CXXXVIII GENRE
DIAPÈRE.
Caractères génériques. Antennes courtes, renflées ; premier et second articles petits, les autres courts, petits, perfoliés, =— Quatre antennules courtes, filiformes; les antérieures composées de quatre articles, dont le premier petit et le dernier ovale; les postérieures très courtes, composées de trois articles, dont le premier à peine distinct, — Ars ticles des tarses courts.
CE genre a été établi par M. Geoffroy.
Linné a placé la seule espèce qu’il a connue parmi les chrysomèles, et Degéer l’a placée parmi les ténébrions; mais les diapères ne peuvent appartenir à aucun de ces deux genres; ayant cinq articles aux tarses des quatre pates antérieures, elles: ne peuverit
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être rangées avec les chrysomèles, qui n’en ont que quatre; et la forme de leurs antennes les distingue assez des ténébrions pour les séparer de ces insectes.
Les antennes des diapères sont à peine de la longueur du corselet, composées de onze articles, dont les neuf derniers sont aplatis, lenticulaires et perfoliés ; le dernier est arrondi à son extrémité ; elles sont insérées à la partie latérale et antérieure de la tête, assez près des mandibules.
La tête est petite, simple ou armée de cornes, un peu enfoncée sous le corselet ; les yeux sont arrondis, saillans; la bouche est composée d’une lèvre supérieure, de deux mandibules courtes, cornées, bidentées à l'extrémité; de deux mächoires bifides : la division extérieure plus grande, arrondie , l’intérieure cylindrique ; d’une lèvre inférieure, et de quatre antennules inégales.
Le corselet est convexe, légèrement rebordé, de la largeur des élytres, un peu échancré antérieurement; l’écusson est petit, arrondi postérieurement.
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Les élytres sont coriacées, convexes, de la longueur de l'abdomen; elles couvrent deux ailes membraneuses , repliées.
Les pates sont de longueur moyenne; les tarses filiformes; ceux des quatre pates antérieures sont composés de cinq articles, et ceux des postérieures de quatre; le dernier article de tous les tarses est cylindrique, armé de deux crochets aigus.
Ces insectes ont le corps convexe, hémisphérique ; ils sont lourds et volent peu :
on les trouve dans les agarics et les bolets, qu'ils mangent tant sous l’état de larve que sous cehui d’insecte parfait,
La larve est d’un blanc jaunâtre ; son corps estmou, composé d’anneaux distincts; sa tête est brune, armée de deux mâchoires et munie de deux antennes divisées en trois ou quatre articulations : on trouve ces larves en plus ou moins grand nombre pendant presque toutes les saisons de l’année, dans les bolets et les agarics, frais ou desséchés. Pour se charger en nymphes', elles se construisent une coque, dans laquelle elles se transforment, et en sortent sous la forme
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246 HISTOIRE NATURELLE d’insecte parfait peu de temps après. L’insecte nouvellement sorti de sa coque a une forte odeur d’écorce de noix, qui s’attache aux doigts lorsqu'on le touche.
On ne connaît encore que six espèces de ce genre : trois se trouvent en Europe.
La Diapère du bolet, Diaperis boleti.
Elle a environ quatre lignes de longueur; les antennes sont noires ; la tête et le corselet sont d’un noir luisant; les élytres sont convexes, d’un noir luisant, avec trois bandes transversales ondées, fauves, l’une à la base, l’autre sur le milieu, ét la troisième à l'extrémité ; elles ont plusieurs rangées de points enfoncés qui forment des stries régulières; le dessus du corps et les
pates sont noirs.
D On la trouve aux environs de Paris et dans presque toute l’Europe, dans les agarics du chêne et du bouleau, et les bolets du noyer.
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DES DIAPÈRES. . 247
La Diapère tachetée, Diaperis maculata.
Elle est un peu moins grande que la précédente, à laquelle elle ressemble beaucoup; elle a les antennes noires; la tête et le corselet d’un noir luisant; les élytres d’un rouge brun, avec la suture et quatre taches noires, dont deux très petites et arrondies près de la base; les deux autres grandes et irrégulières près de l’éxtrémité; elles ont plusieurs rangées de points enfoncés qui forment des stries régulières ; le dessous du corps est noir, avec un peu de rouge audessous de la tête; les pates sont noires.
On la trouve à la Caroline.
La Diapère bicorne , Diaperis bicornis.
Elle a deux lignes de longueur; les an- # tennes sont brunes, ferrugineuses à leur base; la tête est ferrugineuse, armée à sa partie postérieure de deux cornes brunes, droites, élevées, de la longueur de la tête; le corselet est lisse, ferrugineux ; les élytres
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248 HISTOIRE NATURELLE sont d’un vert bronzé luisant, pointillées et striées; le dessous du corps est bronzé; les pates sont ferrugineuses.
On la trouve dans l'Amérique septentrionale, à la Caroline.
À la suite de ce genre viennent se placer, dans la méthode de M. Latreille , les genres suivans :
G, TRACHYSCÈLE.
(Voyez les Caractères, tome 1x, page 252.)
La Trachyscèle aphodioïde, Zrachyscelis aphodioides.
Cet insecte est long de près d’une ligne, ovale, bombé, noir, strié; ses pates sont dilatées à leur extrémité; ses antennes sont moniliformes, d’un fauve foncé.
On le trouve dans les provinces méridionales de la France, dans le sable.
G. CNODALON.
(Voyez les Caractères , tome 11, page 253.)
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Le Cnodalon vert, Cnodalum wiride.
Cet insecte a sept lignes de long; son corps est ovale, bombé et arqué; d’un beau vert luisant, particulièrement sur les élytres, avec une teinte d’un bleu violet; sa tête est plus étroite que le corselet, en carré long, avec la bouche, les derniers articles des antennes et les yeux noirs; le devant est un peu plus large que l'extrémité postérieure, et offre un petit trait imprimé, arqué; le corselet est uni, plan, en carré transversal et anguleux ; son bord antérieur est droit; les côtés sont un peu rebordés, et le milieu de leur bord à un angle; le bord postérieur est un peu lobé; l’écusson est triangulaire; les élytres sont voûtées, très striées dans toute leur longueur; ces stries sont formées de très gros points enfoncés et allongés ; les î pates sont assez longues, avec les tarses violets; le dessous du corps a beaucoup de bleu.
On trouve cet insecte à Saint-Domingue ; il est rare,
250 HISTOIRE NATUREËLE
G. Érirnacx.
(Voyez les Caractères, tome 11, page 253. ) L'Épitrage brun, Æpitragus fuscus.
Cet insecte est long de cinq lignes , brun, et couvert, en dessous, d’un duvet gris jaunâtre ; il a une forme allongée et pointue aux deux bouts; la tête est assez petite; ses antennes sont plus courtes que le corselet, et vont en grossissant insensiblement vers leur extrémité; leurs quatre avant-derniers articles sont presque triangulaires; le dernier estarrondi, ovale; la ganache est fort grande; le corselet s’élargit peu à peu d'avant en arrière, le milieu du bord. postérieur est avancé; l’écusson est très petit, presque carré ; les élytres ont, dans toute leur longueur ; des lignes de points peu apparens ; les pates sont assez grêles.
On trouve cette espèce à Cayenne : elle est commune.
G. Lr10DE.
(Voyez les Caractères , tome 11, page 253.)
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La Leiode humérale, Leiodes hu-
meralis.
Elle est noire, luisante en dessus ; la base des antennes, le dessus du corps et les pates sont d’un rouge brun; les élytres ont à leur base une tache carrée, rouge , qui ne va
pas jusqu’à la suture, et quelques commen- .
cemens de stries très faibles.
On trouve cette espèce en France et en Allemagne : elle est rare.
La Leiode ferrugineuse, Leiodes ferruginea.
Cette espèce a près de deux lignes de long ; elle est oblongue , ovoïde, peu convexe ; tout son corps est ferrugineux 5. SA tête et son corselet sont inclinés en devant; la tête est un peu enfoncée dans une échancrure du corselet , elle est pointillée et présente une petite impression transversale qui ne va pas jusqu'aux yeux; les parties de la bouche sont assez avancées , et on voit les palpes maxillaires qui débordent, et
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dont le dernier article est ovoide, un peu pointu à son extrémité , et plus long que celui qui le précède; les yeux sont noirs , peu saïllans ; les antennes sont insérées en avant desyeux , sous un petit rebord de la tête ; elles sont un peu plus longues que la tête, et vont en grossissant vers l'extrémité ; leurs trois premiers articles sont presque égaux, cylindriques ; les trois suivans sont beaucoup plus courts, grenus ; ces six articles sont fauves et ont quelques poils ; le septième est le double plus gros , tronqué carrément en avanb et rétréci en arrière; le huitième est beaucoup plus petit, très court et lenticulaire ; les neuvième et dixième sont beaucoup plus grands que le huitième, et plus avant que le septième, de la même forme ; enfin, le dernier est aussi large que les précédens, en forme de toupie, rétréci en pointe au bout ; ces cinq derniers articles sont velus et noirs; le corselet est en trapèze, arrondi sur les côtés, rebordé et couvert de petits points enfoncés; l’écusson est triangulaire ; les élytres sont allongées, très inclinées postérieurement; elles ont plu-
LÉ - DES‘ DIAPÈRES4 253 “8 stries longitudinales formées de petits points enfoncés; les pates sont assez longues; les cuisses sont renflées; Les jambes sont plus larges vers le bas, avec leur côté extérieur épineux ; les tarses sont allongés, grêles, et terminés par deux forts crochets.
Nous avons trouvé cet insecte, en avril à au bois de Boulogne, près Paris.