B*** WALCKENAER
DES
MYRIAPODES
Considérations générales sur les Myriapodes.
Les Myriapodes sont des animaux articulés terrestrès, pourvus de pieds articulés plus nombreux que ceux des autres classes et dont le nombre varie depuis dix à douze paires jusqu’à cent cinquante et au delà. Tous respirent par des trachées comme les Insectes, mais leur corps n’est divisible qu’en deux parties : i°ia tête qui porte une paire d’antennes , les yeux lorsqu’ils existent, et les appendices buccaux , et 2° le tronc , formé d’anneaux semblables ou presque semblables , variables dans leur forme et dans leur composition suivant les différentes familles , simples ou complexes , presque tous pourvus d’une paire de pieds (Chilopodes ou Syngnathes) ou de deux paires (Dipiopodes ou Chilognathes), et non séparables en anneaux thoraciques et abdominaux. Le dernier des anneaux porte l’orifice anal.
Organisation des Myriapodes. — Les deux grands groupes des Myriapodes, c’est-à-dire celui des espèces qui ont l’organisation des Scolopendres, et celui des Aptères, tome iv. I
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espèces qui ressemblent davantage aux Iules, diffèrent beaucoup entre eux. Aussi la catégorie des Myriapodes n’a-t-elle qu’un très-petit nombre de caractères communs. Les détails que nous allons donner sur l’organisation de ces animaux auront pour résultat de nous bien faire comprendre les différences qui distinguent l’un des groupes, ou les Chilopodes, de l’autre, celui des Diplopodes. Il en résultera cette démonstration que les Myriapodes constituent bien plutôt deux classes d’Entomozoaires que deux ordres d’une seule et meme classe.
1 . La forme extérieure de ces animaux rappelle touj ours plus ou moins celle des Chenilles ou des Vers, et en particulier celle des Néréides. Les Myriapodes du même grou pe que les Scolopendres sont les plus semblables aux Vers chétopodes, et, principalement, aux Néréides; ceux de la catégorie des Iules et des Glomeris ressemblent au contraire davantage aux Crustacés dont ils
ont même les segments résistants. On les a souvent rapprochés des Cloportes.
Dans les deux cas, les Myriapodes ont la tête séparée du reste du corps, et celui-ci est composé d’une série de segments variables en nombre et plus ou moins semblables entre eux ; ces segments sont quelquefois trèsmultipliés, et, lorsqu’ils le sont le plus, ils tendent à prendre un caractère de plus en plus uniforme. C’est ce que l’on voit dans les derniers genres de chaque grand groupe; les Iules, les Polyzonies et les Géophiles. Au contraire, chez les S cuti gères , et même chez les Lithohies, qui commencent la série des Chilopodes, les anneaux ne se ressemblent pas tous, surtout en dessus ; les Polydèmes , parmi les Diplopodes , ont aussi les deux parties constituantes de leurs an-
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neaux moins semblables entre elles que celles des Iules, et le second ainsi que le dernier segment des Gioméris diffèrent beaucoup des segments intermédiaires qui se ressemblent entre eux, La position des organes génitaux varie ; ils sont placés sous les premiers anneaux dans les Iules et les Glomeris, relégués au contraire à l’extrémité postérieure du corps dans les Scolopendres et dans les familles voisines. Tous les segments du corps qui suivent la tête peuvent être pédigères, souvent même ils sont quadripédigères, c’est-àdire pourvus de deux paires de pieds chacun. C’est le cas de la plupart des segments chez les Iules, les Polydèmes, les Glomeris, les Polyzonies, etc.; mais il nous semble que chaque segment est alors formé lui-même par la réunion de deux anneaux , soit inégaux comme dans les Polydèmes , soit égaux comme dans les Iules. L’agencement des éléments constituants de chaque anneau a permis de diviser les Chilognathes en trois groupes ( Monozonies , Trizonies , appelés aussi les Bizonies, et Pentazonies). Mais ces particularités de la composition élémentaire de chaque anneau peuvent être interprétées d’une manière plus uniforme ; c’est un point sur lequel nous reviendrons ailleurs.
11 n’y a chez aucun Myriapode d’anneaux abdominaux distincts du thorax. Cependant quelques Diplopodes ont à leur partie postérieure , au devant de l’anus , un petit nombre de segments apodes.
Quant aux pieds , leur composition est assez simple, sauf néanmoins chez les Scutigères , dont les tarses sont décomposés en une multitude de petits articles, ce qui les a fait appeler Schizotarses . Les pieds des autres Myriapodes ont six articulations et un ongle terminal simple. Certains de ces animaux ont jusqu’à
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cent cinquante paires de ces organes , et même plus; mais dans chaque grand groupe les premiers genres n’en ont qu’un petit nombre : tels sont les Pollyxènes, qui commencent la série des Diplopodes, et les Gloméris , qui se placent avant les Zéphronies et Polyzonies ; tels sont encore les Lithobies et les Scolopendrelles , celles-ci dans le groupe des Géophiles , celles-là dans celui des Scolopendres.
2. Les sens ont également une complication en rapport avec le rang qu’occupent les Myriapodes dans leur propre classe. Nous parierons principalement de ceux de l’odorat, dont les antennes sont le siège , et de la vue. Plus compliqués dans les premières espèces, ils se dégradent de celles-ci aux dernières. Les yeux sont surtout remarquables sous ce rapport.
Tous les Myriapodes ont des antennes , ce qui aurait dû les faire séparer des Arachnides auxquelles on les a quelquefois réunis , et ils n’ont, comme les Insectes hexapodes , qu’une seule paire de ces organes , caractère qui les éloigne des Crustacés, ces derniers en ayant le plus souvent deux paires.
Les antennes des Diplopodes ont une disposition toute spéciale et qui les fait bien reconnaître. Elles sont composées dans presque tous les cas de sept articles inégaux entre eux ou plus ou moins égaux , et elles affectent une disposition monilifornie ou subclaviforme. Leur longueur n’est jamais considérable et quelquefois même elles sont assez courtes , comme cela a lieu dans certains animaux de la famille des Iules. Leur dernier article est habituellement moins grand cjue les autres et souvent à demi inclus dans le pénultième. M. Newport (1) a fait connaître un Iule
(i) Philos, trans. royal soc. Lond., 1 844 *
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dont les antennes s’étaient recompîétées après avoir été mutilées. J’ai cité (1) un Ljsiopétaîe ( Talus plicotas , Guérin ) qui avait huit articles aux antennes au lieu de sept , mais peut-être par anomalie.
Les Dipîopodes palpent avec leurs antennes, qu’ils tiennent le plus souvent arquées et dont le segment terminal est souvent glanduleux.
Les antennes des Chiiopodes sont toujours plus ou moins sétiformes ou finement moniîiformes , et le nombre de leurs articles est bien supérieur à ce qu’il est chez les Dipîopodes. Les Géophiles qui présentent le nombre minimum en ont quatorze; les Scolopendres et les Cryptops en ont en général de dix-sep t à vingt ; les Lithobies en ont à peu près quarante , mais encore semblables entre eux et moniliformes, tandis que dans les Scutigères, où le nombre est extrême, ces articles sont de plusieurs sortes : les trois basilaires submoniliformes , les suivants trèscourts, réunis entre eux de manière à former une longue partie sétiforme, et articulée, au moyen d’articles à peu près semblables aux premiers , à une autre portion également sétiforme , mais plus grêle. Les antennes des Chiiopodes qui occupent le premier rang, ont donc le plus grand nombre d’articles connus, et ce nombre va en diminuant à mesure qu’on passe des Scutigères aux Lithobies , de celles-ci aux Scolopendres , et des Scolopendres aux Géophiles , qui sont les derniers animaux de ce groupe. Fréquemment les deux antennes des Scolopendres diffèrent entre elles par le nombre de leurs articles»
Nous avons constaté sur des Polydèmes , des Iules , des Lithobies et des Scolopendreiles que le nombre
(i) Ann . sc . nat., 3*” série, t. il, p. 59.
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des articles des antennes augmente à mesure que ces animaux approchent de l’âge adulte. Ce nombre dans Fanimal parfait peut fournir de très-bons caractères.
Les yeux des Myriapodes n’ont pas encore été anatomisés d’une manière spéciale , mais ils paraissent avoir la structure des yeux simples des Insectes, quoiqu’ils soient en général groupés en nombre plus ou moins considérable et de manière à simuler des yeux composés. Ceux des Scutigèressontréellement des yeux composés. Les yeux manquent dans certains genres: Gloméridèmes , Polydèmes , Blaniules , Cryptops et Géophiles. Il n’y en a qu’une seule paire dans les Stemmiules , Platydèmes et Scolopendrelles. Les Polyzonies en ont trois paires en série. Les Scolopendres en ont quatre paires en un petit groupe. Ceux des Gloméris sont plus nombreux, mais en série linéaire. Enfin, ils sont plus nombreux encore, réunis sous une figure variable , et souvent polygonaux dans les Zéphronies, Craspédosomes, Iules , Lysiopétales , Spiroboles, Spirostreptes et Lithobies.
Il y a des particularités concordantes remarquables entre la disposition ou le nombre des yeux des Myriapodes et le développement du système nerveux ; de telle sorte que les espèces supérieures , dans chacune des séries qui constituent cette classe d’animaux, sont en général les mieux douées sous ces deux rapports, tandis que chez les espèces inférieures, également dans chaque série , le système nerveux est moins complet et les yeux moins nombreux ou même nuis. On verra ailleurs que les Myriapodes inférieurs sont aussi dans leur groupe ceux qui ont les segments du corps les plus nombreux et les plus uniformes, caractère auquel se joint aussi celui d’avoir les pieds les plus multipliés.
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On n’a pas constaté expérimentalement la présence de Y ouïe chez les Myriapodes , mais il existe chez les Gloméris à la hase externe des antennes , entre cellesci et les yeux, une petite fossette que M. JBrandt considère comme étant peut-être un organe d’ audition. Cette fossette se voit également sur les Zéphronies et lesGlomeridesmus. On trouve encore un indice de la même disposition dans certaines espèces exotiques de Iules ou de Polydèmes, mais d une manière moins évidente.
3. On a dit assez souvent que le canal digestif des Myriapodes formait un tube droit, et par conséquent sans replis, depuis la bouche jusqu’à l’anus (1) ; mais cette assertion n’est pas exacte. Ainsi que M. Brandt l’a vu dans les Gloméris (2) et comme nous avons pu nous en assurer dans ces animaux et dans les Zéphronies ou Sphérothères, le canal digestif est presque double de la longueur totale. Après l’œsophage, qui est court, commence un ventricule chyîifîque ou estomac duodénal qui est ample, long , et donne insertion postérieurement aux vaisseaux biliaires. Cet estomac est continué par un intestin grêle , assez court , recourbé en anse à la partie postérieure du corps, et dont la portion qui revient en avant débouche elle-même dans un intestin plus gros qui remonte le long de l’estomac, pour redescendre ensuite jusqu’à l’anus, vers lequel son diamètre s’est considérablement rétréci. L’intestin des Gloméris et des Zéphronies a donc près de trois fois la longueur du corps , ou du moins il décrit deux courbures et suit trois directions différentes.
La définition de canal rectiligne paraît mieux con-
(1) Cuvier et Duvernoy, Anatomie comparée, t. Y, p. 246 et d’au très auteurs.
(2) Archives de Muller»
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venir à l'intestin des Iules(l). Ceux-ci ont un œsophage court, dilaté postérieurement en jabot, et suivi de l'estomac duodénal ou ventricule chyüflque, qui est séparé du jabot par un étranglement cylindrique et sans papilles à l'intérieur. Sa longueur égale les deux tiers de celle du tube digestif. Il est suivi par un intestin grêle, un peu large dans le principe, mais qui se rétrécit promptement en un canal court et étroit ; le gros intestin qui est plus long a presque le diamètre de l'estomac.
Dans les Lithobies (2), l'oesophage et le jabot ne forment qu'un même tube d'un diamètre uniforme, cylindrique, enveloppé par les glandes salivaires , et atteignants peine la seconde plaque dorsale. M. Marcel de Serres et Treviranus n'admettent point l’existence du jabot, mais l'analogie fait supposer à M. Léon Dufour que cette première poche gastrique existe néanmoins, et que si elle n’est pas plus prononcée c’est que les aliments n’y séjournent que peu de temps et en petite quantité, ce qui ne nécessite pas l’existence d’une dilatation sensible. Une valvule annulaire donne entrée dans le ventricule chylifique ou estomac duodénal qui est assez ample , forme à lui seul les deux tiers de la longueur du tube digestif et donne postérieurement naissance aux canaux hépatiques.
L'intestin, bien moins large et cylindroïde, paraît cannelé suivant sa longueur, lorsqu’il est vide, et qu’il se contracte sur lui-même; avant de se terminer à l'anus, il offre un cæcum à peine sensible.
L’appareil digestif des Scutigères (3) diffère peu de
(1) Treviranus, V ermischte Schriften, — Ramdoiir, pi. XV, fig. i.
(2) Marcel de Serres, Treviranus, Léon Dufour.
(3) Léon Dufour, loco cil.
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celui des Lithobies. L’œsophage y est d’une brièveté extrême; le jabot n’est qu’une faible dilatation; la partie stomacale est cylindrique et occupe environ les trois quarts de la longueur du corps; un peu avant la terminaison du rectum, il existe une sorte d’appendice cœcal.
Dans le Geophilus Gabrielis , nous avons trouvé un développement plus considérable encore de la partie stomacale du tube digestif, eu égard à la longueur du corps. Là non plus ce tube n’est pas complètement droit; il décrit une anse fort évidente quoique assez courte dans sa partie intestinale proprement dite, un peu après sa première moitié (1).
k. Ainsi qu’on en a déjà fai t la remarque, Y organe hépatique des Myriapodes ressemble beaucoup à celui des insectes hexapodes. Il se compose également de canaux fort déliés ou vaisseaux malpighiens. On a décrit et représenté ceux des Gloméris (2).
Ceux des Iules (3) sont deux très-longs tubes extrêmement contournés le long du gros intestin, se repliant en avant auprès des glandes salivaires et se reportant en arrière pour s’insérer au pylore de l’estomac duodenal.
Chez les Scuti gères et chez les Lithobies il y en a également (4), ceux des Scutigères sont au nombre de quatre, plus courts et ayant la même insertion : il n’y en a que deux chez les Lithobies , mais ils sont assez longs pour remonter jusqu’aux glandes salivaires. Ceux des Géophiles (G. Gabrielis ) nous ont montré
(1) P. Gervais. Ann. sc. nat ., 3e série, t. II, pl. 5, fig. 19,
(2) Brandt, Archives de Muller, i83y.
(3) Treviranus, Vermischte Schriften. — Ramdohr, Pl. XV, fig. 1.
(4) Léon Dufour, Ann. sc. nat., ire série, t, II, pl. 5, fig. I et 4-
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une disposition peu différente (t), mais néanmoins digne d’être décrite. Ils sont également fort prolongés en avant, et leur insertion a lieu de même à l'extrémité postérieure de l'estomac. Celle de celui delà face supérieure se fait par un petit renflement ampulliforme après lequel iî remonte en se courbant, passe ensuite sous l’intestin , redescend à peu près jusqu'au niveau de son insertion , mais à la face opposée de l'intestin, pour remonter ensuite directement sous celui-ci. Le second tube n'a pas d'ampoule à son insertion; il naît à peu près au-dessous du précédent , mais un peu plus haut, se recourbe brusquement, croise en dessus le premier auprès de son insertion , se contourne ensuite pour aller sous l’intestin stomacal rejoindre la portion ascendante de l’autre qu’il suit parallèlement.
5. Plusieurs auteurssesontoccupésdansces dernières années de la circulation chez les Myriapodes , et ils ont aisément reconnu que cette fonction, qu'on avait pour ainsi dire niée chez les Insectes , tant on en réduisait l’importance, est cependant assez compliquée chez eux et chez les Myriapodes.
M. Tyrrel a d'abord observé la circulation chez les Lithobies etles Géophiles (2). Dans la Scolopendre mordante (3), les organes circulatoires consistent en un vaisseau dorsal étranglé à chaque articulation, et fournissant là , de chaque coté , une branche transversale entourée de graisse comme lui. Ce vaisseau dorsal se bifurque à peu de distance de la tête, de manière à embrasser
(1) P. Gervais, Ann. sc. nnt., 3e série, t. II, pl. 5, fig. 19.
(2) Journ. l’Institut , l835 , p. l56-
(3) Newport, Philosoph. trans. royal soc. Lond ., l843, pl. i3 et 1 4» fig. 26. Dugès, MM. Muller, Wagner et Kutorga ont aussi étudié la circulation chez les Scolopendres. M. Brandt a étudié ses organes dans les Gloméris ( Recueil , p. 3, etc.
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l’oesophage et à former au-dessous, par une nouvelle anastomose, une aorte rétrograde qui se colle sur le cordon nerveux central et en suit le trajet dans toute la longueur du corps , fournissant en plusieurs endroits bien manifestement des rameaux latéraux ; c’est toujours vis-à-vis d’un ganglion , et les branches vasculaires accompagnent les nerfs qui partent de ce centre i nerveux. Au milieu de la bifurcation du vaisseau dorsal | part une artère céphalique , et des crosses latérales partent d’autres branches antérieures assez volumij neuses. L’analogie doit nous porter à croire que les branches transverses du vaisseau dorsal sont des veines afférentes , et que celles du vaisseau ventral sont des rameaux artériels; ce que l’on a déjà vu chez les Annélides l’indique assez, et ce que l’on a constaté chez les Insectes le prouve encore , puisque ces derniers ne diffèrent des Myriapodes que par l’absence des veines ; ce qui n’empêche pas la circulation d’être tout j aussi complète (1).
D’après des observations plus récentes, le vaisseau dorsal ou cœur de tous les Myriapodes est divisé, comme chez les insectes, en plusieurs compartiments , doht le nombre correspond à celui des segments abdominaux. Sa portion supérieure est partagée immédiatement, derrière le segment basilaire , en trois troncs distincts ; la portion moyenne , qui est la continuation du vaisseau iui-même , s’avance le long de l’œsophage et se distribue à la tête même , tandis que les deux autres, passant latéralement à l’extérieur et postérieurement dans une direction courbe,
l forment un collier vasculaire autour de l’œsophage ,
(l) Dugèss Physiologie comparée , U II, p. fô']»
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au-dessous duquel elles s’unissent en un vaisseau (1). Le vaisseau médian unique est placé au-dessus du cordon nerveux abdominal et s’étend en arrière sur toute la longueur du corps , jusqu’au ganglion terminal du cordon, au-dessous duquel il se divise en rameaux distincts, qui accompagnent les nerfs terminaux à leur distribution finale. Immédiatement en avant de chaque ganglion du cordon , ce vaisseau détache une paire de troncs vasculaires et chacun de ces troncs est subdivisé en quatre vaisseaux artériels dont chacun se rend à l’un des principaux nerfs qui proviennent du ganglion et peut-être suivi avec lui jusqu’à une distance considérable.
Parmi eux , le vaisseau le plus postérieur se réunit de nouveau avec le grand tronc médian , au moyen d’une petite branche , de manière que les quatre vaisseaux de chaque côté forment avec leur tronc un cercle vasculaire complet au-dessus de chaque renflement ganglionnaire du cordon. Indépendamment de ces vaisseaux qu’on peut considérer comme le grand tronc artériel qui porte le sang directement de la portion antérieure du cœur aux membres et à la surface inférieure du corps , M. Newport a découvert aussi dans chaque segment une paire de grands vaisseaux artériels qui naissent directement de la surface postérieure et inférieure de chacune des cavités du cœur. Ces vaisseaux , il les a nommés artères systémiques, et il les a suivis dans la Scolopendre depuis la grande cavité du cœur, qui est située dans le pénultième segment du corps, jusqu’à leurs ramifications ultimes dans les membranes des vaisseaux hépatiques du canal alimentaire.
(i) Lord, Medical Gazette .
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Après que le sang a passé dans les artères , il revient au cœur dans chaque segment du corps au moyen de deux vaisseaux transparents , excessivement délicats , qui passent le long des parois des segments, et communiquent avec les ouvertures valvulaires de chaque cavité du cœur à sa surface supérieure , où ces ouvertures valvulaires sont situées.
6. Tous les Myriapodes respirent par des trachées , mais néanmoins on n'a pas encore indiqué pour tous les genres de ces animaux la disposition des orifices qui donnent entrée à Fair dans ces trachées , celles des Pollyxènes en particulier et des Scoîopendrelles sont encore inconnus. Dans les Dipîopodes , on a quelquefois pris pour les stigmates des orifices bilatéraux qui conduisent dans des organes sécréteurs. Les véritables stigmates sont toujours plus ou moins rapprochés de l’insertion des pieds , mais ils ne sont pas en même nombre qu’eux ; il y en a une paire pour chacun des segments ou zoonites.
Les Scutigères forment sous le rapport des orifices respiratoires une exception remarquable. On considère comme étant leurs stigmates les orifices médio-dorsaux qui représenent des espèces de petites boutonnières placées près du bord postérieur des plaques dorsales delà première à la sixième.
Chez tous les autres Chilopodes les stigmates sont bilatéraux , et ils sont en générai vulviformes ou mieux en boutonnières. Les Géophiles en ont autant que de segments pédigères. Chez les autres, au contraire, ils sont moins nombreux. Certaines Scolopendres , de la famille des Scolopendres proprement dite , diffèrent beaucoup , sous ce rapport , des autres Myriapodes du même groupe; au lieu de neuf paires de stigmates
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en boutonnières , elles en ont dix en forme de plaques criblées. On a fait de ces Scolopendres un genre sous la dénomination d’ Heterostoma.
7. Les Myriapodes ont constamment, comme les in- 5 sectes hexapodes , les sexes séparés sur des individus mâles et femelles; ils s’accouplent et ils paraissent être en général ovipares. L’oviparité a été constatée pour les Gloméris , les Polydèmes , les Iules et les Polyzonies d’Europe. Les personnes qui ont étudié des Polydèmes et des Iules exotiques savent aussi que fort souvent le corps des individus femelles de ces deux genres renferme une quantité considérable d’œufs , mais on n’a pas constaté si toutes les espèces de ces genres sont dans le même cas ?
Nous avions fait connaître, d’après Audouin , que les Scolopendres proprement dites sont ovovivipares. Cette assertion repose sur l’inspection de jeunes Sco- j lopendres recueillies par MM. Quoy, Gaimard et Dussumier. Nous ignorons encore si les Scutigères, les Lithobies et les Géophiles sont réellement ovipares , ce qui est néanmoins probable , et quelle est la forme de leurs œufs.
Parlons maintenant des organes femelles . Les parties internes de la reproduction se composent essentiellement chez la femelle de l’ovaire , tantôt double (Gloméris, Polydèmes, Iules), tantôt simple (Scutigères, Lithobies, Scolopendres, Géophiles), mais dont la forme et la grandeur varient.
Gelui des Gloméris , qui est double et d’un volume considérable , s’étend d’arrière en avant. Il renferme , au printemps surtout , une quantité considérable d’œufs. D’après M. Brandt , les. deux oviductes qui en naissent ne s’ouvrent pas auprès de l’anus auquel
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ils sont attachés au moyen d’un petit ligament , par leur partie postérieure , mais ils entrent dans les deux petites écailles cornées et recourbées que forment de petits orifices situés derrière les articulations basilaires de la seconde paire de pattes.
C’est aussi à la base de la seconde paire de pattes , que nous avons trouvé les plaques génitales dans les Zéphronies dorsales, et comme l’individu que nous avons étudié avait le corps gorgé d’œufs , il est impossible de douter de son véritable sexe.
Chez les Polydèmes , les ovaires ont , d’après M. Straus, la forme d’une grappe très-composée ; iis débouchent, par l’intermédiaire de leurs oviductes.
G. Cuvier avait dit, dans la première édition de son Anatomie comparée : « Les Iules ont leurs organes génitaux dans quelque endroit moyen du corps. » Mais des dissections plus récentes ont appris que les Iules ont aussi deux longs ovaires dirigés d’arrière en avant , rapprochés l’un de l’autre au-dessous du canal intestinal, mais non confondus , et qui constituent un double oviducte aboutissant à des plaques vulvaires. Dans un grand Iule exotique , M. Duvernoy a trouvé l’ovaire gauche plus développé que le droit. Les ovules lui ont paru se développer en premier lieu dans des faisceaux de tubes formant des houppes et qui aboutissent ensemble , par intervalles, au côté externe de chaque tube principal qui devient l’oviducte en s’approchant des premiers segments du corps où se trouvent les vulves. Celles-ci sont situées inférieurement entre le deuxième et le troisième segment du corps. Elles se présentent dans les espèces d’Iules qn’on a examinées , comme deux renflements ou deux coussins mous , séparés dans la ligne médiane et attachés à
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deux plaques soudées, ayant chacune une apophyse et supportant par leur partie externe deux paires de pattes plus petites que les autres ; leur orifice est transversal et arqué. Dans les Poîydèmes , les organes femelles ont aussi le même mode d’ouverture. On aperçoit entre le deuxième et le troisième segment deux renflements ovales , ayant chacun un orifice longitudinal qui conduit dans l’oviducte de son côté. Dans les Lysiopétales , deux petites glandes, dont Tune se dilate en vésicule à son extrémité , aboutissent dans cette même cavité par leur canal excréteur.
Ajoutons que les organes génitaux femelles des Poîyzonies ont aussi leurs orifices sous les premiers segments du corps , et nous reconnaîtrons que c’est là un des caractères des Myriapodes Diplopodes (1). Dans les Chilopodes , ils s’ouvrent au contraire auprès de l’anus , mais par un orifice distinct , et la glande ovarienne est unique.
Les organes mâles des Diplopodes s’ouvrent comme les organes femelles des mêmes animaux, et comme ceux des deux sexes chez les Crustacés , très-loin de l’anus, sur les parties plus ou moins antérieures du corps, et en rapport plus ou moins immédiat avec les appendices ambulatoires.
Mais il y a toujours quelques variations dans la position de leurs appendices copulateurs , et ceux-ci sont toujours plus ou moins éloignés des orifices spermatiques.
Les organes mâles des Gloméris sont principalement
(i) LesFollyxènes n’échappent pas à cette disposition. Nous avons vu dans des individus de cette espèce, que nous considérons comme femelles, une paire de plaques génitales triangulaires à la base de la troisième paire de pattes.
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connus dans leur partie copulatoire que constituent une paire de pattes en crochets , plus fortes que les autres et supplémentaires, placées en avant de l’anus.
A l’intérieur il existe un testicule composé de deux moitiés, et une prostate cordiforme située près de l’anus. D’abord M. Brandi, à qui l’on doit cette observation, n’avait pu découvrir avec quelque sûreté les orifices externes de ces organes. Les relations entre les génitaux mâles internes et les organes particuliers crochus, semblables en quelque sorte aux pieds, qui se trouvent chez les mâles en avant de l’anus, étaient donc également obscures , quoique l’on dût croire que ces organes sont destinés à retenir et à stimuler les femelles pendant la copulation, mais point du tout à l’intromission de la liqueur fécondante.
Maintenant il est constaté que le conduit du testicule est simple d’abord , et qu’il se divise , derrière la seconde paire de pattes, en deux petits tubes, dont chacun entre dans la petite écaille recourbée , qui est placée derrière chaque articulation basilaire de la seconde paire de pieds ; la partie postérieure du testicule offre un petit conduit, dirigé en arrière jusqu’à la prostate, et pourrait bien être le canal excrétoire de cet organe. Les orifices des organes mâles ressemblent donc à ceux des organes femelles, et les organes spéciaux, crochus et pédiformes, qui existent chez les mâles en avant de l’anus , ont Lien la fonction que nous leur assignions tout à l’heure (!).
Latreille a dit (2) que le nombre des pattes était de trente-quatre dans les femelles des Gloméris, et de
(O Brandt, Recueil , p. î54 ; i83g. — « Ibid., p. 167; 18.^0. (2) Règne anim . de G. Cuvier, T. IV, p. 533,
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trente-deux dans les mâles; les organes sexuels de ceux-ci remplaçant la paire de pattes qui leur manque. C’est évidemment une erreur; l'appareil copulatoire qui constitue en apparence cette paire de pattes existe chez les mâles, et manque aux femelles. Nous en avons publié ailleurs la figure (1). Une disposition analogue existe chez les Zéphronies, qui ont vingt et une paires de pattes au lieu de dix-sept, comme les Gloméris. Chez eux, les mâles semblent en avoir vinjrtdeux paires, et Olivier a même décrit son Iiilus testaceus , qui appartient à ce groupe, comme étant dans ce cas. Nous reviendrons sur cette disposition en traitant spécialement des Zéphronies.
Chez les Polydèmes, depuis longtemps observés sous ce rapport par Latreille (2), ce sont bien les femelles qui ont une paire de pattes de plus que les mâles, parce que, en effet, chez ceux-ci la huitième paire, c'est- à-dire la première du septième segment, est remplacée par des forcipules grêles (3).
Les Iules ont des plaques spermatiques sous le deuxième segment? et des appendices copulateurs en place de la première paire de pieds du sixième? Les appendices du Lysiopétale fœtidissime sont fort longs et fort singuliers (4).
Les Polyzonies nous ont montré , à la base de leur troisième paire de pattes , un appendice articulé dou-
(1 ) Ann. sc. nat., 3e série, T. II, pl. 5, fig. 3.
(2) Latreille, Hist. nat. des Fourmis, p. 387; 1802.
(3) P. Gervais, Mag. de zoologie, ci. IX, pl. 240, fig. 2 f, d’après le Polydesmus Blainvillei.
(4) Savi , Opuscules scientif. — Duvernoy, Anat. comp. de Cuvier e t Revue zool. soc. Cuv.} 1846, p- 248, et quelques autres naturalistes. — Un travail de M. Stein traite des rapports des Myriapodes envisagés dans les organes et les fonctions de la génération î Archives de Muller , 1842, p. 338 à 38o, p. XII, XIII et XIV.
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ble , semblant être la seconde paire de pattes de ce segment, styliforme, et dirigé en arrière; et de plus, après la huitième paire de pattes , une paire de mamelons qui remplace la seconde paire du septième anneau.
Plusieurs Iules exotiques nous montrent une disposition curieuse du pénultième article de leurs tarses» ou même simultanément de celui-ci et l’antépénultième , dont la face inférieure présente à tous les pieds une ampoule membraneuse en forme de bourrelet, qui fonctionne sans doute comme ventouse. Les femelles manquent de cet organe , qui doit évidemment servir au rapprochement des sexes.
Chez les Lithobies (1), l’ovaire consiste en une grande poche oblongue , plus étroite en avant, plus large en arrière» et dont l’extrémité postérieure se réduit subitement pour former Fovîducte. Ce canal traverse l’avant-dernier segment du corps» après ou sans s’être dilaté de nouveau, et il se termine dans une sorte de vagin à une vulve, séparée de l’anus et placée au-dessous de lui.
Il y a des glandes génitales accessoires ou glandes sébacées de l’oviducte (Léon Dufour)-, elles sont au nombre de quatre , sont allongées et composées de petits cryptes. Chacune d’elles se termine par un canal excrétoire très-fin qui aboutit dans une petite vésicule, qui conduit elle-même au vagin par un canal fort court; à l’extérieur, les organes femelles des Lithobies se distinguent de ceux des mâles parla forme plus étroite du dernier segment du corps auquel ou remarque deux petits appendices préhenseurs , bi-
(i) Léon Dufour, Ann, sc, naf., série, t. II, pL 5, fig. 4-
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articulés et terminés par un double onglet. C'est entre ces appendices que s’ouvre la vulve.
L'ovaire de la Scolopendre est également impair et non ramifié. La vulve est nettement distincte.
Dans les Scutigères (1), leurs glandes sébacées constituent deux ampoules arrondies sans tubes folliculeux.
Les Géophiles (2) ont Fovaire allongé , peu distinct de Foviducte et les glandes sébacées en forme de petites sphères terminées par un canal court, mais sans tubes accessoires comparables à ceux des Lithobies.
On ne voit pas de différences bien saillantes dans les parties externes de la génération chez les Chilopodes femelles, comparés à ceux de Fautre sexe.
8. L'étude du développement entreprise par d’habiles physiologistes a déjà fourni dans presque toutes les classes du règne animal de précieuses indications, dont la méthode a su profiter avec empressement; mais le développement des Myriapodes n'est encore qu'assez superficiellement connu. On a des renseignements sur les modifications qu’ils éprouvent après leur sortie de l’œuf, mais on ignore encore les faits principaux de leur ovologie.
Quelques indications précieuses enregistrées par de Geer, plusieurs faits importants publiés par Savi, d'autres recueillis par nous, par M. Waga, et plus récemment par M. JNewport, forment l'ensemble de nos connaissances à cet égard, mais l’on doit regretter qu’elles n'aient pas été suivies d’une manière assez comparative dans les deux catégories principales de Myriapodes.
(1) Treviranus, Vermischte Schriften.— L. Dufour, loco cit., fig. i.
(2) P. Geryais, Ann, se, nat,% 3e série, t. Il, pl. 5, fig. 19.
ORGANISATION
De Geer, voulant observer les mœurs du Iule, commun par toute l’Europe , que Linné a nommé lulus sabulosus , conserva un de ces animaux dans un vase à part, et obtint qu’il y pondit.
« Celui (le Iule) dont je viens de donner la description , dit de Geer (1), était une femelle , car elle pondit un grand nombre d’œufs d’un blanc sale dans la terre, près du fond du poudrier, où elle les avait placés en un tas les uns auprès des autres ; ils sont très petits et de figure arrondie. Je n’espérais pas voir des petits sortir de ces œufs , car il était incertain si la mère avait été fécondée ou non.
» Cependant après quelques jours, c’était le premier du mois d’août 1746 , de chaque œuf il sortit un petit Iule blanc, qui n’avait pas une ligne de longueur. J’examinai d’abord au microscope les coques d’œufs vides, et je vis qu’elles s'étaient fendues en deux portions égales , mais qui tenaient pourtant ensemble vers le bas.
» Les jeunes Iules nouvellement éclos me firent voir une chose à laquelle je ne m’attendais nullement: je savais que les Insectes de ce genre ne subissent pas de métamorphoses, qu’ils ne deviennent jamais des insectes ailés, ainsi j etais comme assuré que les jeunes devaient être semblables en figure , à la grandeur près, à leur mère, et par conséquent je croyais qu’ils étaient pourvus d’autant de pattes qu’elle; mais je vis tout autre chose : chacun d’eux n’avait en tout que six pattes qui composaient trois paires, et dont il y avait trois de chaque côté du corps, si
Le même observateur a aussi constaté que les Pol-
(i)T. VII, p. 58a.
MYRIAPODES
lyxènes ont moins d anneaux et de paires de pattes dans le jeune âge que dans l’âge adulte.
« Les Iules de la troisième grandeur ( Pollyxenus lagurus) , dit de Geer (1), étaient encore plus petits que ceux à six paires de pattes ; ils sont très-courts, et le dessus du corps est divisé en trois anneaux ; chaque anneau a quatre brosses : ainsi le corps de l’Insecte est garni en tout de douze brosses. Les pinceaux de la queue sont encore plus déliés que ceux des Iules de la grandeur moyenne, et le nombre de leurs pattes est proportionné à leur grandeur ; ils n’en ont que trois paires. »
M. Paul Savi (2) s^est aussi occupé du développement des Iules. Il nomme I. communis l’espèce qu’il a observée , et il la regarde comme distincte de toutes celles qu’on avait décrites avant lui. Ce que M, Savi dit de plus remarquable sur ces animaux est en opposition complète avec les observations de de Geer. En effet , d’après lui, les Iules sont complètement apodes, au lieu d’ètre pourvus de six pattes , lorsqu’ils viennent au monde. M. Savi a-t-il bien observé? Nous ne voulons pas le mettre en doute sans avoir répété sesobservations sur l’espèce étudiée par lui; mais nous ne croyons pas qu’on puisse conclure de ses recherches que de Geer ait été dans l’erreur. Le récit de ce dernier est trop circonstancié pour qu’il soit permis de le taxer d’inexactitude. Nous n’avons pas vu éclore des Iules, mais, en étudiant ces animaux dans leur très-jeune âge, nous avons constaté, comme de Geer l’avait fait, que le nombre des anneaux de leur corps, celui des pattes et
(1) T. VII, p. 577, pl. 26, fig. 8. De Geer appelle les Pollyxènes des Iules.
(2) Memorie scientifiche , in-8 ; 1828.
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celui des articles des antennes, augmentent à mesure que l’animal avance en âge. C’est en arrière qu’apparaissent les nouvelles pattes, mais jusqu’au complet développement, il reste encore dans cette partie plusieurs anneaux apodes en avant de celui qui porte l’anus. Un fait plus remarquable encore, et dont ni de Geer ni M. Savi n’avaient fait mention, c’est que les variations portent non-seulement sur les organes qui viennent d’être signalés, mais encore sur les jeux, qui sont eux-mêmes bien moins nombreux chez les jeunes que chez les adultes.
Dans les Iules parfaitement développés appartenant à l’espèce que nous avons le plus étudiée sous ce rapportée Iulus lucifugus , les jeux , qui apparaissent de chaque côté de la tête comme une tache triangulaire d’un noir profond, sont composés de petits ocelles disposés eux-mêmes en lignes parfaitement régulières et d’une manière tout à fait géométrique. Le nombre de ces ocelles , chez un jeune Iule qui n’avait encore que quelques anneaux au tronc et sept paires de pattes , était de six seulement; ils étaient sur trois lignes, et déjà disposés en un triangle équilatéral. La première ligne ne présentait qu’un ocelle , la seconde en avait deux, et la suivante trois. Chez un individu un peu plus âgé , une nouvelle rangée de quatre ocelles s’était déjà montrée après celle dont il vient d’être question.
M. le professeur Waga, de Varsovie , a vu éclore des œufs de son Iulus unciger ( Iulus fœtidus , Koch). Dans les premiers jours d’avril , ces œufs, précédemment de couleur blanche , ne présentaient encore aucun changement apparent , mais dans le courant du mois ils commencèrent à devenir opaques , et bientôt
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après plusieurs d’entre eux se fendirent, a On pouvait, dit M. Waga, distinguer au moyen du microscope que les deux portions de la coque étaient égales, et qu’elles contenaient un embryon de couleur blanche comme le lait, entièrement lisse, ne donnant aucune marque de mouvement , dépourvu totalement de membres } et si mou, que la moindre pression eût suffi pour l’écraser. » Au bout de quatre ou cinq jours, il fut possible de constater sur ces Myriapodes la présence de trois paires de pattes.
M. Waga a également observé que les jeunes Poîyzonies ont trois paires de pattes, et il semblerait résulter de son texte , que nous reproduirons en traitant du Polyzonium germanicum , que les pattes existent déjà lors de l’éclosion chez ce dernier.
M. Newport , qui a suivi avec beaucoup d’attention le développement des Iules, a fait voir que les trois premières paires de pattes n’apparaissent qu’après la naissance, et lorsque l’animal a déjà éprouvé une mue. C’est une phase de plus dans la métamorphose de ces animaux , mais qui ne contredit point les rapports que l’on peut établir entre les jeunes Myriapodes et certains Insectes hexapodes des groupes inférieurs, et en particulier les Podures. Ajoutons , en faveur de ce rapprochement , que l’absence des pattes à la naissance n’est pas elle-même un fait général aux Myriapodes Diplopodes. Voici ce que nous avons observé sur les Gloméris (1) :
Au mois d’avril, dans les environs de Paris, les ovaires des Gloméris sont chargés d’une grande quantité d’œufs. Si l’on irarde ces Gloméris envase clos.
(i) Bull. soc. Philom 1844 (Journ. l'Institut, p. 2o4)*
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ils ne tardent pas à pondre. Chaque oeuf est isolé et enveloppé d’une petite boule de terre plus ou moins régulière , dont le diamètre égale trois ou quatre millimètres. L’œuf iui-mème n’a guère plus d’un millimètre ; il est blanc et parfaitement rond. Si l’on étudie ces œufs après quelque temps, on voit que le jeune a commencé à s’y développer, et à son éclosion il a moins d’articles aux an tenues et moins d’anneauxaucorps que n’en ont les adultes. Il n’a alors que trois paires de pattes , et nous avons constaté que celles-ci existaient déjà avant l’éclosion.
Nous avons vu depuis lors des Polydesmus complet, natus nouvellement nés, mais sans avoir eu l’occasion de les observer avant qu’ils fussent éclos. Ces Polydèmes, dont les plus jeunes étaienthexapodes et aucun apode, n’avaient que sept anneaux au corps , la tête et l’anus compris. L’un d’eux, examiné trois semaines après , montrait dix anneaux (huit sans la tête et l’anus) et déjà six paires de pattes ou lieu de trois : une pour le premier ou le deuxième anneau , une seconde pour le troisième, une troisième pour le quatrième , une quatrième et une cinquième pour le cinquième et la sixième conique sous le sixième. Il est probable que cet individu fût devenu un mâle s’il avait continué son développement. Une femelle aurait sans doute présenté deux paires de pattes au lieu d’une seule au sixième anneau; mais ici les forcipules génitales n’étaient pas encore développées. Un fait remarquable que présentaient ces petits Polydèmes, c’est l’apparence serratiforme du bord latéral de leurs carènes, dont les crénelures, au nombre de trois , sont assez semblables alors à celles du Polydesmus mexiccinus de M. Lucas, qui est une des espèces du genre Stenonia. Ce caractère
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existe encore , mais (Tune manière beaucoup moins prononcée, dans les P. complanatus adultes.
A part le caractère apode de certains Diplopodes au moment de leur naissance, le fait capital de leur mode d’évolution est l'accroissement en nombre de leurs articulations, soit de celles du corps ou les anneaux, soit de celles des antennes. Le nombre des yeux peut également varier, et le nombre de pattes que Ton voit d'abord est toujours, comme chez les Insectes hexapodes , de trois paires, quoiqu’il y ait alors moins de segments au corps que chez la plupart des vrais Insectes.
Nous avons reconnu que les Lithobies sont soumises à un mode analogue dévolution, c'est-à-dire qu’elles ont en naissant moins d'anneaux au corps , moins d’articles aux antennes et moins d’yeux qu'elles n’en auront dans l’âçe adulte.
Envisagées dans l’état complet de leur développement, les Lithobies ont quinze paires de pattes, de là le nom de Scolopendres à quinze paires de pattes que leur imposait Geoffroy ; elles ont les antennes grenues et composées de quarante articles environ : enfin leurs yeux sont fort nombreux et disposés en groupe sur les côtés de la tète. Une jeune Lithobie recueillie le 26 mai 1836 n’avait encore que sept paires de pattes, dix anneaux pour tout le corps , deux yeux seulement de chaque côté de la tête et huit articles aux antennes. Remarquons aussi qu'un seul de ses anneaux, l'anal, était privé de pieds, ce qui établit tout d’abord une différence entre les jeunes Lithobies et les jeunes Iules, auxquels nous avons toujours vu, à l’arrière du corps, plusieurs segments apodes. Cette même larve, car il semble que ce nom peut très-bien lui être appliqué,
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montrait déjà, le 8 juin suivant, quatorze articles aux antennes et huit paires de pattes 5 elle avait encore un anneau apode pour Faims et présentait en tout onze
segments.
Une des figures qui ont été publiées représente une autre Lilhobie à peu près du même âge, mais qui avait déjà trois yeux. Celle d’un autre individu montre dix paires de pattes dont les deux postérieures sont rudimentaires et à peine formées (1). Dans un autre les pattes étaient toutes développées, mais il manquait encore des yeux, chaque côté n’en présentant que huit.
Voyons comment se développent les pattes et les anneaux à mesure que chaque jeune Lithobie avance en âge. Etudiés sous un individu adulte , les segments pédigères des Lithobies sont à peu près égaux entre eux, mais en dessus, où ils sont comme imbriqués, quelques-uns apparaissent plus grands et d’autres plus petits. Les plus grands sont les 1 , 2, 3, 5 , 7, 8, 10, 12, 13 et 14 ; ces trois derniers correspondant à quatre demi-arceaux inférieurs et par suite à quatre paires
(1) Adas de zoologie , pl. 56, f g. i ; elle a huit pattes, deux rudimentaires en arrière et les segmen ts ; six gros anneaux, et trois petits.
Ann, sc, nat. , 2e série, t. VII , pi. 4 ? fig- 1 , « , b, c, d = sept paires de pattes, trois d’yeux, seize articles aux antennes, sept anneaux égaux. — Ibid. fig. i , e, f, g, h = quinze paires de pattes, trente articles aux antennes, huit paires d’yeux, neuf anneaux grands, quatre petits.
Tout récemment j’en ai recueilli d’autres à Montpellier :
La plusjeune de ces lithobies était longue de 0,0085 seulement, blanche subtransparente, pourvue de sept paires de pieds, avec une seule paire d’appendices postérieurs (sans doute une patte rudimentaire), et deux paires d’yeux dont un plus grand que l’autre.
La moins jeune avait o,oo4î de long, huit paires de pattes, plus deux paires rudimentaires en arrière , quatre articles aux antennes, peu séparés entreeux, et dont le dernier était beaucoup plus grand que les autres.
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de pattes. Les arceaux 2, 4, 6, 9, et i 1 sont plus petits. On constate que les pattes existent déjà aux arceaux les moins grands avant que la partie supérieure de ces arceaux se soit montrée. Il faut aussi remarquer que ce qui est permanent pour un des segments postérieurs qui n'a en dessus qu'un écusson existe alors pour deux segments postérieurs : ces segments n’ont en dessus qu’un seul écusson, le plus petit des deux n’ajant pas encore paru dans nos jeunes Lithobies.
Des variations analogues dans le nombre des anneaux des corps et des articles des antennes ont été observées chez les Scolopendrelles. Les autres Ghilo' podes sont peu connus sous ce rapport (i).
9. Plusieurs savants zootomistes ont donné des descriptions accompagnées de figures du système nerveux des Myriapodes. On y remarque une grande similitude de disposition avec ce qui existe chez les Annélides , principalement dans la multiplicité des ganglions qui égale toujours celle des segments du corps.
Treviranus a fait connaître avec soin le système nerveux des Iules , des Lithobies et celui des Géophiles. M. Léon Dufour (2) celui des Scutigères et des Lithobies; M. Straus adonné quelques indications relatives à celui des Scolopendres, mais ce genre d animaux a été décrit en détail sous le rapport qui nous occupe par M. Muller (3) ; M. Brandt a décrit celui des
(1) Je ne connais à l’égard des Géophsles que la phrase suivante qui estdu D. Leach: olnjanuary, lobserved beneaththeearlhin agarden, in a eavity, six young ones ( varying much in the number of their legs) » et l’observation curieuse , mais contradictoire de M. Newport , que les jeunes du G. longicornis ont en sortant de l’œuf presque autant de pieds que les adultes.
(2) Ann. des sc. nat.,loco cit.
(3) Isis.
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Gloméris (1) ; et plus récemment M. Newport (2) a publié un travail fort complet sur celui des Poiydèmes, des Iules et des Scolopendres et des Géophiles. Aussi, est-ce surtout à l'ensemble de ses travaux que nous empruntons ce qui va suivre.
A Tétât adulte, le cerveau des Myriapodes ne paraît formé que de deux paires de ganglions, dont la première donne naissance aux nerfs antennaires, et la seconde aux nerfs optiques ainsi qu’au collier œsophagien; mais dans le jeune des Geophiles longicornes M. Newport a reconnu quatre paires de ganglions correspondant à un nombre égal d’anneaux qui se réunissent pour former la tête. La chaîne des ganglions sous-intestinaux est de la même force dans toute la longueur du corps.
Dans le Iule terrestre, on compte quatre-vingtseize renflements gangîiformes , extrêmement rapprochés entre eux ; dans un groupe particulier de Géophiliens, celui des Gonibregmatus , Newport, ce nombre s’élève à cent soixante-trois et plus , tandis que dans les Scolopendres il n’y en a que vingt-trois.
Gomme il était facile de le prévoir, et comme Treviranus , nous et quelques autres auteurs l’avons vu sur des espèces très-dillérentes 5 il existe chez les Géophiles autant de ganglions sous-intestinaux que d’anneaux au corps, c’est-à-dire un pour chaque anneau portant une paire de pattes, quoique le nombre de ces anneaux soit partout très-considérable et qu’il varie suivant l’espèce que l’on étudie.
Le système nerveux sous-intestinal des Diplopodes,
(1) Archives de Muller.
(2) Traits, philos. Land., 1 843, pi, Ann. sc. nat,9 2e série, t î, p. ôy.
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cest-à-dire des Myriapodes Chilognates. présente une disposition de Latreille en rapport avec la disposition de leurs segments. Les ganglions de chaque zoonite quadripédigère sont en réalité doubles comme le sont eux-mêmes les segments de ces zoonites. Cette duplicité est dissimulée par la réunion presque complète des deux ganglions en un seul. Toutefois, la nature de ces ganglions doubles et coalescents de Diplopodes est assez facile à saisir, surtout si on les compare à ceux des Chilopod.es qui sont évidemment simples dans tous les segments du corps. Un autre fait également évident pour les deux classes de Myriapodes est la complication plus grande du système nerveux soit dans sa partie cérébrale, soit dans sa chaîne dont les ganglions sont plus forts et plus dédoublés bilatéralement chez les premiers genres de chaque classe, et plus réduits au contraire à ganglions plus simples et plus rapprochés chez les derniers. Un Gloméris comparé à un Iule, ou au contraire un Géophile comparé à une Lithobie ne laissent aucun doute à cet égard.
M. New port a donné une attention toute spéciale à la structure du cordon et de ses ganglions, ainsi qu’à leur mode de développement pendant la croissance de l’animal. Dans la forme la plus inférieure des Diplopodes, celie des Iules, chez lesquels les ganglions sont très-rapprochés les uns des autres et difficiles à discerner de la portion interganglionnaire du cordon, il a reconnu d’une manière complète quatre séries de libres, dont deux sont longitudinales, l’une supérieure, l’autre inférieure; et deux commissurales, l’une transversale et l’autre latérale. La série supérieure, qu’il avait précédemment décrite chez les Insectes comme siège de l’agent
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excito-moteur, estdistinctedel’inférieure, qu’il regarde comme le siège de la sensibilité. Il ajoute quindépendamment de ces séries , il existe dans chaque moitié du cordon une autresériedefibres pîusimporlantes encore, qui constitue une grande partie du cordon. Cette série forme la partie latérale de chaque moi lié du cordon, et diffère des séries supérieure et inférieure , par cette circonstance que tandis que ces dernières peuvent être suivies sur toute la longueur du cordon jusqu’aux ganglions sous-œsophagien et cérébral , la première s’étend seulement du bord postérieur d’un ganglion au bord du premier ou du second qui le suit, en limitant ainsi la paroi postérieure d’un nerf et la paroi antérieure d’un autre, et en formant partie du cordon seulement dans les intervalles entre deux nerfs. D’après cette circonstance , M. Newport désigne les fibres de cette série par l’expression de fibres de renforcement du cordon .
Chaq ue nerf qui part d’un renflement ganglionnaire est composé de ces quatre sortes de fibres , savoir : une série supérieure et une inférieure communiquant avec les ganglions céphaliques, une série transverse ou de commissure , qui communique seulement avec les nerfs correspondants sur le côté opposé du corps , et une série latérale qui ne communique qu’avec les nerfs d’un autre renflement ganglionnaire du meme côté du corps , et qui fait partie du cordon dans les intervalles des ganglions. Dans les ganglions du cordon des Iules et des Polydèmes , les fibres de la série longitudinale inférieure sont renflées en entrant dans les ganglions ; mais elles reprennent leur diamètre primitif quand elles les quittent. Dans le développement des ganglions et des nerfs de ces genres , il se présente, comme aussi
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chez les Géophiles, des changements semblables à ceux qui ont été constatés chez les Insectes.
Mœurs et répartition géographique. — Les Myriapodes vivent à la surface du sol dans les lieux ombragés par les végétaux d une petite élévation ; on en trouve , dans les bois , dans les plaines, dans les lieux cultivés et jusque dans les maisons. Le plus souvent ils se cachent sous les pierres , sous la mousse ou dans les écorces des arbres; on en trouve aussi dans les fruits. Quelques-uns, comme certains Géophiles, vivent même dans la terre, et c’est en creusant celle-ci qu’on peut les rencontrer. Les Sculigères se rapprochent souvent des habitations et paraissent y rechercher les appartements boisés. Presque tous ont besoin d une certaine humidité, mais il n’en est aucune espèce qui soit aquatique. Ces animaux vivent dans toutes les parties du monde , et les régions chaudes , l’Afrique , l’Inde et ses îles, l’Amérique intertropicale fournissent des espèces fort diverses et dont la taille l’emporte remarquablement sur celle des Myriapodes européens. Beaucoup de Diplopodes se font remarquer par Fodeur bizarre ou parfois fétide que répandent les glandes placées sur les parties latérales de leurs anneaux. Les Scolopendres proprement dites inspirent la crainte par les piqûres toujours fort douloureuses et quelquefois même dangereuses qu’elles font aux personnes qui les touchent imprudemment; certains Myriapodes sont phosphorescents et les Géophiles sont plus particulièrement dans ce cas. Leur corps est souvent coloré avec assez de luxe dans les espèces exotiques; certaines particularités de leur organisation appellent l’attention de l ob-
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servateur, tandis que îeur physionomie bizarre et leur analogie avec leschenilles ou les versinspirent du dégoût au vulgaire. Il faut avouer néanmoins que leur histoire naturelle offre moins d’attrait que celle de la plupart des Insectes, et comme leurs caractères spécifiques sont toujours assez difficiles à saisir malgré la multiplicité de leurs espèces dans certains genres , on comprend assez pourquoi les entomologistes de la fin du siècle dernier ou du commencement de celui-ci les ont constamment négligés.
Remarques historiques . — Grâce aux travaux de MM. Brandt et Newport ainsi que d’un petit nombre d’autres naturalistes, l’histoire naturelle des Myriapodes est aujourd’hui bien mieux connue, et leur classification est déjà assez avancée. Toutefois quelques auteurs du dernier siècle avaient déjà étudié ces a nimaux avec beaucoup de soin.
1° Les belles recherches de de Geer (I) sur plusieurs espèces indigènes et exotiques de Myriapodes commencent d’une manière remarquable la série des travaux que l’on a publiés sur les Myriapodes. On ne possédait antérieurement que des indications éparses et pour la plupart inexactes. De Geer s’occupa du Poîlyxène s qu’il rapporta avec raison au groupe des Iules et non à celui des Scolopendres , comme font fait quelques auteurs ; il traita aussi des Polydèmes communs , de plusieurs espèces d Iules véritables, de quelques animaux indigènes ou exotiques appartenant
(l) Acad, des sciences de Paris , t. I, p. 532, et t. III, p. 6l (anliées 1664-66 ). — Mémoires pour servir à V Histoire des Insectes , t. VII, p. 554 (Scolopendres) , et p. 56g (Iules).
Aptères, tome iv. 3
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aux genres Lithobie, Scolopendre et Géophüe des auteurs actuels, et les chapi 1res dans lesquels il s’occupede ces animaux sont remplis d’observations importantes; il en parle sous les noms collectifs d’iules et de Scolopendres , mais sans proposer de dénominations particulières pour les diverses sections qu'il entrevoit déjà parmi eux. C’est auprès des Cloportes qu’il place ces animaux , et il les réunit sous la dénomination commune de Millepieds .
On trouve aussi dans Geoffroy de bonnes observations sur les Millepieds, mais ni Geoffroy ni de Geer ne parlèrent de ceux que Fon nomme aujourd’hui des Gloméris , et jusqu’à Olivier ceux-ci furent placés dans le meme genre que les Cloportes.
C’est encore sous la dénomination d’ Oniscus ou de Cloportes qu’il est question des Gloméris dans l’édition du Systcma naturœ , publiée par Gmelin.
Dans cet ouvrage, les seuls genres de Millepieds admis sont , comme dans de Geer, ceux de Scolopendra et de lu! us y le premier comprenant douze espèces dont le Pollyxène fait partie bien à tort, et le second treize, dont une est un crustacé isopode. Cette espèce était alors désignée par le nom de lulus ooalis „
Pour les naturalistes linnéens le genre des Iules était le dernier de la classe des Insectes, et celui des Scolopendres, qui le précédait, venait immédiatement après les Oniscus, dont une espèce ( Oniscus pustulatus , Fabricius) est un Myriapode du genre Gloméris.
Dans le tableau de cette classificalion des Insectes, p. 1525 du System a y les genres Scolopendra et lulus forment une troisième catégorie des Aptères ainsi caractérisée :
Pedihus pluribus , capite a thorace discreto .
HISTORIQUE
Fabricius (1793) a rangé les Iules et les Scolopendres dans sa sixième classe des Insectes, et il les a réunis aux Cloportes qui en sont le troisième genre. Cette sixième classe est celle des Miiosates. C’est entre les Libellules ( Odonata ) et les Arachnides ( U nos ata } qu'elle prend rang. Les Gloméris n'y sont point encore distingués , même génériquement , d’avec les Oniscus .
2° Blumenbach et G. Cuvier, qui ont publié vers la fin du dernier siècle les ouvrages de zoologie élémentaire les plus estimés, ont suivi le premier la méthode de Linné, et le second celle de Fabricius, mais déjà l’influence de la nouvelle école française avait permis à Cuvier de mieux délimiter les groupes dans son livre. Les Oniscus, sur lesquels il avait publié précédemment un petit mémoire, restent parmi les Crustacés ( Agonata , Fabr. ) et les Gloméris rentrent dans les Mitosata auxquels il donne , comme de Geer, le nom de Millepieds.
Olivier, rédacteur de la partie entomologique de l’Encyclopédie méthodique, venait en effet, dans son excellent article sur les Iules , de réunir les Gloméris aux Iules en en faisant une première section dans ce genre, dont la seconde section comprenait les Iules à corpsaîlongé etcylindrique,et la troisième ceux, comme les Iule plan et lagure, dont Latreille fera plus tard ses genres Polydème et Pollyxène.
Voici comment Olivier s'exprimait au sujet des affinités des Milîepieds :
Les Insectes autrefois connus sous le nom de Millepieds , à cause du grand nombre de leurs pattes , sont, dit-il , la clôture de la classe nombreuse des Insectes, et doivent être considérés comme le dernier chaînon
MYRIAPODES
de la chaîne qui lie cette classe à celle des Vers, En effet, ils ont le corps très-allongé et cylindrique, ou presque de grosseur égale dans toute son étendue, et quoiqu’ils aient un grand nombre de pattes, elles sont néanmoins si courtes que l’Insecte , lorsqu'il marche , paraît plutôt se glisser très-lentement sur le plan de position et ramper à la manière des Vers (1).
Notre auteur suit, comme on le voit, la méthode de Linné (2) , mais il la rectifie dans un point important et G. Cuvier a fait profiter aussi cette rectification à la méthode entomologique de Fabricius (3). C’est également la marche qu’ont suivieLamarck etM.Walckenaer.
Lamarck qui professait à Paris depuis la fondation du Muséum, c’est-à-dire depuis 1793, l’histoire naturelle des animaux inférieurs dans ce célèbre établissement, avait contribué , comme Olivier et Bruguières, à perfectionner la connaissance des animaux sans vertèbres dont il traitait dans ses cours. En 1801 seulement, il publia ses principaux résultats dans son Système des animaux sans vertèbres. C’est dans ce livre qu’il caractérisa le genre Sgutigera pour le Scolopendra coleoptrata sur lequel Paîîas avait publié depuis peu de nouveaux détails. Dans cet ouvrage Lamarck rap«* portait les Millepieds à la classe fondée par lui sous le nom d’Arachnides , et qui , jointe à celle des Crustacés, comprenait tous les Insectes Aptères des natu-
(i) Encycl. mèth Lis., t. VII, p.408.
(y) Olivier dit comme Gmelin que les Iules sont un genre d’insectes, de la troisième section des Aptères.
(3) Il est digne dêtre noté que Cuvier rapporte dans la préface du livre dont il est ici question (le tableau élémentaire de V histoire des animaux) que Fabricius a revu lui-même la partie entomologique de cet ouvrage.
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ralistes linnéens, Lamarck réunissait les Millepieds à son ordre des Arachnides antennistes dans lequel ils formaient la famille des Polypodes .
Leur caractère est d’avoir vingt pattes et davantage (1).
M. Walckenaer suivit aussi la rectification des M do sâtes, telle que l’avait acceptée Cuvier. Dans sa Faune parisienne (2), c’est-à-dire en 1802, il ne parle également sous ce nom que des véritables Millepieds; il regrette que ces animaux soient encore si peu connus et si mal décrits, et après avoir accepté les genres Scolopendre, Scutigère et Iule, il divise celui-ci comme le faisait Olivier, cite les espèces parisiennes qu’il avait décrites et émet l’opinion que celles de la première section , c'est-à-dire les Iiilus plumheusy limbatus et marmoreus , doivent former uo genre distinct , ce que Latreille exécutera bientôt sous la dénomination de G lo me ri s.
Latreille suivit d’abord (3) la classification de Laj marck , c’est-à-dire qu’il considéra les Myriapodes comme des Arachnides, au lieu de les réunir, comme il le fit plus tard , aux Insectes Hexapodes, et il laissa les Thysanoures avec eux, associant ainsi dans une meme classe clés animaux qui appartiennent incontestablement à trois classes différentes. Précédemment il leur avait adjoint de véritables Crustacés; plus tard, il reportera les Millepieds avec les Insectes, et en même temps les Thysanoures , et dans un mémoire spécial qui sera le dernier de ceux que la science lui devra (4),
(i) Systema , p. i8l .
>) T II, p. 177.
(3) Histoire des Insectes ; i8o4-
(y Nouvelles Annales du Muséum d’hut. nat., t. I, p, 1 7; 5 ; i832,
MÏMAPODES.
il cherchera, mais vainement, à démontrer ce rapprochement , en considérant les Thysanoures proprement dits ou les Machiles et les Lepismes comme des Insectes pourvus de plus de trois paires de pattes (1). Ainsi que nous l’avons lait remarquer dans le tome III de cet ouvrage, c'est à des fausses branchies et non à des pattes qu’il faut comparer les appendices abdominaux des Lépismes, et ces animaux ont alors une nouvelle analogie avec les Névroptères dont ils sont pour ainsi dire les espèces aptères ou la dégradation.
C’est pendant la première époque de ses travaux que Latreille érigea en trois genres distincts les trois sections du genre Iule d’Olivier, et l’on sait que ces trois genres Glomeris, Polydesmüs et Iulus , sont devenus pour les myriapodologistes actuels trois familles distinctes.
C’est aussi à Latreille (1810) que l’on doit les dénominations de Chilognathes (nos Diplopodes) et de Chilopodes , indiquant les deux principaux groupes de Myriapodes. Celle de Syngnathes , appliquée aux Scolopendres, fut aussi employée par lui dans ses premiers écrits.
M. Duméril, dans sa Zoologie analytique , publiée en 1806 , fait des Myriapodes une famille des Insectes aptères, qu’il interpose aux Acérés (les Arachnides) et aux Quadricornes ou Cloportes, après lesquels viennent les Vers. M. Duméril accepte les genres Iulus , Pollyxenus , Polydesmüs , Glomeris , Scolopendra et Scutigera de Latreille et de Lamarck.
(i) Voici un passage de ce mémoire :
a Ainsi les JYlachiles seraient des Thysanoures pourvus de onze paires de pattes, dont trois thoraciques et complètes, et huit ventrales ou rudimentaires. Ces insectes doivent donc, en série naturelle, venir immédiatement après les Myriapodes. »
HISTORIQUE
3° En 181k, Leach revint à l’opinion de Fabricius , de Cuvier et de M, Walckenaer, en faisant des animaux qui nous occupent une classe distincte , sous le nom de Myriapodes (1) ; il les mit entre les Crustacés terminés par les Armadilles, et les Arachnides, en tête desquels sont lesNymphons et quelques autres genres. Il est évident que les Gloméris, par lesquels Leach fit commencer sa classe des Myriapodes , ont certaines analogies avec les Cloportes ; mais comment expliquer, dans le système que Leach paraît avoir accepté, celui de la disposi tion sériale rectiligne, que les Géophiles ou les derniers Myriapodes soient placés auprès des Nymphons. Leach décrivit dans le genre Iule plusieurs espèces nouvelles découvertes par lui en Angleterre et dont les exemplaires sont presque tous conservés au British Muséum . Il fît connaître le nouveau genre Craspedosoma, voisin des Polydèmes, et nomma Cekmatia , d’après Illiger, le genre Scutigère de Lamarck. Leach caractérisa également, aux dépens des Scolopendra, les nouveaux genres Cryptops, Lithobius et Geophilus, qui ont été généralement adoptés.
Le travail du docteur Leach (2) a rendu un service important à l’histoire naturelle des Myriapodes, en posant les bases de la classilication de ces Insectes.
(i) Trans. linn. soc.} t. III, p. 3y6, et Zooiogical miscell., t. III. (a) Voici le tableau de sa classification :
ÎGlomérides. . . . Gloméris.
( lulus.
Iulides ] Craspedosoma.
( Polydesmus.
/ Cermatides. . . . Cermalia.
i / Lithobius.
Syngnathes. 1 Scolopendrides .5 Scolopendra.
I {Cryptops.
\Geophilides . . . Geophilus .
MYRIAPODES
M. de Blainviile (1) a élevé, comme Leach, les Myriapodes au rang de classe distincte, et , conformément à l’opinion des naturalistes linnéens , il a placé cette classe entre celles des Crustacés et des Vers chétopodes, c’est-à-dire à la suite des animaux articulés qui ont les pieds articulés ou les Entomozoaires condylopodes. Ainsi les Myriapodes sont, pour M. de Blainviile et les naturalistes qui ont suivi sa méthode, des animaux intermédiaires aux Cloportes et aux Vers cbétopodes. M. de Blainviile crut plus tard apercevoir dans le singulier genre que Guilding a nommé Peripatus , un nouveau lien entre les Myriapodes et les Vers, un moyen de transition plus évident, et dans ses cours , ainsi que dans l’article Animal du Supplément au Dictionnaire des sciences naturelles , il a établi pour les Péripates une nouvelle classe, sous le nom de Maîacopodes.
L’opinion de M. Strauss au sujet des Myriapodes est au fond peu différente (2). Dans son savant ouvrage sur Fanatomie du Hanneton , il reconnaît les affinités des Myriapodes avec les Annélides, et pour lui le Pollyxène est le genre des Myriapodes le plus voisin de ces animaux; c’est surtout des Léodices qu’il lui semble se rapprocher. M. Straus suppose l’existence d’un genre encore inconnu qui formera un lien plus intime entre les deux classes des Myriapodes et des Annélides ; d’ailleurs il reconnaît en même temps les rapports des Thysanoures avec les Myriapodes ; ce que Latreille , Dugès et quelques autres , font aussi de leur coté.
Depuis le travail de Leach, on s’était donc borné à discuter les affinités des Myriapodes, mais sans ap-
(1) Bull. sc. soc. philom. de Paris.
(2) Consid. g'ènér. sur l’anat. des anim. artic.j p. 1 6.
HISTORIQUE
porter pour la solution de ce problème aucun fait bien important. C’est ce qui dura jusqu'en 1832, époque à laquelle MM. Gray et Brandt firent connaître de nouveaux genres de Myriapodes. Les seuls livres publiés entre de Leach et ceux de M. Brandt, dans lesquels il soit parlé d’observations nouvelles sur les Myriapodes, sont ceux de M. Paul Savi (i), qui décrit un Iule nouveau , et donne de curieux détails sur le développement d’une espèce de ce genre, de Say, pour des myriapodes américains, et de Risso (2), qui caractérise brièvement plusieurs espèces nouvelles et un genre qu’il nomme Callipus. Ce genre appartient a la famille des Iules.
k° Naturalistes actuels. — En 1832, M. Brandt a commencé dans le Bulletin des naturalistes de Moscou la publication de ses recherches sur les Myriapodes, recherches qu’il continue avec succès, et qui lui ont procuré beaucoup de faits et de remarques nouvelles sur la même classe d’animaux. C’est à la même
série de travaux qu’appartiennent les études nombreuses auxquelles M. Walckenaer s’est livré pour la rédaction du présent ouvrage , et qui , si elles eussent été publiées à l’époque où leur auteur les a entreprises, auraient fait connaître la plupart des espèces exotiques qu’on a publiées dans ces derniers temps, et beaucoup d’autres encore inconnues que possède la riche collection du Muséum de Paris. Nos propres recherches, publiées dans plusieurs mémoires depuis 1835 , et celles de M. Newport, dont les naturalistes apprécient la valeur, appartiennent aussi à cet ordre de travaux. Un plus grand nombre de naturalistes s’occu-
(1) Memorie scientijiche , p. 81 et 83 ; in-8. 1828.
(2) Hist. nat. de l’Europe méridionale, t. V ; 1826.
MYRIAPODES
pent à présent de cette intéressante fraction des Insectes aptères , et dans l’analyse que nous allons faire des travaux de notre époque , nous aurons encore à citer quelques noms.
M. Brandt. — Son premier travail sur les Myriapodes a paru en 1833; il a pour titre :
Tentaminum quorumdum monograpbicorum Insecta Myriapoda chilognatha Latreillii spectantium prodrornus (1).
D après la considération des diverses pièces visibles dans chacun des anneaux qui composent le corps des Giornéris, des Iules et des Polydèmes , M. Brandt établit trois groupes principaux de Diplopodes, qu’il nomme Pentazonies , Ti izonies et Monozonies.
Dans les Pentazonies ou Gîomérides , il caractérise deux genres nouveaux, Sphærqtherium et Spiiæhropæus, qui répondent à celui que M. Gray venait d’établir (2). sous le nom de Zephronia.
Dans les Trizonies, il propose les nouveaux genres SpIROBOLUS, SpIROSTREPTUS, SpIROPÆüS etSpiROCYCLISTUS
Dans les Monozonies , on lui doit le nouveau genre Strongylosoma.
Voici le tableau des Diplopodes ou des Chilognathes tels que M. Brandt les concevait en 1833 :
Pentazonia.
Trizonia. . .
Monozoma
Glomeridia. . . . Glomeris, Latr.
Sphœrotheria .
lulidea
{ Sphœrotherium , Br.
{ Sphœropœus , Br.
( Iulus, L.
f Spirobolus, Br.
iSpiroslreplus, Br.
Spiropœus, Br.
Spirocyclislus, Br.
! Strongylosoma, Br.
Craspedosoma , Leach.
Polydesmus , Latr.
Pollyxenus , Latr.
(î) Bull. soc. imp. nat.de Moscou, t. VI, p. ig^ . (Voir notre pi. 37.)
HISTORIQUE. 4S
Ce prodrome de M. Brandt donne la description sommaire de plusieurs espèces nouvelles. 11 porte à cinquante le nombre des Cbilognathes connus d’une manière plus ou moins complète; quelques figures reproduisent les caractères des coupes nouvelles.
M. Brandt annonce dans ce travail d’autres publications, mais les unes n’ont paru que plus tard, et d’autres n’ont pas encore vu le jour. Entre ce premier travail et notre revue générale des Myriapodes publiée en 1837, il n’a donné qu’une très-courte note sur le genre Polyzpnium découvert par lui et dont il proposait en 1834 , dans le journal Ylsis , de faire un nouvel ordre sous le nom de Colobognalha.
C’est à l’académie impériale de Saint-Pétersbourg que M. Brandt a présenté ses autres mémoires , et il les a réunis depuis lors dans un volume à part (3). Voici le titre des principaux :
1° Remarques générales sur Vordre des Insectes myriapodes (mai 1840), travail important au point de vue de l’anatomie zoologique et de la classification. L’auteur y suit la méthode suivante :
Subordo I.
GNATIIOGENA.
SSchizotarsia Scutiqera.
jj Lithobius.
I Hori&opoda. .... 1 Scolopendra .
Holotarsia. ... J f Crypiops.
{ Polypoda Geuphilus.
Tribus II.
Chilognatha.
I Monozoni a
Trizonia,
Pentazonia,
Syndopetala. . . .
Lynopetala
Pollyxenus.
Pülydesmus.
Slronyylosoma , Br.
Blaniulus.
lulus .
Spirobolus , Br.
Spirocyclislus, Br.
Spiroslreplus, Br.
Lysiopelalum, Br. g.
nov.
Glorneris-
Sphœrolherum , Br.
Sphœropœus „ Br.
MYRIAPODES
Subordo 11.
SUGENTIA.
Qmmatophora. | giphonotus, Br. g. nov.
Typhlogena. . Siphonophora, Br. g. nov.
Les Myriapodes ne sont pour M. Brandt qu'un ordre de la classe des Insectes.
2° Sur les espèces du genre Scolopendra (mars 184-0 et septembre 1840, p. 53 et 71 du Recueil). L'auteur en distingue un nouveau genre sous îe nom de Scolo-
PENDROPSIS (1).
3° Sur la famille des Iules (août 1840 et mars 1841, p. 79 et 184 du Recueil). \
4° Sur les Poly desmus (février 1839 et décembre 1840, p. 125 et 138 du Recueil).
5° Sur les Gloméris (février 1840, décembre 1839 , novembre 1840, décembre 1841, 1840, p. 142, 152, 156, 160 et 172 du Recueil). Un premier mémoire sur l’anatomie de ces animaux avait été inséré par M. Brandt dans les archives de M. Muller (2).
Tous ces mémoires seront analysés quand nous traiterons de la famille à laquelle ils sont consacrés.
M. P. Gervais. — Le premier mémoire que nous avons publié sur les Myriapodes traite du genre Géo~ phile (2). Nous y faisons connaître quelques espèces nouvelles et plusieurs particularités d’organisation et de physiologie. C'est dans un appendice à cette note qu’on té té indiquées les affinités du Iule pallipède d'Oli-
(1) Recueil de Mémoires relatifs à l’ordre des Myriapodes et lus à l’Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg, i vol. in-8° ; 1 84 1 -
(2) Note sur les Myriapodes du genre GéopJr'e , et description, de trois espèces nouvelles (Aiagas. de Zool , cl. IX, p. 1 33 ; 1 815.) Addition à l > note précédente , ib., pi. 107.
HISTORIQUE
vier avec les Polydèmes; un autre travail a pour objet le genre Polyclème lui -même (1), dont nous établissons les caractères en même temps que nous en décrivons plusieurs espèces nouvelles.
Quelques courtes notices ont aussi été publiées par nous dans les Annales de la société entomologique , mais elles ont été pour la plupart reprises ailleurs. En 1837, nous avons rédigé un travail complet sur la classification des espèces alors connues de Myriapodes (2) , décrit des espèces inédites et des genres nouveaux de cette classe, et donné divers faits jusqu’alors inconnus relatifs à leurs métamorphoses. Nous avions été surtout conduit à ce travail par l’étude des Myriapodes qui vivent aux environs de Paris.
Le tableau suivant formule la classification proposée dans ce travail :
Ordre I. ChilOgnathes.
Oniscoidea. .
lUEOIDEA. . .
Pollyxenus.
**"•*•-. Gr |
Glomeris .
IFontaria. Gr.
Polydesmus. Strongylusoma , Br. (3)
Blaniulus, g. nov.
Iulus, nec non Spiroslreptus , etc., Br.
Craspedosoma.
Playulus , g. nov.
Cambala , Gray.
Ordre II. Chîlopodes.
SCETIGERÎDEA. , .
SCOLOPENDRQIDËA
Scutigera *
ÎLithooius .
Scolopendra »
Cryptops.
Geophilus.
(1) Note sur le genre Polydesmus de la classe des Myriapodes . (Annales soc. entom. de France, ire série , t. V, p. 373.)
(2) Eludes pour servir à l'histoire naturelle des Myriapodes , i‘e part. (Ann. sc. nat , 2e série, t. VII, p. 35 à 60.)
(3) J’ai indiqué l’idendité de mes Polydèmes iuloïdes avec les Strongylosomes, dans une note insérée dans la Revue cuvièrienne de M. Guérin, t. IL p. 79; iHBp.
MYRIAPODES
Dans un autre mémoire , nous avons développé plusieurs parties de ce tableau et décrit le nouveau genre Scolopend relia (1). Deux planches qui devaient accompagner ce travail ont également été publiées (2), et quelques descriptions parfois accompagnées de figures ont paru dans divers ouvrages (3).
C'est à l'aide de ces matériaux assez divers et aussi d’observations nouvelles, qu’a été rédigée, en 1844, la deuxième partie de nos études sur les Myriapodes (4). Dans ce nouveau travail , qui est le dernier, sont discutés successivement les principaux points de l’histoire naturelle des Myriapodes, savoir: leur caractéristique générale 5 leur morphologie , leur développement , leurs affinités zoologiques et leur répartition en familles et en genres, en ayant souvent égard aux belles recherches publiées par MM. Brandt et Newportoupar d’autres naturalistes. Les dénominations de Chiîognathes etChilopodes nous ont paru devoir être remplacées par celles de Diplopodes , Blainv. et Chiliopodes , et nous avons proposé d'admettre que ces animaux constituent deux sous-classes. Nous avons aussi décrit avec quelque détail différents genres nouveaux.
Nous donnerons ici le tableau de la classification a laquelle nous avons été conduit :
(1) Revue zool . par la soc. cuviérienne, p. 27g; l83g.
(2) Atlas de zoologie, l84h
(3) Voyage de la Favorite, Zoologie , p. 176, pl. 53 et 54, en commun avec i\I. Eydoux. — Ann. soc. entom. de France , 2e série, t. II; 1846. Myriapodes de Colombie, d’après des exemplaires recueillis par M.Goudot. — Myriapodes du British Muséum. ( Scolopendres et Cambala.)
(4) jfitudes sur les Myriapodes . ( Ann. sc. nat. , 3® série , t. II ,
HISTORIQUE