DANS DEUX DIFFÉRENTES LOCALITÉS
Aux remarques particulières que nous venons d’exposer sur les influences climatériques auxquelles la végétation est subordonnée à des altitudes diverses , nous ajouterons quelques renseignemens sur la température du littoral.
Le professeur Don Juan Bandini a consigné, dans un traité élémentaire d’agriculture (1), les résultats de dix années d’observations sur la température de la grande Canarie (/a Ciudad de las Palmas) : nous reproduirons ici ses propres annotations,
Variations du thermomètre dans le courant de l’année.
En Janvier. . . . . .. de 16°,67 à 18°,89 C. En Juillet . : . . . .. de 22,92 à 95°,56 C. » Février. . : . . .. » 170,22 » 190,14 D'AOÛT TT Rte eee » 240,44 » 970,99 DA MATS EU eee » 180,33 » 19°,14 » Septembre. . . . .. » 240,44 » 990,44 DAANTIN US ee mere » 180,33 » 20°,»» » OCtObre. . . » 260,67 » 31°,67 SOMIAT = ee ee » 18°,89 » 21°,11 » Novembre... . : .. » 18°,33 » 26°,67 Ho so lagtadeen © » 200,56 » 220,78 » Décembre. . . . .. » 16°,11 » 19°,44
Les travaux de Don Francisco Escolar (2), qui résida plusieurs années aux Canaries , nous ont fourni les données suivantes sur les températures moyennes, déduites, mois par mois, depuis le commencement de mai 1808 jusqu’en août 1810.
Ent JANVIER ee 1 - 17°,70 C. Bnninliets 25 ec 12 250,15 C. MÉEVTIERE = eut 225 se . 179,93 DPAOULS M ST Si et Ut ADM ON 26°,05 D ME RME ER eo MIE Ne 19°,53 SRSEPLEMPrE RS NS RU 0 259,21 D AU PER M CO t 19°,62 PMOGIORTEL SE ere er ct 230,70 DL rs on Choses 2h18 00 290,28 » Novembre. . . .. .. ..... 21°,35 DT dd - 23°,27 HADÉLEMDTE = 10770
En comparant les données de ces deux séries d'observations, on s’aperçoit d’une différence notable dans la température des deux localités ; à la Ciudad de las Palmas, la plus grande chaleur n’a pas lieu au mois d’août, comme à Sainte-Croix , mais au mois d'octobre. M. de Buch , qui a eu soin de citer cette anomalie (3), fait remarquer qu’elle est d’autant plus surprenante que, jusqu’en septembre, la chaleur est plus faible à la Canarie que dans les autres îles ; qu’elle augmente ensuite rapidement, et atteint bientôt celle des contrées les plus chaudes des tropiques. Ce savant géologue attribue la cause de cette différence à l'influence des vents régnans ; mais la structure orographique et la constitution physique du sol doivent aussi contribuer puissamment dans ce phénomène. La Ciudad se trouve adossée d’un côté à de hautes falaises , et cernée de l’autre par les dunes de sable blanc de la presqu'’ile qui l’unit à la Isleta. Dans les mois de l’année où les calmes règnent le plus fréquemment, c’est-à-dire depuis août jusqu’en oc-
(1) Lecciones elem. de Agricultura. Laguna de Tenerife, 1816, tome 1, pag. 24. (2) Diario meteorog., Mss.
(3) Voy. L. de Buch, Physical. Beschr: der Can. Ins., p. 65.