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Ce n’est point un seul homme; ce n’est pas un seul siècle qui nous a fait connaître tout ce que nous venons de rapporter sur l’organisation et les habitudes des insectes.
Beaucoup de savans, un plus grand nombre encore d'amateurs ont étudié avec zèle, et quelquefois avec succès, cette aimable partie de l'histoire naturelle. La. plupart ont ajouté plus où moins à ce qu'on savait déjà, et ce que nous venons d'exposer est le sommaire des connaissances aetuelles sur les insectes. Avant de passer à l'étude particulière de ées petits animaux, il paraît convenable de dire quelques mots des
sd à : US 4 V3 } ” 107, Æ “ : …# < ns » D'ENTOMOLOGIE. 89 te 7
hommes auxquels nous devons les connais= sances agréables et quelquefois utiles que nous allons acquérir. C’est un juste hom-s mage que nous leur rendrons; et si les faits que nous allons rapporter doivent exciter notre intérêt, Àl doit aussi se porter sur ceux qui les ont découverts. D'ailleurs, comme nous ne devons donner dans cet ouvrage.que ce qui est fait, sans y rien ajouter de nous-même, comme nous devons adopter sans changemens une méthode connue; il est bon de passer en revue les principales méthodes proposées, pour qu’on puisse juger les raisons qui nous font adopter celle que nous avons préférée.
Les auteurs qui ont écrit sur les insectes ; ne doivent être comptés que depuis Gesner.
Aristote, Pline, Dioscoride, ont dit sur ces animaux des choses trop vagues, pour que leurs ouvrages puissent être d’une grande utilité Nous ne parlerons done que des auteurs qui ont vécu après Geésner ; nous ne suivrons pas tout-à-fait l’ordre chronologique; nous réserverons pour la fin les auteurssystématiques, ceux qui ont proposé
différentes méthodes de ranger les insectes, . afin de pouvoir comparer plus facilement ces méthodes entre elles.
Aldrovande , en 1602 a traitéles insectes comme toutes les autres branches de l’histoire naturelle, c’est-à-dire qu'il a rassemblé sur ces animaux une multitude de faits de tous genres, extraits des auteurs qui l’avaient précédé. I a fait sept livres sur les animaux
- qu'il à appelés insectes; il n’y en a réellement que cinq et demi qui traitent des véritables insectes; les animaux décrits dans le sixième et une partie du septième, sont des vers.
Le premier livre traite des abeilles; le second, des insectes à quatre ailes sans élytres; le troisième, des insectes à deux ailes sans élytres : il est question dans le quatrième, des insectes à élytres, ét dans le cinquième ; de ceux qui n’ont ni ailes ni élytres; enfin, une partie du septième renferme l’histoire des insectes aquatiques.
En 1634, Mouffet publia à Londres un ouvrage latin intitulé :
Théâtre des insectes ou des plus. petits
- D’ENTOMOLOGIE. 97 des animaux, autrefois ébauché par Gesner, Votton, Penn, mais enfin au gmenté , élagué
et rendu parfait par les soins de Thomas Mouffet, orné de 500 planches faites d'après
nature.
IL eût été funeste pour la science que le point où Mouffet l’a laissée fût réellement celui de sa perfection : on ne trouve guère plus d’ordre ni de-critique dans cet ouvrage que dans celui d’Aldroyande : c’est aussi une compilation sans discernement; et les planches, quoique faites d’après nature ,
sont presque inutiles, tant elles sont mau-
vaises.
Jonston, qui publia sa grande compilation d’ Hiéboine naturelle-en 1653, est dans
le même cas que Mouffet : ainsi nous n’en
parlerons pas.
Rhedi a été un de ceux qui ont les premiers écrit sur les insectes après les avoir observés lui-même. Il fit paraître, en 1671, un petit ouvrage dans lequel il cherchait à détruire une grande erreur de ce temps-là. Il prouvait, par des expériences, que les insectes ne sont pas produits par la putréfac-
d , #0 pd n Li dieu
tion, comme on le croyait alors; mais qu'ils venaient d'œufs pondus sur les chairs putréfiées.
» Swammerdam, différant totalement des compilateurs qui ont précédé Rhedi, nous a fait connaître beaucoup de choses importantes sur les métamorphoses et l'anatomie dés insectes. Cet observateur infatigable a rendu le plus grand service à la science.
Aussi tous les savans ont-ils pour lui la vénération qu'il mérite. L'édition même de son ouvrage prouve le cas que faisaient de ses travaux les plus grands hommes de son
» temps. Ce fut Boerhaave, le fameux Boer-
haave, qui rassembla les manuscrits et les figures de Swammerdam, après la mort de cét illustre naturaliste. Il les réunit en un corps d'ouvrage, tandis que Gaubius, autre savant du premier ordre, traduisait en latin l'ouvrage qui était en hollandais.
Cet ouvrage forme deux volumes in-folio, écrits à deux colônnes, l’une latine, l’autre aise Il est intitulé : Ziblia naturæ , et fut imprimé à Amsterdam en 1737. Il est orné de figures en taille-douce assez bien
faites. Swammerdam a suivi principalement la métamorphose des cheïilles en papillons.
Il a prouvé que ce changement n ’était point une véritable métamorphose, mais un déve=
loppement du papillon renfermé d’abord
sous Ja peau de la chenille, ensuite sous celle de la chrysalide. Il divise ces changemens où métamorphoses en quatre ordres,
d’après l'état de perfection-de l'insecté au »
sortir de l'œuf. Il fait, avec beaucoup de détail, l'anatomie et l’histoire naturelle des insectes qu'il choisit pour exemple de ces quatre ordres de changemens. Ce sont, pour.
le premier ordre, le pou, le monocle et le scor pion. Ces insectes ont, en sortant de
l'œuf, la forme qu'ils doivent conserver toute leur vie. Les exemples du second …
ordre, qui renferme les insectes qui sortent de l’œuf pourvus de-six pates, mais dénués des ailes qu’ils doiventacquérir par la suite, sont la libellule, l’éphémère, dont l'histoire est faite avec beaucoup de soin, et le sco
pion-aquatique (xepa cinerea). Le troisième ordre renferme des insectes dont la larve est entièrement différente de l’insecte parfait :
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elle se change en chrysalide avant d’acqué- : rir toutes ses parties. Cet ordre est divisé en deux sections. Les exemples pris pour la première sont, la fourmi, le scarabée nasicorne, le cousin, l’abeïlle. Ceux de la seconde section sont les papillons diurnes et nocturnes, La métamorphose, dans ces insectes, ne diffère de celle des insectes de la première section, qu'en ce que la peau qui recouvre la chrysalide ne laisse apercevoir que faiblement les membres de l’insecte parfait. Enfin, dans le quatrième ordre, la larve passe à l’état de chrysalide sans se dépouiller de sa peau, qui se raccornit et devient dure. Les exemples de ce quatrième ordresont, le stratyomis ou mouche armée, et une mouche dont la larve vit dans le fromage.
Mademoiselle Mairian publia, en 1718 et 1780, un ouvrage sur les insectes d'Europe.
Elle a décrit les larves et leur manière de vivre, leur métamorphose en chrysalides et en insectes parfaits : elle y a ajouté des figures assez bonnes; mais les descriptions sont trop abrégées. Elle publia quelque
7 "s PT VTT 7:
D'ENTOMOLOGIK. 95 temps après un ouvrage semblable sur les insectes de Surinam, avec d'assez belles figures. Comme elle n’a décrit et figuré que
ceux qu’elle a élevés, les espèces sont peu
nombreuses; ses descriptions sont encore trop courtes, et elle ne s'étend point assez sur les habitudes des insectes.
Pierre Lyonnet, qui vint peu après Swammerdam , publia en 1760 un volume in-4° sur l’enfance d’un seul insecte. Son ouvrage, intitulé : Traité anatomique de la chenille du saule, est un chef-d'œuvre en tout genre. L’anatomie de cette larve, qui est celle du bombyæ cossus L., est traitée avec les détails les plus minutieux : il a adopté la méthode que l'on suit ordinaire ment dans l'anatomie humaine. Les planches, au nombre de dix-huit, ont été dessinées et gravées par Lyonnet. C’est un exemple à offrir aux naturalistes, de l'avan-
tage qu'ils trouveront À faire euKemémes ge q
leurs dessins. Les gravures de Lyonnet sont
très bien faites, et peu de graveurs seraient capables d’une netteté, d’une patience et d’une exactitude aussi grandes. On a repro-
06”. PRINCIPALES MÉTHOLES ché à cet auteur des AA tions anatomiques trop détaillées. Ce reproche n’est pas fondé, et ne peut avoir été fait que par des personnes qui ont aperçu le volume du livre sans le lire. Elles y auraient trouvé des descriptions bien faites, sans être longues ; beaucoup de faits, et point de phrases. Lyonnet doit être en tout; même ‘en morale, le modèle du naturaliste. Loin dé” détruire des êtres pour le seul-plaisir de détruire, il a sacrifié à son travail le moins de chenilles qu'il a pu : philosophe et humain dans tout ce qu'il faisait, il employait les moyens les moins douloureux pour ôter la vie aux insectes qu’il disséquait.
Goedart a donné, en 1785, un ouvrage sur les insectes d'Europe, à peu près semblable à celui de mademoisélle Mairian ; mais les descriptions sont nulles , les figures mauvaises, et il s’y rencontre des erreurs assez grâves. Par exemple, il attribue l’origine des pucerons à une liqueur répandue par les fourmis sur les feuilles, et vivifice par le soleil.
Les observations de Leuvenhoeck sur les
D'ENTOMOLOGIE. 97 insectes , se ie ordre, présentent cependant des faits d'anatomie et d'histoire naturelle assez intéressans. Il s’est particulièrement appliqué à l’examentdes animaux microscopiques, dont le plus grand nombre paraît appartenir plutôt à la classe des vers qu’à celle des insectes.
On doit à Vallisnieri, quiécrivaiten 1700, d'avoir combattu avec opiniâtreté des. erreurs consacrées par les anciens, et encôre accréditées de son temps. Il a enrichi l’histoire des insectes d’un très grand nombre de faits nouveaux sur leur manière de vivre.
La partie de son ouvrage qui traite des insectes, forme trois volumes in-folio, ornésde gravures.
Rai, de la Société royale de Londres, est un des premiers auteurs qui aient rangé , suivant un ordre méthodique, les insectes dont ils ont parlé. Quoique pouvant être placé, par cetteraison, parmi les méthodistes, nous en parlerons ici , parce que sa méthode est tellement imparfaite, qu'il est impossible d’en faire usage. Il a confondu les vers et les insectes, et a divisé ces animaux en
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insectes qui ne subissent aucune métamorphose, et insectes qui changent de forme.
Lister, qui a ajouté un appendice à l’ouvrage de Rai, a indiqué pareillement une méthode qui diffère peu de celle de Raï, et qui ne vaut pas mieux qu'elle. Il range aussi les vers parmi lesinsectes, etprend, comme Rai, des caractères dans leur manière de vivre, en sorte qu'en adoptant une semblable méthode de détermination , on serait obligé d’élever un insecte depuis sa sortie de l'œuf jusqu’à sa mort, pour pouvoir le reconnaître. De tels caractères ne peuvent être employés que dans les méthodes naturelles.
Nous ne parlerons ni de Derham, ni d’Éléazar Albin, ni de Valentin, ni de Catesby. Nous nous hâterons d'arriver à Réaumur , un de ceux qui, par la multitude de leurs observations, ont le plus avancé l'histoire des insectes.
C’est sous le titre de Mémoires que Réaumur à publié ses Observations. Ces Mémoires forment six volumes in-4°. Il a cherché à ranger les insectes suivant un ordre
D'ENTOMOLOGIE. 99 méthodique; mais il n’a pas été heureux dans ce travail , aussi nous ne nous y arréterons pas. Nous dirons seulement qu'il a rangé les tétraptères à ailes farineuses ; d’après le nombre des pates de leur larve.
Il a principalement obsérvé la manière de vivre des insectes. C’est lui qui a commencé à donner en France le goût de l’histoire naturelle et de l'observation. Il est malheureux qu'il soit souvent trop verbeux.
Ce défaut ôte beaucoup de l'intérêt qu'il savait inspirer pour les objets dont il traitait.
Les naturalistes savent aussi , qu’entraîné quelquefois par son imagination , il voyait.
les choses plus belles, plus étonnantes qu’elles n'étaient réellement ; mais si c’est un défaut pour les observateurs exacts et de sangfroïd , ce défaut a été utile à l'Histoire Naturelle dans le temps où vivait Réaumur; il a servi à donner l’amour de cette science à des hommes qui pouvaient lui-être utiles, et qui ne trouvent d’intéressant que ce qui est très étonnant,
Au reste, son imagination à pu lui faire
embellir les objets; mais elle ne l’a jamais maîtrisé au point de lui faire altérer la vévité. Il n’y a pas d’observateur plus patient, plus ingénieux, et en méme temps plus serupuleux-que Réaumur; c'est une source aussi féconde qu'agréable, dans laquelle nous puiserons une grande partie des choses que nous dirons.
Roœsel'a donné, en 1744, un ouvrage en allemand , sur les insectes, avec des plan- | ches énluminées, faites avec le plus grand soin. Il renferme l’histoire des habitudes et des métamorphoses d’un grand nombre d’insectes d'Europe et de quelques étrangers.
* Sans avoir la grâce du style de Réaumur, il
en à toutes les longueurs; on ne peut trouver un ouvrage plus mal écrit et plus désagréable à lire.
De Geer , qu’on peut, à juste titre, appeder le Réaumur suédois, a fait un ouvrage immense sur les insectes; il est à peu près dans le même genre que celui de Réaumur ; mais il est moins diffus; les insectes sont décrits avec beaucoup plus de soin, et rangés suivant un ordre plus méthodique ; c’est
D'ENTOMOLOGIE. 107 un des ouvrages qui ontle plus contribué à l’avancement de la science , et à augmenter le goût pour l’entomologie. Il a donné une phrase descriptive et un nom trivial de chaque espèce, en y ajoutant de la synonymie. Les dessins sur lesquels les planches ont été gravées avaient été faits par lui.
Quoique cet ouvrage renferme une méthode, nous ne le renvoyons pas au rang des méthodistes, parce qu’elle est trop peu suivie. Nous devons dire cependant que beaucoup de genres sont bien faits, et que les caractères nous serviront quelquefois.
Cet ouvrage forme huit gros volumes in-4°, dont le dernier est posthume.
M. Clerk a fait deux ouvrages sur les insectes : un dans lequel il donne la figure de différens insectes , un autre sur les araignées en particulier. Il les a rangées suivant un ordre particulier ; mais les figures en sont souvent si peu nettes, qu'il est difficile de s’en servir pour déterminer les es= pèces peu connues de ces insectes. Il est d'ailleurs rare et cher. Les caractères qu'il
emploie dans sa classification des araignées , \
sont tous pris dans leur manière de vivre, dans leur méthode d’attraper leur proie, dans la forme qu’elles donnent à leurs filets; en sorte que nous rencontrons ici la même difficulté que nous avons fait remarquer plus haut: il faut étudier un insecte pendant toute sa vie, pour pouvoir le reconnaître dans un livre. Il a suivi, dans la deseription des autresinsectes, l’ordre de Linnéus.
Nous passons rapidement sur une multitude d’auteurs qui n’ont donné que des figüres d'insectes plus ou moins bien faites; nous nous contenterons de nommer :
Schœæffer, Zcones ; les figures sont mauvaises, et arrangées sans ordre. Elles ne représentent que les insectes des environs de Ratisbonne.
Pallas, dont l’ouvrage'a paru par fascicules ; il renferme des figures quelquefois assez bonnes, et des descriptions toujours bien faites des insectes de Russie.
Drury, qui a donné, sans aucun ordre, les nombreux et brillans insectes de son cabinet ; ses figures sont bonnes.
Sepp. 11 a décrit avec soin la métamor-
D'ENTOMOLOCIE. 103
phose de plusieurs papillons et phalèries. Il a donné des figures enluminées et excellentes, et telles qu'il y en a peu de semblables en histoire naturelle. Les œufs, les chenilles dans leurs différens états, et ‘dans leurs attitudes habituelles; les chrysalides et les insectes parfaits, avec la plante dont ils se nourrissent, y sont représentés avec la plus grande vérité: Cet ouvrage est précieux à cause de la fidélité et de la beauté de ses planches. On doit regretter que l’auteur ne se soit presque occupé que d'insectes déjà très connus.
Cramer a donné de nombreuses figures et des descriptions d’une grande quantité. ” de papillons exotiques, et Ernst à fait, sur les papillons d'Europe, un ouvrage semblable, dans lequel il à entassé un trop grand nombre dé variétés.
Fueslin et Herbst ont donné une description et des figures fort exactes des insectes de la Suisse, et des plus rares insectes étrangers. On doit surtout à Fuéslin la détermination précise d’un grand nombre d'insectes qui appartiennent à des genres
dont les espèces ne sont pas caractérisées, tels que les genres escarbots, sphéridies, etc.
M. Harris a publié, en 1778, deux ouvrages sur l'Histoire Naturelle des Insectes. Les planches sont fort bien faites; mais il y a peu de choses neuves. On y remarque une expérience assez singulière. Il a prétendu que les yeux à réseau ne servaient point aux mouches d’organe de la vue. Il dit les avoir bouchés avec de la céruse, sans que les mouches parussent aveuglées ; elles volaient toujours vers la lumière; tandis qu’en faisant la même opération sur
” les petits yeux lisses qui se trouvent au-des-
sus de la tête de quelques genres, elles pa-
- raissaient avoir perdu la vue, volant irrégulièrement dans la chambre, se frappant contre tous les corps. Cette expérience, contraire à tout ce que l’on a dit et vu jusqu'ici, mériterait certainement d'être répétée.
Nousterminerons cette liste bien incomplète des historiens et des figuristes en entomologie, en parlant de l'ouvrage de M. Stohl, sur les punaises et sur les ci-
“ ” ed
D'ÉNTOMOLOGIE. 105
gales, et de celui de M. Smeathman sur les termès.
Le premier, auteur hollandais, a commencé, en 1780, la publication d’un ouvrage particulier sur les punaises et les cigales. Il l’a fait paraître par fascicules. Les planches sont bien faites, et les descriptions concises et claires. L’Entomologie doit à M. Stohl d’avoir jeté un grand jour sur l’ordre nombreux, obseur et peu connu des hémiptères. &
M.Smeathman, anglais, a donné, en 1787, un ouvrage particulier sur les termès, ou fourmis blanches, résultat des observations qu'il avait faites dans un voyage sur la côte FE | de Guinée. Il instruit de tout ce qui est re-. latif à la naissance , à l’accouplement, aux combats, à l’industrie et aux dégâts de ces animaux singuliers; mais ses observations ne sont pas rédigées avec beaucoup d’ordre , et elles sont quelquefois si singulières, qu'elles méritent confirmation: L'ouvrage a été traduit en français par M: Rigaud.
Passons maintenant aux méthodistes. Nous ne les rangerons pas suivant un ordre chro-
106 PRINCIPALES MÉTHODES nologique, mais d’après l'usage plus où moins considérable que nous ferons de leurs travaux. Les principaux et les plus connus sont : Scopoli, Schæœffer , Linné, Geoffroy, Fabricius , Olivier.
Scopoli est l’auteur de deux ouvrages sur l’Histoire Naturelle. L'un, intitulé: Zntomologia Carniolica, est lénumération et la description des insectes de la Carniole , d’après la méthode de Linné. L'autre, publié en 1778, est intitulé : Zntroduction à l'Histoire Naturelle. V’auteur cherche à classer les productions de la nature : il divise les insectes en cinq tribus ; il donne à chacune d’elles un nom particulier, et ce nom est celui de quelque célèbre naturaliste.
La première tribu des insectes est dédiée à Swammerdam, et est intitulée :
Lucifuga Swammerdami.
Elle renferme les crustacées.
La seconde tribu est nommée :
Gymnoptera Geoffroi.
Elle comprend les insectes à ailes membraneuses.
D'ENTOMOLOGIF. 10% La troisième est appelée :
Lepidoptera Ræselir.
Elle renferme les papillons.
La quatrième, qui renferme les hémiptères, ou insectes À trompe, est nommée :
Proboscideæ Reaumurii.
Enfin, la cinquième renferme les coléotères , et est appelée.
Coleoptera Fabricir.
Le peu que nous venons de dire sur cette méthode suffit; on voit qu’elle ne présente que des changemens de noms sans aucun avantage.
Celle de Schæffer est fondée sur les ailes et sur le nombre des pièces des tarses. Il n’a donné qu’un exemple de chaque genre, avec des caractères extérieurs, représentés par une planche. Les planches sont rangées dans le corps de l'ouvrage sans aucun ordre.
Elles sont mauvaises ; le dessin et les couleurs des insectes sont souvent faux , et nous ne savons à quoi attribuer l'espèce de répu tation qu'a l'ouvrage de Schæffer.
108 PRINGIPALES MÉTHODES Il divise les insectes en sept classes , auxquelles il a donné des noms pris de leurs caractères. d 1'e Classe. Coléoptéres-Macroptéres.
Les aïlés supérieures plus longues que la moitié du ventre.
2° Classe. Coléoptères-Microptères.
Les ailes supérieures sont plus courtes que la moitié du ventre. 3° Classe. Hémipteres, Les ailes supérieures sont membraneuses à leur extrémité.
4° Classe. Hyméno-Lépidoptéres.
Quatre ailes membraneuses recouvertes d’une poussière écailleuse ou farineuse.
5e Classe. Grmnoptéres.
Quatre ailes nues.
6° Classe, Diptéres.
Deux ailes.
7° Classe. Aptéres.
Point d'ailes.
Les ordres sont formés d’après le nombre des articles des tarses, depuis va] jusqu'à un. :
Linnéus, dans son Systema Naturæ, a divisé *n sept ordres la classe des insectes.
Les caractères des ordres sont pris dans les ailes.
1 Ordre. Coléoptéres.
Quatre ailes, supérieures crustacées.
2° Ordre. Hémiptéres.
Quatre ailes, supérieures demi-crustacées.
3° Ordre. Zépidoptéres.
Quatre ailes recouvertes d'écailles.
4 Ordre. Névroptères.
Quatre ailes membraneuses ; anus sans niguillon.
5° Ordre. Hyménoptéres.
Quatre ailes membraneuses ; anus avec un aiguillon.
6° Ordre. Diptères, Deux ailes. 7° Ordre. Aptéres, Point d’ailés.
Lt titi & ne dt nr À à.
Les caractères des divisions des ordres sont pris dans la forme des antennes, dans celle de la bouche quelquefois, et dans le nombre des pieds.
La méthode de Linnéus est certainement fort bonne; mais plusieurs raisons nous empêchent de la suivre.
1°. Les espèces décrites dans la deuxième édition sont en trop petit nombre.
2°, Quelques genres sont très mauvais, et renferment des insectes qui ne se ressemblent en aucune manière. Gmelin, dans la treizième édition, a cherché à remédier à ces deux défauts; mais il en a ajouté de nouveaux.
IL a décrit un bien plus grand nombre d'espèces; mais les ayant prises sans discernement dans une multitude d'ouvrages, le sien est rempli de doubles emplois. Au reste, c’est un reproche que les Naturalistes font à toutes les parties de cette compilation, et qu’on ne peut trop répéter, afin d’épouvanter, s’il est possible , les gens qui font de l'histoire naturelle à la feuille, et d’encou- | rager ceux qui, moins empressés d’impri-
DT 7. — sms à De éd DL. LS t Tr
mer, méditent plus long-temps leur ouvrage, et cherchent à le rendre æussi parfait qu’il est possible. Mais en entomologie, Gmelin a fait plus que des doubles emplois ; il a cherché à corriger les genres de Linnéus.
Pour y parvenir, il a voulu en ajouter de nouveaux , et diviser ceux qui étaient trop nombreux en espèces. Il a employé pour cela les caractères de Fabricius. Alors il introduit dans sa méthode une marche incohérente; et sans parer entièrement aux inconvéniens de la méthode de Linnéus, il y a ajouté ceux de la méthode de Fabricius.
Geoffroy publia en 1764 deux volumes in-4° sur les insectes des environs de Paris. Il les a rangés suivant une nouvelle méthode : un des caractères les plus heureux de cette méthode lui est entièrement dù. Il décrit dans cet ouvrage la manière de vivre de chaque insecte, la plante sur laquelle on le trouve, ses métamorphoses, etc. L'histoire des habitudes des insectes est courte, mais elle dit tout ce qu'il est nécessaire de savoir, et cela suffit. La plupart de ses genres sout très bien faits, fondés sur des carac-
tères faciles à saisir. Il a donné une bonne figure de chaque genre. Cependant, nousne pouvons encore suivre cet ouvrage: nous en dirons les raisons. Faisons connaître auparavant les bases de sa méthode.
1"° Section, Coléoptéres. Ailes recouvertes d’étuis ou de fourreaux ; bouche armée de mâchoires dures.
2° Section. Hémiptcres.
Ailes supérieures presque semblables a des étuis ; bouche armée d’une trompe aiguë , repliée en dessous le long du corps.
3° Section. Tétraptéres à ailes farineuses.
Quatre ailes chargées de poussière écailleuse,
4° Section. Tétraptères à ailes nues.
Quatre ailes membraneusesnues sans poussière.
5e Section. Diptéres.
Deux ailes; un petit balancier sous l’origine de chaque aile.
6° Section. A4ptéres.
Corps sans ailes.
D'ENTOMOLOGIE, * 113 Il a pris pour caractère de ses subdivisions, le nombre des articles des tarses; quoique nous ayons déjà parlé de cet excellent caractère, c’est à lui qu’en est due la découverte ; car Schæffer, qui s’en est aussi servi, est postérieur à Geoffroy.
L'ouvrage de Geoffroy est généralement estimé de tous les entomologistes, et tous conviennent que sa méthode exigerait fort
peu de correction pour être la meilleure ”
mais elle a le grand inconvénient de n'être applicable qu'aux seuls insectes des environs deParis, etencore en a-t-on découvert beæucoup depuis la publication de son ouvrage.
On peut encore reprocher à Geoffroy d’avoir quelquefois donné des descriptions trop courtes de quelques insectes; en sorte qu'il n’est pas possible de les reconnaître ; il a aussi négligé de donner des noms spécifiques. |
Nous voilà enfin arrivés à Fabricius. Cet entomologiste célèbre a fondé sa méthode sur des bases entièrement différentes de celles adoptées par ses prédécesseurs. Ce n’est point
une méthode qu'il a faite, c’est ce que l’on