaga. ATENOYA id. Tenoya. AÂREGAIEDA id Gayedra. ÂATERURA id. T'eror.

AREGALDAR id Galdar. ATIRMA, id. Tirma

Cette observation tendraït à faire supposer que la syllabe appellative correspondant à l'a’yé berbère, a été supprimée par corruption dans beaucoup de noms de lieux de notre catalogue.

3° Enfin, plusieurs autres noms de la liste de Bernaldez, sans avoir recours à la suppression de la première syllabe et moyennant une légère modification, trouvent des analogues dans les noms de

lieux canariens, ou dans des substantifs du dialecte de la même île.

Exemple :

ARAMIGADA pour Harimagada (vierges). AREAGANIGUI pour Arganigui (hameau). AREAGAMASTEN pour Azamotan (orge). ARTENARAN pour Artenara (id).

(1) Voy. Graberg de Hemso, Specchio geog. e stalist. dell” impero di Marocco, pag. 72. (2) Voy. ’ocab. of names of places in Moghribu-l-Aksà, etc., par le meme auteur. (Extrait du Journal de la Soc. roy. géog. de Londres.

Page 1