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ORDRES d'oiSECTES.
Noos l'ayons dit j les rapports qne la nature a établis entre les êtres varient de tant de manières différentes, qu'il est impossible de former une série naturelle, dans la métbode , en prenant pour base un seul caractère , quelque important qu'il soit
Ainsi , nous avons été obligés de placer ici tout un ordre dlnsectes qui subit trois métamorphoses , au milieu dlnsectes qui n'en subissent aucune , parce que les Puces, qui , jusqu'ici , ne forment qu'un ou deux genres, tiennent intimement aux Insectes para* sites , et que ceux-ci , par le râle qu'ils jouent dans la nature , ne sauraient se séparer des Âcarides , quoique par leur organisation très-variée ils difièrent beaucoup, non-seulement des Acarides , mais même entre eux , participant en quelque sorte , par leurs rapports naturels, à plusieurs classes de la grande division des Insectes. C'est par cette raison que nous avons donné , aux différentes tribus qui subdivisent les Insectes pa« rasites, les noms des dasses dlnsectes auxquelles ils ont le plus de rapport, qu'avait adoptés Fabricius, et dont on ne se sert plus que pour étudier ses ou«vrages.
Même le caractère essentiel de toute la division des Insectes Aptères, /M>mt faites nid^élytres^ n'est pas tellement absolu qu'il puisse à lui seul circonscrire
d*ane manière certaine les limites de cette grande division des animaux invertébrés et articulés. Aussi Brunnich, en 1 764, en s'attachant à ce caractère unique, et en le poursuivant dans toutes ses conséquences , a-t*il domié le plan d'une méthode où dans la classe des Aptères se trouvent placés des Insectes qui appartiennent aux Hémiptères , aux Orthoptères , aux Hyménoptères; et où le sexe mâle de certaines espèces d'Insectes sont dans une classe , et les femelles dans une autre ; où même les larves de certaines espèces se trouvent classiquement désunies de llnsecte parfait. Mais nos méthodes doivent se conformer à l'ensemble des rapports que la nature a établis entre les êtres , et non pas aux apparentes exceptions que nous y découvrons. Toutes les classes, tous les ordres, tous les genres , toutes les familles des êtres se tiennent par des rapports quelconques , soit de ressemblance , soit d'analogie , soit d'affinité , soit de conformité ; et il arrive quelquefois que par l'oblitération de certaines parties essentielles dans un genre, ou une espèce, un rapport d'analogie apparent n'est réellement plus qu'un rapport de ressemblance, et que par conséquent il ne peut servir à déterminer la classe à laquelle ce genre ou cette espèce doit appartenir*
Ainsi la Punaise des lits , qui , comme la Puce dans les Aptères, est aussi parasite de Thomme , n'a ni ailes ni ély très , et cependant tous ses autres rapports, d'ana* logie, et d'affinité, ne permettent pas de la placer ailleurs que dans la classe des Hémiptères , et avec les autres Punaises qui ont des ailes et des ély très.
Ainsi , certains Pucerons , et plusieurs espèces de 0>ccus, et les Termites, appartiennent aussi à la
46 IH8KCTES APTÈRKS.
division des Hémiptères, et sont, dans un de leur sexe y Aptères ou dépourvus d'ailes.
Ainsi les Mu tilles et les neutres des Fourmis, et certains Ichneumons, sont aussi Aptères ou entièrement dépourvus d ailes ou d*ély très , et tous cependant appartiennent sans aucun doute à la division des Hyménoptères.
Ainsi certiins Grillons et certaines Sauterelles vivent longtemps sous l'état de nymphes, ou même d*Insectes parfaits , sans ailes ni ély très , ils sont Aptères ; et cependant, par Tensemble de leurs rapports, ils appartiennent à la classe des Orthoptères , et non à celle d^s Aptères. Ainsi, la femelle du Vers luisant ou Lampyris est pareillement dépourvue d*ailes, et est par conséquent Aptère ; mais son mâle qui a des ailes et des élytres , et tout l'ensemble de son organisation, rattachent ce genre à la grande division des Coléoptères.
D'un autre raté , plusieurs des Insectes de la classe des Aptères ont, avec ceux des autres classes , des rapports de ressemblance propres à faire illusion aux observateurs qui ne sont pas naturalistes.
Certains Acarides , du genre Ixode , par leur forme aplatie , les taches de leur dos , simulant un ccusson, ou des élytres , les bords divisés de leur abdomen, ressemblent à des Punaises.
Dans les Dicères Myriapodes, lesCermaties ou Scutigères, parles plaques allongées de leur dos, simulent les demi -élytres des ForGcules, ou Perces-Oreilles, et les pinces qui existent h l'extrémité de l'abdomen de ces Insectes , comme dans les Cermaties , ajoutent encore aux rapports d'analogie qui existent entre ces deux genres.
Les Aphaniptères , ou les Puces , ont des radimenls
DBS ORDRES. fy]
d'ailes et d'ély très qui , joints à leur métamorphose , ajoutent aux affinités de cet ordre avec celui des Insectes ailés.
Certaines larves d*Tnsectes, telles que celles des Fourmis -Lions parmi les Orthoptères, des Ciccindélies dans les Coléoptères , ont , par leurs pinces ou leurs crochets, la plus grande ressemblance avec plusieurs genres Aptères- Acères , ou même Aptères-Dicères.
Les lanres des Blattes, qui sont des Hémiptères, ressemblent aux Glomeris, qui appartiennent à Tordre des Myriapodes.
Tous les genres de Tordre des Épizoîques | et de ce« lui des Aphaniptères, ont de grands rapports d'analogie avec certains genres d'Orthoptères, dHémiptères ^ de Diptères et d'Hyménoptères.
Sous beaucoup de points de Tue, tous les Insectes Aptères ressemblent à des larves de Crustacés i et d'insectes i qui attendent ua développement plus complet.
Ainsi les larves des Carabes et des Dytiques, et sur» tout celles des Gyrins, ressemblent beaucoup aux Soo* lopendres , et les larves des Coléoptères Pétalocères ^ celles Ae% Scarabées , des Lucanes , ressemblent aux Jules dans Tétat parfait ; la larve de TÉlater Segetia ressemble au Jule nouvellement éclos.
Certains Pous, dans les Aptères Dicères , sont semblables aux lanres des Coccinelles dans les Coléoptères, La larve du Meloé Proscarabée , parasite de T Abeille , a été longtemps prise pour un Insecte , de Tordre dee Épisoïques, par plusieurs naturalistes ■. et Tun dea lAtta émiatnts, ne oonoaissant pas la, métamorphoitf
que subit cette larve, en avait fait un genre dans les Aptères.
Les larves des Termites et des Psocus , de la classe des Hémiptères, ressemblent à plusieurs Epizoïques. Celles des Pucerons, des Chermes et des Thrips, ont leurs analogues dans la classe des Dicères Hexapodes, et dans Tordre des Tbysanoures , c est«à-dire dans les Podures et les Smintbures.
Les Aranéides, qui diffèrent tant des Hyménoptères et des Diptères par leur organisation , ont cependant un caractère d'analogie avec le plus grand nombre des Insectes de ces deux classes , c'est d'avoir, comme eux, un abdomen pédicule, ou en quelque sorte suspendu au corselet par une tige qui attacbe ensemble ces deux portions du corps.
Quelquefois il existe d'étonnants rapports de ressemblance , et même d'affinité , entre certains Aptères et d'autres Insectes , que leurs organes essentiels éloignent et placent dans des classes très-différentes.
Ainsi , rien n'est plus semblable aux Gloméris, dans la classe des Myriapodes , que les Cloportes , et surtout ceux du genre Armadille , qui , comme les Gloméris, se roulent en boule , et cependant les quatre antennes des Cloportes , et l'organisation de leur boucbe , les séparent des Dicères Myriapodes , et les a fait réunir avec juste raison aux Crustacés.
. Rien ne ressemble plus à une Ecrevisse qu'un Scorpion de grande dimension , et cependant il y a bien plus de rapports d'analogie, et d'affinité, entre ces Insectes et les pbalangides , auxquels ils ressemblent fort peu , qu'avec aucun des individus de la classe des Crustacés, h laquelle l'Ecrevisse appartient. Ces bras en pince , qui donnent au Scorpion une si grande ressem-
blasce avec l'Ecreyisse , sont plus différents qu'on ne le croit à la simple vue de ceux qu on remarque dans ce Crustacé. Dans celui-ci , c'est le doigt intérieur qui se meut , et dans le Scorpion c'est le doigt extérieur
La Mouche Panorpe, dans les Diptères, ressemble aussi au Scorpion par l'amincissement de son abdo* men , qui forme comme une sorte de queue terminée par un bouton ovale , qu'elle relève en Tair comme le Scorpion.
Ces singuliers animaux, à corps linéaire, parasites des Cétacés et des Poissons , les Nymphons , les Proxichiles , sembleraient devoir entrer dans l'ordre des Épizoïques , avec lesquels ils ont de fortes analogies ; mais la configuration de leurs bouches , leur défaut presque absolu d'abdomen, leur donnent de plus fortes affinités avec les Crustacés, et c'est avec raison que l'habile naturaliste chargé , dans le grand ouvrage dont celui-ci ne forme qu'une portion, de l'Histoire natorelle des Crustacés , a compris ces invertébrés dans cette classe.
Dans les Diptères , les Conops et les Hippobosques se rapprochent , comme parasites et par leur organisation , des Aptères Épizoïques ; mais le Conops carnus y qu'un savant aptériste a placé dans l'ordre des Epizoïques, ne peut, d'après la rigueur de la méthode , être rangé dans la grande division des Aptères , car il ofire encore des rudiments d'ailes , et ses organes de la bouche le rapprochent trop des Stomoxes pour n'être ' pas mis dans la classe des Insectes ailés. De même , les Hippobosques ou Mouches parasites du cheval et d'autres animaux, ont des rudiments d'ailes bien distinctes , qui ne permettent paa de les sortir de la classe des Diptères ; mais
▲PTÈRE5, TOME I. 4
5o rirsBCTis aptères.
il existe dans les EpizoYques Antliates des genres très-Toisins des Hippobosqucs , qu'on doit faire rentrer dans la classe des Aptères , parce qu'ils ne présen* tent point de rudiments d ailes ni de balanciers ; ce sont les Mélophiles , parasites des moutons et autres animaux ; et les Nycteribies , parasites des Chauves- Souris et autres animaux, dont les espèces étaient à tort inscrites dans le genre Hippobosque. Ces genres sont cependant puppipares comme les Hippo» bosques, c'est-à-dire que les femelles ne pondent point des osufs, mais des nymphes. D'un autre côté, les Apbaniptères à métamorphoses complètes ont, par leurs rudiments d'ailes ou d'ély très , des rapports frap« pants avec les Hémiptères et certains Diptères, et, par les maxilles palpi gères de leurs suçoirs , avec les Hyménoptères.
La première classe des Aptères , qui ne subit point de métamorphose , se rapproche aussi de la troisième par les mues qu'elles subissent ; par la faculté qu'ont certains Acarides d acquérir une paire de pattes de plus, peu de temps après leur naissance , ce qui les rapproche tous des Dicères Myriapodes , qui acquiè* rent aussi , peu après leur naissance , de nouveaux segments de corps avec les pattes qui y sont attachées ; genre de métamorphose qui rapproche la division des Aptères de celle des Hémiptères.
Par les Apbaniptères , les Aptères se rapprochent aussi des Hyménoptères et des Diptères , car la larve des Apbaniptères ressemble à celle des Tipules, tandis que la nymphe se rapproche de la nymphe d'un Hyménoptère, par le relief complet des membres. Les Apbaniptères tiennent encore à la classe des Ap* tèrct Acérés par la petitesse de leurs antennes, si cour-
tes , à peiiie visibles^, et semblables à celles des Ricins t ee qu on arait d'abord pris pour des antennes , dans les Aphaniptères , étaient des palpes maxillaires.
En établissant la série de nos classes , et de nos or* dres, d'après la considération des différences les plus importantes dans les organes de la boucbe y nous aYtal été obligés de négliger des rapports d'aiEnités diraes d'attention , qui rapprochent , sous d'autres pointé dé Tue, certaines classes , et certains ordres , que nous arona séparés. Ces rapports tendraient à faire reconnaître dai|s la méthode une série différente de la nôtre, mais ils rompraient des affinités plus importantes que ceUes auxquelles nous avons cédé.
Ainsi , sous les rapports des organes du mouvement, certains genres dans les Phalangides, et dans les SoU pagides , serapprochentplusdes AranéidesetdesPhrj^ néides que des Scorpionides , auprès desquels nous les avons placés. D'autres genres de Phalangides, tels qnelesTrogules, s éloignent, plus que les autres genres du même ordre, des Scorpions par la bouche, et s'en rapprochent par le peu de longueur de leurs pattes : comme par la bouche, par les pattes , et par la forme du corps , les Trogules ont de l'affinité avec certains Acarides.
Les Aranéides, les Phrynéides, les Scorpionides, ont un système de respiration qui se rapproche de celui des Crustacés ; ces Aptères ont des branchies pulmo» naires et non de simples trachées.
Les Phalangides, par le genre Trogules et autres^ conduisent naturellement aux Acarides, et s'y trouvent intimement liés parla famille des Oribates , dont le corps est segmenté. Les Acarides nous conduisent aux Dicères hexapodes par leur rapprochement avec
5a INSECTES APTÈRES.
les Épizoïques : ce serait s'écarter du but de la méthode que de prendre pour base de nos divisions le mode de respiration, quoique nous devions nous aider, de ce qui en est connu, pour nous éclairer dans la forma* tion d'une série naturelle. Le mode de respiration ne pouvant être vérifié sans des dissections difficiles , ou impossibles, ne saurait être donné conmie caractère fondamental dans la méthode. D'ailleurs , ainsi que nous l'avons déjà dit , toutes les observations concourent à prouver que la nature n'a pas attaché dans les anin\0ux invertâirés , articulés , qui n'ont pas de circulation , la même importance à ces organes que dans les animaux à sang chaud , et chez lesquels il existe une véritable circulation. Il y a même des Aptères, tels que les Aranéides , où la nature a réuni les deux moyens de respiration, ou plutôt les deux moyens de faire pénétrer l'air dans l'intérieur des vaisseaux de ces Insectes ; car ici le mot respiration est incorrect , puisque là ou il n'y a pas de circulation , il n'y a pas de respiration : dans ces Insectes il y a un mouvement péristaltique du fluide animal , mais point de vraie circulation. Dans des animaux de classes plus relevées , ne voyons -nous pas, dans le anéme individu, des modes de respiration différents Alors même , qu'en principe, il serait reconnu vrai qu» nous devons fonder nos divisions méthodiques, d'après la fonction importante qu'on a appelée mode de respiration dans les Insectes, la science anatomique et physiologique, relativement à ces animaux, n'est pas encore assez avancée pour que nous puissions en faire des applications exactes. En préférant cette considération à celle des organes extérieurs , on s'exposerait à commettre des erreurs qui rompraient les rapports le»
plus naturels , et jetteraient de la confusion dans la méthode.
Lia classe des Dicères Myriapodes que , dans la série qui nous a paru la plus naturelle , nous avons dû séparer des Acérés par celle des Dicères Hexapodes , s'en rapproche cependant par beaucoup de rapports. De tous les Aptères, les Dicères Myriapodes sont peut-être ceux fjui se rapprochent le plus de la grande division des Crustacés, que les Insectes Aptères doivent suivre immédiatement dans toute bonne méthode générale des animaux invertébrés, articulés ou à sang blanc. Comme les Crustacés, ils ont des antennes; et d'un autre côté, par les crochets labiaux onguiculés d'un de leurs ordres , les Dicères Myriapodes se rapprochent beaucoup des Aranéides, des Scorpionides , des Phry néides. Les Syngnathes, dans les Dicères Myria}k>des, ont aussi un grand rapport de ressemblance avec les Scorpionides par les téguments de leurs corps. Dans tous les autres Acères , ces téguments , soit qu'ils soient durs ou mous , enveloppent tout le corps , et offrent un derme homogène ; tandis que dans les Scorpions et les Scolopendres , le dos et le ventre sont recouverts par des plaques coriaces , et les côtés sont enveloppés d'un derme mou, plissé, vésiculeux, et d'une toute autre nature.
Les Thysanoures , les Lépismes et les Podures ont beaucoup de rapports d'analogie avec certains Parasi* tes ; leurs yeux lisses et simples les rapprochent des Jules ; les appendices de leurs segments abdominaux , propres au saut , et leur corps aplati sont des rapports qui les lient aux Scolopendre3 ; l'oblitération des organes de la bouche , dans certaines espèces , et les écailles brillantes qui les couvrent, sont des rapports
qui les lient aux Lépidoptères ; et le déreloppement de leurs trophies , ou organes de la manducation , les assimile aux Insectes mandibules, aux Eleulbérates et aux Piézates les mieux organises.
La division des Insectes Aptères , dans quelques* uns des ordres quelles contient, a des rapports de ressemblance avec d'autres divisions dlnsectes, dont l'organisation est toute différente, par une faculté qui leur est commune , celle de produire de la soie. Cette faculté est portée, dans les Insectes Aptères, à son plus haut point dans l'ordre des Aranéides, et, dans les In* acctes ailés , chez les larves des Lépidoptères ou les Chenilles. Mais parmi les Coléoptères, les femelles du genre Hydrophile enveloppent aussi leurs petits dans un cocon de soie ; et certains Trombidies, comme certaines Pinces ou Chélifères , filent, comme les Ara** néides , une toile pour s'abriter.
La larve des Aphaniptères a aussi la faculté de se filer un cocon, ce qui fournirait une nouvelle analogie, entre l'ordre des Aphaniptères , et la grande division des Lépidoptères. Une observation de Réaumur, com* binée avec les recherches d'un savant anatomiste de nos jours ( M. Léon Dufour ), ne permet guère de doo* 1er que certains Hyménoptères, ne possèdent aussi cette faculté de produire de la soie.
DES ACfcRKS. SI
PREMIERB CLASSE.
ACERES.
De toutes les classes des Insectes Aptères, celle dei Acères est la plus nombreuse en espèces , c'est aussi celle qui renferme les ordres les plus remarquables par l'industrie des espèces dont ils se composent, et par l'influence quelles exercent sur les végétaux et les animaux.
Les Acères correspondent à cette division des animaux invertébrés , que les naturalistes modernes ont nommés arachnides : mais si on a eu'raison d admettre comme coupe divisionnaire les Crustacés, et de les séparer des Insectes , malgré quelques genres qui s'en rapprochent ; on a eu tort, suivant nous, de suivre cet exemple pour les Insectes Ap tères- Acères , dont le tégument n est nullement dur et testacé , comme dans les Crustacés, mais membraneux ou corné comme dans les Insectes» dont l'organisation intérieure, autant qu'elle nous est connue , s'éloi^e beaucoup moins des Insectes que les Crustacés ; et qui sont loin de jouer un rôle aussi important dans la nature, d'occuper une si grande place dans la création , de présenter des es» pèces d'une aussi grande dimension.
Les Acères ou Arachnides tiennent par tant de rap*
56 INSECTES APTÈKES.
ports aux autres classes d'Insectes, qu'ils ne peuvent en être séparés par des caractères certains. La classe des Diptères et celle des Hémiptères dans les Insectes, dillerent plus de celle des Coléoptères que de celle des derniers ordres des Aptères«Acères ou Arachnides; il n'y a donc pas plus de raison pour éloigner ceux-ci des Insectes, que pour séparer chacune des classes d'Insectes en divisions distinctes; alors il est préférable de les comprendre toutes sous une même dénomination.
Le mode de respiration , qui rapproche certains ordres d'Arachnides des Crustacés , n'existe pas dans les autres ordres d'Acères , et ne saurait fournir un caractère divisonnaire. L'organisation intérieure des Acérés est si peu connue, que nous ne pouvons même nous hasarder à donner sur ce sujet des détails généraux qui concernent l'ensemble de cette classe , parce que rien ne peut nous garantir qu'à tort nous n'aurions pas considéré comme général ce qui est particulier à Tordre, ou au genre, ou à l'espèce; aussi, nous préférons faire connaître les recherches que l'on a faites sur ce sujet important, lorsque nous serons arrivés à l'histoire naturelle des ordres et des espèces , qui ont été l'objet de dissections et d'observations anatomiques.
On a voulu établir entre les Insectes Aptères-Acères , ou les Arachnides, deux divisions distinctes : les trois premiers ordres ont été considérés comme des Arachnides pulmonaires , et les derniers comme des Arachnides trachéennes : maison n'a pas assez multiplié les observations et les dissections pour être certain de l'exactitude de cette division, et, ainsi que nous Ta vous déjà fait observer , les Thérapboses , ou la pre-
DES ACERES. 67
mière tribu des Aranéides , parait , par son mode de respiration , appartenir à l'une et à l'autre de ces divi* sions, et rien ne démontre , ce nous semble , que certains Acarides (les Ixodes, par exemple), dont les oorertures latérales sont garnies d'une plaque écailleuse si difierente des rebords plissés et membraneux qui entourent les ouvertures tracbéennes des Myriapodes et d'autres classes d'Insectes , n'ont pas un mode de respiration qui les éloigne des Arachnides trachéennes, où on les a placés. Rien ne prouve que les Tbysanoures aient des stigmates et des trachées, conune les Insectes parmi lesquels on les range, et que le mode de respiration n'est pas plus sembl2d>le aux Arachnides, que l'on a nommées pulmonaires, qu'aux Insectes trachéens.
Cette séparation des Insectes Aptères-Acères en deux divisions distinctes , a besoin, pour être admise, si toutefois elle doit être admise, d'être fondée sur des observations plus multipliées ; et jusqu'à ce que l'anatomie des Insectes ait fait de plus grands progrès , il faut s'en tenir aux caractères fondés sur l'organisation extérieure , qui , lorsqu'ils sont bien choisis , nous révèlent les vrais rapports d'analogie que les recherches anatomiques viennent ensuite confirmer.
Comme il n'est pas bien certain que dans les Acarides la division des Microphthires de Latreille, ou les Trombidiums à six pattes d'Hermann , ne soient tous que des nymphes , et soient tous octopodes dans l'état parfait (quoique cela ait été vérifié pour quelques espèces), il s'ensuit que les caractères essentiels de la classe des Acères se réduisent à ceux que Ton tire du manque d'antennes , et de la réunion de tout ou partie du corselet et de l'abdomen.
58 INSECTES APTÈKES.
Les Solpugides et les Phalangides ont des billes didactyles, et les Aranéides, les Phrynéides, les ont monodactyles. Les premiers ont été réunis en une seule classe par un savant entomologiste sous les noms de Chelignathes, et les seconds sous celui de Dactylognates : mais les Scorpionides et les Thélipho* nés, dont le même entomologiste a formé une classe sous le nom de Chélipalpes, sont Dactylognathes aussi bien que les Solpugides et les Phalangides ; et la forme variable des mandibules, dans l'ordre d'ailleurs si naturel des Acarides, ne permet pas de prendre ce caractère, comme l'unique et essentiel, pour former les ordres dans les Acères.
La réunion de l'abdomen et du corselet sous un même épiderme , qui a servi a Hermann pour ranger dans un seul ordre les Phalangides et les Acarides , rassemble des Insectes évidemment trop différents entre eux, et cette division, que Latreille a adoptée, n'est pas conforme à la méthode naturelle, et ne saurait être admise.
On doit ranger dans l'ordre des Phalangides les genres Trogules et Siro de Latreille, qui déjà , cepen* dant, se rapprochent des Acarides. Le genre Macro*chèles, et quelques espèces du genre iSiVo^ de Latreille, sont des Acarides, selon M. Dugès.
Le PkaUmgium melanotarsum d'Hermann appar* tient aux Phalangides.
Le genre Cecuie parait devoir trouver sa place entre cette famille des Phalangides et celle des Oribates.
Les Ph tires , dans les Epizoïques se rapprochent des Acarides par un corselet très-court , et un corpft qui ne semble formé que d'une tête et d'un abdomen.
BK8 ACÈKKft. Sg
Tous ces rapprochements entre les Acères , et les Dîcères Hexapodes et l^yriapodes, rangés dans les Insectes par le plus grand nombre des naturalistes , démontrent que ces deux dernières classes ne peuvent former une division distincte des Insectes , et que la division du règne animal, à laquelle les entomologistes des derniers temps, ont donné le nom d*Arachnides , n'est propre qu à jeter de la confusion dans les me thodet.
6o INSECTES APTÈRES.
ORDRB I.