‹ Histoire naturelle des insectes, composée dáprès Réaumur, Georffroy, Degéer, Roesel, Linnée, FabriciusChapitre 13 sur 66 · XVI P GENRE · texte numérisé non relu

XVI P GENRE

HÉMÉROBE.

CaracUrts génériques. Antennes sétacées, use» longoes; ardcles très nombreox et pea distincts. — Quatre antennoles inégales» fiUfonMs; les antérieares composées de qoatre artîdes, les postérieores de trois. — Abdomen simple. — Point de petits yeox lisses.

Les hémérobes ont quelqne rapport ayec les mynnéléoiis et les friganes ; ib diffèrenl des premiers par la longueur de leurs antennes; des seconds y par les ailes.

Les hémérobes ont la tète large , les yeux sailUns.

Les ailes longues , réticulées.

Les pâtes de moyenne longueur.

Le nom d'hémérobe a été donné à ces iasectcs , parce qu'ils vivent au plus deux ou trois jours sous la forme d'insecte parfiut

Ce sont de fort jolis insectes dont les ailes

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sont trfa ^andes pu- report A la longueur de leur abdomen : dtas l'état de repos, ils te* portent en toit élevé au-deasos de leur dvps ; ces ailes sont délicates et minces : il n'eat point de gaie qui ait nue iransptrenoB parrille k la lenr; an aperroît an travers le corps de l'insecte au-dessus duquel elles sont élevées. Lenr corps est d'nn vert tendre éclatant; quelquefois il paraît avoir une reiute d'or. Leur corselet est de même couleur; mais ce que ces insecret ont de plus brillant, oe sont les yeux; ils sont gros < saillans, couleur de bronie rouge; le métal le pins poli n'approche pas de leurédat.

On trouve irès fréquemment ces insectes dans les jardins, oâ leurs femelles cherchent à déposer leun ceufs, qui sont fortangnliers. On voit souvent sur les feuilles de difTérens arbrisseaux de petites tiges de la grossenr d'un cheveu, longue» d'environ un ponce , de couleur blanche , eu nombre de dix on douae , posées les uttes i cAté des antres , quelquefois attadiéeS au-dessoas de la fitruille , quri<(urfais en demu. Ces petites liges sont rarement droites, elles ont nn

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peu de courbure, l'extrénailé de chacune est terminée par une espèce de petite boule allongée , qui est l'auf de rhémérobe.

Quelques naturalistes ont pris ces ctnb pour des plantes parasites, ou pour des fleurs, avant que le célèbre Réaumur les eAl reconnus pour ce qu'ils sont. LA larves en sortent en perçant la coque, et descendent sur les feuilles peuplées de pucerons. Dès que Réaumur se fut convaincu que ces prétendues plantes étaient des ceu&, il lui restait à savoir comment la femelle s'y prend pour les attacher. N'ayant pu la prendre sur le fait , il a imaginé un mécanisme asMS simple , au moyen duquel il l'explique. H ■appose que l'œuf est enveloppé par un de ses bouts d'une matière visqueuse propre k être filée , et que c'est ce bout qni sort le premier; que la femelle l'applique sur la feuille , où une portion de cette matière s'attache ; qu'elle éloigne ensuite son derrière de l'endroit contre lequel elle l'avait appliqué, et qu'alors la petite goutte de nutière attachée par un bout à la feuille , et par l'autre i l'œuf, que la femdie retkni à son

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derrière, se tire en un filet qui bientôt se sèche et prend la conûstance d'un gros brin de soie. Lorsque la femelle éloigne encore son derrière , et qu'elle cesse de comprimer ion anns , le fil lui-même , qui a pris de la consistance , retire du derrière de l'héfflérobe l'ceuf auquel il est collé; il le porte et le soutient.

Réaumur a donné aux larves d'hémérobe le nom de lion des pucerons, parce qu'elles se nourrissent de ces insectes. Ces larves ont à la partie antérieure de la télé deux espèces de cornes, au moyen desquelles elles saisissent leur proie et la sucent. Placée sur une feuille qui est couverte de pucerons , la larve n'a pu de grands mouvemens il faire pour se procurer ta uourririture ; aussi détruit-elle en peu de temps nue grande quantité de ces petits êtres fai^ blés , qui ne connaissent pas le danger qu'ils cotu-ent en restant auprès d'un ennemi aussi redoutable pour eux, et auquel ils semblent venir l'offrir comme des vicdmea.

Beaucoup plus agile qn'enz , elle s'empare à son gré de celui qui lui convient . Saisir

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Ifl pltu groi et le uicer, est pour dlfl Vtfbire d'nne demi -minute. Ces Iuvm li cruelles poar cette espèce , ne le sont pM ' moins poar la leur : quand le hasard (ail qu'elles se reocontrent , il arrive souvent que la plus forte s'empare de la plos faible , «t la iraiie comme un malheureux pucerOD. Parmi les larves des hémcrob«s , il 7 en a qui ont le corps moins' aplati qu* les Mires. Comme le* teignes , elles aiment 1- (tro vêtues : leur habillement, loin de les parer, les défigure ^ c'est une couverture tria informe qiû le* couvre depuis le col josqu'i l'extiéaîlét elle est d'une ipai^ sear conûdérable par rapport k l'inaecte, qui sonble chargé d'une petite montagne ; elle est faite d'une [ioGuité de petit* corps blancs , bruns ou noirltres, amoacelé* le* uns sar les antres. Ces prtil* corps «mt légers ; ce sont les peaux , le duvet et les parties séchas des pucerooa dont la larve t'est nourrie. Pour voir ù «Iles ne feraient pas usage de différentes autres matière* Ugjns, et ■ elles emploj'aseM quelque art povr In faire tenir ■«* btir ourp* , Beau-

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nur enleva l'habit à une.de ces larves. Aprâs l'avmr mise à nu, il l'enferiAB dans un pondrier oà il y avait une petite coque de soie blanche; une heure api^, il la IroHTa couverte en partie de la soie de cette coque, qu'elle avait eu la peine de briser. Il loi ôta fa nouvelle couverture, pour l'obliger de s'en faire une autre sous ses yeux. Pour lui rendre l'opération plus fa-cile, il ratissa du papier, et mît dans le poudrier ta râpure. Jamaù peut-être , dit Réaumur, larve de cette espace n'avait eu une matière si commode, et n'en avait jamais en k la fois nue si grande quantité 4 sa di^rasilion ; aussi se fit-elle la couverture la plus complète, la plus épaisse, la plus élevée qu'ait peut-être portée larve snnblable. Au reste , toutes les particules de duvet qui composent l'habit de cet insecte , ne tiettnent ensemble que par une espèce d'entretacemenl grouier : ce vâtement n'est a^ sujetti sur son doa , que parce qu'il s'engrène dans les niions qii séparent les anneaux , et dans les rugosités qui séparent les anneaux même. Sa eoutnictiDD demanda ce-

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pendant i(tielque adresse de la part de l'insecte, et lurtout une grande souplene et une grande agilité dans sa tète , et dant l'espèce de corselet auquel elle tient. C'est avec ses deux cornes que l'insecte prend chacune des petites maue* de duvet qu'il veut faire passer sur son dos : il a l'adresse de les prendre et de tes tenir avec ses comes , de manière qu'elles se trouvent appuyées sur sa tête ; élevant ensuite sa tite brusquement comme pour donner un coup , il fait sauter la petite masse cotonneuse sur sou corps ; si elle n'a pas été jetéeoA il la voulait, en relevant daTantage sa partie antérieure et donnant quelques owttorsions à son corps, il la conduit plus loin: mais la facilité qu'il a d'élever et de pmier »a (été sur son dos , de l'j renverser, aide plus que tout le reste ; la tète le trouve en eut de presser les mtawt cotonneuses qui sont sur les premiers anneaux. La partie k laquelle tient la tête a une si grande fieii- Inlité , que quand on a posé cet insecte sur le dos, il parvient vite A se* remettre sur ses jambes; pour cela , il retourne M tête

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jusqu'à ce qu'elle soit entre le dos et le plan sur lequel le dos est posé. L'insecte est ainsi en état de faire une culbute qui le remet dans sa situation naturelle. Cette larve se fait une coque sphérique semblable à celle dont nods allons parler, et elle la file de la même manière.

Comme ces larves vivent dans une grande abondance, elles parviennent promptement au terme où elles doivent se métamorphoser. Cest ordinairement quinze jours après être sorties de l'œuf , qu'elles changent de forme ; alors elles abandonnent la feuille sur laquelle elles ont vécu , et cherchent un endroit commode. Assez communément, c'est dans les plis d'une feuille desséchée que la larve se retire pour filer une coque ronde comme une boule , d'une soie très blanche , dans laquelle elle se renferme. Les tours du fil qui compose cette coque sont très serrés les uns contre les autres ; ce fil étant très fort , le tissu de la coque est très solide : les plus grandes coques de ces insectes ont à peine la grosseur d'un pois. Ces larves ont , comme les arai-

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