EUPHORBIACÉES
Euphorbia Paralias. Env — heterophylla. HYPÉRICINÉES.
— Mauritanica. Hypericum grandifolium.
— balsamifera. Lu — piscatoria.
—— Canariensis. LINÉES.
Ricinus communis. Linum strictum.
Observation. Durant notre séjour à Lancerotte en 1829, nous poursuivimes sans relâche nos herborisations depuis le 25 mai jusqu'au 15 juillet : la saison était déjà avancée pour les plantes annuelles, on venait de faire la moisson, beaucoup de graminées, et les autres espèces qui croissent ordinairement dans les blés, avaient disparu; nous n’avons donc mentionné, dans la liste précédente, que les plantes assez robustes pour braver la chaleur du climat, ou bien celles qui, malgré leur faiblesse, se trouvent placées dans des conditions d’existence plus favorables. Le nombre des espèces omises ne peut cependant être considérable, et nous avons tout lieu de croire que notre
catalogue donne une idée assez juste de l'ensemble de la végétation de l’ile et des rapports numériques des espèces de chaque famille.
Lancerotte, par son aspect comme par sa forme, semble un lambeau détaché de l’Afrique occidentale; constamment balayée par les vents généraux (E.-N.-E.), l'Harmatan du désert (le vent de S.-E.) y fait sentir aussi sa funeste influence; ses plaines arides et sablonneuses sont rarement arrosées par les pluies ; le pays en général manque de sources et les arbres n’y prospèrent pas. La végétation éparse sur cette île, la plus volcanisée des Canaries, ne se présente ni en masse, ni par groupe; les plantes sont cachées dans des crevasses ou disseminées çà et là dans des espaces incultes. La flore si caractéristique des autres îles de l'Ouest n’y joue qu’un rôle secondaire : relégués sur les cimes de Chaché, à l'altitude de 1,773 pieds, le Myrica Faya, V' Erica arborea et Y Hypericum grandifolium s’annoncent comme les dernières limites de la région des bois vers lorient de l'archipel; trois plantes de l'Europe tempérée, qu’on ne retrouve pas dans les autres îles , accompagnent ces végétaux des montagnes; ce sont le Melica ciliata, le Thrincia hirta et une espèce de Barkhausia, peut-être la même que celle de Madère. Les. Lauriers durent ombrager autrefois ces crêtes dévastées; quelques vieux troncs subsistent encore, mais bientôt ces points de repère de la végétation némorale disparaitront à leur tour, et les insulaires de Lancerotte perdront jusqu’au souvenir de leur existence. Le Cÿnara horrida croît en abondance dans les alentours de l’ermitage de Notre-Dame-des-Neiges (Nuestra-Serora-de-las-Nieves), le point le plus élevé de la chaîne de Famara (1). C’est uniquement dans cette localité, et contre les murs de la Sainte-Chapelle, que nous avons recueilli une belle variété du Borrera Atlantica, si commun sur les buissons des environs de Tanger et dans les îles boisées du Guadalquivir.
On dirait que l'élite de la flore de Lancerotte s’est réfugiée le long de la chaîne de Famara et sur les rochers escarpés de Guatifay; toutes les espèces qu’on y rencontre sont rares ou nouvelles. Nous citerons surtout parmi les plantes dont l'aspect nous a le plus frappé, le Satice puberula, Nob., le Linaria heterophylla que Schousboe trouva le premier dans la Mauritanie, l’Arenaria procumbens d'Égypte ; une belle variété du Picridium Tingitanum à feuilles dentelées comme celles du houx, le Thymus origanoides, Nob., une nouvelle espèce de Satureja et un Graphalium qui prend la forme d’un petit buisson.
La végétation côtière des Canaries occidentales est moins prononcée à Lancerotte, l’Euphorbia Canartensis et le Xleinia nertifolia ÿ sont plus clair-semés; le long des plages, les Salsola et les Chénopodtes digneuses se mêlentavecl’Erphorbia Mauritanica et V Euphorbia piscatoria. Deux autres plantes abondent dans toute l'ile, la triste 4/hulaga (Prenanthes spinosa), qu’on retrouve en masse sur la bande méridionale de Ténérifle , et le Sonchus divaricatus , autre espèce des déserts d'Afrique, que l'infatigable Wallich a ramassé aussi dans l'Inde, aux environs de Sabarunpore.
La plaine de Mala nous a fourni également quelques végétaux curieux : d’abord le Lobularia Lybica, rapporté par Oudney et Della Cella des grands Syrtes de la Cyrenaïque, puis une nouvelle espèce d'Ononis, VO. ocreata, Nob., qui a beaucoup d’affinité avec le vaginalis, V'Ononis serrata, deux Mesembryanthemum et V'Aizoon Canariense, qui croît aussi dans les sables de l'Arabie.
Autour du port d’Arecife, diverses plantes de la région maritime couvrent par intervalle la nudité du sol : ce sont, le Lotus trigonelloides, Nob., le Reseda subulata de l'Égypte, et plusieurs Chénopodées rabougries. On voit parmi ces espèces un petit Bupleurum annuel (B. glaucum ?) qui atteint à peine deux ou trois pouces de hauteur et garnit les creux où la terre végétale a conservé quelque humidité.
Il est encore d’autres espèces de l’ancien continent qu’on retrouve confinées dans cette ile et qui ne se sont jamais reproduites dans les autres parties de l'archipel : le Ruta bracteosa, par exemple, s’est fixé à la base de la montagne de la Corona, sur les pentes méridionales de ce cône volcanique ;
(1) Environ 1,773 pieds, d’après les évaluations de M. de Buch.
V'Anacyclus clavatus ne se montre que dans l’intérieur, près du bourg de Saint-Bartolomé. Ces cas d’isolement sont nombreux aux Canaries, et il nous a semblé curieux de réunir à la fin de cette note les diverses espèces exclusives à Lancerotte et à Fortaventure.
Melica ciliata.
Asparagus horridus.
Statice puberula.
— pruinosa.
Sonchus divaricatus.
Barkhausia sp. n.
Thrincia hirta.
Andryala cheiranthifolia.
Anacyclus clavatus.
Gnaphalium gossypinum. Nob.
Thymus origanoides.
. Satureja sp. n.
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