‹ Histoire naturelle des insectes, composée d'après Réamur, Geoffroy, Degéer, Roesel, Linné, Fabricius, et les meilleurs ouvrages qui ont paru sur cette partie; rédigée suivant la méthode d'Olivier, et ornée de figures dessinées d'après nature (volume 2)Chapitre 37 sur 83 · CXXXII GENRE · texte numérisé non relu

CXXXII GENRE

OEDEMÈRE.

Caractères génériques. Antennes filiformes, presque de la longueur du corps; articles égaux, cylindriqués, le premier à peine plus gros, le second un peu plus court.— Quatre antennules inégales, filiformes ; les antérieures un peu plus longues, composées de quatre articles, dont le premier plus court et très petit; les postérieures composées de trois articles, dont le premier un peu plus petit. — Tarses terminés par deux crochets; article pénultième large, bifide, garni de houppes.

M. Grorrrox a placé parmi les cantharides et ses cicindèles, qui sont des téléphores, une partie des insectes de ce genre.

M. Fabricius en a fait des lagries et desnécydales, et Linné a rangé parmi les cantharides

4 % ee Le

DES OEDEMÈRES. a11 le peu d’espèces qu'il a connues. Les œdemères ne peuvent appartenir aux téléphores, | qui ont cinq articles À tous les tarses; ni | aux nécydales, dont tous les tarses sont composés de quatre articles; elles se rapprochent davantage des cantharides et des lagries ; maïs on les distingue des premières par les crochets de leurs tarses, qui sont simples, et des lagries par leuts antennes, qui sont filiformes. M. Olivier a formé un genre de tous ces insectes, dont le nom signifie grosses cuisses, parce que le plus grand nombre des mâles des œdemères ont les cuisses postérieures très renflées.

Les antennes des œdemères sont minces, filiformes, composées de onze articles : elles sont assez rapprochées à leur base, insérées à la partie antérieure de la tête près des yeux.

La tête est avancée, un peu plus large que le corselet; les yeux sont arrondis , saillans; la bouche est composée d’une lèvre supérieure, de deux mandibules simples , cornées, aiguës et arquées ; de deux mâchoires cornées, bifides, à division extérieure

ù à ‘ll li L An. | 212 HISTOIRE NATURELLE plus longue , velue à son extrémité; la divi- sion intérieure courte, aplatie; d’une lèvre inférieure, et de quatre antennules inégales.

Le corselet est cylindrique, raboteux;

l'écusson est petit, triangulaire.

| Les élytres sont molles, plus larges à la base qu’à l'extrémité; elles recouvrent deux ailes membraneuses , repliées.

Les pates sont longues ; les cuisses postérieures sont souvent très renflées et arquées dans les mâles; les jambes sont minces;

… les tarses des quatre pates antérieures sont composés de cinq articles; le premier est très long, et l’avant-dernier bilobé, garni de houppes de poils; les tarses postérieurs

* sont de quatre articles, dont le pénultième est bilobé, garni de houppes.

On trouve ces insectes sur les fleurs, dans les prairies; ils volent avec beaucoup d’agilité; leurs larves sont entièrement inconnues. Ils forment un genre composé de vingt espèces : on en trouve une partie en Europe.

QT €

DES OUDEMÈRES. 213

L'OEdemère simple , OEdemera simplex.

Elle a environ cinq lignes de longueur; les antennes sont brunes; la tête est d’un brun bronzé; le corselét est fauve, raboteux; les élytres sont fauves , étroites à l’extrémité ; elles onttrois lignes longitudinales, élevées, peu marquées; le dessous du corps est bronzé; l'extrémité de l'abdomen est fauve ; les pates sont fauves, avec les tarses noirs.

Elle habite l’Europe : on la trouve aux environs de Paris.

L'OEdemère podagraire, OE£demera podagrariæ.

Elle est de la grandeur de la précédente, à laquelle elle ressemble beaucoup; les antennes sont brunes; tout le corps est bronzé; le corselet est cylindrique, raboteux; les élytres sont fauves, avec leur bord extérieur et l'extrémité noirs; les quatre pates antérieures et la base des cuisses posté-

rieures sont fauves; les cuisses postérieures sont très renflées et arquées.

On la trouve en Europe, sur l’ægopodium podagraria.

OEdemère ruficolle, OEdemera ruficollis.

Elle est un peu moins grande que la précédente; les antennes sont noires; la tête est verte, brillante; le corselet est roux, raboteux, marqué d’une ligne longitudinale sur le milieu ; les élytres sont bleues, couvertes d’un léger duvet : elles ont quelques lignes peu élevées; la poitrine est bleue, l'abdomen roux; les pates sont d’un bleu noirâtre. ,

On la trouve en: Italie et au midi de la France.

L'OEdemère bleue, OEdemera cæ-

rulea.

Elle est de la grandeur de l’œdemère podagraire ; elle est d’un vert bleuâtre; les antennes et les yeux sont noirs ; le corselet est

DES OEDEMÈRES, 216 cylindrique ; raboteux ; les élytres sont très étroites postérieurement, et marquées, de trois lignes longitudinales élevées ; les pates sont bleues; les cuisses postérieures sont renflées dans le mâle.

On la trouve aux environs de Paris, sur -

les fleurs, et dans toute l’Europe.

L'OEdemère muselière, OEdemera

rostrata.

G. Sténostome, Lame.

Elle est d’un vert bronzé, étroite en devant, avec un long museau ; ses antennes et ses pates sont fauves ; le corselet est long et cylindrique ; les élytres se rétrécissent vers la pointe, mais sans être étranglées ; elles

ont chacune une petite nervure longitudi-

nale et la moitié d’une autre près de la suture.

M. Latreille a trouvé cet insecte en France, près de Brives. M. Audouin l’a pris dans les dunes des environs de La Rochelle , et à l’île de Ré.

Le genre suivant est très voisin des œde-

date do

Agir a r

mères; il forme même le passage de ces dernières avec les calopes et les lagries.

G. Norus.

(Voyez les Caractères, tome 11, page 257.)

La tête des nothus est inclinée, plus étroite que le corselet, et un peu enchâssée par la partié postérieure ; les antennes sont insérées dans une échancrure des yeux ; elles sont filiformes , de la longueur de la moïtié du corps, et composées de onze articles cylindriques; la lèvre supérieure est coriacée ,

. présque cornée et assez grande; elle est ar-

rondie et céiliée antérieurement; les mans dibules sont dures, arquées, éretaggs en gouttière intérieurement , et tefminéestpar

“deux dents égales ; les mâchoires sont pres-

que membraneuses , divisées en deux; les divisions sont petites, linéaires, et l’extérieure “est un peu plus longue que l’autre ; elles portent chacune un palpe composé de quatre articles, dont le premier est très pétit, le second allongé, un peu renflé en allant vers l'extrémité, le troisième court,

DES OEDEMÈRES. 217

plus large que le précédent à son extrémité, de forme triangulaire, etle quatrième court, large, figuré en croissant; la lèvre inférieure est large; mince, membraneuse, un peu échancrée, et à angles arrondis ; elle porte deux palpes courts, de trois articles, dont le premier petit, le second mince, peu allongé, et le troisième grand, dilaté, en forme de croissant; le corselet est convexe, un peu reébordé et tranchant sur les côtés, ce qui distingue encore ces insectés des œdemères, qui l’ont toujours arrondi; l’écusson est petit et triangulaire, et les élytres sont presque linéaires, assez dures, un peu arrondies à leur extrémité; les ailes sont

repliées:en dessous ; les pates sont de longueur moyenne, les postérieures sont très renflées dans les mâles; les tarses ont le pénultième article bilobé, et le dernier terminé par quatre crochets, comme cela a lieu chez les cantharides. Les mœurs et les métamorphoses de ces insectes nous sont entièrement inconnues; on en connaît deux espèces propres à la Hongrie.

Page 1