‹ Histoire naturelle des insectes, composée d'après Réamur, Geoffroy, Degéer, Roesel, Linné, Fabricius, et les meilleurs ouvrages qui ont paru sur cette partie; rédigée suivant la méthode d'Olivier, et ornée de figures dessinées d'après natureChapitre 6 sur 51 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Sur l'organisation et les habitudes des” Jai sectes en général , ou des Arachnidés myriapodes et Insectes proprement dits:

Le corps des-petits animaux qui composent cette classe nombreuse, est partagé par plusieurs divisions ou sections. Cette structure remarquable leur a fait donner le nom d7sectes. “A Ce qui distingue principalement les insectes de tous les autres animaux, c’est d’avoir le corps enveloppé dans une peau dure écailleuse qui fait l'office de squelette, d’avoir des membres nombreux composés ide plusieurs articulations très sensibles ; des appendices mobiles et articulés à la tête, + ; que l'on nomme antennes. r Les insectes diffèrent encore dés autres animaux pær une tête presque toujours distincte et articulée, par des yeux immobiles, 1: 4

Ts

mais taillés à facettes, par l'absence des cavités nasales et du trou auditif, par la forme de leur bouche, dont les mâchoires se meuvent latéralement lorsqu'elles existent. Ils respirent par des ouvertures nommées s#gmates ; $ , Sont souvent munis d’ailes qui existent indépendamment des autres membres, n'ont point de sang rouge, sont ovipares ou oyo-vivipares, et n’ont point une température plus élevée que celle du milieu dans lequel ils vivent.

Telles sont les principales notes caractéristiques des insectes : l'examen des différentes parties qui composent leur corps extérieurement, des organes qui servent à leurs fonctions vitales et animales, celui de leurs habitudes en général, les fera connaître plus complétement et plus exactement.

La première chose que nous remarquons sur un insecte, ce sont ses parties externes, c’est-à-dire celles qui peuvent être observées sans aucune division anatomique.

Le corps de presque tous les insectes est partagé supérieurement en trois parlies ou sections principales, l’antérieure se nomme

la tête, la moyenne, corselet ou thorax , et la postérieure , qui est ordinairement la plus grande et divisée en plusieurs anneaux , porte le nom de ventre ou d’abdomen : en dessous, on remarque une quatrième’ partie , qui est la poitrine ; c’est une pièce écailleuse et large qui est à la partie antérieure de l'abdomen; elle porte souvent une saillie qui se termine -en devant par une pointe mousse que l’on nomme séerrum.

Le corps des insectes offre dans sa forme des différences plus grandes qu'aucune de celles que l’on remarque dans les animaux qui composent les classes supérieures ; tan tôt il est linéaire, c’est-à-dire beaucoup plus " long que large, et souvent alors aplati ; c’est la forme qui appartient à la plupartdes insectes qui vivent sous les écorces; quelquefois, au contraire, il est ovale, convexe en dessus, plat en dessous; cette forme se retrouve dans toutes sortes d'insectes, tandis que la cylindrique paraît plus particulière à ceux qui percent le bois et vivent dans son intérieur.

Les sections ou coupures qui partagent

leur corps sont beaucoup plus sensibles

dans les insectes à ailes membraneuses et

transparentes que dans les autres. C’est aussi parmi ces insectes plus légers au vol, et

plus à portée d'échapper à leurs ennemis s

que se trouvent les espèces dont le corps est

plus mou et plus délicat. 4 Beaucoup d'insectes ont le corps hérissé

de poils, d’épines, ou couvert d’un duvet

épais et doux, ou d’écailles brillantes; ce sont des armes défensives ou de simples ornemens que la nature leur a départis avec une profusion et une variété qui comman- $ dent l’étonnement ; c’est d’ailleurs un sentiment dont on ne peut se défendre toutes les fois qu'on étudie avec quelque attention ces, singuliers animaux, que le vulgaire méprise par préjugé et par ignorance, mais dont l'étude fait presque toujours les dé-

. lices de l’homme sensé qui veut les observer avec quelque assiduité.

s La tête, située à la partie antérieure du corps , renferme dans les insectes, comme dans les animaux des classes supérieures , les organes des sens et ceux au moyen des-

ut Lt ébbét

quels ces petits animaux prennent leur nour--:

riture. Cette partie présente seuledes formes tellement variées et si différentes Vune de l’autre, qu'il n’est pas possible d’en donner une description générale. Elle est souvent réunie au corselet d’une manière assez intime, pour que le rétrécissement qu’on nomme col ne soit pas sensible 3 mais elle n’en est pas moins susceptible d'exécuter sur cette partie des mouvemens assez variés.

Dans d’autres insectes, tels que les mites, les araignées, les faucheurs, elle est continue avec le corselet, et ne peut plus se mouvoir séparément.

On voit sur cette partie, dans le plus grand nombre des insectes, deux appendices mobiles, composés d’un assez grand nombre de petits articles, souvent allongés en forme de fil. Ces appendices sont ordinairement placés sur les côtés de la tête vers sa partie antérieure et auprès des yeux: on lesa nom-

més antennes. Ils varient encore plus queles »

autres parties du corps des insectes par leurs formes et leur longueur. Peu d'insectes en sont privés. De ce nombre sont cependant

les araignées, les mites, et quelques autres insectes de l’ordre des aptères. Ces parties sont souvent en mouvement; surtout lorsque les insectes veulent marcher. Ils ont l'air quelquefois de s’en servir comme pour sonder le terrain. Cependant on ignore encore le véritable usage d’un organe si généralement répandu dans la classe des insectes, et dont la présence habituelle ; la constance de forme dans les divers genres, prouve certainement qu'il est d’un usage de quelque importance pour ces animaux.

Auprès des antennes se trouvent les yeux.

Ces organes n’ont souvent aucune ressemblance extérieure avec les yeux des animaux vertébrés, et il a fallu des expériences pour s'assurer de leur véritable usage. On peut distinguer deux sortes d’yeux dans les insectes : ils sont presque toujours immobiles et peu saillans. Les uns se présentent sous la forme de petits points ronds , brillans, placés diversementsur la tête : leur nombre varie de deux à huit. C’est surtout dans les araignées qu’on voit facilement ces huit petits yeux que l’on nomme yeux lisses.

Tous les insectes n’ont point cette sorte d’yeux, et ceux connus sous le nom de coléoptères en sont constamment privés; mais les mouches, les abeilles, les libellules les possèdent.

La seconde sorte d’yeux qu’on connaît aux insectes a l’aspect de deux segmens de sphère taillés à facettes comme ces miroirs multiplians. Examinés avec une forte loupe, on voit que chacune de ces facettes est une petite cornée transparente, c’est-à-dire la partie extérieure convexe et transparente d’un œil particulier : ces cornées sont extrémement multipliées dans certains insectes, et surtout dans ceux qui volent avec rapidité.

Ces deux sortes d’yeux sont réunis dans beaucoup d'insectes, dans les libellules, les punaises, les abeilles : les uns et les autres sont, comme nous l'avons dit, immobiles , privés de cils et de paupières, mais ils n’en sont pas moins délicats; la justesse du vol et des mouvemens de ceux des insectes qui les ont très développés, le prouve suffisamment.

Parmi les véritables insectes , un seul

genre, les trombidies, semble avoir deux yeux seulement, portés sur un long pédoncule qui peut leur permettre un léger mouvement. >

Les autres parties que l’on doit remarquer dans la tête, c’est la bouche, ou les organes de la manducation; ils sont presque toujours placés à l’extrémité antérieure de la tête; mais dans quelques insectes de l’ordre des hémiptères, tels que les cigales, les psylles , les chermès, ils paraissent partir de la poitrine.

Ces organes sont ordinairement assez saillans ; ils sont même quelquefois portés sur un long bec , comme dans les charancçons, les panorpes.

Ils diffèrent considérablement dans les différens insectes; en sorte qu'il n’est pas possible d'en donner une description générale. Il est méme nécessaire d'établir une première division entre tous les insectes , afin de décrire séparément des structures de bouche qui n’ont entre elles aucune analogie.

Parmi les insectes , les uns saisissent leurs”

Page 1