I. Des organes extérieurs des Aranéides
Après avoir présenté les caractères , et déterminé les limites , de la classe des Insectes Aptères-Acères ; après avoir fait connaître , autant que Tétat de la science a pu nous le permettre , les rapports de cette classe avec toutes les autres classes dlnsectes , et ceux des difTérents ordres dont elle se compose , le premier ordre que nous présente la méthode fondée par l'étude de ces rapports , est celui des Aranéides.
C'est à plus d'un titre que les Aranéides se trouvent placés en tête des Insectes Aptères , car ce sont ceux qui ont les formes Ips plus variées, l'industrie la plus savante , les habitudes les plus diverses ; qui ont été le mieux étudiés et qui sont les mieux connus.
Mais , quoique très-différentes entre elles par leurs mœurs , leurs habitudes , leurs formes , leur aspect , les Aranéides présentent des rapports d'aflSnités si complets, qu'aucun naturaliste ne s'y est trompé, et les ont considérées comme appartenant à un même groupe.
Linné et tous les autres naturalistes^ avant nous, n'en avaient formé qu'un seul genre sous le nom d'Araignée. Toutes les Aranéides ont un corselet d'une seule pièce réunie à la tète , qui se manifeste par la
D£S AHAHÉIBES. 6l
présence des yeux , au nombre de huit ou de six , et par les organes de la bouche placés au-dessous de la partie antérieure de ce corselet. Les organes de la bouche présentent , en devant , sous le labre , deux mandibtdes en pinces munies d'un seul onglet , deux mâchoires pouTYues de deux palpes de cinq articles, séparées à leur base par une lèvre stemale et une lancette velue, membraneuse, d'une seule pièce insérée entre ces parties. Huit pattes , de sept articles chacune , terminées par deux ou trois griffes , sont attachées à Tentour du corselet, à la partie postérieure duquel l'abdomen est suspendu par un pédicule court , cartilagineux. Cet abdomen est mobile, d'une seule pièce, ou sans division, et se termine par un petit chaperon , avec une fente au milieu qui est fanus , et par quatre ou six mamelons charnus placés en dessous de l'anus , destinés à élaborer la soie, qu'on à nommés filières. L'abdomen présente en dessous, et à sa partie antérieure , dans les deux sexes , deux ou quatre fentes , qui sont les ouvertures pulmonaires. Elntre ces fentes, et au milieu de l'espace qui les sépare, on remarque dans les femelles une ouverture circulaire où sont les organes de la génération. Ces organes sont , dans les mâles , placés dans un renflement du dernier article des palpes , et sont par conséquent doubles.
Tel est l'ensemble des caractères extérieurs communs à toutes les Aranéides ; mais cette organisation, en apparence si simple , se diversifie de bien des manières , et nous présente des détails qui doivent être étudiés avec soin.
Le corselet j qu'on a nommé aussi thorax , et céphalothorax ( téte-corselet ) , toujours couvert d'une pla-
6l INSBGTEi APTltRES.
que coriacée qu'on a nommée scutum , est généralement ovoïde ou en cœur ; carré à sa partie antérieure ; arrondi , dilaté et déprimé à sa partie postérieure ; légèrement relevé en carène ; le milieu du dos courbé présentant en devant un espace relevé en voûte , où sont placés les jeux.
Mais ces formes ne sont pas constantes , ou nous offrent des modifications qu'il est essentiel de connaître pour la distinction des genres, et l'étude de mœurs et des habitudes de ces Insectes.
Les Orbitales , ou Aranéides h toiles circulaires et concentriques , comme celles de nos Araignées de jardins , nous offrent un genre , le genre Plectane , ou celui des Araignées épineuses , dont le corselet est , comme le reste du corps, couvert d^une plaque dure , cornée et non pas seulement coriacée ; et une famille | dans ce genre, dont le corselet est plus large que long^ très*court, très-bombé à sa partie antérieure, et près* que point élargi ou dilaté à sa partie postérieure , et ea carré long, transverse.
Dans les Latebricoles et dans la grande division des Tbéraphoses , il y a deux genres , le genre Olétère et le genre Spbodros , dont le corselet va en diminuant gra* duellement de largeur de la partie antérieure à la partie postérieure , au lieu de s'élargir dans une partie de sa longueur, comme dans les autres Aranéides. Dans les Missulènes, qui sont un genre voisin de ceux que nous venons de mentionner, le corselet se rapproche beaucoup de cette forme , et est élargi dans son milieu et non h sa partie postérieure. Les Attes ou Araignées sauteuses , si nombreuses en espèces , ont aussi des rapports d'analogie avec ce genre , et se rapprochent aussi de cette forme par leur corselet. Ce corselet, à
DES AKANélDES. 63
sa partie antérieure , est carré et aplati , coupé per* pendiciilairement sur le devant , et les cAtés , coupé en talus , mais très • peu élargi à sa partie postérieure.
Dans tous les autres genres d' Aranéides , la forme du corselet est semblable à celle que nous ayons décrite eu premier ; mais les Mygales et les genres Pholcu , Deléne, Artéme, qui sont trés-<liirérents entre eux^ ont des corselets plus arrondis que les autres Ara*néides.
Les Araignées chasseuses, les errantes^ c'est-àdire les Lycoses , et les Spbases ; les Tégénaires , parmi les Araignées sédentaires , et les Argyronites qui nagent dans Teau , se rapprochent presque toutes par la forme de leur corselet , qui est allongé ; tandis que le corselet des Orbitèles ou Épéires , des Tapitèles ou Lyniphies , des Rétitèles ou Théridions, enfin des Fititèles, est plus court et plus élargi à la partie postérieure. Mais la forme du corselet ne varie pas seulement dun genre à lautre, elle change queU quefois dans le même genre. Ainsi une famille de Do» lomèdes a le corselet court et en cœur, comme une
Épéire ou une Théridion , tandis que dans les autres £imilles de ce genre le corselet est allongé comme dans les Lycoses.
Les corselets des Aranéides diffèrent aussi par leur épaisseur.
Dans les Mygales , les Olétères , et en général dans toute la grande tribu des Théraphoses , il est déprimé ou aplati ; il est encore plus aplati dans certaines fa* milles du genre des Epéires ou Orbitèles , tandis qu'il est médiocrement épais dans les autres familles de ot genre Presque toutes les Attcs, ou Araignées sau*
M llfSBGTlS APTkftlS.
genre Eripus, voisin des Thomises, a le devant du corselet surmonté par de gros tubercules coniques, autour desquels les yeux sont placés. Une p«* iite espèce de Théridion a deux bosses ou éminences ovales placées sur le labre ou le bandeau. Dans un genre de nos contrées , nouvellement découvert ^ in* termédiaire entre les Pbolcus et les ThéridiodS ^ la femelle présente un corselet sans aucun tubercule ni émînence , sur le devant duquel sont placés les yeux t tandis que le mâle a deux petits tubercules allongés^ cylindriques , qui s'élèvent verticalement sur le devant de son corselet , à l'extrémité desquels sont placés les quatre yeux , tandis que les quatre autres se trouvent
à la base*
Le dessous du corselet ou le sternum, retétu eonim# le dessus d'une plaque coriacée , présente toujours la figure d'un cœur plus ou moins arrondi ou allongé^ dont la pointe est tournée vers la partie postérieure de llnsecte : il est découpé , ou festonné > par les p7t* tiens de cercles formés par lea.écbancrures que néces«> site Tinsertion des pattes ; et au-devant de cette in<» sertion , dans certains genres , le sternum présenta de légères éminences , ou bosses arrondies , tandis que dans d'autres il n'en existe pas.
Le corselet des Aranéides est , dans plusieurs genres , recouvert en dessus de poils courts , et dans d'autres il est presque entièrement glabre ou dépourvu de poils. Ces poils sont plus abondants sur le devant, et la partie postérieure du corselet qui toocbe k l'abdomen en est dépourvu. Les Mygales ou les grandes Araignées dites Aviculaires, les Lycoses tu Araignées Loups , les Dolpmèdes , les Tégénaires Od Araignées Tapissières , la plupart des Epéires ou Araî-
gAéèê l^tidetiseï, loUt tièlleê doht li; eoraebt ë»t lH {^lUft if«lll. Léê Olétèi'èè ) leà Djrèâèred et lèh Segê^lHél ^ lêl Thomiêeê) ieê Gbltèft , lêl Èlubioûeè, léS Dffaisëi , lèè Tétragnalhes, certaines espèces d'Épéires^ les LiHy^ ^iéi) ont lé irofiêlet pfeèque eniièretnellt ^albrfe bu MHS poils. DaH» là pitipaft dès Araùéïdes le clèâSbtll du corselet) OU Ib sterniitn, s'en troUre dépOUl'Va; Étftil 11 «â est Où eette pAtiie est tfèë-^yelùé , cdiâmë dflilft plusiettt'A Attel. Toutes les eèpèces de té Retire Mt Busâi Ûèê pbiU pltis allongés et ftoufeiit ëOlorén âtt baildeâu ou lèvre êupéi'ieUre, et à FeiitôUi* des yêtit. Les Lycoftêê ou Artiignéeè Loups sôtit , apfèl leê Atteé ^ les Arailéides où le bàtldeau fet léft jfeUt ântérietti^ idilt le plUê entourés de poils , et théi Iti'^ qtièls ItA poils sOUt hi plus allongée.
Les fêu± des Afâtiéideê sOnt toujours kn fldifikre de huit ou dé siit : la plupart «A ont huit. Sût liM cinquauttiinë dé genres environ qUe l^eiiferniè , ifelôii notre méthode ^ cette elassé d'Insedeé , elnq gèhfes Ééulettieiit n'ont que sii yeux , et ees cint{ genres âont tiiiii trèMpèu nombreujt en espèces ; il M ést dfttis ws tih^ genres qui Sont réduits à une sèulé •i|ièee.
Les yeiiii deè ÂrànéidéS , d'après les caractères èl« teneurs qu'ils nous présentent ^ sont de deUi SôriéS i fei ttfil Ont une surfdtê homogène et opaqiie ^ otf tlne eomée opaque, finalogUes auit jeux lisseS des InSéb es, teiàtttfei^ plus gros, ont une cornée tranSp<ii*en te , laissant apereetdir un cristallin et une sorte de pu^^ ftUé 4 eoinme dans les yeux des animaux d'Un ^àfè
plus éleré. C'est daniles AUeS et les Lyeoses, ^ue l'on
tcrit ^lui facilement eelté seconde espèce d'y eux ^ et iU tfy sont qit^att nombre de deux. Là nature à slngtdiè-
68 IXSECTES APTÈRES.
rement varié la position des yeux dans les Insectes , et c'est de cette considération que l'on tire les caractères de genres les plus faciles; les plus apparents , les plus certains.
En général , les yeux sont ramassés, rapprochés en un seul groupe , sur le milieu de la partie antérieure du corselet, dans les Mygales , les Olétères , les Sphodros et les Filistates ; écartés et dissémés sur le devant et sur les côtés dans tous les autres genres. Les Missulènes , dans la grande tribu des Théraphoses et dans ceUe des Araignées proprement dites , la petite famille des Cellulicoles , parmi les Chasseuses , et les grandes familles des Vagabondes, des Errantes, des Sédentaires et des Nageuses , c'est-à-dire les Thomises , les Épéires, les Tégénaires, les Théridions et genres analogues , ont leurs yeux disséminés sur le devant du corselet. Les Coureuses et les Voltigeuses, ou les Araignées Loups ou Lycoses , et les Araignées Sauteuses ou les Attes , ont les leurs placés sur le devant et les côtés du corselet ; ces deux grands groupes sont les seuls aussi qui présentent des genres qui aient des yeux très-inégaux en grosseur. Dans les gros yeux antérieurs de ces Aranéides, on aperçoit une prunelle distincte, brillant dans l'obscurité de la nuit , comme celles des chats.
Les mandibules^ qu'on a nommées aussi chélicères , forcipules , antennes-pinces, serres, placées immédiatement sous le labre ou le bandeau , se composent de deux pièces , la tige et l'onglet ou le crochet. La tige , qui est la plus grande , et surtout la plus grosse, de ces deux pièces , est presque toujours cylindrique ou en cône tronqué , aplanie à sa £ace interne , et offrant le plus souvent à Fextrémité de son côté interne une
DES- ARANÉIDES. 6o
lainure, dont les côtés sont garnis de dents acérées, danslacaTité de laquelle Tonglet^ ou crochet, s'insère en m reployant. Cet onglet est mobile , ar<pié , trèsdur , pointu , et ayant dans quelques espèces , près de la pointe , un petit trou qui donne passage au yenin aTec lequel TAraignée donne la mort aux autres Insectes qu'elle attaque pour s'en nourrir. Ce petit trou , bien distinct dans la Mygale Aviculaire, n'est pas risible dans toutes les espèces , et peut-être existe-Wil dans les autres à la pointe même de l'onglet (i).
La tribu des Théraphoses se distingue par ses mandibules articulées horizontalement , c'est-à-dire dans le sens du corselet qu'elles dépassent de beaucoup, tandis que la tribu des Araignées a des mandibules articulées sur un plan vertical ou incliné , et se meuvent latéralement , quoique ces Insectes aient aussi la faculté de les porter en avant, et que quelques genres les aient ainsi naturellement , tels que les Dysdères , les Segestries , les Scytodes. Mais , outre ces différences radicales, les mandibules des Aranéides offrent des variations remarquables : celles des Théraphoses ont on dos courbé ou arqué et sont très-comprimées sur les côtés , et plus grosses dans leur milieu , et à leur extrémité , qu'à leur insertion. Dans les Araignées, au contraire , les mandibules sont généralement conicocylindriques, et diminuent graduellement de grosseur depuis leur insertion jusqu'à leur extrémité. Cependant certains mâles de Tétragnathes ont leurs mandibules très-allongées et renflées dans leur milieu. En général les mâles ont dans tous les genres des mandi-
(1) Roetel' et Swammerdam n'ont pa le déconyrir dans le» Améîdeft où ils Font examiné.
}3iu)^ plus i^UoDgées que le^ fei^ciUes , e\ XfmgUi p)u« •llms^. Plusieurs Attesetle genre Myrmç^ie oui dfi m^^dibul^ tr4| ^ allongées ^ «aplaties et angutey^i, ^^ (^co«e4 el tous les genres analogues ont de formel mmdib^l^ cylindriques et assea longues ; celles des 4,lte« soQt plus l^rg«s , iw^is su^tQ^t plus pQiirtes, I4Ç4 Tbamifi^f «^ tous leurs congénères QQt d^ m^n« Àibules très*- courtes et çouiques. I^es Épéires, lei Tégémi^^ •t leurs congénères ont des «uindibnles cjlindpîqiie^ asses longues et esse^ fortes. Mail eU«s wm\ W\^^\^ et )arg^ dîips U Um\h des Platanes à çilN^l«| li»rge et cylindrique , gr^es dans les Théridions rt Iw ^ipypbies l^ gepre Artepi^ est le seul qm ait ^es in|in4il)^e« k la fais courtes et él^irgîes si le^r «1t trémltfi , «t en cnillerpns conime les fD^^ndibules d« ç^rtl^ioes grosses Abolies, i1Y«ç un onglet très t petit,
l«es m^n4ibules de^ Arm%éi4e^ sont le plus sanrfat çQiivertcs de poils conrts , et en ont d'autres plu« Inuge ¥^rf leup partie snpérienro s quelques-unes, comme \^9( 1['ll0iniies,lesSipar;isses, certaines Clnbiones, lesPysdJK r^, les S^estriç^, les détères^ par^ni le^ Tl^érapl^osfiii 1$^ plupart desThéridions, des lânyphies, des Plectai^eai et certaines Ëpéirei^ 9 les W\ glabres i tandis qn elles swt très- velues jusqu'il IwF fitrén^it^ d^ns U plnp^ipt des Attes et dans les Mygales ^ n^alsdans cellesnçi eUf^ présentent le plus souvent des landes allonge ^^ tièrement nues. Unft i^^mille de Mygales, cflle d^ Mineuses , nous offr^ aussi des mandibules garnies de lusigs poils roides à l^trépité de leurs t^g§s, fl paruû «es poils des ppintes çornéeS} ftcér^i forinwt Wi
râteau qui leur sert à creuser la terre. Dans toutes les Aranéides , Tonglet , ou crochet des mandibi^Ies , est toujours glabre et dépourvu de poil), f l ^t muqi 1^ daUi
bftaMnp d'ospAces , d'un tubercule à son insertion ; et| dent une iamille du genre Sphodreà, d'une petite INiInte ou épine ^ da|u une autre famille du même gsore , U est hérissé à son insertion de pointes courtes. Cet onglet, gros et fort , et très-^ongé , dans les Mygidee , les Olétères , est aussi assez allongé et robuste dans lea Miasulènes , les Lyooses , plusieurs Epéires et dana lea Tégénaires ; il est très^allongé| mais grêle dans lea Tétragnatbes , et dans les Myrmeoies et certains ÉMm mâles , et dans les Dysdères ; il est court , au con* traire, quoique robuste , dans les Segestries ; mince et gfAo dans les Théridions ; petit dans les Thomises , \m Phdcus et les Artèmes ; et il semble entièrement dbUlcré dune eertaioes espèces de Scytodes.
Oant In plupart des Aranéides , les mandibules qui ne aont pas couTertes de poils sont rougeâtres y ou d'un hrwk ibncé; maia, dans nn assez grand nombre d*Attea , et dans certains Dysdères , elles ont un éclat méleUique rétt doré , bleu d aiur , ou rouge de feu.
I^is BÊàehoir0s et la lèvre stemale , dans toutes les Afonétdes , se portent en avant, et dans le sens de la longueur dn corps. Lee premiers de ces organes sont vnliit à leur extrémité , qui est plus ou moins arron« die I et elles sont souvent tronquées obliquement à leur cAlé interne , ou rétréeies en pointe. La configaration des mâdmres , et leurs positions par raf^Mxrt ik la lèvre eternalo i et la forme deoeUe-ci , combinées aveo la po^ ailîoii^ donneint pour loa genres les caractères les plus
tertnins.
Lia nèdMwea diTeiifent 9 on s'écnrteni danapreer ^pne teua lee g^is de la gt »Eide tribn des TbérapiMK iia^ dima lea Mygalear W» CHétèees ^ les MissuUnea, les SpbodiM, kaSegeatrins. Ellei
nent sur la lèvre dans les Délènes , les Thomises, les Sparasses , . les Théridions , les Latrodectes , les Storênes , les Agelènes , les Nysses , et encore plus dans certains Drasses, où elles entourent entièrement la lèvre. Elles sont droites, c'est-à-dire qu'elles ne sont ni divergentes, ni convergentes, mais écartées, dans les autres genres ; c'est-à-dire dans les Lycoses , les Attes , les Épéires , les Tétragnathes , les Plecta«nes , les Tégénaires , les Dolomèdes , les Ctènes , les Sphases, les Linyphies, les Clastes, certaines familles d'Olios.
Les mâchoires des Aranéides ne diffèrent pas moins par leurs formes , que par leur position , à l'égard de la lèvre sternale. Ainsi elles sont généralement allongées , et angulaires à leurs extrémités dans la plupart des Théraphoses, des Dysdéres et des Segestries ; fortes , ovalaires et dilatées dans leur milieu , dans les Lycoses, les Ctènes, les Dolomèdes, les Attes, les Clubiones ; renflées, courbées dans leur milieu dans les Drasses ; très-allongées et cylindriques dans les Sphases ; très - allongées et dilatées à leur extrémité dans les Tétragnathes ; courtes , larges , arrondies et dilatées à leur côté interne, et très-étroites à leur insertion dans les Épéires; étroites aussi à leur insertion, mais dilatées en carré ou en côtés anguleux dans les Linyphies; ovalaires, et larges à leur insertion, et peu allongées dans les Tégénaires, les Agelènes, ks Nysses ; très-allongées et plus étroites vers leurs extrémités dans les Pholcus et les Scytodes; à côtés parallèles et assez allongés, carrés , à extrémités intérieures conniventes dans les Tbéridîons et les Latrodectes ; à côtés également parallèles , mais à extrémités iirrondies, dans les Argyronètes et les Storénes.
> DES ARANÉIOKS. ^3
Gomme les mâchoires, dans les Aranéides , ne sont en quelque sorte que le premier article des palpes , qui sont, pédiformes , et jouent ainsi un ^and rôle dajis la manducation , ce caractère , qui leur est commun arec d'autres Aptères, a été exprimé par le nom de Stomapode ou Insecte à pieds-mâchoires.
Les palpes^ portés par les mâchoires, s'avancent de chaque côté des mandihules, et comme ils font l'office de pattes ou de bras , on les a nommés pieds ou bras palpaires. Ils ont aussi été confondus avec des antennes. Ils sont formés de cinq articles, et le plus souvent terminés par un crochet dans les femelles , par une massue arrondie ou ovalaire dans les mâles. Le premier article , ou Taxillaire , est ordinairement court ; le second, ou Thuméral , allongé ; le troisième , ou cubital , court; le quatrième , ou radial , allongé; le cinquième, ou digital, plus ou moins allongé dans les femelles, et se terminant en pointe arrondie au bout de laquelle est la griffe. Dans les mâles ce cinquième article n'a point de griffe ; il est court et renflé , et contient dans une capsule ou cupule arrondie , ovalaire , ou allongée , et quelquefois angulaire à son extrémité, les organes de la génération , compliqués et multiples, et de formes variées , mais composés cependant toujours d'une ou deux valves membraneuses ou vessiculeuses , susceptibles de gonflement, munies à leur surface interne , ou h leur extrémité , de petites membranes ou filets cylindriques arrondis , en pointe ou en croissant, contournés en vis, recourbés en crochets, entrelacés en nœuds, et, comme un Protée, afiectant nombre de formes différentes, selon les genres, mobiles, rétractiles, se tuméfiant et se grossissant , changeant de figure , de grosseur, de cou-
j4 IXSICTBf APTIrICS.
liur «t de trim«iw«iic« dan^ Vactii de la copulation. Ob !«• a nommés coojoaeteurs ; mais eos orgunes , qui o'opt «aeoro été qu'imparlaiUmeiit étudiés, no «oqt développés qua ^usmd Tlusecte est adulte , ou suseep» tilde de proeréer* Ayant ce temps « le dernier artide des palpes, dans les mâles des Aranéides, est un bouton plus ou moins renflé , globuleux ou ovale , dont Ten- ^oppe ne présente ni cavités , ni ouvertures. Dam presque toutes les Arenéides, le second article des palpes , PU rhuméral , surpasse les autres en longueur , mais la longueur respective du radial et du digital varie. Dans les genres Mygale , Spbodros , Filislate , Misso« làne, Ctène, Spbase, Clubione, Drasse, Segestrie, Scytode, l4itrodecte, 8parasse« Btorène, oerlaines fa» milles de Tbomise et de Pbilodrome, le radial est plus allongé que le digital. Dans les genres Lyoose, Delomide, Atte, Ériseï Tégénaire, Agelène^ Té« tragnelbe « dans certaines familles d'Épéire , et dans la plupart des familles de Théridion , le digital est , au contraire, plus allongé que le radial. Daps les autres genres et familles, ees deux articles difiirent peu entre eux par leur longueur. La grandeur relative de ees deui^ articles n'est pas toi^ours la même dans le même genre , «sais elle doit toujours l'être pour la femeUe dans les subdivisions du même genre. Dans ka mâlea, la proportion des articles varie sans que leur grandeiw relative cesse d'être la même. Ainsi les mâles des My^ gid^, et surtout ceux des Filistates, ont le radial bien plus aUopgé « et le digital plus oouri que dans Im iiMncUes.
Las palpes sont , dans presque toutes les Aranéidea 9 plus ou moins velus ou couverts do poils v quolqu
'vnBW ^w^a ^^^^^ ^^^^^^^ ^^^%a% v^%tVVI •^^ai^^^pm % ^^m^^^p ^a^^n^n^^n^^^a
9f| Ai^Aif«i99«, yit
fçs piquapts sent mobiles \ mais dans l'état de repas ils scmt dpj)3 pertainç# çspâce^ couchés ou ioclioés ; d^Bi d'autre relevée i ^\ alars oii dit que les palpes sont his» pidç9< l^es palpes ^ont très-^yelus daps les Myfales, les I^co9^, ^aia encQrc pluy daqs lei Attes et le# Érèses. 0^$ ç§$ deux genres iU çopt #i aboudunts qu'ils foui
pcirattrç «QUTf^l^t l'wtPCTlité renflée , d© sorte qu il es| difficile de dj^tipgu^r, a la première vu« , pour eertaines familles , les mâles des femmes. I«eii palp«& fOUt peu TçluK dau9 le geur^ T^éridion , et ils sont preique entiàrefpçnt glabres, ou dépourvu» de poils , dans le» pieclape» fMi Araiguéçs épineuses. lU 9ont grAles et niinçes dans cç genr^, dans les Théridions et dans q^elqu^fiutrest trésrgros, très-forU et trèsraUofigéSt et tout-Vfiiit seuibliibles à de^ pattes , d^n^ les Myga*« les.î a«^9 gros çt forts aussi daps lei| (.jfçq^w*
Ci Voh^çrv^tion d'un jeune naturaliste, dont la sçifsuce ^ eu trop tàt à regretter }a perte , est ««aet© % le9 QT^ne» de 1a génération 9 dan^ les mâles d'Aranéi-i des , auMi bien qu« diinf les feni^Hes , ne se déf elnp« fept qu'^pr^s }a qui^triècne muQ ou changement de Mei|i. P*$\prè# unç autre observation de M- Sundevril sur XA^H cuivrée , il paraîtrait que dan^ cette fspèoe, où les mâles difi^rent de^ femellea par If s ppoporti^M relative dç^ pattes, et par des couleurs pluf somhrea, il se trouve des fenielles qui ont les mêmes couleun et les moines proportions relatives dans lei p^^ttes que
ççUç^ ^iii s'observent dw« 1^ mAle, qui floni enfin» sauf les palpeu , eu tout pareilles Uui*. Cf que M. Sun 4fy^}\ aiUri^uç ^ ce qu'elles, ont vi^iUi sau^s it^<M
\a («vr^ (ci^rû^i^^ Q« sf^ri^e, qu le labium»
jd lirSBCTE6 APTÈRES.
▼arie beaucoup dans sa forme selon les genres ; mais, en général , elle difiîre beaucoup dans les genres qui composent la tribu des Théraphoses. Très-petite, carrée ou semi-ovale , dans les Mygales et les Olétères, elle se prolonge entre les mAcboires , . extrêmement rétrécie , dans les genres Missulène , Spbodros , et s'élargit en trapèa&e dans le genre Filistate. Dans presque toutes les espèces de ces trois derniers genres, sa base présente l'apparence d'une articulation, à raison d'un ou deux sillons transverses.
La lèvre a la forme d'un parallélogramme plus ou moins allongé, et dont la base est un peu plus large que l'extrémité , dans les Lycoses , et les Dolomèdes ; elle est resserrée à sa base , allongée en ovale , arrondie à son extrémité , dans les genres Erèses , dans certaines familles des Tbomises et des Drasses , et dans le genre Storène ; beaucoup plus étroite h sa base, elle présente, dans le genre Spbase, un ovale singulièrement «tUongé , et légèrement tronqué à son extrémité. Dans les genres Ctènes, Delena, Clubione, Dysdère , elle est allongée , ovale ou trapézoïde , plus étroite à sa base que dans son milieu , et fortement tronquée , et un peu échancrée à son extrémité. Elle est ovalaire , légèrement tronquée , et peu resserrée à sa base , dans les Attes , les Segestries, les Tégénaires. Dans les Pholcus et les Scy todes , elle est courte , resserrée à sa base, en cœur ou en trapèze arrondi ; encore plus resserrée à sa base dans le genre Glastes , où elle figure un champignon surmonté sur sa tige. Dans les Epéires, les Tétragnatbes , les Latrodectes , quelques familles de Théridions (les Ovales, les Arrondies et les Renflées), elle est courte, plus large à sa base et arrondie, ou légèrement déprimée à son extrémité.
D£8 ARAHÉIDES. ^j
Dans les LiBjphies , les Latrodectes , les Argyronètes , et dans la famille des Théridions triangulaires , elle est grande , peu allongée , large à sa base » se terminant en triangle, dont 1 angle supérieur est émoussé ou ar« itHidi. Dans les Agelènes , les Nysses ,'et dans la famille des Théridions dite des Crypticoles, elle est courte, lai^ et carrée. Elnfin , dans la famille des Théridions loogipèdes , encore imparfaitement connue , la lèyre est très-courte et très-large , creusée à son extrémité , arrondie à ses côtés et à sa partie postérieure, et figurant une fève posée transversalement.
Dans la plupart des Aranéides , la lèvre est glabre ; mais dans les Attes et les Erèses elle est velue.
La languette^ qui a été nommée aussi épichile, demi-cartilagineuse, velue sur les côtés et à son eitré» mité , est insérée entre les mandibules , les mâchoires et la lèvre, qu'elle dépasse le plus souvent par son extrémité. Dans le milieu elle présente une fente allongée , qui est la bouche. Dans les. Lycoses , la bouche est située sous la languette. La languette prend différentes formes, et est tantôt échancrée, tantôt pointue, tantôt arrondie ou carrée , selon les genres ; mais cet organe a été peu étudié, et, dans les petites espèces, les poils , dont il est revêtu , ne permettent guère de pouvoir en déterminer la forme.
Nous avons terminé la description de tous les organes de la bouche, qui, par leur réunion, forment ce qu'un célèbre entomologiste nomme trophi^ ils remplissent toute la cavité de cette voûte de la tête, ou portion antérieure du corselet , qu'on a nommée camérostome.
Les pattes sont disposées presque circulairement i l'entour du corselet, et se composent d'une hanche
^9 INêIfttiS APflAES.
d'uti seul nrlicili , d'Une cuiise «I d'une jnmbc formées ehftcune àé Jeui ottielei, et d un pied dirisë dé fliékAê M deuft arlickê , à Fexiîeption d'un âeul genre , ftelul d'H«fiilie qui) selon l'ôbserVatiôn d'un tf es ^ habile naturaliste ^ M. Satigny 9 vérifiée depuis par M. LueâS, aurait le pied divisé en trois articles.
La hanche articulée atec le coflelet n'a qu'un légéf mouvement de bas en haut. Le premier article de la cuisse a été nommé eainguinal , et le Seeottd fémoral. L'exinguinal ^ analogue au trochanter déS Insectes allés , est toujours irès-côurt h Sa Jonction avec k hanche 9 il est soudé et ne se meut point ; à sa jonction avec la cuisse il a beaucoup de jeu , mais son mouvement est d'élévation et d'extension , il ne peut ftfiùfer la cuisse en haut. Le premier article de la jambe a été nommé génual , et le Second tibial. Le génual , comme l'ciinguinal, est toujours ordinairement plus court que l'article qui le suit. (Le genre Ghcrsis déroge k cette régie.) Le géUuàl est soudé à sa partie inférieure ou k sa jonction avec le tibial, mais 11 est mobile à sa jonction avec le fémoral ; son mouvement est en bai poUf reployer la jambe sous le corps ou pour l'étendre , mdli il ne peut 5 non plus que l'exinguinal , à l'égard de la cuisse , reployer la jambe en haut. Le premier article dti pied a été nommé métatarse , et le dernier tarse, hê métatarse est mobile h son articulation avec lé tibial ; mais comme l'eainguinal et le génual , il peut simple-' ment étendre ou reployer le pied en dessous, il ne peut l'élever yerticalement ou en arrière, de manière à fermer en dessus un angle avec le fémoral. Il n'en est pas ainsi du tarse, qui a un double mouvement par SM articulation avee le métatarse , et qui peut non-se^lesnlmt ie n^kyer en dessous 5 mais aussi en dessus^ de
•li AHAiiÉisfer. jf^
manière à «• qu« soii doê fornie un aîig;le àtec le don du métâUir^e. Dâiiê le genfe Hefâilié lé tafêé est, âi)ièt que je Tai dit $ subdivisé eu deux articles égaat eu loû-< gueur. M. LucAi a donné le nom de méêotàféé au pre* mier attide du tarse de Tâersilie^ Pêut^tre ees ofgfl^ nés, mieux étudiés, fourniraient'-lls d autres eiempléi d€ cette anomalie. Une autre anomalie se présente dans les pattes antérieures de TAtte Longimane , dont Texinguinal est si siogulièrement allongé qu^il est pltiS long que le fémoral , ce qui contribue^ aVèe le pfolôfl* gcmeni de la hanche et de tous les autfês attleleS des pattes de cet Insecte^ h leui* donner une longtieuf Si démesurée qu'elle etcède plus de t^ols fois la longUetilf totale du corps, quoique ce corps, relativement à sa grosseur et à sa largeur ^ soit.lui-<méme fort allongé. A l'extrémité du tarse ^ dans toutes les AranéideS , i0 trouvent , presque toujours ^ deunt ou trois griffes auxquelles on a donné aUSSi les noms d'oUgletS; ces deux crochets courbés , insérés Tun h côté de l'autre, sont pectines dans un grand nombre : dansbeati^ coup d'Aranéides se trouve un. troisième onglet plus cooii , plus droit , non pectine , qui est opposé aux deux autres. Cet onglet , plus simple, est nommé Fonglet inférieur ^ les deux autres les onglets supé* rieurs. Quelques Aranéides ont aussi les tarses tefml* fiés par des poils foides formant des espèees de plneeatl ou de poils , ou des membranes charnues.
De même que les sept articles ( ou les huit daM le genre Hersilte), dont se composent les pattes des Afanét-dee, ont été considérés comme ne formant que quatre parties principales , la hanche , la cuisse , la jambe et k pied} on pourrait ^ en les comparant avee les pilpM •t flttîTaiBi toit}cMirs eétta amdogie atéo lêê anhuAtii
d'un ordre supérieur, diviser aussi les bras ou palpes des Âranéides en quatre parties principales, l'épaule , l'avant -bras 5 le bras, la main et le doigt. Alors on trouvera que la nomenclature des articles de ces deux espèces de membres, dans les Aranéides, se correspondent de la manière suivante : les mâchoires à la hanche ; l'azillaire à lezinguinal ; Thuméral au fémoral ; le cubital au génual ; le radial au tibial ; le digital au pied; de sorte , qu'il n y a de différence que dans la subdivision du tarse.
De même que les palpes , les tarses des Aranéides sont souvent velus, et ont des piquants mobiles, tantôt couchés , tantôt redressés. Dans quelques genres , tels que les Thomises , les Sparasses, les Théridions , les Plectanes , les pattes sont nues , il n'y a presque pas de poils ni de piquants. Dans certaines espèces de Théraphoses , l'extrémité des jambes antérieures, ou le tibia, est armé d'éperons.
Les palpes des Aranéides difi%rent beaucoup entre elles, selon les genres et les familles.
En général , les pattes sont plus fortes , plus grosses^ plus ramassées chez toutes les Aranéides qui sont chasseuses, errantes où vagabondes, et qui attrapent leur proie à la course, que chez celles qui sont sédentaires, et qui attendent que les Insectes dont elles doivent se nourrir se soient pris aux grandes toiles qu elles ont tissues. Mais ces notions générales ne suffisent pas.
Ce sont les genres Mygales qui nous offrent les Aranéides , dont les pattes sont les plus fortes et les plus allongées : dans une famille d'Epéires , celle des Allongées cylindriques , et dans le genre Tétragnathe les pattes sont singulièrement longues , mais elles sont grêles et fines. Les Lycoses, ou Araignées Loups, et les
htê ARARÉIDE8. 8l
Dolomèdes sont, après les Mygales, les Aranëides dont les pattes sont les plus robustes et les plus longues; les Olétëres, les Segestries, les Dysdères^ les Clubiones, les Drasses, les Philodromes , les Sparasses , les Clastes, ont les pattes assez longues, souvent fines, quelq[nefois fortes, et propres à la course. Parmi les Sédentaires et les Grandes Pileuses, les Tégénaires et les Agelènes , plusieurs familles d'Épéires, les Argyro» nètes sont celles qui se rapprochent le plus des genres précédents , pour la longueur et la force des pattes ; mais le genre Sphodros dans les Théraphoses , et le {dus grand nombre des familles du genre Atte , ont les pattes singulièrement courtes et fortes, et propres au saut ; cependant certains mAles de ces mêmes fa« miUes , ceux des Attes Fourmies, et les deux sexes du genre Mjrrmécie , si voisin des Attes , ont des pattes allongées. Une espèce d'Atte nouvelle , TAtte Longimane, dont nous avons parlé, a les pattes antérieures si singulièrement longues , que leurs articles se reploient les uns sur les autres, comme un double mètre portatif.
Les genres Thomise, Sénélops, Éripus, ont les pattes grosses , courtes , et très - inégales entre elles ; les genres Théridion, Épisine, Scytode, Uptiote, les ont de longueur médiocre , mais fines. Elles sont toujours minces dans les Plectanes , mais très-courtes dans certaines familles de ce genre. Enfin les espèces du genre Pholcus ont les pattes si minces, et si allongées, qu'on les prend souvent pour des Faucheurs.
La longueur relative des pattes difi%re non-seulement selon les genres, mais selon les familles du même genre ; et enfin , quelquefois , mais rarement , selon le sexe pour la même espèce , comme dans certaines
▲PTtaES, TOME I. 6
•spices deSe^^stries e% d'Âttes. Pourtant, dans toutes IcB LycôQes , la quatrième paire de pattes est cdnstam? ment la plus allongée \ dans les nombreuses familles dvi ((onfc Epéire ( sauf une seule dont les habitudes sont indinnues), et dans les Tdtrp^athes, la première paire de pattes est toujours la plus allongée , }a seconde ensuite, et la troisième est la plue courte; et, dans presquA toutes les familles de Théridions, la pre» mière paire est la plus longue, et ensuite la qua»* trtème; c'est aussi dans ce genre la troisième pair^ qui e^t la plus courte, comme dans la plupart des Araqéides. Cependant le genre Âtte yarie beaucoup d^ns la longueur relative des pattes , çt la troisième paire est , dans certaines espèces , plus allongée que quelques-unes des autres paires : selon une obser^t vation de M* Sundevall, il paraîtrait que dans cer^ taines Attes , dont le mAle diffère de la femelle par la longueur relative des pattes, il se rencontre des femelles BQU féçopdées qui sont comme les miles , et leur res* sfmblept pour la proportion relative des pattes.
D^ps le gçnre Philodrome, plusieurs familles oqt la troisième p^iire plus allongée que la quatrième, Le^ genres Thomise , Selenops , Eripus , ont les deux paires d<s pattes antéripures, quoique courtes , befiucoup plus longues, et plus grosses que les deux paires de pattes postérieures.
Dans presque tous Us genres des Aranéi4es, les griffas sont insérées à l'extrémité des tarses; m^is )a première famille des Mygales , ou les Mygales PlaA-r tigrades , a ces griffes placées un peu en dessus ^ et sur Iç dos I du bçut du tarse , qui se termine par npe partie charnue , non yelue , posant sur le sqI quand l'Araigpç^ marctie ; dmf ces esp^es , Ips gri0es ne sont pis p#ç^
DIS AKAHÉIDIft. 83
tiaces, tandis qu'elles le sont dans la famille des Mygales digitigrades.
Quand les Aranéides n'ont que deux grifles , c'est toujours la grifie simple ou inférieure qui manque , ou plutôt qui s'oblitère , car on aperçoit dans les Aranéides où elle n'existe pas, un petit corps calleux qui en tient lieu. Pourtant, comme on a voulu fonder unf méthode sur ce minutieux caractère, il est essentiel de désigner les genres qui ont trois onglets ou griffée aux tarses , et ceux qui n'en ont que deux.
Les Aranéides qui ont trois grifles aux tarses sent le| genres Desis, Tégénaire , Lachesis , Erigone, Tetragnathe , Epéire , Clotho , Enyo , Latrodecte , Pholcus , Sphase, Lycose, Dolomède, Ërèse, Segestrie, une Emilie de nos Dysdères dont on a voulu faire un genre sous le nom d'Ariadne^ et la famille des Mygalef mineuses , dont on a voulu faire un genre sous 1^ nom de Némésie.
Les Aranéides où la griffe infériei;re du tarse se trouve oblitérée, ou, en d'a^itres termes, qui n'ont que deux griffes au tarse , sont les Drasses , les Glubio- , les Philodromes , les Seleneps , les Delènes , les , les Tbomises, les Chersis ou Platisceles, les ▲ttee.
Enfin, les longues pattes antérieures de l'Atte^ qui à elle seule forme la famille des Longimanes, n'ont qu'une seule griffe non pectinée , terminale, grosse et renflée. \Jabdomen des Aranéides est attaché au corselet par un pédicule cylindrique, court, cartilagineux, que nous nommerons le %fertébral. L'insertion du verr tébral varie selon les genres et les familles. En général, dans les Araignées sédentaires , ou qui font des toiles , iebqueles Théridioqs , les Epéires , les Tégénaires^
8^ INSECTES APTÈaCS.
le vertébral^est attaché plus en dessous de rabdomen , dont la partie antérieure recouvre la partie postérieure du corselet, plus que dans les Araignées chasseuses , vagabondes et errantes , tels que les Mygales , les Dysdères , les Lycoses , les Attes , les Myrmecies , les Thomises , les Gluhiones et leurs congénères. Dans le genre Myrmecie, le vertébral offre un étranglement, et parait lui-même comme le dernier des étranglements successifs du corselet; il est reçu dans un orifice de l'abdomen , arrondi et saillant , et beaucoup plus large.
L'abdomen des Aranéides est enveloppé d'une peau tendue, continue, sans division ni duplicature, et homogène , quoique peut-être toujours plus dure sur le dos. Mais dans le genre Plectane , qui comprend les Araignées épineuses , l'abdomen en dessous est le plus souvent plissé , et en dessus il est couvert d*une sorte de test ou bouclier dur.
Dans le plus grand nombre de genres des Aranéides l'abdomen forme un uvale plus ou moins allongé, plus ou moins arrondi, plus gros à sa partie antérieure qu'à sa partie postérieure ; mais dans la plupart des familles du genre Thomise c'est l'inverse , et l'abdomen augmente de grosseur et de largeur à la partie postérieure. Dans la famille des Théridions renflés , et dans le genre Scy tode , l'abdomen est singulièrement globuleux. Dans les genres Pholcus, Ulobore, Tetragnathe , et dans la première famille du genre Epéire , l'abdomen est au contraire allongé et cylindrique. Ce genre Epéire est , après le genre Plectane qui en est très-voisin^ et en faisait partie , celui où la forme de l'abdomen \arie le plus. Elle présente , il est vrai , dans la plupart des familles d'Epéire , un ovale trian-
l)E& ARANÉIOES. 85
ffulaire ; mais dans d'autres cet abdomen est découpé en angles aigus , ou en festons arrondis , ou il e: t trapézoîde et terminé en tous sens par des tubercules charnus , et l'anus alors forme un cône. Dans les familles à abdomen oyale triangulaire , les angles antérieurs du dos tendent à former des mamelons proéminents , et une famille nous offre des tubercules coniques et élevés sur le derant. Quelques Théridions, et certaines espèces de Thomises, ont aussi sur le dos de leur abdomen des tubercules ou de petites épines très -courtes; mais les Plectanes, déjà si remarquables par le test dur qui les recouvre , et les font ressembler à des Crustacés, ont l'abdomen tantôt très-large, tantôt allongé, tantôt découpé diversement selon les espèces, et le scutum ou bouclier de leur dos projette sur les bords des épines acérées , dures et cornées , dont le nombre , la longueur et la direction varient beaucoup selon les espèces ; la base de ces épines déterminant la forme générale de leur abdomen, cette forme change à chaque espèce, et présente des irrégularités accidentelles , en apparence , les plus étranges et les plus bizarres.
Le dos des Âranéides a le plus souvent des couleurs yariées , formées par les poils et le duvet diversement colorés , qui recouvrent leur épiderme , dessinant diverses figures , qui servent beaucoup à la distinction des espèces. Le genre Epéire est celui qui est le plus remarquable par ses belles couleurs , presque toujours claires, souvent d'un éclat métallique. Le genre Atte offre aussi très-souvent cette sorte d'éclat, et a de très-belles couleurs. Ensuite les genres Thomise , Sparasse , Glastes et Théridion sont ceux dont le corps est le mieux orné.
H6 INSECTES AfTlEES.
Sur le dos des Aranéides on distingue huit petits points enfoncés, disposés par paires ou sur deux lignes^ qui ne sont pas toujours tous visibles , dans toutes les espèces. Ces dépressions orbiculaires , improprement nommées stigmates , sont beaucoup plus nombreuses dans le genre Plectane ou les Aranéides épineuses, et j forment des cavftés ombiliquées , dont les plus extérieures sont disposées circulairement prèà des bords de l'abdomen.
Le dessous de labdomen , ou le ventre , dans leë Aranéides , ne présente ni la variété des couleurs , ni les beaux dessins du dos j mais, dans un grand nombre d'espèces ^ il offre simplement deux raies parallèles de couleur jaune ou blanchâtre, ou deux courbes ou croissants opposés sur un fond plus ou moins sombre oa clair ; ou quatre taches colorées en carré ; et quelquefois un fond uniforme avec une bande transversale.
La forme du petit chaperon , au milieu duquel est la fente de Tanus , est plus ou moins prolongée , plus eu moins ronde et pointue^ selon les genres , et a été prise, à tort, par quelques entomologistes, pour une des filières. Celles-ci sont de petits appendices articulés ^ cylindriques et rétrécis en pointe à leur extrémité^ et presque coniques, placés immédiatement au-dessous de l'anus , serrés les uns contre les autres dans Tétat de repos , et réunis par leurs pointes en un seul faisceau. Elles sont au nombre de quatre dans un grand nombre d' Aranéides, et de six dans d'autres; mais, parmi celles qui en ont six , il y en a deux composées de trois ott quatre articles velus jusqu'à leur extrémité , qui parais» sent sans trous et sans papilles ; les quatre autres n'ont que deux articles, dont le premier est velu , mais dont le dernier est terminé par une Surface ehamue munie de
DJ5S ARAVÉIDE8. 8^
troua et de papilles très-fines , par où sort la matière de la soie : on a donné à ces organes le nom àe/uiulêt Ces mamelons ont été considérés par de savants entofluëlogistes comme les seules filières ^ et les deux- autres «omme des tentacules ou palpes anaux « et quand elle* aeront remarquablement allongées , nous leur censerv ▼eroos dans nos descriptions le nom de tenimeuletê Cependant ^ on ne Toit dans les Mygales que quatre filières ; deux grandes , composées de troi* arlicles i el deux très-petites presque cachées entre leè deiit aatres) et un peu plus rapprochées de la baie du ventre : ces filière! sont 9 dans la Mygale mèçonsf 1 qui construit en terre Un tuyau de soie si long et si admirable, extrêmement petites et rudimentaireSi^ n est difficile de croire que l'Insecte , pour filer^ ne se serre pas des grandes filières, qu'on a considéré^ cependant comme de simples appendices tentaculaires. Nous conserverons donc à tous ces organes le nom de filières, en distinguant les filières velues de celles qui sont membraneuses à leurs extrémités. Les filières ve* lues sont fort allongées dans certaines Mygales , dans les Agelènes et dans d'autres genres ; mais les différences que présentent ces organes, selon les divers genres, n'ont pas été suffisamment étudiées. Les quatre mamelons, les deux tentacules et l'anus, placés au^ dessus d eux , sont tous entourés par un cercle membraneux, et attachés à ce cercle par des muscle^ au moyen desquels l'Insecte peut les retirer dans le creux de l'abdomen , ou faire rentrer la dernière articulation comme on fait rentrer les divers tubes d'une lorgnette. Dans certains genres, tels que les Thomises^ toutes les filières paraissent de même nature ; danç le repos ^ les quatre plus grandes, les deux petites , et l'écusson
88 IN6ECTE5 APTÈRES.
anal , qui est lui-même papilleux et parait être une septième filière , se joignent entièrement.
Sous l'abdomen deux ou quatre plaques nues , blanchAtres ou brunâtres , situées par paires à sa base , décellent extérieurement les ouvertures en fentes des organes respiratoires. Les Dysdères , les Segestries , et plusieurs genres parmi les Tbérapboses, ont quatre fentes; mais dans le plus grand nombre de genres de la tribu des Araignées, on n'en observe que deux. Nous donnerons à ces plaques le nom ai opercules bran^ chiales. L'aréole de ces plaques , qui se prolonge et s'unit en angle au filet vertébral, et est distingué par une raie transversale , de la partie postérieure de l'abdomen , a reçu le nom d'épigastre.
Les organes arrondis qu'on remarque entre les organes respiratoires, au bas de Tépigastre , dans les Ara* néides femeDes, sont les organes génitaux. L'ouverture qu'ils présentent, dans un grand nombre d'Aranéides , est divisée en deux par une cloison, et entourée souvent d'un bourrelet écailleuxà son intérieur. Nousdonnerons à cette ouverture le nom de ^ul^e. Du milieu de la partie postérieure de la vulve , dans certaines Épéires , on voit naître un appnendice en forme de long crocbet qui la surmonte, couché longitudinalement sur le ventre , cartilagineux , aplati , mince, avec une large gouttière eu dessus dans sa moitié antérieure ; ensuite cylindrique , mou, flexible et strié à son extrémité, recouvrant l'ouverture propre à la sortie des œufs , qu'il est probablement destiné à faciliter. Cet organe se retrouve moins long et moins tubuleux dans quelques Théridions , et peut-être aussi dans d'autres genres : d'aprèa la fonction qu'on présume qu'il doit remplir , on lui avait donné le nom d'ouiducte , nous préférons celui
DES ARANÊIDES. 8()
Sépigyne, qui a aussi été proposé. Dans beaucoup de genres , tels que les Thomises et autres , Tépigyne est une fente au milieu de quatre bourrelets; mais cet organe n'est, dans toutes les Aranéides , apparent que lorsque rindiyidu est adulte ; avant il semble même n y aToir aucune ouverture, ou si on en aperçoit une presque imperceptible , ce n'est que comme une incision dans le derme sans aucun appendice extérieur.
La grandeur ne varie pas moins que les formes dans les Aranéides ; et elle varie non - seulement entre les différents genres , mais aussi dans le même genre. Entre la grande Mygale du Brésil , qui a trois pouces de long^ et qui, les pattes étendues dans l'état de repos , occupe un espace de six à sept pouces de diamètre , et certaines espèces des genres Uptiote et Théridion , qui n'ont pas même une ligne de diamètre , la différence est énorme. A la vérité, ce sont là les deux genres , qui présentent des exemples des plus grandes, et des plus petites dimensions. Les genres qui viennent après les Mygales, sous le rapport de la grandeur, sont : les Missulènes , les Lycoses, les Épéires , et ensuite les Olios, les Délènes et les Attes; mais ces trois derniers genres ne sont ainsi , que dans les pays cbaads et situés sous les tropiques ou dans leur voisinage; car, même dans le midi de l'Europe, ce sont les Lycoses , et surtout la famille des Tarentules , qui présentent des exemples de la plus grande dimension. Dans le nord de l'Europe les Lycoses cèdent, en grandeur à certaines Épéires. Les genres qui offrent les espèces les plus grandes , après ceux que nous venons de nommer, sont les genres Hersilie , Filistate , Olétère , Sphodros , Ctène , Érèse , Tégénaire , Agelène , Qubione, Drasse, Qotho, Sparasse, Eripus, Dys-
go IHSECTES APTÈRES.
dère, Segestrie, Zosis , Argyronètes, Clastes; L4S$ genres Linyphie, Artéma, Ulobore^ Plectane, Tetra* gnathe^ Myrmecie , Sphase , Dolopbène, Cberdis et Pholcus, ne comprennent que des indiridus d'uB« grandeur médiocre. Enfin les genres Scy tode , Théri'«> dion et Uptiote ^ ne présentent en général que des espèces d'une très-petite dimension.
Les genres qui offrent le plus de contrastes de gran* deur^ cest4<lire qui nous montrent à la fois des individus très -grands, et d'autres extrêmement petits | quoique parvenus par l'Age à leurs plus grandes di*mensions , sont , dans les Thérapboses ^ le genre Mi» gale ; et dans les Aranéides , les genres Lycose , Atte et Épéire.
Tels sont les caractères extérieurs des Aranéides comparés entre elles et dans les divers genres ; mais si nous les considérons d'une manière plus générale , et par rapport à la grande classe des Insectes j en y comprenant celle des Aptères , nous dirons que les Aranéides sont aptères ou sans ailes ; acéphales ou sans tête , puisqu'en effet elles n*ont point de tête distincte du corselet. Leur corselet est donc un céphalo-^thorax ou tête -corselet. Leur boucbe n'est pas terminale^ mais penchée , c'est-à-dire placée en dessous de la tête : elle est illabiée , c'est-à-dire qu'elle n*a pas de lèvre supérieure. Les Aranéides sont stomapodes^ c'est-àdire que leurs mftcboires tiennent au sternum , où les pieds sont articulés. Leurs mâcboires sont simples , c'esl* à-dire à un seul lobe; adhérentes , parce qu elles adb&» rent au labium ou à la lèvre inférieure ; bipalpées , c'est-à-dire n'ayant que deux palpes. Ces palpes sont plus ou moins pédiformes dans les femelles , er^éê dans les mAles. Leur langue est appelée ^Hiio^me , eu
BS8 AHAirÉIDES. 9I
attachée aa palais. Les mandibules sont ongùiou" léei ou armées d'une onglet ; dépourrues ^ ou pour«^ Tues , d'apophyses pointues y formant une sorte de râteau ou de herse. Les yeux sont simples^ c'est-à-dire non taillés en facettes ; ordinés , c'est-à-dire rangés ré« gulièrement ; quelquefois conglomérés , ou formant un groupe ; toujours sessiles ^ quoique parfois fdacés sulr des émineaces de la tête ou du céphalo - thorax ^ mais ' non portés Sur dés pédicules distincts : bet yeux sont distants^ rapprochés ^ continus et cohnés^ c'est-à-dire se touchant et presque réunis. Les Aranéides ont un tronc ou corselet monomère , c'est-àdire sans suture. Les Âranéides sont octopodes , c'està-dire qu'elles oiit huit phtles : toutes ces pattes sont pectorales y c'est-à-dire attachées au sternum ou à la poitrine; équidistantes , c'est-à-dire insérées à égale distance l'une de l'autre; rapprochées ^ c'est-à-dire «pi'elles sont toutes à leur insertion rapprochées les unes des autres. Elles sont griffées ^ c'est-à-dire armées de griffes : ces griffes sont simples ou pectinées , c'est-à-dire dépourvues ou armées de dents. Les Aranéides ont un abdomen coalite , c'est-à-dire non divisé enseg;ments; adjoint^ c'est-à-dire attaché au corselet par un muscle ou filet court, que nous avons nommé yertébral. Les Aranéides ont un ouiducte ou épyginey ou un organe qui sert à diriger la sortie des œufs en de-* hors ; cet oviducte est tantôt carré , tantôt sigmoïde ou a la forme d'un sigma. Les Aranéides ont l'extrémité de l'abdomen pourvue à'unjusule, c'est-à-dire d'un appareil d'organes propres à filer la soie, formé par quatre ou six petits yîfjeauar sétifères ; c'est-à-dire j mettant au dehors la matière visqueuse qui , durcie par l'air, produit ces fils fins qu'on a nommés soie d'Araignée.
ga INSECTES APTÈRES.
C'est avec les Phrynéides que les Aranéides ont, par leurs organes extérieurs , les plus fortes affinités. Les caractères communs qui les rapprochent sont d'avoir le corselet réuni à la tête et distinct de l'abdomen , et un abdomen pédicule non segmenté : leurs mandibules sont aussi en pinces monodactiles. Elles s'éloignent l'une de l'autre par la configuration de leurs mAchoires et de leurs pattes : encore, sous ce dernier rapport , le singulier prolongement , et la forme des pattes antérieures , de l'Atte Longimane ( décrit pour la première fois dans cet ouvrage), qui se replient sur elles-mêmes rapproche les deux ordres.
s. Des organes intérieurs des Aranéides et de leurs
fonctions uitales.
Les organes extérieurs des Aranéides nous sont connus , il s'agit actuellement de décrire leurs organes intérieurs, et de quelle manière s'opère leurs fonctions vitales : sujet obscur et difficile , attendu l'état d'imperfection où se trouve encore , malgré tant d'admirables travaux , l'anatomie et la physiologie des Insectes.
Nous procéderons selon l'ordre que nous avons indiqué plus haut , en nous conformant à l'importance relative des fonctions, et nous traiterons successivement : i^ de la respiration ; "2? de la circulation ; i^ de la digestion ; 4"* de la génération ; 5"^ des organes qui produisent la soie , et 6® de ceux des sens.
Avant de procéder à l'examen de tous ces organes , nous décrirons le tégument qui les recouvre. Celui du corselet est musculaire, recouvert d'une peau coriacée. L'abdomen est revêtu d'une double peau. Tune extérieure , assez forte et souple ; l'autre interne et visqueuse, sous laquelle se trouve l'épiploon, masse grenue , agglomérée , dans l'intérieur de laquelle sont