‹ Histoire naturelle des insectes, composée d'après Réamur, Geoffroy, Degéer, Roesel, Linné, Fabricius, et les meilleurs ouvrages qui ont paru sur cette partie; rédigée suivant la méthode d'Olivier, et ornée de figures dessinées d'après nature (volume 2)Chapitre 81 sur 83 · LA · texte numérisé non relu

LA

en a fait la première famille de son genre lepture.

Les saperdes ont le corps allongé, et le corselet cylindrique, un peu déprimé, sans épines ni tubercules, caractères qui servent à les distinguer des capricornes et des lamies, avec lesquels elles ont d’ailleurs beaucoup de ressemblance, On distingue aussi les saperdes des callidies, qui forment la seconde famille des Zeptures de M. Geoffroy, par la forme du corselet; celui des saperdes est cylindrique; celui des callidies, globuleux, presque orbiculé; et par les antennes, celles des saperdes sont distantes à leur base, et celles des callidies rapprochées. Ces insectes diffèrent encore entre eux par quelques parties de la bouche.

De tous les insectes de cette nombreuse famille , ceux auxquels les saperdes ressemblent le plus , sont les lamies : comme elles, elles ont le front large , la tête aplatie et perpendiculaire ; le corselet cylindrique, de la largeur des élytres; mais l’absence des épines du corselet, le corps d’égale grosseur dans toute $on étendue , les distinguent suf.

DES SAPERDES, à 367 fisamment des lamies, dont le corps s’élargit à la naissance des élytres, devient un peu plus étroit à l'extrémité, et proportionnel lement est plus court et un peu convexe.

Les antennes sont sétacées, composées de onze articles, dont le premier plus gros; le second très petit, les suivans presque d’égale longueur, diminuant insensiblement de grosseur; le troisième est le plus long de tous; elles sont écartées à leur base et insérées dans une échancrure qui se trouve à là partie antérieure des yeux.

La tête est large, aplatie, verticale, de la largeur du corselet; les yeux sont ovales, échancrés, placés de chaque côté de la partie supérieure de la tête; la bouche est composée d’une lèvre supérieure aplatie, arrondie antérieurement, un peu échan® crée au milieu ; de deux mandibules cornées, arquées et terminées en pointe; de deux mâchoires cornées, bifides à l’extrémité, la division interne un peu plus petite; d’une lévre inférieure presque carrée, peu échancrée; et de quatre antennules filiformes.

Le corselet est cylindrique, court, sans.

368 HISTOIRE NATURELLE épines ni tubercules, presque aussi large

A go élytres; Péeusson est petit, arrondi

ee

postérieurement.

Les élytres sont allongées, d’égale lar-

geur dans toute leur longueur ; elles recou-

vrent un peu les côtés de l'abdomen, et entièrement deuxailes membraneuses.

L'abdomen est un peu plus court que les élytres, un peu plus gros et plus large à son origine qu'à son extrémité, qui est tronquée.

Les pates sont de longueur moyenne; les cuisses peu renflées; les jambes longues, comprimées, armées d'épines très courtes à l'extrémité ; les tarses composés de quatre articles, dont les trois premiers sont aplatis, garnis de poils courts et serrés en dessous ;

lé troisième est bilobé; le dernier, coni- -que, terminé par deux ongles erochus assez forts.

| Le saperdes se nourrissent du suc des végétaux ; on les trouve sur leurs tiges ou sur les fleurs; souvent elles restent fixées sur les branches, et ne les quittent pour vôler qu'après avoir été échauffées par les

M dde dbodlele tt, cute

DES SAPERDES, 369 rayons du soleil, ou pour remplie devoir.

que la nature impose à tous les êtres afin de | perpétuer leur espèce. |

Ces insectes ont des formes agréables, et leurs couleurs sont variées : quelques espèces ont les antennes ou les pates ornées de petits bouquets de poils, dont la couleur tranche avec celle des parties auxquelles ils sont attachés. ni

La larve de la saperde cylindrique, dont Roesel a décrit toutes les métamorphoses, Ds se rapproche, par la forme, de celle dela famille des capricornes ; elle est allongée, pointue aux deux extrémités, et renflée dans le milieu ; sa tête et le dessus du premier anneau sont écailleux; elle a deux mandibules très fortes; ses pates sont peu apparentes; elle se nourrit de la moelle du poirier, du prunier, et se change en nymphe dans les cavités qu’elle a creusées en pres … nant sa nourriture. On distingue sur la © nymphe toutes les parties que doit avoir l'insecte parfait,

Goedart, qui a élevé la larve de la sa-

perde carcharias, dit qu’elle vit dans le chêne; elle est allongée, molle, aplatie, plus large à sa partie antérieure qu'à sa partie postérieure, qui est terminée par un renflement arrondi : elle est munie de deux mandibules fortes. Pour avancer de plus en plus dans le bois, et pour le trouer, elle contracte son corps au point de lui faire prendre presque la figure d’une boule, ensuite elle fait agir ses mandibules, et quand ellea agrandi son logement, elle reprend sa première forme.

Cette larve se change en nymphe vers la fin d'octobre, et l’insecte parfait quitte sa dépouille de nymphe au mois de janvier de l’année suivante. Goedart à remarqué que cet insecte était fort méchant et très colère, et qu'il cherchait à forcer sa prison, pour jouir de la liberté; il a percé plusieurs boîtes dans lesquelles il l'avait renfermé.

Cet observateur, qui désirait le conserver vivant, à fait plusieurs tentatives qui n’ont pas réussi, et l’insecte mourut peu de temps après sa naissance.

Ce genre est composé d’un assez grand nombre d'espèces : on n’en trouve qu’une vingtaine en Europe.

Nota. M. Latreille, dans le Règne animal , que nous suivons ici, a réuni le genre saperde à son genre lamie.

La Saperde Carcharias, Saperda

Carcharias.

Cette espèce est la plus grande de toutes celles de ce genre; elle a quatorze lignes de longueur; elle est noire, entièrement cou- , verte d’un duvet très court et très serré, d’un gris jaunâtre; les antennes sont de la longueur du corps, d’un gris jaunâtre, avec l'extrémité des articles noire; les yeux et les mandibules sont noirs; le corselet est légèrement ponctué de noir; les élytres le sont fortement, ce qui les fait paraître chagrinées ; le dessous du corps est couvert de poils jaunâtres assez longs ; les pates sont cendrées, un peu velues.

On la trouve dans toute l’Europe, aux environs de Paris, sur le peuplier.

La Saperde porte-échelle, Saperda

scalaris.

Elle a sept lignes de longueur; son corps estnoir, couvert d’un duvet serré, très court, d’un jaune verdâtre; les antennes sont un peu plus longues que le corps , noires, avec la base des arineaux cendrée; la tête est couverte de poils jaunes à sa partie antérieure; les yeux sontnoirs ; le corselet a une grande tache noire sur le milieu ; l’écusson est jaunâtre; les élytres sont noires, ponctuées, avec la suture, le bord extérieur, plusieurs lignes transversales et des taches d’un jaune verdâtre; le dessous du corps et les pates sont d’un jaune verdâtre.

On la trouve en Europe, dans les bois :

velle est rare aux environs de Paris.

La Saperde du chardon, Saperda

cardut.

Elle a six lignes de longueur; les antennes sont plus longues que le corps, un peu velues, noires, avec la base des anneaux

grise; le corps est noirâtre, couvert de poils jaunâtres; la tête est couverte d’un duvet jaunätre; le corselet a trois lignes longitudinales jaunâtres, une sur le milieu, et une de chaque côté; les élytres sont pointillées et tachées de quelques plaques de poils très courts, jaunâtres; les pates sont cendrées.

On la trouve dans les départemens méridionaux de la France, aux environs de Paris, sur les chardons : elle habite aussi l'Allemagne.

La Saperde verdûtre, Saperda vi-

rescens.

Elle est un peu moins grande que la pré- -cédente, noirâtre, entièrement couverte d’un duvet verdâtre cendré, pointillée de noir en dessus; les antennes sont de la longueur du corps, noirâtres ; les yeux et les mandibules sont noirs; les élytres sont un peu plus étroites à leur extrémité qu'à leur origine : elles ont sur le milieu une ligne longitudinale élevée, peu saillante; le des’

IVe 32

" 354 * mISTOIRE NATURELLE

sous du corps et les pates sont un peu moins verdâtres que le dessus.

On la trouve à Montpellier, sur. le sureau; aux environs de Paris, sur la vipérine.

* La Saperde ponctuée, Saperda

punctala.

Elle est de la grandeur de la saperde porte-échelle, entièrement couverte d'un duvet d’un beau vert, soyeux ; les antennes sont noires, de la longueur du corps; les yeux noirs ; le corselet a six ou huit points noirs, dont quatre en carré sur le milieu ; les élytres ont chacune une rangée de cinq à six points de la même couleur; l'abdomen a sur chaque anneau un point noir; les pates sont vertes; les jambes et les tarses blanchâtres.”

On la trouve dans le midi de la France, sur les plantes, en Allemagne et en Portugal,

Insectes ,

Meur del, Denoncky deutr : 1

Le Capricorne rosalie fi : , 2 . Capricorne quadrimacule ‘

J: Saperde ponctué ,

La Saperde du peuplier, Saperda populnea.

Elle est un peu plus petite que la saperde du chardon, noire, un peu velue; les antennes sont un peu plus longues que létcorps, avec le "premier anneau noir et velu; les autres sont moitié gris et moitié noirs; le devant de la tête est couvert de poils jaunes; les yeux sont noirs ; le corselet a trois lignes longitudinales formées par des poils jaunes ; les élytres sont fortement pointillées, avec cinq points jaunes formés par des poils, et placés sur une même ligne; le dessous du corps est couvert de poils jaunes ; les pates sont noirâtres.

On la trouve en Europe, aux environs de Paris, sur les peupliers, et en Amérique.

La Saperde oculée , Saperda oculata.

Elle varie pour la grandeur depuis neuf lignes jusqu’à six; les antennes sont noires, de la longueur du corps; la tête est noire; pointillée ; le corselet est d’un rouge jau-

La

nâtre, avec deux petits points noirs, lisses, élevés sur le milieu; les élytres sont pointillées, d’un gris noirâtre, avec le bord extérieur de la base d’un rouge jaunâtre ; le dessous de l’abdomen et les pates sont de cette couleur ; la poitrine a quelques poils jaunâtres; les pates sont courtes, et les cuisses un peu renflées.

On la trouve en Europe, dans les bois :

elle est assez rare aux environs de Paris.

… La Saperde cylindrique, Saperda cylindrica.

Elle a cinq lignes de longueur ; elle est d’un noir ardoisé ; les antennes sont presque aussi longues que le corps; la tête et le corselet sont chagrinés, un peu velus; les élytres finement ponctuées; elles ont sur le milieu une ligne longitudinale élevée, peu saillante; le dessous de l'abdomen et les pates sont d’un gris foncé, soyeux.

Sa larve, dont Roesel a donné l’histoire, se nourrit de la moelle des branches du poirier, du prunier et d’autres arbres.

On trouve cet insecte en Europe, aux environs de Paris.

La Saperde linéaire , Saperda linearis.

Elle est d’un tiers plus grande que la précédente, étroite , allongée, avec les élytres rétrécies dans le milieu; elle est noire, à l'exception des antennules et des pates, qui sont roussâtres ; les antennes sont de la longueur du corps; la tête est pointillée , le front un peu bombé; le corselet est poin-

tillé; les élytres sont tronquées à l'extré-

mité ; elles ont plusieurs rangées de points enfoncés assez grands; l'abdomen est obtus et se recourbe un peu en dessous.

On la trouve en Europe, sur le coudrier :

elle est rare aux environs de Paris.

La Saperde bicolore, Saperda bicolor.

Elle a six lignes de longueur; les antennes sont noires, filiformes, plus courtes que le corps; la tête est petite, arrondie, noire, pointillée, avec une dent assez saillante de chaque côté à la base des mandibules; le

378 HISTOIRE NATURELLE corselet est noir, long, arrondi, rebordé postérieurement , ridé transversalement, et ponctué entre chaque ride; les élytres sont d’un rouge sanguin, entièrement couvertes de points enfoncés assez grands , un peu recourbées et tronquées à l’extrémité; l’écusson est noir; la poitrine noire ; le dessous de l'abdomen est de la couleur des élytres; les pates sont noires, longues, minces; les cuisses très renflées à leur extrémité.

On la trouve dans l’Amérique septentrionale, en Géorgie.

La Saperde nigricorne, Saperda . nigricOrnis.

Elle a cinq lignes de longueur; elle est d’un bleu foncé, un peu violet sur la tête et le corselet, légèrement pubescente; les antennes sont noires, de la longueur du corps; la tête est finement pointillée; le front bombé; le corselet pointillé; les élytres sont un peu luisantes, rebordées, pointillées, arrondies à l’extrémité; le dessous de l’abdomen est légèrement couvert d’un duvet soyeux, grisâtre ; les pates sont noires.

On la trouve aux environs de Paris : elle est rare.

La Saperde bout-brülé, Saperda

prϾusta.

Cette espèce est la plus petite de ce genre; elle n’a qu'une ligne et demie de longueur; elle est noire, pubescente ; les antennes sont aussi longues que le corps; le front est convexe; les élytres sont jaunâtres, noirâtres, et recourbées à leur extrémité, finement pointillées; les pates sont courtes, roussätres, avec les quatre cuisses postérieures noires.

On la trouve dans toute l’Europe : elle est commune aux environs de Paris.

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