‹ Histoire naturelle des insectes, composée d'après Réamur, Geoffroy, Degéer, Roesel, Linné, Fabricius, et les meilleurs ouvrages qui ont paru sur cette partie; rédigée suivant la méthode d'Olivier, et ornée de figures dessinées d'après nature (volume 2)Chapitre 13 sur 83 · GYRIN · texte numérisé non relu

GYRIN

Caractères génériques. Antennes très courtes, pédonculées ; premier article grand, en forme de cuiller, les autres très courts, peu distincts. — Quatre antennules inégales , filiformes ; les antérieures composées de quatre articles arrondis, presque égaux; les postérieures de trois. — Tarses des quatre pates postérieures aplatis,

Les gyrins ont quelques rapports, par la manière de vivre, avec les hydrophiles et les dytiques. M. Geoffroy leur a donné, en français, le nom de tourniquet, à cause de la manière dont ils tournent dans l’eau et des cercles qu'ils y décrivent. On les distingue facilement des autres coléoptères aquatiques par leurs antennes.

- Elles sont plus courtes que la tête, composées de onze articles; le premier est grand et prolongé latéralement, les autres sont peu distincts et forment une masse oblongue ; elles sont insérées dans une fossette placée à la partie latérale de la tête.

> 0 . 126 HISTOIRE NATURELBE |

La tète est grosse, un peu enfoncée dans le corselet; les yeux sont arrondis, saillans : les insectes de ce genre en ont quatre; deux sont placés à la partie supérieure et latérale de la tête, les autres en dessous; la bouche estcomposée d’une lèvresupérieure, de deux mandibules cornéés, arquées, dentées et terminées par deux pointes écartées l'une de l’autre; de deux mâchoires cornées, arquées, terminées en pointe et ciliées intérieurement; d’une lèvre inférieure et de quatre antennules courtes, filiformes.

Le corselet est plus large que long; l'écusson est très petit et triangulaire.

Les élytres couvrent tout le dessus de l'abdomen, à l’exception du dernier anneau, qu’elles laissent à découvert; sur l’extrémité de cet anneau sont deux petits mamelons cylindriques, velus , que linsecte peut rétirer dans le corps et faire reparaître à volonté; les deux ailes sont membraneuses, repliées.

Les pates sont de grandeur inégale, et leur forme varie; les antérieures sont plus longues que les autres, simples ; les quatre

L d LL h L. “

+ x DES GYRINS. 127 postérieures sont courtes, comprimées et en forme de nageoires; les tarses sont composés de cinq articles; les antérieurs sont filiformes, et les autres comprimés.

Le corps est de forme ovale, convexe en dessus et en dessous. On trouve les gyrins dans les eaux stagnantes des marais, des lacs et des fossés ; ils nagent en troupe à la superficie, et y décrivent des cercles avec une vitesse surprenante. Ils sont assez petits ;l’espèce d'Europe; la plus connue , n’a que trois lignes de longueur; mais il y en a de beaucoup plus grandes en Amérique et à la Nouvelle-Hollande. On voit celui d'Europe depuis le commencement du printemps jusqu’à la fin de l'automne. Ces insectes sont amphibies , ils vivent dans l’eau et hors de l’eau; quelquefois ils sont immobiles à sa surface; mais dès qu’on les approche, ils s’éloignent ou s’enfoncent dans l’eau avec célérité, et se tiennent accrochés à quelques plantes aquatiques; lorsqu'ils nagent , le dessus de leur corps reste entièrement à sec; mais quand ils plongent, ils ont à l'extrémité de l'abdomen une petite bulle d'air qui fait un

fort joli effet. Ils répandent une très mauvaise odeur, qui s'attache aux doigts quand on les touche; ils s'accouplent à la surface de l’eau , et les femelles pondent leurs œufs sur les plantes aquatiques; au bout d’environ huit jours de très petites larves sortent de ces œufs et se mettent à nager. Ces larves sont très remarquables, elles ressemblent à de petites scolopendres; elles sont d’un blanc grisâtre , leur peau est transparente ; leur corps est long, mince et cylindrique , divisé en treize anneaux séparés les uns des autres par de profondes incisions; la tête est ovale, très allongée; -elle est garnie en ‘devant de grandes dents ou serres , qui prouvent que ces larves doivent être carnassières ; les antennes qui sont placées aux côtés de la tête, entre les dents es les yeux, sont divisées en quatre articles; à la lèvre inférieure on voit quatre petits barbillons ; les trois paires de pates sont attachées au-dessous des trois premiers anneaux ; les huit anneaux suivans sont garnis de chaque côté de longues parties t'ansparentes en forme de filets coniques ; ces filets

DES GYRINS. 129 sont membraneux, flexibles et flottans, intimement unis aux anneaux, et paraissent être des espèces d’ouïes semblables à celles des éphémères, des friganes, et d’une éspèce d’hémerobe aquatique ; ces vaisseaux sont srement des trachées, qui servent à la larve pour respirer ; le dernier anneau a quatre filets semblables, mais beaucoup plus longs que les autres , et garnis de poils assez longs. Ce sont tous ces filets, et principalement les quatre qui terminent le derrière, qui donnent à cette larve de la ressemblance avec une scolopendre; le dernier anneau, qui est beaucoup plus petit que les autres, est terminé par quatre crochets remarquables, assez longs, placés parallèlemént les uns aux autres, et couchés en dessous. La larve remue presque toujours les crochets avec l'anneau auquelils sont unis ; peut-être que cet anneau fait l'office d’une septième pate, et que la larve se sert des quatre pointes des,crochets pour se cramponner aux objets sur lesquels elle marche.

M. Modéer, qui a donné une histoire de ces petits insectes, dit que c’est vers le oom-

.… LL * ba

mencement d’août que la larve sort de l’eau, pour se rendre sur les larges feuilles du roseau qui croît dans l’eau ; c’est là qu’elle se fixe pour s’enfermer dans une petite coque ovale, pointue par les deux bouts , faite d’une certaine matière qu’elle tire de son corps et qui devient semblable à du papier gris; ayant pris dans cette coque la figure

* de nymphe, elle en sort sous celle d’insecte

ailé vers la fin du même mois, et saute tout de suite dans l’eau. Cet auteur ajoute que ces nymphes sont très sujettes à être dévorées par des larves d’ichneumons , qui savent pondre leurs œufs auprès d’elles dans les coques.

Les gyrins sortent souvent de leéu pour voler et pour se rendre d’une mare à l’autre; ils forment un genre peu nombreux : on n’en connaît encore qu’une douzaine d’espèces; plusieurs habitent l’Europe. Nous allons passer à leur description.

Le Gyrin nageur, Gyrinus natator.

Il a environ trois lignes de long ; les autennes sont noires ; tout le dessus du corps

"8 LEE. { Là \ : ’

DES GYRINS. #. 137 est d’unnoir bronzé luisant; les élytres ont plusieurs rangées de petits points énfoncés qu'on w’aperçoit qu’à la loupé ; ‘le dessous du corps est noir, ou d’un noir brun ; les pates sont ferrugineuses; les quatre postérieures sont courtes et comprimées ; les antérieures sont allongées. ,

On le trouve dans’ toute l’Europe, à la surface des eaux stagnantes : il est trèscommun aux environs de Paris.

Le Gyrin américain , Gyrinus ame= ricanus,

Il a près de six lignes de long ; les antennes sont brodées ; tout le dessus du corps est d’un noir bronzé, luisant; les élytres sont très, légèrement striées, arrondies à l'extrémité; le dessous du corps est d’un brun noirâtre; les pates sont ferrugineuses, .

On le trouve en Amérique.

Le Gyrin petit, Gyrinus minutus.

Il a environ une ligne de loug; il est noir,

de SE LS Be à »

ZE #: à

Page 1