III. GÉOPHIL1DES (i
Cette famille est la dernière de celles qui composent les Myriapodes. On pourrait la caractériser trèsnettement si l’on n’y plaçait que les espèces du genre Géophile de Lench , mais la découverte des Scolopendrelles rend cette caractéristique beaucoup plus difficile. Les Géophilides ont plus de segments au corps que n’en ont les autres Chilopodes; leurs segments sont en apparence doubles en dessus, mais ils sont simples en dessous et pourvus d’une seule paire de pieds chacun. Us ont autant de stigmates que de paires de pieds; leurs antennes n’ont que 14 articles; ils manquent d’yeux, ont des forcipules plus ou moins fortes et leur dernière paire de pieds est toujours plus ou moins tentaculiforme et souvent dépourvue d’ongles. Mais les Scoiopendrelles ont des yeux , leurs antennes ont plus de 14 articles et plusieurs de leurs caractères les séparent aussi des autres Géophiles auxquels elles ressemblent cependant beaucoup par di verses particularités importantes. Ajoutons que nous ne connaissons pas encore assez ces dernières pour admettre qu’elles doivent former une famille à part. 11 faut encore dire que l’arceau forcipulaire supérieur et celui de la première paire de pieds sont distincts et sans doute aussi que les stigmates existent à tous les segments, quoique nous n’ayons pas encore
(i) Scolopendra, pariim, De Geer, Geoffroy, Linné, etc. — Geo- Philidæ , Leach , Trans. linn. soc. Lond. , t. XI. — Geophilina seu Polypoda, Brandt, Becueil , p. 27. — Geophiudæ, P. Gervais, Ann. sc. nat. , 3e série , t. II, p. 77. — Geophiudæ , Newport, Trans linn. soc. Lond., t. XIX, p. 276. — ScOLOPEiNDllELUDÆ et Geophiudæ, id. ibid p. 373 et 429.
GÊOPHILIDES. 301
constaté la présence de ce caractère dans les Scolopend relies.
Genre SCOLOPENDRELLE. Scolopendrella (1).
Segment du corps peu nombreux, presque tous pédi"ères inégaux en dessus. Antennes monililormes
ayant plus deli articles. Une paire de stemmates en arrièrede leur point d’insertion. Pieds peu nombreux.
Ce genre a été récemment établi par nous pour une fort petite espèce européenne que ses caractères principaux rattachent aux Géophiles, mais dont les organes de manducation nous ont paru disposés en suçoir , ce qui reproduirait parmi les Chilopodes la particularité des Polyzonies parmi les Dipîopodes. M. Newport a d’abord élevé ce genre au rang de tribu, mais en le plaçant comme nous dans la meme famille que les Géophiles. Depuis lors il en a fait une famille distincte qu’il regarde comme plus voisine des Lithobies que des Géophiles. Nous avons cru devoir conserver notre manière de voir.