‹ Histoire naturelle des insectes, composée d'après Réamur, Geoffroy, Degéer, Roesel, Linné, Fabricius, et les meilleurs ouvrages qui ont paru sur cette partie; rédigée suivant la méthode d'Olivier, et ornée de figures dessinées d'après nature (volume 2)Chapitre 43 sur 83 · CXXXVII GENRE · texte numérisé non relu

CXXXVII GENRE

CISTÈLE.

Caractères génériques. Antennes filiformes , un peu plus longues que le corselet ; articles presque coniques , le second un peu plus petit que lesautres, et arrondi. — Quatre antennules inégales , filiformes; les antérieures un peu plus longues, composées de quatre articles, dont le premicr très court, et les autres presque égaux et coniques; les postérieures de trois articles très courts , le premier un peu plus long et conique. — Tarses filiformes.

Quezques espèces de ce genre sont des chrysomèles de Linné, et des ténébrions et des mordelles de M. Geoffroy. Les cistèles ne peuvent être placées avec les chrysomèles, qui n’ont que quatre articles à tous les tarses, ni avec les ténébrions, dont elles diffèreut par les parties de la bouche. Elles s’éloignent aussi des mordelles par la forme du corps; et la tête très inclinée de celles-ci les fait aisément distinguer des cistèles. M. Geoffroy a donné le nom de cistèles aux insectes que M. Olivier a nommés byrrhus ; ils appartiennent à la première division de

DES CISTÈLES, 237 cet ordre , et diffèrent beaucoup des cistèles de ce dernier auteur.

Les antennes sont composées de onze articles; elles sont insérées à la partie antérieure et latérale de la tête, au-dessous et très près des yeux.

La tête est petite, avancée, moins large que le corselet; les yeux sont ovales, saillans; la bouche est composée d’une lèvre supérieure, de deux mandibules cornées, arquées, pointues ; de deux mâchoirestbifides:

la division extérieure plus longue, cylindrique, ciliée à son extrémité; l’intérieure terminée en pointe; d’une lèvre inférieure, et de quatre antennules filiformes, inégales.

Le corselet est moins large que les élytres, plus étroit à sa partie antérieure qu’à sa partie postérieure; l’écusson est petit, triangulaire.

Les élytres sont plus ou moins dures, un peu convexes, de la longueur de l'abdomen; elles recouvrent deux ailes membraneuses, repliées.

Les pates sont assez longues, minces; les tarses filiformes; ceux des quatre pates an-

En

térieures sont composés de cinq articles, et ceux des pates postérieures n’ont que quatre articles; les deux crochets qui terminent le dernier article de tous les tarses sont arqués et pointus.

On trouve ces insectes sur les fleurs, et la séule espèce dont on connaisse la larve se trouve sur le chêne et autres grands arbres. Ils forment un genre composé de vingt-quatre espèces, dont on trouve la plus grande partie en Europe.

La Cistèle céramboïde , Cistela ceramboides.

Elle a près de six lignes de longueur; les antennes sont noires, en forme de dents de scie dans les mâles, et un peu moins dans les femelles ; la tête est noire; le corselet est noir , légèrement couvert de petits poils jaunes ; il est plus étroit à sa partie antérieure qu’à sa partie postérieure, dont les côtés sont anguleux, le milieu en pointe, et s'avance un peu sur l’écusson; les élytres sont testacées, légèrement strices et cou-

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DES CISTÈLES. 239

Vertes de petits poils très courts ; le dessous du corps et les pates sont d’un noir luisant.

Sa larve est longue, mince, de couleur jaunâtre; elle ressemble à celle du ténébrion de la farine, mais-elle est moins grosse ; son corps est composé d’anneaux, qui sont ter-

minés postérieurement par une bande trans-.

versale d’un jaune brun. On la trouve dans les troncs pourris des vieux chênes, où elle se nourrit de tan. Vers le commencement du printemps, elle est prête à subir sa dernière métamorphose. On peut alors l’élever facilement, en lui donnant des morceaux de chêne pourri. Eile s’enferme dans une petite coque qu’elle construit avec dé la poussière de cet arbre, s’y change en nymphe, et paraît sous la forme d’insecte parfait environ vingt jours après sa métamorphose.

Elle est assez commune aux environs de Paris, dans les bois.

La Cistèle lepturoïde, Cistela lepturoides.

Elle ressemble beaucoup à la précédente, dént elle diffère par les antennes, qui sont

"PRREUE

240 HISTOIRE NATURELLE moins en scie, et par le corselet, qui est de figure carrée, plus large que long; il est d’un noir foncé, ainsi que la tête; les élytres sont testacées , légèrement striées et sans poils; le dessous du corps et les pates sont noirs.

On la trouve au midi de l’Europe et aux environs de Paris.

La Cistèle âtre, Cistela atra.

Cette espèce, qui est la plus grosse de ce genre, a sept lignes de longueur et trois lignes de largeur; elle est entièrement noire; les antennes sont presque filiformes, plus longues que le corselet; le corselet est rebordé, finement pointillé, un peu convexe; les élytres sont luisantes, légèrement striées; elles ont des petits points enfoncés entre chaque strie.

On la trouvé aux environs de Paris.

La Cistèle sulphureuse, Cistela sulphurea.

Elle a quatre lignes de longueur; les an-

DES CISYÈLES, 241 tennes sont filiformes, brunes, avec la base des articles jaune; la tête est jaune, avec les yeux noirs; le corselet est jaune, avec un point enfoncé de chaque côté; les élytres sont d’un jaune verdâtre, légèrement striées ; le dessous du corps et les pates sont jaunes; les tarses noirâtres.

On la trouve'aux environs de Paris et dans toute l’Europe, sur les fleurs.

La Cistèle murine, Cistela murina.

Elle à trois lignes de longueur; les antennes sont filiformes, brunes, avec le-premier article testacé; la tête est noire; le corselet d’un noir mat, un peu convexe, arrondi sur les -côtés, rétréci antérieurement; les élytres sont rougeñtres, sans stries; le dessous du corps est noir; les pates sont rougeâtres.

On la trouve aux environs de Paris et dans toute l’Europe, sur les fleurs.

La Cistèle pâle, Cistela pallida.

Elle est de la grandeur de la précédente; IV. 21

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de couleur testacée, à l'exception des yeux et de l'extrémité des élytres, qui sont noirs; la tête est très petite, inclinée et presque entièrement cachée sous le corselet; les rebords de celui-ci sont grands; il est arrondi antérieurement et sur les côtés , comme l’est celui des lampyres; lés élytres sont lisses.

On la trouve aux environs de Paris et en Angleterre, è

La Cistèle Morio, Cistela Morio.

Elle est de la grandeur des deux précédentes ; les antennes sont filiformes, testacées; elle est d’une couleur testacée brune; le corselet est étroit antérieurement, arrondi sur les côtés; les élytres sont légèrement striées et couvertes de quelques poils courts ; les pates-sont d’une couleur testacée rou-

| geâtre.

On la trouve aux environs de Paris et en Suède.

La Cistèle flavipède, Cistela flavipes.

Elle a environ deux lignes et demie de

DÉS CISTÈLES. 243

longueur ; son corps est un peu allongé; les

antennes sont brunes ; la tête et le corselet

sont d’un noir brillant, finement pointillés;

les élytres sont fortement striées, et entre

chaque strie elles ont des rangées de points

enfoncés , très serrés ; les pates sont jaunes, On la trouve aux environs de Paris.

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