DÉSIGNATION : ÉTENDUE
1. La zone des Vignes, . . depuis o jusqu’à 1,200 ou 1,800 pieds au-dessus. La zone des Lauriers, . . . . 1,800 à 5,400 . . . .. Id. - Bazone des Pins) .:. 74:41 0,400 à 7,800 : . 1. Id.
. 7,800 à 10,500 . . . . . Id.
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. La zone des Retamas, . La zone des Graminées,
Nous nous abstiendrons pour le moment d'expliquer les motifs qui nous ont déterminés à adopter d'autres divisions; il nous suffira d'observer :
1° Que la désignation de zone des vignes ne saurait caractériser d'une manière précise l'espace compris entre le rivage et les bois de Lauriers, attendu que les vignobles m'en occupent qu'une trèspetite partie, qu'ils me s'étendent jamais jusqu'à la mer et s'arrétent bien avant d'arriver à la région des forêts.
2° Le Quercus Canariensis de Brouss., (Wild., plant. hort. Berol., Enum. 1809, p. 975) que M. de Humboldt indique dans la seconde zone, celle des Lauriers, n'est probablement que le Quercus pubescens un peu modifié par le climat ét introduit, avec les châtaigniers, par les premiers colons, quelques années après la conquête de Ténériffe. En outre, l'étendue qu'il donne à la région némorale dépasse de beaucoup ses limites naturelles, surtout vers le nordest de l'île.
3 Quant au Juniperus Cedro de Brouss., qu'il a placé dans la troisième zone, celle des Pins, nos recherches sur cette espèce, aujourd'hui si rare, nous ont presque donné la certitude qu'elle dut occuper autrefois des stations plus élevées.
4 Enfin, la quatrième et la cinquième zone, la région des Retamas et celle des Graminées, comprennent, suivant M. de Humboldt, des hauteurs qui égalent à Ténérifle les cimes les
(38 ) plus inaccessibles des Pyrénées. C'est en effet ce qui a lieu pour les Retamas (Cytisus nubigenus ); mais non pas pour les Graminées dont il n'exisie que deux espèces dans la haute région, le Festuca Myurus et le Festuca laxa. La culture des céréales ne s'étend pas au-dessus de 4,800 pieds, et M. de Humboldt à sans doute été trompé par de faux renseignemens : Broussonet, qui les lui fournit, herborisa peu lui-même ; son fidèle Joseph, ce compagnon de ses émigrations, fut son collecteur d'habitude. A la mort de l'illustre professeur de Montpellier, il fallut souvent avoir recours à son zélé serviteur pour s'assurer des habitats de certaines plantes que les herbiers du maître avaient fait connaître depuis long-temps sans aucune indication. (1) Quelques espèces des genres Æristida, Polypogon, Bromus, Lamarckia, Aira, Panicum , Setaria, etc., ramassées dans les environs de Chasna, le village le plus élevé de l'île (à 4,008 pieds), auront fait croire à Broussonet, que les Graminées s'étendaient encore plus haut, et que, semblables à ces plateaux supérieurs de nos montagnes alpines, les sommets de Ténériffe possédaient aussi ces herbages naturels qui se renouvellent et se couvrent de fleurs après la fonte des neiges. Nous pouvons assurer que parmi les plantes sociables qui foni partie de la Flore Canarienne, les Graminées sont celles dont les agroupemens sont moins notables. Le nombre des espèces de cette famille arrive à peine à quatre-vingt, leur spontanéité est due pour la plupart à des causes accidentelles, et ces apparitions fortuites, quoique devenues constantes par des reproductions successives , restent pourtant assujetties aux mouvemens des populations agri-
(1) Dans les dernières années de sa vie, Broussonet avait presque entièrement perdu la mémoire et ne pouvait plus fournir de renseignemens sur les stations et les habitats de certaines plantes éparses dans son herbier sans la moindre indication. « Demandez à Joseph, » disait-il, lorsqu'on lui faisait une question relative à une des localités dont il avait oublié de prendre note. Joseph souvent répondait juste, et, grâce à ses souvenirs, quelques espèces qu'on croyait originaires des Canaries furent reconnues pour avoir été recueillies à Mogador.
coles; elles cessent avec les cultures et se manifestent de rechef dans les endroits où de nouvelles exploitations viennent étendre le domaine du cultivateur. Il est vrai que quelques espèces plus vivaces fmissent par saccommoder aux conditions d'existence qui ne contrarient pas trop leur développement, mais ces sortes d'acclimatation sont rares, et l'on voit ordinairement ces plantes naturalisées se reproduire dans des localités qui trahissent leur origine; rarement on les rencontre mêlées dans ces brandes couvertes d'espèces canariennes, ni dans les ravins où la végétation primitive semble sêtre réfugiée. On compte à Ténérifle très-peu de Graminées endémiques (1) et presque toutes restent confinées dans le voisinage des côtes. Parmi les espèces introduites, la plupart se trou vent confondues avec les céréales et croissent sur la lisière des champs, le long des chemins ou aux alentours des habitations.
Nous ne saurions: donc admettre aux Canaries une région de Graminées : en s'avançant vers les climats des tropiques, les espèces de cette famille cessent de se présenter en masse et ne se montrent plus que disséminées et pour ainsi dire perdues au milieu des autres végétaux; le Tristegis glutinosa, qui envahit les montagnes déboisées du Brésil, est peut-être la seule espèce qui fasse exception à cette loi (2).
Il serait inutile de nous arrêter plus long-temps à cette première ébauche de la géographie botanique de Ténériffe, et nous passerons de suite à un travail plus récent, celui que M. Léopold de
(1) M. Léopold de Buch, selon ses idées sur les migrations des plantes et leur spontanéité accidentelles, a été encore plus loin que nous et n’a reconnu aucune Graminée indigène aux Canaries. (Voy. Archiv. de bot. Coup-d'œil sur la flore des êles Canaries; traduct. de l’allém.) Nos opinions sur ce sujet ne s'accordent pas tout-à-fait avec celles de ce naturaliste, et sans qu’il soit nécessaire de les discuter ici, nous ferons remarquer seulement que Festuca laxa, V’Aristida gigantea et le Dactylis Smithi n’ont été encore recueillis qu'à Ténériffe. Deux autres espèces, le Phalaris Canrariensis et le Saccharum Teneriffæ, qu’on retrouve aussi ailleurs, furent d’abord découvertes dans ces îles.
@) Voy. Aug. de Saint-Hilaire, Tableau de la végétat. primit. dans la province des mines.
(40 ) Buch a publié en 1825, dans un ouvrage en allemand, sous le titre de Description physique des îles Canaries (1). Les renseignemens qu'il a donnés, dans le quatrième chapitre, sont le résultat de ses observations et de celles de son zélé compagnon Chr. Smith, dont tous les phytologues ont déploré la perte.
L'île la plus élevée du groupe à aussi servi de cadre à la distribution phytostatique de M. de Buch : il a divisé Ténériffe en cinq régions désignées de la manière suivante.