‹ Histoire naturelle des insectes (volume 2)Chapitre 965 sur 1156 · Scolopendrelle immaculée. ( Scolopendrella immaculata · texte numérisé non relu

Scolopendrelle immaculée. ( Scolopendrella immaculata

Blanc, sans taches ; les s! y lets de l’anus triangulaires et aigus. Longueur î ligne 1/4 (0,002).

Scolopendrella imm., Newport, Trans. linn. soc. London , t. XIX , p. 374, pl. 40, fig. 4.

Des environs de Londres dans le bois de S. John.

M. Newport, qui a sans doute caractérisé le genre Scolopendrelle d’après celte espèce lui donne quatorze segments et douze paires de pieds. Il ne parle pas des ocelles.

Genre GEOPHILE. Geophilus (1).

Corps «allongé, linéaire, formé d’un grand nombre de segments (40 et au delà ) uniformes, habituellement composés de deux parties inégales en dessus et d’une seule en dessous. Pointd’yeux. Antennes de 1 4 articles. Un arceau supérieur pour le segment forci polaire et un pour celui qui porte l«o première paire de pieds ; pieds fort nombreux, depuis 40 paires environ jusqu’à 150 et au delà, uniformes, courts, à tarse simples; dernière paire de pieds onguiculée ou non , habit ueîie-

(i) Geophilus, Leaeli, Trans. linn. soc. London , t. XI , p. î8i — P. Gervais, Mag. zol. de Guérm , iS35, cl IX, n° 1 33 et i3 7. — Id., Ann. sc. nat., 2e série, t. VII, p. 52, et 3e série, t. II, p 77. — Strigamia , J. E. Gray in Jones, Tood's Brit. Cycloji. of anal, and Physiol , art. Myriapoda. — Geopuîlidæ, Newport, Proceed. zool. soc. Lond. } i84'2, p. 1^7* — GeOphilimæ, id.} Trans. linn. soc. Lond

t. XIX.

CHILOPODES.

ment palpi forme et non ambulatoire. Trachées en nombre égal à celui des pieds , sur les côtés des segments.

Ce genre a été établi par Leacb , aux dépens des anciennes Scolopendres de Linné, De Geer et Geoffroy. Plusieurs auteurs, ainsi que nous l’avons vu dans la partie anatomique de cet ouvrage, se sont occupés de l'organisation des Géophiles. Ces animaux vivent sous les écorces des gros arbres, dans la mousse, ou bien dans la terre, quelquefois même à plusieurs ponces de profondeur. Ils ont l’aspect vermi forme et rappellent par leurs allures certaines Annélides de la famille des ISéréides. On a constaté sur plusieurs d’entre eux, la propriété phosphorescente à un degré remarquable (1); d’autres, comme le Geophilos Gab/ielis , sécrètent par les pores groupés en un petit organe poncliforme à la partie ventrale de leurs segments , une liqueur purpurescente qui est souvent assez abondante.

Les Géophiles nesont point à craindre quelle quesoit leur longueur ; ils serrent quelquefois avec leurs forcipules comme les autres Chilognalhes , mais la piqûre qu’ils occasionnent est moins sensible encore que celle des Cryptops et des Lithobies. Il parait cependant que c’està ces Myriapodes qu’il faut attribuer quelques faits rapportés par les médecins, de Scolopendre qui auraient vécu dans les fosses nasales , dans les sinus frontaux et ce qui est [ lus douteux encore, dans certains abcès. Les Mémoires de /’ Académie des Sciences de

(i) M. Newport rappelle ( Trans. linn. soc. Lond., t XIX, p. 43 1 ) qu’Oviedo avait remarqué des Scolopendres phosphorescentes à Saint-Domingue , et qu'il en parle dans son ouvrage intitulé : Cronica de las ludias, liy. î5, cliap. 2, p. 1 1 3.

GÉOPHILIDES. 305

Paris , pour 1708 et 1733 rapportent deux cas de ce genre; M. A. Lefèvre, entomologiste bien connu, en a communiqué un à la Société entomologique de France en 1833, et les Comptes rendus des travaux de /’ Académie des sciences médicales de Metz, par M. Scoutetten, en signalent un semblable, le seul dont nous reproduirons ici les détails. Il a pour titre: Hémicranie due à la présence d’une Scolopendre dans les sinus frontaux. « Depuis plusieurs mois, au rapport de M. Scoutetten, une femme des environs de Metz , âgée de 28 ans , ressentait dans les narines un fourmillement très-incommode, accompagné d’une sécrétion abondante de mucus nasal , lorsque vers la fin de septembre 1827 de fréquents maux de tète vinrent s’ajouter à ces symptômes. Les douleurs, supportables dans les premiers moments, prirent bientôt de l’intensité et se renouvelèrent par accès. Ces accès, à la vérité, n’avaient rien de régulier dans leur retour ni dans leur durée ; ils débutaient ordinairement par des douleurs lancinantes , plus ou moins aiguës , occupant la racine du nez et la partie moyenne du front, ou par une douleur gravative qui s’étendait de la région frontale droite , à la tempe et à l’oreille du même côté , puis à toute la tête. L’abondance des mucosités nasales forçait la malade à se moucher continuellement. Ces mucosités, fréquemment mêlées de sang, avaient une odeur fétide. A cet état s’ajoutait souvent un larmoiement involontaire, des nausées et des vomissements ; quelquefois les douleurs étaient tellement atroces que la malade croyait être frappée d’un coup de marteau ou qu’on lui perforait le crâne. Alors les traits de la face se décomposaient, les mâchoires se contractaient , les artères temporales battaient avec force ; les sens de

l’ouïe et de la vue étaient dans un tel état d’excitation que la lumière et le moindre bruit devenaient insupportables. D’autres fois la malade éprouvait un véritable délire, se pressait la tête dans les mains et fuyait sa maison, ne sachant plus où trouver son refuge. Ces crises se renouvelaient cinq ou six fois dans la nuit et autant dans la journée; une d’elles dura quinze jours presque sans interruption. Aucun traitement méthodique ne fut employé. Enfin , après une année de souffrance, cette maladie extraordinaire fut subitement terminée par l’expulsion d’un insecte, qui, jeté sur le plancher, s’agitait avec rapidité en se roulant en spirale ; placé dans un peu d’eau il y vécut plusieurs jours et ne périt que lorsqu’il fut mis dans l’alcool.

» Cet insecte m’ayant été apporté de suite, je constatai qu’il avait deux pouces trois lignes de long sur une ligne de large et qu’il portait deux antennes ; que son corps, de couleur fauve, aplati tant en dessus qu’en dessous, était composé de 65p anneaux armés chacun d’une paire de pattes; que par conséquent c’était une Scolopendre de la famille des mille-pieds ou Myriapodes. L’ayant remis à MM. Hollander et Rousselle pour en déterminer l’espèce , ces entomologistes reconnurent que cet insecte réunissait les caractères que Fabricius , Linné et Latreille assignent à la Scolopendre électrique. »

Une figure qui accompagne le récit de M. Scoutetten représente eu effet un Géopliiie voisin des Geopk. carpcphagiis et electricus.

Nous possédons maintenant des Géophiles de presque toutes les parties du monde. L’Europe est celle qui en a fourni le plus , mais il y en a aussi dans

GÉOPIIILIDES.

l’Inde, dans les deux Amériques (1) et meme à la .Nouvelle-Hollande. L’Afrique méridionale et Madagascar n’en ont pas encore donné, et les espèces connues dans les autres régions, sauf en Europe , ne sont pas nombreuses , ce qu’il faut sans doute attribuer au peu de soin qu’on a mis à recueillir des animaux de ce groupe.

Leach , quia le premier reconnu la nécessité de séparer génériquement les Géophiies des autres Scolopendres , a aussi essayé de les partager en sections ou sous genres pour rendre plus facile la distinction de leurs espèces. Il a distingué deux de ces groupes et les a caractérisés par la longueur respective de leurs antennes, qui sont chez les uns deux fois aussi longues que la tête et quatre fois chez les autres. Une des espèces décrite par nous, en 1835, le G. Barbari eus, nous a paru devoir former un troisième groupe, caractérisé par ses antennes coniques et dont les articles décroissant en diamètre sont pour la plupart quadrila tères.

En 1837 nous signalions, soit d’après nos propres recherches , soit d’après celles des auteurs , 20 espèces de Géophiies, et nous y ajoutions une quatrième section, placée en tête de tout le groupe, caractérisée essentiellement par l’allongement médiocre des antennes, la grande étroitesse de la tête et le grand développement des forcipules. M. Newport, qui s’est occupé depuis lors (1842 et 1845) du même sujet ,

(O M. Go udot a rapporté de Colombie deux espèces de Géophiies encore inédiles : l’une voisine du G. longicornis , mais à antennes un peu moins longues, et dont le corps a o?o6o ; l’autre à segments plus élargis , longue de o,i io, et que ses caractères rapprochent davantage du G. Bai baricus. Voyez : P. Geryais, Ann . ioc, entom. de France , 2e série, 1 844 » P- xxix.

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a donné à nos sections et à celle de Leach, la valeur générique :

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