‹ Histoire naturelle des insectes (volume 2)Chapitre 256 sur 1156 · Paris · texte numérisé non relu

Paris

G. GAMASE

» J’ai reçu d’autres informations non moins dignes de foi du colonel baron Wrède , qui a servi longtemps avec distinction en Grusinie , et qui , il y a quelques années , a été envoyé en Perse comme ambassadeur. Lorsqu’il passa à Miana, la saison était fort avancée ; ne croyant rien avoir à craindre des Punaises , il y resta la nuit , mais avec la précaution de tenir une bougie allumée. Il n’éprouva aucun mal. Un cosaque de son escorte eut le lendemain matin une tache noire au pied, tint des propos délirants et tomba enfin dans un accès de fureur. Les habitants conseillèrent un remède usité en pareil cas ; ce fut d’écorcher un bœuf et d’envelopper le pied du malade dans la peau encore chaude. On eut recours à cet expédient, mais cela ne servit de rien , et le pauvre cosaque mourut dans une douloureuse agonie. On assure que ce moyen réussit ordinairement , mais il faut que le malade reste pendant quarante jours sans prendre autre chose que de l’eau sucrée et du miel. Comme je l’ai déjà dit , les naturels de Miana prennent sans danger ces Punaises dans leurs mains. Quel bonheur que ces formidables Insectes ne se mettent point dans les habits ! car ils se seraient bientôt propagés dans toute la Perse. »

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