OBSERVATIONS GÉNÉRALES SUR LES DIFFÉRENS DIALECTES CANARIENS
Nous n'entreprendrons pas une étude approfondie du langage que parlèrent les anciens habitans des Canaries, car nous n'en saurions retrouver tous les élémens dans le peu de données qui sont parvenues Jusqu'à nous. Quelques phrases incorrectes citées par des auteurs qui les écrivirent sans les comprendre, les versions traditionnelles dont ils accompagnèrent cette suite de mots mal articulés, les fragmens des dialectes qu'ils nous transmirent, les noms propres que l’histoire a conservés, ceux que quelques familles portent encore, et les anciennes dénominations topographiques affectées à certaines localités, tout cela ne saurait servir à reconstruire un idiome après plus de trois siècles d'oubli.
Noûs livrons aux philologues les matériaux que nous avons rassembles; des recherches plus spéciales nous éclaireront sur les règles d'un langage dont il nous suffit d'indiquer la forme, c'est-à-dire, le caractère particulier de nationalité. Telle est notre tâche comme historien. 1 nous importe de faire connaître les analogies qu'avaient entre eux les divers dialectes usités dans les îles de l'archipel qui nous occupe, afin d'en tirer la preuve de la préexistence d’une langue mère d’où ils dérivaient tous, et celle de la communauté d'origine des insulaires qui les parlaient. Enfin, pour complément de cette étude comparative, nous déterminerons le caractère de l’idiome et chercherons à le rattacher au langage avec lequel ïl s'assinilera davantage, afin de déduire de cette identité ou de cette analogie une preuve concluante de la parenté ou de la filiation des deux peuples homoglottes.
Les rapports d'identité ou d'analogie qui résultent de la comparaison des mots de notre catalogue, pris dans les catégories et divisions géographiques que nous avons établies, donnent lieu aux observa-
tions suivanies :
1° On y retrouve plusieurs mots employés généralement dans tou-
tes les îles, savoir :
BANOT, arme de guerre.
BERODE, plante grasse.
BurGADo, coquillage.
GANIGO, pol de terre.
GUIRRE, vaulour.
Gorio, farine d'orge torréfié.
GuaN, fils ou homme.
Mocan, l’arbre de ce nom.
TAMARCR, Manteau de peau.
2° Parmi ceux qui n'étaient communs qu'à quelques îles, mais
dont l'identité n'est pas moins remarquable, on en compte un assez
grand nombre, que nous indiquerons avec les initiales des îles aux-
quelles ils appartenaient :
ACAYRO, nom de lieu. T. C.
ACHORAN, Dieu. T. C.
AGANA, nom de lieu. C. G.
Axo, lait. L. C.
AMURGA, nom de lieu. C. G.
AMAGANTE, Tacine de mauve. T. P.
BuBANGO, citrouille. C. T. P.
CiGuENA, brebis ou chèvre. L. P.
FirGas, nom de lieu. C. L.
GUAYEDRA, td. CT.
GurA, id. €. "T.
GUANCHA, W. T. G.
HERQUE, id. T. G.
MALAGUuA, td. T. C.
TABoNA, pierre tranchante.T. C.
TEmisa, nom de lieu. C. L.
TuxEz, id. T.F.
3 Il est, en outre, un certain nombre de mots qui ne varient que
par l'orthographe ou la terminaison, et plusieurs autres aussi dont
l'analogie est incontestable. Nous les divisons en deux sections: ceux
de la première sont :
ACUZA, ADEXE, AFUR.
ARGUAYO, ARINAS, BENTAGAY, ECBEDEY, GAMA, GUADALUP, GUAYRO, GALDAR, Icon, HERO, HERES, HUHIQUE, .
JACOMAR, MALA, TAMADAYA, TiMA,
nom de lieu.
id.
id.
id.
id.
id.
nom d'homme.
nom de lieu.
id.
id.
id.
id.
citerne.
nom de lieu.
id.
id.
id.
id.
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DÉS Sn SE
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AGUZA, ADEGE, AFURGAD, ARGUAYADO, ARINULE, BENTAYGA, ECHEYDE, GUAMA, GUADALIQUE , GUAYRIA, GUALDA, Ico,
HERA, HERïA, UnHIQuE, HACoMAR, MALAGUA,
TAMADAVA,