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CHAPITRE SECOND

DISTRIBUTION PHYTOSTATIQUE.

Les terrains ont leurs exigences; les disséminalions, les migrations des végétaux, ont leurs caprices; et les diverses régions du globe, diversement dotées dans les distributiuns primitives, livrent à l'influence des climats analogues des séries d'espèces souvent très-différentes.

Ramon.

La répartition des plantes, considérée sous le rapport des espèces qui dominent en plus grande masse depuis les bords du rivage jusqu'aux sommets culminans,-et les relations de la végétation avec les climats, ont servi de: base à notre distribution phytostatique; mais avant d'en présenter le tableau, nous dirons un mot des notions que l'on avait déjà sur la géographie botanique des Canaries.

Broussonet, qui résida plusieurs années dans cet archipel, y conçut l'heureuse idée d'une distribution géographique des êtres organisés, dans laquelle on auraït pu répartir toutes les espèces du globe. Il appliqua d'abord cette grande pensée à la botanique et communiqua ses essais à un des savans les plus illustres de notre époque, M. de Humboldt, qui, appelé sur un plus vaste champ, devait doter la science d'une série d'observations qu'on prendra toujours pour modèle. M. de Humboldt ne s'arrêta pas assez à Ténériffe pour se livrer à une étude approfondie de la végétation de cette île; mais plus tard, les beaux travaux de ce

naturaliste vinrent jeter de nouvelles lumières sur une des bran-

ches les plus importantes de la phytologie; les grandes généralités qu'il proclama furent le prélude de recherches plus spéciales, et bientôt après, les noms de Wahlenberg, de De Candolle, de Robert Brown, de Ramond, de Mirbel et de Schouw prirent rang parmi nos maîtres.

Adoptant les idées de Broussonet, alors que la géographie botanique commençait à sortir de l'oubli où on l'avait laissée depuis que Linnée en avait indiqué les principes (1), M. de Humboldt divisa le sol de Ténériffe en cinq zones ou régions de plantes superposées les unes aux autres et occupant, à partir du littoral, sur les pentes rapides de l'île, une hauteur absolue de 10,500 pieds. En indiquant cette altitude comme la limite de la végétation sur les montagnes voisines des tropiques, cet habile observateur fit remarquer la différence existante avec la région des Pyrénées, qui, située à quinze degrés plus au nord que les Canaries, ne peut nourrir de plantes qu'à 13 ou 1400 toises d'élévation perpendiculaire, à cause des neiges permanentes de la zone supérieure. Si à Ténérifle, la force expansive des végétaux semble s'arrêter à environ 900 pieds en dessous du sommet du pic de Teyde, « ce » nest pas, dit M. de Humboldt, que les glaces éternelles et le » froid de l'atmosphère ambiant lui oppose des limites qu'elle ne » peut franchir; ce sont les laves scorifiées du mal pais et les » ponces broyées et arides du piton qui empêchent la migration » des plantes vers les bords du cratère: » (2) Nous avons eu plusieurs fois occasion de constater l'exactitude de cette remarque, mais nous ajouterons aussi que la raréfaction de l'air et son excessive sécheresse nous ont semblé deux autres causes non moins

influentes de l'aridité du sol.

(1) Lin., Siationes plantarum in Amænit. academ. Edit. Scures , tom. 1v, pag. 64 et suiv. (2) Voy. Voyage aux régions équinoriales, tom. 1, pag. 403 et suiv.

(37) Les divisions phytostatiques signalées par le savant auteur du

Voyage aux régions équinoxiales, sont les suivantes :

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