CCXV: GENRE
PYCNOGONON.
Caractères génériques. Antennules courtes, inarticylées, sans crochets à l'extrémité. — Bouche en forme de tube avancé, drob et conique,
Les Pycnogonons avaient été placés par Linné avec les faucheurs phatangium. Brunnich a formé le genre Pyenogonum avec l’espèce que le naturaliste suédois avaitnommée faucheur des baleines. Fabricius a établi, à côté de celui-ci, le genre zymphon, et a pris pour type de ce genre le pycrogorum grossipes d'Othon Fabricius. Ces deux genres font partie de l’ordre des ryngotes du système de Fa bricius. Selon M. Savigny, les pyenogonons font le passage des arachnides aux crusta= cés. Enfin, dans la méthode de M. Leach, ils Rton le premier ordre de la FAN des céphalostomates, celui des podosomates.
11 le partage en deux familles : les pycnogo- "nides et les nymphonides, dont les caractères sont fondés sur l'absence ou la présence des mandibules.
Le corps des pycnogonons est ordinairément linéaire, avec les pieds très longs, de neuf à huit articles, et terminés par deux crochets inégaux paraissant n’en former qu'un seul, et dont le petit est fendu. Le premier article du corps tenant lieu de tête et de bouche , forme un tube avancé, presque cylindrique ou en cône tronqué, simple, mais offrant quelquefois des apparences de sutures longitudinales ( Pnoxiome), avec une ouverture triangulaire ou figurée en
trèfle à son extrémité. À sa base supé-
rieure sont adossés , dans plusieurs, deux mandibules et deux palpes, que les auteurs ont pris pour des antennes: on ne voit, dans d’autres , que cette dernière paire d’organes ; il en est enfin qui en sont privés, ainsi que de mandibules. Les mandibules sont avancées, cylindriques, ou presque filformes , simplement prenantes, plus où moins longues , composées de deux articles, dont
€ h #, DES PYCNOGONONS. - 261
le dernier, en forme de main ou de pince, avec deux doigts; le supérieur est mobile, et représente un troisième article; l’inférieur est quelquefois plus court : ces mandibules ont aussi la forme de petits pieds. Les deux palpes, insérés sous l’origine des mandibules, sont filiformes, de cinq articles, avec un crochet au bout du dernier. Chaque segment suivant, à l'exception du dernier, sert d’attache à une paire de pieds ; mais le premier, ou celui avec lequel s'articule la bouche, a sur le dos un tubercule portant de chaque côté deux yeux lisses, et en dessous , dans les femelles seulement, deux autres petits pieds repliés sur eux-mêmes jet por tant les œufs, qui sont rassemblés autour d’eux en une ou deux pélotes, ou bien en manière de verticilles; le dernier segment est petit et percé d’un petit trou-à son extrémité; on ne découvre aucun vestige de stygmates, et peut-être respirent-ils par cette ouverture,
Les pyenogonons se tiennent sur les bords de la mer, parmi les varechs et les conferves, et s'y nourrissent de petits animaux
LA 262 HISTOIRE NATURELLE marins ; quelques uns vivent sur les cétacés. Ils marchent très lentement, ets’accrochent par leurs ongles aux corps qu'ils rencontrent.
Le Pycnogonon des Baleines, Pycnogonum Balænarum.
Il a le corps ovale, l’abdomen dilaté, muriqué, de couleur rouge en dessus; le rostre ou bec, en forme de tube, avancé, droit, obtus à son extrémité, qui a une ouverture arrondie , entière; deux antennules presque de la longueur du tube, à la base duquel elles sont insérées; les pates ont leurs articulations anguleuses.
On le trouve en Norwége, dans l'Océan, sous des pierres.
Le Pycnogonon grossipède, Pyenogonum grossipes.
G. Nymphon. Larr.
Son corps est glabre, long d’un demipouce sur une demi-ligne de large, cylin- “drique, couvert d’une membrane lisse, peu
* 8 DES PYCNOGONONS. 263 dure, et semblable à celle des squilles ; sa couleur est tantôt rougeâtre, tantôt blanchâtre, quelquefois, mais rarement, verdâtre.
Suivant Fabricius , il s’insinue entre les valves des coquilles, des moules, et épuise l'animal à force de le sucer. .
On trouve cet arachnide parmi les ulves, les conferves , et sous les pierres des bords de la mer, en Norwége et dans le Groënland.
Le Pycnogonon velu, Pycnogonum hirtum.
G. Phozichile. Lawr.
Il ressemble au précédent; mais son corps est hérissé de poils et d’aspérités.
On le trouve dans les mêmes lieux.
CCXVI GENRE.
TROMBIDION.
Caractères génériques. Deux antennules filiformes ,
plus longues que la tête, courbées, composées de
… “quatre articles, dont le dernier terminé en pointe
aiguë, inséréessà la partie latérale de la trompe.
— Bouche munie de mandibules , de mächoires et
d'une lèvre inférieure. — Deux yeux. —Abdomen confondu avec le corselet.
Lxs trombidions sont, en général, d'assez petits insectes ; ils ont le corps court, déprimé, soyeux ; la tête petite, point d’antennes , et huit pates : pour la forme du corps, ils ressemblent beaucoup au mites acarus de Linné et de Geoffroy, avec lesquelles ces deux auteurs les ont confondus; mais ils en diffèrent par les parties de la bouche, les mites n'ayant qu’une trompe ou suçoir sans mandibules ni mâchoires. ‘
La tête est très petite, pointue, peu distincte du corselet, et dépourvue d’antennes; les yeux sont petits, arrondis, peu visibles, placés au milieu du front.
DES TROMBIDIONS. 265
La bouche est composée de deux mandi- Pules, de deux mâchoires et d’une lèvre inférieure ; les mandibules sont droites, avancées, comprimées , munies d’un ongle recourbé très aigu; elles sont insérées dans la lèvre inférieure ; les mâchoires sont très courtes, recourbées , rapprochées; la lèvre
est membraneuse, avancée, conique, velue, .
et contient les mandibules.
Les antennules, au nombre de deux, sont. ?
filiformes , plus longues que la tête, composées de quatre articles, dont le dernier est terminé par un crochet, et par un corps ovale mobile, placé en dessous du crochet; elles sontinsérées à la base des mandibules , qu'elles recouvrent.
- Le corselet ne se distingue pas de l’abdomen; celui-ci est très grand, souvent déprimé : on n’y remarque aucun segment.
Les huit pates sont assez longues, divisées en plusieurs articulations ; elles sont attachées par paire au-dessous de l'abdomen; dans quelques espèces, elles sont faites en nageoires.
Les trombidions ont le corps mou; dans
quelques espèces, il a des rides transversales et longitudinales irrégulières ; dans d’autres, il est couvert d’un duvet soyeux très serré, assez long : ce duvet, en forme de poils, fait paroître le corps comme velouté. Chaque brin est d’une grosseur égale dans toute sa longueur, arrondi à son extrémité, et a la figure d’un petit cylindre.
Les pates et les antennules sont couvertes
" “de poils semblables, mais plus courts et en
moindre quantité. Presque tous les trombidions sont aquatiques ; on les trouve dans les eaux dormantes, où ilsnagent avec beaucoup d’agilité, en faisant mouvoir leurs pates; et lorsqu'ils sont au fond de l’eau , ils y marchent très vite. Ils sont ovipares; les femelles déposent leurs œufs sur les gros insectes aquatiques. On trouve souvent sur différentes parties du corps des ditiques, des notonectes et des nèpes, de petits corps en forme de grains ovales , d’un rouge très vif, qui y sont comme implantés ; ce sont les œufs des trombidions, et ils y restent attachés jusqu'à ce que les petits en sortent.
Comme ces œufs sont de différentes gros-
DES TROMBIDIONS. 267 seurs, et qu'ils croissent journellement, il y à apparence que cette augmentation de volume n’a lieu que parun suc nourricier, qui passe du corps de l’insecte dans l’œuf:
aussi voit-on souventles insectes qui en sont chargés, être faibles et languissans; ce qui prouve qu'ils les nourrissent de leur substance. Ces œufs paräissent encore causer une sorte d'inquiétude et desdémangeaisons à ces insectes , si on enljuge pa le mouvemens qu’ils font pour s’en débarrässer, en frottant avec leurs pates les endroits où ils sont attachés, sans potvoir y parvenir.
Quoique les trombidions forment un genre assez nombreux, les lieux qu'ils habitent empêchent les observations qu’on pourrait faire pour savoir la durée de leur vie, l’intervalle que la femelle met entre Paccouplement et la ponte , et le temps que les petits sont à sortir de l'œuf. Quant à leur nourriture, il est présumable qu’elle est analogue à celle d’un grand nombre de mites qui sont carnassières , et qu'ils vivent de différens insectes qu’ils trouvent dans les eaux.
On. ‘connaît environ quarante espèces de cés insectès. 4
Le Trombidion des Teinturiers, 7rom- . bidium T'inctorium.
Il a environ quatre lignes et demie; le corps est ovale, plus gros à sa partie antérieure qu'à sa partie postérieure,, qui est
btuse. Il est d’une belle couleur rouge, a de poils soyeux qui le font PE velorité ; la tête est très petite, et presque entiérement cachée par les antennules,, qui sont longues, recourbées : elles ont, ainsi - que les pates, des poils assez longs, mais en moindre quantité que le corps, et sont de le même couleur.
* Onle trouve en'Afrique’et dans l'Inde.
» Le! Troffbidton satiné, Zrombidium
V » holosericeum.
Il a une ligne et demie dé longueur ; le corps est ovale, un peu allongé, légèrement aplati, mollasse, d’un rouge de carmin , soyeux et comme satiné.
DES DHPRENRIONS 269
On le trouve en Europe, aux environs de Paris, danis les prés et Les gazons un peu secs.
Le Trombidion aquatique, Trombi-
dium aquaticum. *
G. Limnochare. Lan.
Il ressemble au précédent par la grandeur, la forme et les couleurs; on pourrait le prendre pour la mémé espèce, si ce n’est qu'il ne peut vivre hors de l'eau, et que l'autre y périt. : t
On le trouve dans les eaux dormantes#il nage fort vite. EE"
Le Drome étendu, Fin
extendens.
G. Eylais. Larr.
Il est très petit, arrondi, rouge; son corps est convexe, luisant, glabre, sans taches, tant en dessus qu’en dessous; les yeux sont rouges, au nombre de quatre, mais telle-
ment rapprochés, qu'ils ne paraissent dis-
tincts qu'à une certaine position, au moyen
270 HISTOIRE NATURELLE de la loupe. Les palpes sont petits, composés detrois articles. Les pates sont rouges, les deux dernières sont plus longues que les autres, et entiérement glabres; elles restent étendues sans mouvement lorsque l’insecte nage.
On le trouve dans les eaux stagnantes des environs de Paris.
Le Trombidion géographique, Zrombidium geographicum.
# * G. Hydrachne. Lan.
Cette espèce a un.peu plus de trois lignes de long; son corps est légèrement tomenteux, noir, avec quatre taches et quatre points. Les points rouges sont situés sur le dos , entre les taches ,et marqués d’un petit point noir dans leur centre. Les yeux sont rouges, très petits; les palpes sont composés de trois articles, et de la longueur des trois premières pièces des pates; celles-ci sont noires, plus courtes que le corps, velues , et composées de six pièces : quand on touche cette espèce elle feint d’être morte.
DES TROMBIDIONS. 271
On la trouve dans les eaux mn à Le des environs de Paris.
À la suite des hydrachnes de M. Latreille viennent se placer les genres suivans :
G. Cars, Caris.
(Voyez les Caractères, page 198. )
Le Caris de la Chauve-Souris, Caris Vespertilionis.
Il est extrêmement petit, ovale, brun, aplati, et semblable à un exode : on le trouve sur les chauve-souris.
G. Lerre, Leptus.
(Voyez les Caractères, page 199.)
Le Lepte automnal, Leptus autumnalis.
Il est très petit et d’une couleur rouge;
il grimpe, s’insinue dans Ja peau, à la ra— P ;
cine des poils, et cause des démangeaisons
très vives; il est connu vulgairement sous le nom de rouget, par les habitans des campagnes. Dans le département de la Charente- Inférieure, on lui donne le nom de vendan-
geron, parce qu'il est très commun à Fépoque des vendanges, et qu'il cause des démangeaisons très vives à ceux qui vont dans les vignes. On apaise les douleurs causées par cet insecte, en se frottant avec de l’eau mélée d’un peu de vinaigre.
Il est commun dans toute la France:
LE
G. AstoME, Astoma.
(Voyez les Caractères, page 199.) L'Astome parasite, /stoma parasitica.
. Cette espèce est de la grosseur d’une ut de pavot ; son corps est mou, ovoide et d’une belle couleur rouge : il a six pates très courtes. à ”
Elle vit parasite sur plusieurs insectes, et surtout sur les diptères.
G. OcyrèrTe, Ocypetes. »
(Voyez lés Caractères , page x99:)
L'Ocypète rouge, Ocypetes rubra.
Elle est très petite, rouge; son corps est garni de poils cendrés roussâtres ; ceux du
DES TROMBIDIONS. 273 dos sont longs et rares; ceux des pates sont très courts; les yeux sont d’une couleur noirâtres
Cette espèce est très commune sur les diptères de la tribu des tipulaires.
CEXVII GENRE.