‹ Histoire naturelle des insectes, composée dáprès Réaumur, Georffroy, Degéer, Roesel, Linnée, FabriciusChapitre 14 sur 66 · Sa Nvmiilio · texte numérisé non relu

Sa Nvmiilio

Ô ■ licill . iMM'lo .

DES ULMÉROBCS. 73

en sort environ qninzc jours après ; mais la nymphe de celles qui n'ont file qu'en automne , passe l'hiver dans sa coque , et rhémérobe no sort que le printemps suivant. Quoique la larve ne soit pas grande , on est déjà étonné qu'elle ait pu se loger dans une coque aussi petite; mais on est bien plus étonné, lorsqu'on voit paraître l'insecte ailé qui en sort.

Ce genre renferme à peu près trente espèces : nous en décrirons quelques unes de celles qui offrent le plus d'intérêt.

L'Hémérobe aquatique , Hemerobius

lutarius,

G. SemhiUe. Latr.

Cet insecte a six à huit lignes de long ; il a quelque ressemblance avec les friganes par la manière dont il porte ses ailes ; il est d'un noir mat ; ses antennes sont noires , ses ailes transparentes, avecune teinte brune et les nervures noires.

Il habite l'Europe.

On le trouve à la fin du printemps au vu.

74 ' HISTOinE VATOaiLLB

bord des eaux , où la femelle pond ane prodigieuse quantité d'œufis qu'elle arrange les uus auprès des autres sur la tige ou la feuille d'une plante aquatique. Degéer a vu des feuilles de gramen en être entièrement couvertes : sur une surface de cinq lignes de longueur et une demie de largeur, il a compté cinq cent soixante de ces œufs.

Ils sont d'une figure ovale et allongée , placés sur la feuille perpendicurlairement les uns auprès des autres , de façon qu'ils se touchent ; ils sont comme collés ensemble, mais si légèrement , qu'on les sépare au moindre attouchement : ils sont placés ré • gulièrement en lignes droites, de sorte qu« ceux de la seconde ligne se trouvent rangés dans les intervalles que laissent ceux de la première ; ainsi il ne se trouve aucun vide entre eux. Tous ces œufs sont de même longueur ; leur bout supérieur est garni d'une petite partie allongée, ovale, qui finit en pointe mousse , ordinairement placée en ligne droite , mais quelquefois un peti inclinée : ces petites espèces de queues ,

DBS HiMiaOBVS. 7$

qui sont un peu blanchâtres > forment le plan supérieur de toute la couche, et donnent aux œufs une figure peu ordinaire; ils sont de couleur brune. Les larves qui sortent de ces œufs sont extrêmement petites ; elles ont asseï de ressemblance avec les larves de certaines petites éphémères ; leur corps est long , mince , composé de douze anneaux, séparés les uns des autres par de profondes incisions. Les trois premiers anneaux, auxquels sont attachées les trois paires de pâtes , sont plus grands que les autres ; les sept anneaux suivans sont garnis de chaque côté d'une partie allongée, cylindrique, en forme de filet , qui a au bout deux longs poils , et à côté de sa base un autre poil encore plus long. Ces quatorze filets, qui sont inclinés vers le derrière , sont mobiles; ils flottent dans l'eaa, et suivent les mouvemens que la larve fait en nageant et en marchant ; ils sont placés sur de^ tubercules inégaux; la transparence de ces filets permet d'y voir intérieurement des vaisseaux bruns et tortueux qui les parcourent dans tou te leur longueur. Il y a apparence

76 HISTOIEK RATUEBLLK

que ces parties sont les ouïes ou les organes de la respiration , semblables à ceux qu'on Toit sur les larves des éphémères. Les deux derniers anneaux du corps n'ont point de ces ouïes; ils sont garnis de chaque côté d'une double tubérosité sur laquelle on voit des aigrettes de longs poiU. Le corps est terminé par une longue queue cylindrique, garnie de six poils assez longs placés en aigrette.

La couleur de ces petites larves est transparente , nuancée de brun ; elles ont sur le corps quelques taches rougeâtres; les poils sont bruns. Elles sont fort vives dans Teau , où elles nagent et marchent continvcllement, en faisant des ondulations avec leur corps , et leurs pâtes sont en même temps en mouvement. Lorsqu'elles sont parvenues à leur grandeur, et qu'elles sont prêtes à changer de forme, elles sortent de l'eau et s'enfoncent dans la terre humide qui la borde; elles y creusent un trou assez large dans lequel elles se changent en nymphes , d'où sort Tinsecte ailé quinze jours après la métamorphose.

UKS HKMÉBOBES. 77

Degéer a coupé la tête à une de ces larves, qiû a encore vécu plus de vingt-quatre heures après avoir été décapitée.

L'Hémérobe Perle, Hemerobius Perla.

Il a environ sept lignes de long ; ses antennes sont longues , jaunes ; son corps est jaunâtre ; ses ailes sont de moitié plus longues que son corps; elles sont blanchâtres, transparentes; les nervures sont vertes; dans l'insecte vivant les yeux sont très brillans.

Il habite r£urope : on le trouve dans les bois et les endroits humides; il est commun aux environs de Paris.

Il a le vol lourd; on^peut le prendre facilement. Si cet insecte, qui est très joli, plaît par la beauté de ses couleurs, il dégoiite par Todeur fétide qu'il répand; il laisse aux doigts qui Font touché une odeur d'excrémens qui se fait long-temps sentir.

Les oeufs que dépose la femelle sont blancs ; chacun est placé sur un long pédicule, collé sur une feuille ou une tige ; ils sont rangés les nns auprès des autres, au nombre de

78 HUTOIAB NiiTUAELLK

dix OU doQse. Les lanres qui en sortent se nourrissent de pucerons. On peut voir dans les généralités de oe genre, la manière de vivre de ces larves. Elles filent une coque ronde de sme blandie dans laquelle elles s'enferment pour se changer en nymphes , d'où l'insecte parfait sort environ quinze jours après.

L'Hémérobe chrysops, Hemerobius

chrysops.

U est de la même taille et ressemble à lliémérobe perle. Il est d'un vert pâle ; sa tète et son corselet ont quelques taches noires ; l'abdomen a , tant en dessus qu'en dessous, une large bande noire, interrompue, à chaque anneau, par une ligne transversale verte ; ses ailes sont transparentes , les nervures des bords sont vertes : dans l'insecte vivant, les yeux sont d'un vert doré très brillant

On le trouve dans presque toute l'Europe.

Il répand, de même quel'hémérobe perle, ttoe odeur d'excrémens insupportable.

DES BilliAOBBS. 79

Sa larve vit de même que celle de l'insecte auquel nous le comparons, et se file une coque semblable.

L'Hémérobe phalénoide, Hemerobius pfialœnoides.

Cet hémérobe a six à sept lignes de longueur; il a quelque ressemblance avec certaines phalènes; il diffère des autres espèces de ce genre par la couleur, la forme des ailes, et la manière dont il les porte. Il est entièrement de couleur rousse ; ses antennes sont courtes, composées d'un très grand nombre d'articles égaux , distincts ; ses ailes ne sont point ti*ansparentes ; les nervures sont d'un brun foncé : vues à la loupe , on y aperçoit un grand nombre de petites cannelurçs; elles ont vers le milieu quelques lignes transversales brunes; elles sont très larges à la base, où elles forment à l'insecte des espèces d'épaules ; l'angle extérieur est recourbé en faucille , l'extrémité est un peu dentée; l'insecte les porte appliquées le long de son corps, au-dessus duquel les bords

8o UISTOlkl HATUBEU-K

iotérieurs (bnnent ud toit aigu. Les nervures prÏDciptles des ailej supérieures forment , pris du corselet , une espèce de tubercule éJeré.

11 habite l'Europe: on le trouve dans les bois et les lipus ombragés.

Sa larve se nourrit de pucerons ; elle n'a pas, comraela plupart de celles de ce genre, des aigrettes de chaque côté du corps ; elle file, avec son derrière, une coque ronde, de soie blanche , d'un tissu moins serré que celle des espèces précédentes, dans laquelle elle se change en nymphe : l'ûisecte parfait en sort vers la fin de l'été.

DES MTRMKLSOirS. 8l

XVIIP GENRE.

MYRMÉLÉON.

Caractères génériques. Antennes courtes, renflées Ters Fextréniité; articles très coarts. — Six antennoies inégales, fiUfonnes; les poslérieores très longnes. — Abdomen terminé par deoz crochets dans les mâles.

Le genre myrméléon diffère des (lémérobes par la forme de ses antennes, qui sont courtes , composées d'articles égaux, renflés à l'extrémité, où elles forment une espèce de masse aplatie.

Sa tète est assez large; ses yeux sont saillans.

Son corps est cylindrique ; celui dès mâles est terminé par deux crochets.

Il a les ailes longues, transparentes , réticulées ; dans Téut de repos, le bord extérieur est penché, le bord intérieur est élevé en toit au-dessus du corps.

Ses pâtes sont de longueur moyenne.

Les myrmélcous offrent beaucoup plus d'intérêt sous Tétat de larve que sous celui

La tôle est aussi aatremcnt faitp que celle de la plupart tlc5 insi'clcs ; elle est plate, plus étroite h sa partie postéricnrc qu'à sa partie anlcrîcure. De chaque côté, il en sort UDG corne qui remplace la Louche , dont cette larve est privée; la longueur de chacune de ces cornes est d'une ligne et demie lorsque la larve est parrenne au terme de son accroissement; ce sont deux trompes destinées k pomper le suc dont est rempli le corps de difTérens insectes , et à le faire passer dans cclni de la larve. Ces cornes sont ccaillcuses, mobiles, dentées intérieurement dans presque toute leur longueur, recourbées près de leur estréniité, qui se termine en pointe aiguë ; nous allons voir l'usage qn'elle en fait. Cette larve ne peut se nourrir que du gibier qu'elle attrape ; elle ne joindrait pas les insectes qui marchent le plus lentement, ce n'est pas que sa marche soit d'nne lenteur eïccssivc , c'est qu'elle ne pourrait la diriger vers ceux qu'elle voudrait atteindre, parce qu'elle m sait aller qu'à reculons ; cependant elle parvient à se saisir des insectes les plus agiles ,

DIS mtkhAlAoiis. 85

an inoTcn de la ruse qa'elie emploie; elle «ait diqioser te lieu oit elle se fixe, de manière que le gibier vient lomber entre ses cornesquiTattendent. Elleielogeetse dent tranquille au fond d'un trou fait en entonnoir; elle y est cachée au-dessous du sable, in-detsus duquel s'élèrcnt seulement ses deux cornes, écartées l'une del'autre : alors malheur k tout insecte impnidcnt, à la fiiurmi ([ni en cheminant ose en approcher; ■i elle est asscx Éloignée pour qu'elle ne puisse In saisir avec ses cornes , dont elle se sert comme de pinces, elle fait pleuvoir xur elle une si grande quantité de sable, avec sa tête, dont elle se sert comme d'une pelle, que la malheureuse fourmi en est étourdie, «Ile achève de perdre l'équilibre, qu'elle avait peine à eonserver en marchant sur un terrain mobile et incliné, et malgré les efforts qu'elle fait pour se sauver, elle ^ent lomber bu fond (tu trou , où les eomcs de la larve, qui étaient ouvertes pour la recevoir, lui wiaiMent le corpi, et le percent ea se fermant.

Lalarrr, maiiresw deaa proie, la tire

^mi»-

B6 HISTOIAB ITATDAKLLK

un peu souft le sable, l'y cache eu partie, et la suce à son aise : une fourmi est souTent sucée en un clenii-<]uart d'heure; le repas est plus long lorsque la proie est plus forte ; elle ne vient à bout d'une grosse mouche bleue de la viande qu'en deux ou trois heures. Après avoir tiré de l'insecte tout ce qu'il a de succulent, elle le tient faiblement entre ses cornes, prêtes à s'ouvrir et à l'abandonner, et elle donne un coup de tête, au moyen duquel elle jette au-delà des bords de son trou le cadavre desséché qui lui devient inutile.

Ce n'est que dans des terrains composés de grains fins , que ces larves dressent leurs pi^es ; c'est ordinairement au pied des vieux murs, et dans les endroits les plus dégradés qu'elles s'établissent de préférence, et surtout dans ceux qui sont exposés au midi.

Chaque larve ne passe pas sa vie dans le même trou , mais elle y demeure plusieurs jours de suite; plus elle y a séjourné, plus le diamètre de l'entrée est grand. Les parois s'éboulent, soit par les mouvemens que 1^

larve fait dans son .tron, on que quelque insecte en marchant les dérange; elle ne donne pas le temps anx grains de sable de s'accumuler au fond qu'ils élèveraient trop , elle charge sa tète de ceux qui y sont tombés , et les jette bien au-delà du bord. Lorsque la pente de son trou devient trop douce y le piège n'est plus aussi dangereux pour les insectes , qui s'en sauvent plus facilement, alors la larve se détermine à Taban»donner pour en faire un nouveau. Cest un parti qu'elle prend encore quand eHe a passé plusieurs jours dans son entonnour sans y faire de capture ; elle se met en marche y parcourt le terrain des environs pour examiner et choisùr un lieu favo^ rable.

Le chemin qu'elle fait est marqué par une trace reconnaissable ; c^est une espèce de petit fossé d'une ligne ou deux de profondeur ; la larve marche à reculons, presque tout -son corps est caché sous le sable; on n'aperçoit souvent que sa tète et son corselet Quand la course lui parait asses longue y elle s'enfonce entièrement sous le sable»

tf««M

88 HI5T01â& MATUUhLLE

pour y prendre un peu de repos , et travaille ensuite à se faire un entonnoir.

Pour donner à cet entonnoir de justes proportions, elle commence par en tracer l'enceinte ; elle fait un fosse semblable à celui qu'elle creuse en marchant ; ce fossé entoure un espace circulaire plus ou moins grand , selon que la larve veut donner plus on moins de diamètre à l'entrée de son entonnoir. Celles qui sont près d'avoir tout leur accroissement habitent quelquefois dans des trous dont le diamètre de l'entrée a plus de trois pouces. La profondeur des entonnoirs nouvellement faits a environ les trois quarts du diamètre de la grande ouverture. Réaumur a trouvé neuf lignes de profondeur à ceux qui en avaient douze à leur entrée 9 et un pouce à ceux qui avaient seize lignes. Quand la larve se détermine à travailler à la construction de son entonnoir, elle se met à marcher circulairement; dès qu'elle a fait un pas , elle s'arrête pour charger sa tête de sable -y aussitôt qu'elle est chargée , elle l'élève brusquement , et jette celui qui la couvrait au-delà de la circon-

DKS MTEMKLioilS. 89

férence de Tenceiiite; elle fait usage d'une de ses pâtes antérieures, dont elle se sert comme d'une main, pour pousser le sable sur sa tête; les mouvemens de cette pâte sont extrêmement prompts, et se succèdent sans intervalle ; aussi la tête a-t-elle bientôt sa charge : après l'avoir chargée deux ou trois fois de suite dans le même lieu , et avoir lancé une pluie de sable , la larve fait ensuite un nouveau pas en arrière , et ré* pète la même manœuvre jusqu'à ce qu'elle se retrouve presque au même lieu d*où elle était partie ; elle a parcouru un cercle , ot elle continue de marcher pour en parcourir un second plus proche du centre.

Quand la pâte qui fait l'office de main est fatiguée, la larve se sert de l'autre; mais il paraît qu'il faut qu'elle se trouve placée comme l'était la première, vera l'intérieur du trou, alors la larve se retourne, et décrit ensuite des cercles dans un sens contraire è celui qu'elle décrivait auparavant. Quelquefois la larve achève son entonnoir en moins d'une demi-heure ; quelcfuefois aussi elle est plus de deux heures à

C^O HI8TOIRB HATUEBLLB

te faire y. parce qu'elle se repose. Bonnet, qui en a tu travailler un grand nombre, en a surpris plusieurs dans une circonstance embarrassante ; il a tu toute la manœuTre à laquelle elles ont alors recours. Comme il se trouve souvent parmi les grains du sable ordinaire, de gros grains de gravier, de petites pierres , que la larve ne veut pas garder dans son trou , et que cette masse est trop lourde pour qu'elle puisse la jeter, elle se détermine à la porter : alors elle sort du sable ; en avançant ensuite un peu à reculons, elle fait passer l'extrémité de son corps sous la pierre ; au moyen de divers mouvemens, elle la conduit sur le milieu de son dos, et l'y met en équilibre ; mais le difficile est de la conserver dans cet équilibre, pendant le transport , en montant à reculons le long d'une pente déjà çscarpée ; de moment en moment la charge est prête à tomber; ce n'est qu'en élevant ou abaissant certainev portions de ses anneaux que la larve parvient à la retenir. Enfin, malgré tous ses efforts, la pierre lui échappe quelquefois; eDt roule dans le fond du précipice , et ella

a le courage d'aller l'y rechercher cinq à six fois ; cette larve semblait à Bonnet être condamnée au supplice du criminel Sisyphe. Quand elle a fini son trou, elle s'y cache et attend sa proie , souvent très long-temps ; mais elle est capable d'y soutenir un très long jeune ; elle peut rester plusieurs mois privée d'alimens sans mourir ; elle n'est cependant pas difficile , tous les insectes lui conviennent, même ceux de son espèce.

La larve du myrméléon a douze yeux, six de chaque c6té , placés sur une tubéroûté qui se trouve au^lessus de la tête, près de la partie extérieure de la base de chaque corne ; lorsque ces cornes sont hors du sable , elle voit venir sa proie, et se tient prête à la saisir quand le moment lui paraîtra favorable. Tous les alimens qui entrent dans l'intérieur de la larve, sont employés utilement ponr la faire croître, ou s'il reste quel^ que résidu, il ne s'échappe du corps que par rinsensible transpiration , le reste demeure dans l'estomac et dans les intestins ; elle ne rejette aucun grain sensible d'excrémens ; zmai n'a-t-elle ni au derrière, ni ail-

<)3 Hl$TOIBE HATUBKLLE

leurS) aucune ouverture analogne à l'anus; elle > cependant, à l'cxtrùniUé du corps, une petite masse charnue , du milieu de laquelle on fait sortir par la pression un tuyau composé de deux corps, dont l'un rentre dans l'autre; il est percé à ton extrémité, et donne passaj^e à une liqueur qui sert à la larve h faire sa coque. Ces tujaux font la filière où se moule la liqueur qui doit devenir soie ; ils servent en même temps à son arrangement dans la construction de la coque : cette partie est semblable à la filière du lion des pucerons.

La larve du myrméléon sort de l'ccuf en été ou en automne ; elle ne se change point en nymphe dans la mOine année, Réaumur croit que toutes vivent deux aus avant de se métamorphoser. On en trouve de très grosses et de très petites à la fin de l'hiver. Les premières se changent en nymphes au commencement de l'été, les autres ne se changent que l'année suivante. Lorsqu'une de CCS larves veut se métamorphoser, elle reste dans son eotoniioir , ou cherche un endroit commode ; elle s'enfonce et se cache

SCS HTanËLioii». 93

daos le iable pour faire sa ooque. CoUe coque est rondci l'exlérieur est composé de grains qui tiennent ensemble par dei fiU de M>ie tràs fins; l'intérieur est tapissé d'une soie d'un btanc Mtbé ; la larve y subît u métamorphose ; la nymphe y est courbée nt arc. Parmi res coques , on en trouve qui ont quatre lignes de diamètre, d'autres en ont dnq; celles-ci renferment les femelles.

La larve reste environ vingt jours sous la forme de nymphe , d'oii sort l'insecte parfait.

D'après la conformation de la bouche des myrméléons , Réaumur les croit auaù voracci que leur larve; il parait cependant qu'ils aiment les fruits; il en a vu un manger plusieurs fois d'une prune qu'on lui offrlit. Cet observateur a remarqué qu'après avoir pressé l'extrémité du corps de ces insecte*, tant miles que femelles , des mAles surtout, il restait à ses doigts une odeur de rose ; il « trouvé cette même odeur, mais plus faiUe, dans les poudriers où il le* avait enfenné*.

Bonnet ■ trouvé aux environs de Genève trois larves d'uoe c*pècc de mynné-

léc» qui diffère de celle qu'on v<»t aux enviroiu de Paris; cette larve ne marche pinnt i reculoDi , mail en avant ; elle ne M fait point d'entonnuir, die le contnte de w cidier, et de «ainr les întectet qui passent près d'elle ; elle j était rare k l'époque où il en a parlé.

On connaît dix on douM espaces de ce genre ; deux habitent les environs de Paris : nous décrironi celles qu'on trouve le plus communément, et uoe autre qui habite U Ftance.

Le MyrméléoD des fourmis, Sfyrme-

leon Jbrmkarius.

Cet insecte est de couleur grise ; sa tête ost large; elle a plusieurs lignes lonj^tudinales et transversales jaunes; ses yeux sont gras et saillani ; ses antennes courtes , renflées i leur eitréffiité ; son corselet a , sur le milieu, une ligne longitudinale jaune; son abdomen est composé de huit anneaux ; les ailes sont d'an tiers pins longues que l'abdomen} elles sont transparentes, avec plu-

DBt MYAlUtLioVt. g5

sicnrs taches bmoet ; les pâtes ont quelques taches jaunes.

Il habite l'Europe.

Sa larve est très commune aux enyinms de Paris ; on la trouve plus fréquemment que l'insecte parfait; elle se nourrit d'insectes, principalement de fourmis; elle reste cachée dans le sable à attenilre sa proie ; parvenue à sa grosseur, elle fait une coque ronde, composée de grains de sable qu'elle lie avec des brins de soie qu'elle tire de l'extrémité de son corps; elle se change en nymphe dans cette coque : l'insecte parfait sort environ vingt jours après sa métamorphose.

Nous renvoyons aux généralités pour avoir de plus grands détails sur la manière de vivre de cette larve.

Le Myrméléon libelluloîde, Myrme^ leon Ubelluloides,

Cette belle espèce est la plus grande de ce genre ; ses ailes étendues ont plus de quatre pouces d'envergure; elles sont trans-

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pareniM, jaunâtres , avec de grandes et de petites taches brunes ; les inférieures sont plus longues que les supérieures; la tétc est jaune , avec quelques poils noirs ; les antennes courtes, renflées à Textrémité ; le corselet en dessus et en dessous est couvert de poib d'un brun jaunâtre ; l'abdomen est brun y avec àes taches jaunes en dessus ; les ailes sont très courtes , brunes , couvertes de poils d'un brun noir.

Cette belle espèce se trouve dans le midi de Ih France; elle est très commune : on la rencontre aussi en Italie , en Grèce , en Espagne , etc.

Sa larve nous est inconnue.

DES A«(CALAPHCS. 97

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