VI. ARGAS 3 Latr., Précis des caract. gén. des Ins
p. 178. — Rhynchoprion , Herm., Mém. aptérol. p. 69.
Mâchoires en suçoire , non engainées par les palpes et cachées ainsi que ceux-ci au-dessous d’une avance de la partie antérieure du corps ; dessous du corps granuleux , non écailleux et d’une seule pièce ; pattes hi-onguiculées , non vésiculifères.
Ces animaux , dont M. Savigny a étudié avec le plus grand soin les caractères extérieurs, sont fréquemment parasites : deux d’entre eux vivent sur des oiseaux ; un autre , devenu célèbre sous le nom d'Argas persicus , fait souvent éprouver à l’homme des douleurs très-violentes.
L'Argus persicus , au sujet duquel M. Fischer de Waldhcim a rédigé un mémoire publié sous le titre suivant : De l’Argas de Perse ( Malleh de Mianeh ) , décrit par les voyageurs sous le nom de Punaise venimeuse de Miana (in-4°, Acad, de Moscou, 1823) , a donné lieu à beaucoup d’exagérations de la part des voyageurs.
Dupré (2), cité par M. Fischer, s’exprime ainsi au sujet de ces
(1) Monografia de' Serpenti di Borna , in -4 ? P- 4? » pl* fig* 9-10.
(2) Voyage en Perse fait dans les années 1807, 1808 et 1809; t. IJ', 824; Paris, 1809.
ACAR1DES.
Insectes : « 11 y a aussi une espèce de Teigne , nommée dans le pays Malleh , qui est fort à craindre , parce que l’homme qui en est piqué tombe dans une consomption qui le fait dépérir à vue d’œil, surtout s’il ne se soumet pas sans restriction au régime dicté par l’expérience ; c’est de s’abstenir de viande ou de boissons acides ou fermentées. Le sucre est regardé comme un grand spécifique contre la piqûre de cet Insecte , que l’on ne trouve pas dans les maisons nouvellement construites , et que la clarté de la lumière éloigne , dit-on , des appartements. »
Maurice Eotzebue (i), également cité par M. Fischer, en parle en ees termes : « L’însectœdangereux que l’on appelle la Punaise de Miana mériterait les recherches d’un naturaliste exercé. Il est un peu plus grand que la Punaise d’Europe , d’un gris tirant sur le noir, et parsemé sur le dos d’une multitude de points rouges. Il se cache dans les murailles , et fréquente de préférence les vieilles. C’est là que les Punaises se trouvent en grande abondance et que leur piqûre est la plus dangereuse. Jamais elles ne se montrent en plein jour; elles craignent aussi la lumière : cependant la clarté des lampes et des bougies ne les met pas toujours en fuite. Elles infestent Miana depuis un temps immémorial et se répandent jusque dans les environs , où elles sont un peu moins dangereuses. En hiver, elles restent immobiles dans les trous de murailles , et, semblables à tous les animaux venimeux , c’est dans les grandes chaleurs de l’été que leur venin a le plus d’activité. Ce qu’il y a de plus merveilleux, même unique à l’égard de ces Punaises , c’est qu’elles n’attaquent pas les naturels, ou du moins la piqûre quelles leur font n’a point de suites plus graves que celle des Punaises d’Europe , mais, en revanche , elles font une guerre cruelle aux étrangers qui ont le malheur de passer une nuit à Miana , et souvent elles donnent la mort en moins de vingt-quatre heures. J’en ai entendu raconter deux exemples :
» Les Anglais de Tauris m’ont unanimement déclaré qu’ils ont perdu, à Miana , un de leurs domestiques qui fui atteint par ces terribles Insectes. Il éprouva bientôt dans tout son corps une chaleur violente, tomba dans une espèce de délire et expira enfin au milieu d’épouvantables convulsions.
<" (l) Voyage en Perse a la suite de l’ambassade russe , en 1817, Vllf,