‹ Histoire naturelle des Iles Canaries (volume 4)Chapitre 52 sur 72 · TAO · texte numérisé non relu

TAO

SABOR,

nom propre.

nom de lieu.

id.

id.

nom propre.

la femme.

nom de lieu.

nom propre.

id.

id.

nom de lieu.

id.

le conseil.

BONES +SmrOonoppp=

CASA res

TINERFE , kom propre. T., et TENEFE, nom de lieu. C. TACOUTCHE, nom de lieu. C., et TACUETUNTA, id. H. TAGALUCHE, id. G., et TIGALATE, id. 11 TAGANANA , id. T., et TAGARAGRE, id. E:

TENAGUA, id. P., et TENOyA, id. C.

TACORONTE, id. T., et TECORONE, id. H.

TAFURIASTE, id. T., et TEFIRAF, id. H

TIGAIGA, id. T., et TiGaADAy, id. H.

TENOYA, id. CE et BENTENUHYA, nom propre. T.

TACOHEYRE, id. T., et TACEGEYRE, nom de lieu. KF. TAHUCHO, id. T., et TAHICHE, id. L.

TAMARASAYTE, id. C., et TAMASITE, id. F.

TAYA, id. C., et TayGa, id. 11 TINISUAGA, id. P., et TiNASORIA, id. L.

ne noms de lieux. F., et Hvo, id. T.

YEGRE,

Aux remarques que nous venons de faire sur les analogies des différens dialectes canariens, nous ajouterons, d'après les renseignemens de Galindo et de Viera , que le langage des habitans de la Gomère et de l'île de Fer était identique, et qu'il existait les mêmes rapports d’homologie entre les naturels de Lancerotte et ceux de Fortaveniure…

Il est quelques autres observations que nous allons exposer :

L'expression acoran, par laquelle on désignait la divinité à Ténériffe et à Canaria, se retrouve avec une léoère modification dans le mot er-aoranhan, de l'ile de Fer, qui avait la même signification. Le mot haranfaybo ou oranfaybo (le cochon sacré H), présente une égale analogie ; faybo, dans le dialecte des Beny Bachir, devait exprimer probablement un porc, et haran ou oran (pour aoran où acoran) était l'épithète appellative de la divinité, qu'on joïgnait, dans ce cas, au mot faybo, pour désigner l'animal sacré et médiateur dont la présence attirait sur l’île les bienfaits du ciel.

Tamogantacoran, qui exprimait la Maison de Dieu ou le Temple,

était un composé de éamoganten (maison) et d’ÆAcoran (Dieu). Tamo-

nantacoran, la variante du mot canarien, trouverait ainsi son explication et son étymologie dans le nom propre de Tamonante, par lequel on désignaït la prêtresse de Fortaventure.

Le mot guan ou gua (fils de), qui avait la même acception dans tout l'archipel, ferait supposer que la plupart des noms propres et de lieux avec lesquels il se lie, étaient encore des composés. La même observation peut s'appliquer aux mots précédés de l'expression achi (atchi), descendant (de a’yt, tribu en berbère).

Plusieurs mots composés, malgré leur différence, présentent aussi des rapports de signification remarquables : ainsi, quebehi, suivant les auteurs, était le titre distinctif du Mencey ou du seigneur. « On l'employait, dit Viera, comme synonyme de grandeur ou de majesté,» Quebeki Bencomo signifait, par conséquent, le grand roi Bencomo.

L'expression d'artemi était prise aussi dans le même sens, à Canaria, et le titre de guanarteme nous offre un composé des mots guan et arteme, c'est-à-dire fils du souverain. Ærtemi était le titre qui précédait le nom du prince; ainsi l'on disait Ærtemi- Semidan. Les Galdariens, reprochant au vieux Tenesor, leur ancien guanarteme, son alliance avec les Espagnols, lui disaient dans leur langage : « Non, tu n'es plus le fils de l Artemi (1)! »

Certains noms, cités par les historiens, nous semblent de construction espagnole; ainsi, par exemple, en appelant guayrinfanta une princesse de l'île de Palma, les conquérans composèrent évidemment ce nom du mot guayre, qui servait à désigner, à Canaria , un prince ou un personnage d'un rang élevé, et du mot infanta (infante, en langue castillane). IL est surprenant que Galindo et Viera aient accepté sans examen cette expression de guayrinfanta (la fille du guayre ou l'infante) comme appartenant exclusivement à l’ancien langage, sans

s'apercevoir de sa double origine.

(1) Viera, Nolicias, tom. 11, pag. 89.

( 207 } DES RAPPORTS ENTRE LES DIALECTES CANARIENS ET LA LANGUE BERBÈRE.

Dans cette longue et difficile recherche de l’origine des peuples, l'étude de leur langage est, sans contredit, la meilleure voie pour arriver à la connaissance de la vérité, Un nouvel état de civilisation peut amener des modifications dans les mœurs et les coutumes, les effacer même pour les remplacer par d'autres; ces changemens tiennent ordinairement à des causes morales qui influent sur la vie sociale. Le langage au contraire, lié si intimement à la nature des choses, se modifie simplement pour se perpétuer sous d’autres formes. La nation entière peut être anéantie, mais ces grandes révolutions qui emportent tout un peuple ne peuvent détruire le témoignage le plus authentique de son existence, celui qui survit aux hommes, la langue en un mot, qui reste la même, conserve son caractère et se transmet d'âge en âge lorsqu'il n'existe plus rien de cette société qui la parla. Ce fait, dont à chaque pas on retrouve des preuves dans l’histoire, est soumis à trois péripéties distinctes; parfois il arrive que les deux idiomes se fondent en un seul pour produire un langage mixte, comme cela est arrivé en Angleterre; ou bien, la langue des vaincus domine celle des vainqueurs; ou bien encore, c'est celle des conquérans qui remplace celle du peuple conquis : maïs, dans ce dernier cas, outre les souvenirs traditionnels, les inscriptions lapidaires et monumentales,

les documens historiques consignés dans les livres ou les manuscrits,

le nouveau langage conserve toujours quelques traces de l’ancien idiome, reconnaissables à l'étrangeté de certaines expressions, aux dénominations topographiques affectées aux localités, et aux noms propres qui se sont transmis par descendance. C'est le sort qu'éprouva la langue des anciennes populations canariennes.

Presque tous les mots des dialectes que nous avons réunis dans notre catalogue n'ont pas été écrits dans leur véritable orthographe.

( 208 ) Défigurés par une prononciation vicieuse, qui leur imprima ses inflexions et ses mouvemens, nous ne saurions aujourd'hui les rendre à leur véritable rhythme. La terminaison de la plupart de ces mots tient aux formes du langage castillan; toutefois, malgré cette altération , le caractère de la langue originaire se retrouve dans les radieaux, C’est donc à ce type qu'il faut s'attacher: en tenant compte des modifications qu'il a subies, nous remonterons alors, par la comparaison, jusqu à la source d'où il dérive. :

Mais cherchons, avant d'en venir à cet examen, d’autres données non moins importantes,

Il est une question géographique qui domine toutes les autres et se lie naturellement au problème ethnologique que nous nous sommes proposé de résoudre. Quel fat le point de départ de la race primitive que les Européens trouvèrent dans ces îles? D'où provenaient. en un mot, ces populations canariennes isolées entre elles, sans moyens de communication, mais pourtant toutes affiliées par les rapports des dialectes, des mœurs, des coutumes et des caractères physiques et moraux.

Considérées sous le point de vue géographique, les îles Canaries se présentent sur la carte comme des satellites du continent voisin, dont elles ne sont séparées que par un petit bras de mer. Placées à la suite les unes des autres, par leur gisement d'orient en occident, elles sont une prolongation du rameau de l'Atlas qui vient aboutir au cap de Gers. Cet archipel se rattache aïnsi à la masse sous-marine sur laquelle s'appuie la grande terre africaine, et n'est, pour le géologue comme pour le géographe, qu'un fragment isolé de ce continent. Situées à plus de 600 milles de la pointe la plus méridionale de l'Europe, séparées du Nouveau-Monde par la largeur du vaste Océan, il est tout naturel de penser que ces îles ont recu leur population du continent le plus rapproché de leurs côtes. Or, la contrée d'Afrique située en face des Canaries, fait partie du Moghreb el-Aczà

des Arabes, qui avoisine l'ancienne Mauritanie tingitane , et forme actuellement les plus belles provinces de l'empire de Maroc. |

Sans nous arrêter aux Atlantes, vieux peuple dont les annales se perdent dans la muit des temps, et que d’obscures traditions nous signalent comme les premiers possesseurs d’un vaste empire, parcourons rapidement l'histoire plus positive de la terre mauritanienne (1) et des contrées de l'antique Libye.

Cette région de l'Afrique septentrionale, qui se trouve comprise entre l'Égypte au levant et l'Atlantique au couchant, que traverse la longue chaïne de l'Atlas d'orient en occident, et qui s'étend en largeur depuis les bords de la Méditerranée jusqu'aux extrêmes limites du Sahara; cette contrée parsemée d'oases, de vallées, de montagnes, de vastes plaines et d'immenses déserts, fut habitée de temps immémorial par des peuples belliqueux, jaloux de leur indépendance et toujours habiles à la défendre contre leurs ennemis. Quel que soit le nom qu'on leur ait donné, Libyens et Gélules d'abord,

puis Numides ou Maures, ensuite Berbers (2), comme on les désigne le

(1) Nous donnons ici à la Mauritanie l’acception de Salluste : Cetera loca usque ad Mauritaniam Numidæ tenent; proxumè Hispaniam Maur sunt, super Numidiam Gaætulos accepimus.. Gaætulorum magna pars, et Numitæ usque ad flumen Mulucham sub Jugurthä erant; Mauris omnibus rex Bocchus imperitabat. Bell. Jugurth., xxu.

(2) Les Berbers, d’après Ebn-Khaldoun , ont , dès les temps les plus anciens, habité la Mauritanie. « Afrikis, fils de Keïs, fils de Saïfi, l’un des anciens princes hymiarites de l’Yemen, dit cet auteur, donna » son nom à l’Afrique , en arrivant dans cette contrée avec les gens de la postérité de Cham. Mais il y » trouva déjà des peuplades indigènes qui parlaient une langue barbare (berbérah , en arab.), ou mé- » lange confus de sons inintelligibles, et de là leur vint le nom de Berbers. » (Voy. la traduct. de passag. d'Ebn-Khald., liv. ur, ch. 2, par Schulz, Nouv. Journ. asiat., t. n, p. 117). D’autre‘part , on a fait dériver le nom de Berbers, de Ber! Ber! (le désert! le désert), exclamation des Ismaélites, en découvrant l’aride contrée , lors de leur émigration en Afrique. Le Maronite Abraham Ecchellensis a préféré l’'étymologie syriaque de Bar barray, fils du désert. Enfin , plusieurs savans de notre époque ont pensé que l’appellation de Barbari (barbares) , imposée par les anciens à tous les peuples libres qui avaient résisté à la civilisation romaine et parlaient un langage étranger, pouvait avoir donné lieu à la dénomination de Berbers, appliquée aux peuplades de l'Atlas. (Voy. l’article Berbers, de M. d’Avezac, dans l’Encyclop. nouvel., t. x, p. 606). Quant à l’origine de cette nation, voici, selon Ebn-Khaldoun, les différentes hypothèses admises par les historiens. « Quelques généalogistes, dit-il, Les font descendre » d'Abraham, par son fils Nakschan ; d’autres les font venir de l’Yemen, lors de la rupture de la » digue ; quelques autres leur donnent pour patrie la Palestine, d’où ils furent chassés par un roi de

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