‹ Histoire naturelle des insectes, composée d'après Réamur, Geoffroy, Degéer, Roesel, Linné, Fabricius, et les meilleurs ouvrages qui ont paru sur cette partie; rédigée suivant la méthode d'Olivier, et ornée de figures dessinées d'après nature (volume 2)Chapitre 82 sur 83 · CLIV° GENRE · texte numérisé non relu

CLIV° GENRE

à STENCORE.

ù Le À rs ;

G. Rhagie. Lamr.

Caractères génériques. Antennes filiformes, posées devant les yeux; premier article un peu plus

gros, le second court et arrondi. — Quatre an-

» tennules inégales, presque filiformes; le dernier article un peu plus gros, presque ovale, À peine tronqué; les antérieures composées de quatre articles, dont le second et le troisième sont égaux, coniques, le dernier plus gros, ovale, comprimé, tronqué; les postérieures de trois articles, le second est conique, allongé, le dernier renflé, ovale, comprimé, tronqué. — Pénultième article des tarses large, bifide, garni dé houppes. — Corselet épineux ou tuberculé. — Yeux ovales.

Les insectes que M. Geoffroy a décrits

- sous le nom de stencores, diffèrent de ceux

des genres précédens par la forme des yeux,

… qui sont ovales, presque entiers, et n’en-

tourant point la base des antennes; par la forme des élytres, qui vont en rétrécissant depuis leur origine jusqu’à leur extrémité :

c'est ce dernier caractère qui leur a fait

DES STENCORES. 381

donner par cet auteur le nom de stencore, M qui signifie rétréci. M. Fabricius a divisé le genre stencore en quatre genres; il a conservé à quelques espèces le nom que leur a donné M. Geoffroy, et a désigné les autres par les noms de rhagium , leptura , donacia.

M. Olivier n’a adopté que les deux derniers de ces trois genres, et a réuni les insectes ., du genre rhagium aux stencores. F Les différences les plus remarquables entre # les leptures et les stencores, outre celles qui E. existent dans les parties de la bouche, se trouvent dans la forme de la tête et du corselet: la tête des stencores est sensiblement plus étroite à sa partie postérieure que celle des leptures, et leur corselet est aussi plus . étroit antérieurement, inégal en dessus, épi neux ou tuberculé sur les côtés , au lieu que . celui des leptures est lisse ow presque lisse … en dessus, légèrement rebordé, sans tubers cules ni épines ; les pates des leptures sont aussi plus longues que celles des nr :

Les antennes sont filiformes, au plus la longueur du corps, souvent beaucou plus courtes, composées de onze mis

" dont le premier un peu plus gros, le second court, arrondi; les autres presque égaux, minces à leur origine, un peu renflés à l’extrémité ; le dernier terminé en pointe ; elles sont.insérées’entre les yeux, assez rapprochées à leur base.

. - La tête est inclinée, de la largeur du cor- .selet, un peu amincie postérieurement, assez profondément sillonnée sur le milieu; les ” yeux sont petits, ovales, placés de chaque côté de laspartie supérieure de la tête; la * bouche est composée d’une lèvre supérieure

entière, coriacée; de deux mandibules cor-

nées, anguleuses , pointues, sans dentelures;

- de deux mâchoires courtes, comprimées , di-

… visées en deux, la division extérieure plus

* grande, arrondie; l'intérieure comprimée,

pointue et ciliée ; d’une lèvre inférieure pres-

- que membraneuse, à divisions oblongues, __sécartées, et de quatre antennules inégales.

Le corselet est plus étroit que les élytres,

aminci antérieurement , rebordé postérieu-

rément, inégal, tuberculé ou épineux sur

les côtés; l’écusson est triangulaire.

st Les élytres sont de la longueur de l'abdo-

DES STENCORES: . 383 “2 men, rétrécies vers l’extrémité, un peu aplaties supérieurement, anguleuses à la base , légèrement rebordées; elles couvrent deux ailes membraneuses, repliées ; le corps. à est allongé; l'abdomen conique. «

Les pates sont de longueur moyenne; les cuisses un peu renflées ; les jambes comprimées, garnies de deux épines à leur extrémité; les tarses composés de quatre articles: les deux premiers sont larges, triangulaires; , le troisième bilobé; ces trois articles sont garnis en dessous de poils courts, fins et serrés; le dernier article est allongé, cylin- w drique, arqué, et terminé par deux crochets assez forts.

On trouve ces insectes dans'les boïs, sur les fleurs, dont ils sucent la liqueur miellée Ils marchent assez vite; quelques espèces volent pesamment, surtout le stencore inquisiteur, Dans l’accouplement , le mâle est placé sur le dos de la femelle. :

Leur larve, selon M. Geoffroy, vit dans le bois, et diffère peude-celle des insectés des genres précédens. Selon M. Fabricius ,»

qui , à l’article du rhagie inquisiteur, do

sf

FA extrait des Mémoires de Copenhague, la larve de cette espèce est hexapode, nue,

blanche ; la tête et le premier anneau sont

écailleux , de couleur brune; le dos est cannelé. Fab. Ent, sept. tom. +, parsix, p. 304. Il s'ensuit que cette larve diffère de celle des capricornes, des lamies et des saperdes, dont les pates sont à peine visibles.

Les stencores forment un genre composé d'environ trente espèces, dont la plus grande partie habite l'Europe.

Le Stencore inquisiteur , Stenocorus inquisitor.

G. Rhagie. Larr.

Il a un pouce de longueur‘; les antennes sont courtes, un peu plus longues que le corselet , d’un gris jaunâtre; tout le ‘corps ést noir, couvert d’un duvet gris ou jaunâtre ; la tête a unsillon profond à sa partie postérieure; les yeux sont bruns, avec une tache noire allongée derrière ; le corselet est inégal, pointillé, noir sur le milieu, avec mme épine assez forte de chaque côté; les

DES STENCORES. 385.

élytres sont fortement pointillées, marquées de plusieurs taches jaunâtres, qui, dans quelques endroits, forment des lignes transversales ; les élytres sont tronquées à l’extrémité ; elles ont deux lignes longitudinales élevées; le dessous du corps et lés pates sorit d’un gris jaunâtre.

Onle trouve sur le tronc des arbres, dans les boïs, en Europe:ilestassez commun aux environs de Paris.

Le Stencore bifascié, Stenocorus

dr

bifasciatus. à

G. Rhagie. Larr.

Il est un peu moins grand que le précédent; les antennes sont presque aussi longues que le corps, ferrugineuses, avec les premiers articles noirs. Il est d’un noir laisant, quelquefois bronzé; la tête est pointillée, sillonnée supérieurement ; le corselet est muni de chaque côté d’une épine forte; les élytres sont fortement pointillées, avec | trois lignes longitudinales: peu ‘élevées ; et deux petites bandes obliques d’un jaune

1Vs 33

386 HISTOIRE NATURELLE pâle; le dessous du corps est noir, avec l’extrémité de l'abdomen ferrugineuse; les pates sont noires, avec la base des cuisses et les … jambes ferrugineuses.

On le trouve en Europe, aux environs de Paris, dans les bois.

Le Stencore chercheur, Stenocorus indagator.

G. Rhagie. Larn.

11 a huit lignes de longueur, et ressemble au stencore inquisiteur : il est noir, couvert d’un duvet jaunâtre; les antennes sont d’un gris jaunâtre, un peu plus longues que le * Corselet ; la tête etle corselet sont pointillés; ” célui-ti ést muni de chaque côté d’une épine forte; les élytres sont d’un brun rougeûtre, couvertes de points noirs, avec une tache noire vers le milieu du bord extérieur, bordée de chaque côté par une bande jaunâtre; elles ont trois lignes longitudinales élevées; celle qui se trouve près du bord extérieur est peu saillante; les pates sont noirâtres.

On le trouve en France, en Allemagne.

DES STENCORES,

LeStencore rayé, Stenocorus lineatus. »

G. Rhagie. Larn. #»

Il est de la grandeur et de la forme du précédent, noir, couvert d’un duvet cendré, D rougeâtre ; les antennes sont de la longueur du corselet, cendrées; la tête a trois lignes longitudinales, une sur le milieu, et une de chaque côté près des yeux; le corselet est rayé alternativement de noir, de noirâtre et de cendré; il est muni d’une épine droite assez forte de chaque côté; les élytres sont rougeâtres, variées de taches cendrées, avec : | deux bandes transversales noires, l’une près $ de la base, l’autre près de l'extrémité, et trois lignes longitudinales élevées, dont les deux plus près de la suture sont très sail- Jantes; le dessous de l'abdomen est cendré, * rougeâtre vers l'extrémité; les pates sont cendrées.

On le trouve en Amérique, à la Caroline.

D Li + he éd C1 - - ri ° + A . dé, | 388 HISTOIRE NATURELLE

Le Stencore méridional, Stenocorus meridianus.

Lo

G. Lepture. Late.

* Il varie pour la grandeur, depuis huit lignes jusqu’à un pouce; les antennes sont un peu plus longues que le corps, noirâtres, avec la base rougeître; la tête est noire et profondément sillonnée à sa partie supérieure, légèrement couverte d’un duvet soyeux , jaunâtre ; le.corselet est noir, inégal en dessus, muni de chaque côté d’un tubercule mousse, couvert surtout en dessous d'un duvet soyeux, jaune, brillant ; les élytres sont rétrécies dans leur milieu, lisses, testacées , avec la suture et l'extrémité brunes; le dessus de l’abdomen est testacé; la poitrine est couverte d’un duvet soyeux, doré, brillant ; les pates sont testacées, avec les genoux et les tarses noirâtres.

On le trouve sur les fleurs, dans toute l’Europe, principalement dans le Nord : il est assez commun aux environs de Paris.

… DES STENCORES. 369

Le Stencore du saule, Stenocorus salicis.

G. Rhagie. Larr.

Il a dix lignes de longueur ; les antennes sont filiformes, moins longues que le corps, fauves à la base et noires dans le reste de leur étendue ; la tête est rouge, un peu pubescente; les yeux sont noirs; le corselet est rouge , très inégal en dessus, et muni de chaque côté d’un tubercule assez gros ;1les élytres sont larges , arrondies à l'extrémité, chagrinées, d’un bleu noirâtre ; le dessous du corps et les pates sont rouges; la poitrine est noire.

On trouve assez souvent, avec ce stencore , une espèce qui lui ressemble entièrement par la forme et la grandeur, et qui en diffère seulement par la couleur des élytres,

qui sont rouges: on ne sait pas si cette dif- » »

férence caractérise le sexe, ou si c'est une

variété; cette espèce est moins commune

que celle à élytres bleues.

On le trouve aux environs de Paris, vers

Ja fin du printemps, sur le marronnier d’Inde, #

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