CXXII GENRE
Caractères génériques, Antennes filiformes, premier article allongé, les autres globuleux, les six derniers plus courts, un peu comprimés, le dernier ovale, souvent coupé obliquement. — Quatre antennules égales, filiformes ; les antérieures composées de quatre articles, dont le premier court et petit, et le second plus long et conique; les postérieures composées de trois articles presque égaux, — Elytres très courtes,
M. Fagriarus a séparé du genre staphylin de Linné, des insectes dont il a fait deux genres, sous les noms d’oxiporus et de pæderus. Ces insectes diffèrent entre eux par quelques parties de la bouche, maïs ils se ressemblent par la forme du corps.
Tes antennes des staphylins sont à peine de la longueur du corselet, composées de onze articles, et insérées à la partie antérieure de la tête, assez rapprochées à leur base.
La tête est avancée, aplatie, aussi large * que le corselet, auquel elle est jointe par une espèce de col distinct; les yeux sont arrondis, très peu saillans; la bouche est composée d’une lèvre supérieure, de deux mandibules grandes, cornées, arquées, très pointues à leur extrémité; de deux mä- - choires formées de &eux parties inégales, ciliées ; d’une lèvre inférieure, et de quatre antennules courtes, égales, filiformes.
Le corselet est plus large à sa partie antérieure qu’à sa partie postérieure, qui est arrondie : il est plus étroit que les élytres et légèrement convexe; l’écusson est triangulaire.
Les élytres sont très courtes; elles couvrent à peine le tiers de l’abdomen; elles sont dures, et cachent deux ailes membraneuses, repliées.
Les pates sont de longueur moyenne; les tarses sont composés de cinq articles; ceux des pates antérieures sont courts, larges, garnis de houppes, les autres sont filiformes ; le dernier article est garni de deux croshets assez forts.
L'abdomen est allongé, mou, très souple et flexible, Il est terminé par deux petites pointes velues et mobiles, entre lesquelles on voit une partie conique également mobile, à laquelle se trouve l’ouverture de l’anus. Le staphylin peut retirer ces trois parties dans son corps, et les faire disparaître entièrement. Quand on touche à ces insectes, ils relèvent l'extrémité de l'abdomen , et lui donnent toutes sortes d’inflexions. C’est aussi avec le bout du corps qu’après avoir cessé de voler, et voulant faire rentrer les ailes sous les élytres, ils les poussent et les obligent de se plier; ce que l’on remar- - que très aisément toutes les fois qu’un staphylin vient en volant se poser à terre, n'ayant rien alors de plus pressé que de faire rentrer ses ailes sous ses élytres. Ces insectes sont très agiles, marchent très vite, et volent avec rapidité. On les trouve dans les endroits humides, sous les écorces des arbres, dans les fumiers et sur les cadavres. Ils se nourrissent des insectes qu’ils trouvent dans les endroits qu'ils habitent, ou de ceux qu'ils poursuivent dans les champs; ils les saisis-
sent avec leurs mâchoires, qui sont très fortes, et les dévorent. Degéer ayant présenté une mouche à un de ces insectes, il s’en saisit d’abord, et plongea dans son corps les pointes aiguës de ses mandibules, et le déchira ensuite avec leurs dentelures.
Plusieurs staphylins ont le corps ét les élytres très velus ; mais il y en a d’autres qui les ont lisses ou garnis de peu de poils. Ray et d’autres auteurs ont observé que tous les staphylins, quand on les touche un peu rudement, font sortir subitement du dernier anneau du corps deux petiles vessies courbées, ordinairement jaunâtres ou blanches,
Ils se servent de leurs pates antérieures, dont les tarses sont très larges, pour creuser la terre et le fumier, afin d’y déposer leurs œufs.
Les larves de ces insectes sont longues , et ressemblent en quelque manière à l’insecte parfait. Leur tête est écailleuse et garnie de dents; elles ont six pates écailleuses, longues, et un mamelon au dernier anneau du corps, qui paraît leur servir de septième